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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 12:06

Petite histoire du bolchevisme

 

L'HUMANITÉ donne aujourd'hui la fin  de l'exposé du camarade Staline  devant le 17e Congrès de notre parti frère de l'Union soviétique. Ce discours connaît un énorme succès dans toute l'Union où il est déjà répandu par plusieurs millions d’exemplaires de journaux. On peut dire qu'il n'y a pas un seul ouvrier des usines soviétiques qui n'en ait déjà pris connaissance. Mais le succès du discours a dépassé toutes les frontières du pays de la révolution. Il est analysé et commenté dans toute la presse du monde entier. Comme il est naturel, l'on y dénature le sens des paroles de Staline on accumule les objections et les réserves ………
Nous demandons, quant à nous, à tous les travailleurs de lire avec la plus  grande attention ces pages admirables. Il y trouveront des explications simples, claires, des arguments irréfutables pour tous les actuels problèmes de politique…. Dans ses diverses phases avec une précision unique et une hauteur de vues que pas un autre homme politique n'est présentement capable. Quand il étudie ma raison essentielle de la victoire éclatante du bolchevisme est là, dans ce sentiment de confiance, dans cette foie en la mission du prolétariat……
 
La grande parole de Staline retentit ainsi au-dessus, bien au-dessus des scandales et des hontes, des intrigues politiciennes qui agitent les Représentants des capitalismes en décadence. C'est la voix du marxisme, non seulement respecté dans toute sa rigueur doctrinale, mais du marxisme qui se réalise, qui dirige l'économie, qui prouve ainsi sa supériorité écrasante sur le vieux libéralisme bourgeois décomposé, éliminé, pourri.
…….On comprendra alors l'abîme qui sépare la politique d'un Vandervelde ou  d’un Blum et celle du chef éprouvé du Mouvement socialiste révolutionnaire mondial.


Marcel CACHIN.

 

Petite histoire du bolchevisme

Théorie et réalité

Le bolchevisme, cet enfant terrible du socialisme, naquit à Londres, par un beau jour de juillet de l'année 1903, d'une bouderie entre deux « camarades », Oulianov-Lénine et Zederbaun-Martov.

 Le prétexte en était mince. Lénine avait proposé de ré­duire à trois les six rédacteurs du journal du parti : Martov s'y était opposé ; le congrès, indécis, se rangea, en définitive, à l'opinion de Lénine, désignant, toutefois, Mar­tov comme l'un des trois rédacteurs.

 

Mar­tov refusa avec hauteur le poste qu'on lui offrait, il dé­fendit à ses partisans de prendre part à réfec­tion du comité central, qui se trouva composé ainsi exclusivement de léninistes. Dès ce mo­ment, ces derniers prirent le nom de bolche­viks » ou majoritaires, tandis que les marteauvistes passaient à l'opposition sous l'appellation de mencheviks » ou minoritaires.

Or, à cette époque, aucune divergence de principe ne séparait encore ces deux groupes qui appartenaient à la gauche » du parti socialiste russe. Le programme, établi par le congrès de Londres, avait été rédigé avec la collaboration de ses deux chefs : Lénine et Martov. Ce document était fort modéré et ne contenait rien de spécifiquement collectiviste. Il y était question d'une Chambre des députés, élue par le suffrage universel, de diverses ga­ranties pour tous les citoyens, de la liberté....

 

Il annonçait déjà que le prolétariat victorieux se débarrasserait de ses ennemis par des moyens « plébéens » lisez : les balles ou la guillotine. Nous sommes les jacobins du socialisme », disait-il encore, des bolcheviks. Nilartov, tout en partageant ces idées, n'avait pas la même envergure ; éternel­lement ballottés entre leurs principes et leur conscience, les mencheviks étaient condamnés à une existence de plus en plus effacée, en marge de tous les régimes et de tous les principes. Plus à gauche que les socialistes-révolutionnaires, ils se laissèrent pourtant dominer par ces derniers au début de la révolution de 1917, ne surent pas s'opposer à la mainmise de Lénine et finirent par disparaître en fumée de l'horizon politique de la Russie.

