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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 21:49

Le projet de l'introduction du "faux-aurochs" en Pologne

"Ade Pollen"[1]

 

Le SIERDAH se propose d’introduire cet animal en Pologne dans la région de Mazury. Nous comprenons bien les enjeux médiatiques et commerciaux que représentent la concrétisation de ce programme pour les vendeurs de ce "faux-aurochs".

L’aurochs (le véritable), est fortement imbriqué dans l’histoire polonaise[2]. C’est dans ce pays que cette espèce a survécu, quelques siècles de plus que dans toutes les autres parties de l'Europe. Ceci n’a été possible que parce que cet animal bénéficiait  d’une protection royale spécifique. C'est dans ce pays que sont morts les derniers spécimens de cette espèce. La grande majorité des documents connus des naturalistes au sujet des aurochs et qui font références sont d'origine polonaise. Nous pouvons citer entre autres :

- ceux du diplomate autrichien, le baron Herberstein en mission en Pologne,

- les chapitres sur l’aurochs d'Historia animalium de Conrad Gesner,

- les illustrations qui représentent l'animal dans les ouvrages des naturalistes de la Renaissance (comme celles d'Ulysse Aldrovandi qui commandait des tableaux qui représentaient les aurochs à Cracovie),

- les documents découverts dernièrement, dans les archives du Vatican par Norma Pyle de l'Université de New York[3],

- le chapitre sur l'aurochs, dans le travail de Buffon,

- les travaux parfois très récents comme la monographie de Karol Lukaszewicz [4], tous ces documents trouvent leur origine en Pologne. Ceci est le cas pour le célèbre tableau d'Augsburg[5]. La Pologne est le pays de la reconstitution réussie de la population des bisons sauvages d'Europe, opération unique dans l'histoire mondiale de l'écologie. C'est également le pays qui possède une partie importante de la Forêt de Bialowieza, dernière forêt primaire d'Europe, cet endroit est un lieu culte pour les naturalistes du monde entier. L'introduction des "faux-aurochs" dans ce pays et le fait de présenter cette opération comme "un retour historique", est un argument symbolique susceptible d’avoir un impact considérable auprès d’un public sensibilisé et peu au fait, des véritables circonstances des pseudo-reconstructions. C’est aussi, un atout commercial valorisant pour "crédibiliser" cette supercherie. L'enjeu d’un  tel dessein était par ailleurs bien compris et pris en compte par Heck et par l'administration nazie, d'où tout l’intérêt médiatique que peut présenter la présence de ces vaches dans la forêt de Bialowieza.

     Ce projet mérite autre chose qu’une analyse superficielle. Malheureusement, nous ne disposons que de peu  de données sur l’introduction irresponsable de cette race bovine en Pologne.[6]

Qu’en est-il réellement, de l'aspect écologique de cette introduction ? Nous n’avons pas de détails sur le relâchement éventuel de ces vaches dans la région de Mazury. Ce projet prévoit au départ la création d'un parc "show" destiné à un public de touristes et à terme, de l’introduction dans la nature de ce "faux-aurochs".

D’un point de vue des valeurs naturalistes, cette région possède de grands complexes lacustres et forestiers, une flore et une faune d’une richesse exceptionnelle, de nombreuses reliques postglaciaires et endémites. Par toutes ces richesses, la Mazury constitue l’un des plus importants sites de Pologne et même d'Europe. Les naturalistes de ces régions, nous ont dit qu'il n'existe aucune étude scientifique qui démontre la nécessité d'y introduire de grands herbivores. Ils évoquent parfois la pression trop importante d’herbivores sauvages présents sur le terrain. Les naturalistes polonais interrogés, considèrent que la présence de troupeaux de vaches dans cette région serait écologiquement très nuisible et dangereuse pour la stabilité de l’écosystème. Ils redoutent notamment la destruction partielle de la flore et de la faune régionale, (il s'agit souvent de population à faible effectif et très localisée) et la disparition d’habitats souvent uniques. Ils insistent sur le fait que cette démarche (relâcher des vaches dans une région d'une valeur naturaliste exceptionnelle) est non seulement irresponsable et dangereuse d’un point de vue écologique, mais également contraire à la loi polonaise sur la protection de la nature et contradictoire aux principes communautaires de politique environnementale.

Même s’il s’agit uniquement de la création d’un "show parc", où des touristes auraient la possibilité de contempler, comme dans de nombreux parcs français et européens, ces vaches transformées miraculeusement en "aurochs", ce projet est incompatible avec une protection de la nature raisonnée. La forte pression touristique est l’une des plus importantes menaces pour le futur Parc National de Mazury et de ses environs. L'administration polonaise chargée de la protection de cette région ainsi que les associations naturalistes, qui ont conscience du risque que fait courir à l’environnement un afflux de visiteurs incontrôlé mettent en œuvre toute une série de mesures pour diminuer cette pression et orienter le flux de touristes vers d’autres lieux. La création d'un "show touristique" est contraire à la politique de protection de cette région unique et menace les efforts et le travail faits au cours de ces dernières années par ces organisations.

Le projet de l’introduction du "faux-aurochs" en Pologne a été présenté au cours d’une journée d'étude intitulée "Colloques d'histoire des connaissances zoologiques" qui s’est tenue à l'Université de Liège en 1998, nous avons été pour plusieurs raisons particulièrement surpris. Tout d'abord, aucun organisme polonais scientifique n’a été cité, pas plus que l’on ne trouvait de représentant chargé de la protection de la nature. De plus, ce projet comportait des erreurs fondamentales sur la présence de faune (on y trouve notamment mentionnées des espèces absentes de Pologne ou de la région indiquée et même des espèces dont l’identification est impossible). Plus surprenant encore, les auteurs n'ont même pas pris la peine de réfléchir, sur les conséquences écologiques éventuelles de telles introductions.

Nous pensions qu’avec les différentes remarques que nous avions fait,  la présentation de ce projet "aurait été améliorée" du moins partiellement. Après sa publication, nous sommes surpris, de voir apparaître dans la version finale deux institutions polonaises[7] censées apporter leur concours. Ce qui nous a particulièrement étonnés, c’est de ne trouver aucun spécialiste de la faune et de la flore de cette région, ni la moindre trace de consultation d’une quelconque institution scientifique et (surtout) administrative chargée des problèmes de protection de l'environnement