 

L’équipe Lénine est finie

Tout comme les états à régime parle­mentaire, la Russie soviétique vient d'avoir, elle aussi, sa crise ministérielle. Du reste, cette crise couvait depuis long­temps ; la dictature de Staline était loin de plaire aux grands chefs du bolchevis­me, vétérans chevronnés des grandes lut­tes politiques et nouveaux venus aux am­bitions démesurées. Ils ne supportaient qu'avec impatience l'arrogance de ce Géorgien, que Lénine lui-même avait qua­lifié, dans son célèbre testament, d'indi­vidu ignorant, grossier et borné, en re­commandant à ses successeurs de ne ja­mais lui confier aucun poste important et responsable.

Pourtant, Staline, s'appuyant sur la Guépéou semblait invulnérable ; une ma­jorité terrorisée lui était toute acquise, tant dans le Comité Central Exécutif de L’U.R. S. S. que dans le Politbureau. Aussi fut-il décidé de s'en débarrasser à l'Orientale, en amorçant une dispute qui se terminerait par quelques coups de feu le tout étouffé entre les quatre murs du bureau de Staline. Une fois le dictateur mort, on désignerait un autre secrétaire général du Politbureau et le jeu des institutions soviétiques reprendrait son cours normal... jusqu'à nouvel ordre.

Pour bien comprendre la signification des derniers événements, il faut se rappe­ler que l'Union des Républiques socialis­tes soviétiques, ou l'U.R.S.S., est compo­sée de plusieurs républiques, dont la plus importante est la république russe ou R. S. F. S. P. D'après la constitution so­viétique, chacun de ces Etats a son pro­pre conseil des commissaires du peuple; la fédération elle-même est gouvernée par un conseil central, le Sovnarkom de l'U. R. S. S. présidé par Rykov. …..

Alexis Ivanovitch Rykov, dit Alexis >, dit Rojkov, dit Vlassov, dit le Bègue, dit Vassili, dit Sevostian, né en 1881, avait fait un peu tous les métiers, mais surtout celui de conspirateur……..il organise avec Lénine une école de préparation bolcheviste à Long­jumeau. De retour en Russie, il se lance dans une active propagande révolution­naire et se fait pincer par les gendarmes en février 1910 ; ………….beaucoup plus enclin au so­cialisme doré qu'au bolchevisme, Rykov ne suivit Lénine que sous l'influence du terrible ascendant que ce dernier exer­çait sur les natures faibles. Il subit plus tard Staline, comme il avait subi Lénine, mais avec moins de patience et plus de palinodie.

Quoi qu'il en soit, avec Rykov dispa­raît l'un des derniers grands lieutenants de Lénine. Sverdlov assommé par les ou­vriers, Dzerzinsky mort, Trotzky, Zinoviev, Kamenev, Radek écartés définitive­ment par Staline, Lounatcharsky réduit à des rôles de troisième ordre, il ne reste plus guère de la grande équipe que Meer Enoch, Moiseevitch…..

 

Et pendant ce temps : le bonheur soviétique disponible à porté de mains

 

Leningrad

Choses vues en Russie

Belostroff est la gare frontière qui sépare la Finlande de l'U.R.S.S. Tout le monde des­cend avec ses bagages. On passe à, la doua­ne, où toutes les Valises sont ouvertes et minutieusement visitées. Les livres surtout retiennent l'attention des douaniers un de mes amis, qui a pris avec lui un livre con­tenant une étude sur les paysages et les coutumes de la Russie d'avant-guerre, voit le livre confisqué..

La visite des passeports s'effectue sans dif­ficulté. Nous donnons comme référence le nom de la personne ou de l'organisation que nous allons voir en U.R.S.S. Sans être ainsi recommandé, il est très difficile à quiconque de pénétrer sur le sol où règne la dictature du prolétariat.

……..au fur et à mesure qu'on approche de Leningrad, on traverse des agglomérations de plus en plus denses, de pauvres petites maisons sales, délabrées, mal entretenues, misérables, nids à épidémies, à idées tristes.

 

……..Le cabinet de toilette est muni d’une baignoire et d'un appareil à douche. Nous es­sayons de faire couler de l'eau chaude en tournant à fond le robinet désigné. Peine inutile ! Nous recevons sur le corps une eau glacée tombant, non en pomme d'arrosoir, mais en unique filet !

Le restaurant est tout en haut de l'hôtel, sur le toit, sur une terrasse entourée de vitres. Quelques étrangers sont  attablés, quelques plantes vertes, un petit orchestre de trois exécutants.

Lés  nappes ont quelques trous apparents. La cuisine russe, excellente, très copieuse.

Très bons vins de Crimée etc. Les garçons, en veston blanc et pantalon noir, servent correctement- On nous présente l'ad­dition : 8 roubles par personne, soit 100 francs français...

Le lendemain, nous allons à l'Opéra de Leningrad, le Théâtre Académique d'opéra et de ballet, Voir jouer Le Pavot rouge. Le théâtre est plein de monde. Pièce avec bal­let sans grand intérêt, sujet politique à pro­pagande tendancieuse. Beaucoup d'agitation sur la scène, peu de rôles bien joués, danses exécutées de façon moyenne, décors et cos­tumes pauvres.

Après la représentation, à la sortie des artistes, toutes les petites danseuses, sordi­dement vêtues, s'en vont rapidement, sans entrain, sans gaieté, sans un sourire.

Comment, semblable tristesse a-t-elle pu s'emparer d'une ville aussi belle ?

 

Il y a à peine quelques heures que je suis à Leningrad, je n'ai pas encore eu le temps de réfléchir, de coordonner mes observa­tions, je n'ai subi que des impressions ; et cependant, j'ai le cœur serré, je ne sais pourquoi, au milieu de toute cette population, masse grise et confuse, au milieu de laquelle ne tranche aucune couleur, aucun sourire.

Je pense aux débuts de la guerre, aux arrivées de réfugiés fuyant, devant la ruée ennemie. C'est le même air lamentable et insensible, triste et stoïque, de gens qui ont tellement souffert qu'ils se consolent inté­rieurement à la pensée qu'ils ont souffert et supporté le maximum. Pauvre Russie

Pourtant, on croise à tout moment, dans les rues, des hommes à la figure fraîche et pleine, très confortablement habillés. Ce sont les soldats de l’Armée Rouge....

 

Près de l’unique hôtel où descendent, les étrangers à Leningrad, des femmes portant leurs gosses demandent l'aumône avec insistance.

Le long des maisons, le long des trottoirs, des hommes, des femmes interpellent les passants, en leur tenant une grande, conver­sation, pour leur vendre, les uns des fruits, les autres des bibelots, d'autres enfin des soutien-gorge, que sais-je encore ? Ils sont prêts à tout marchandage : Tovaritch, 30 kopeks, la poire. — Non: 25 kopeks ?... 20 kopeks. 2» — Je paie ; la poire est déli­cieuse, juteuse. .

Nous nous écartons du centre de la ville pour aller dans les quartiers avoisinants. Le même état de désolation, de manque d'entretien.

Devant des magasins d'alimentation, des femmes, leurs bébés sur les bras, font la queue pour recevoir, après une longue at­tente, le fond d'une tasse de lait. On ne trouve pas de beurre, pas de sucre. Les figu­res sont résignées, aucune récrimination ne s'élève.

 

Textes sélectionnés et mis en forme par

 

Jean Aikhenbaum

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Published by hstes1
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commentaires

electricien 28/03/2015 05:50

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement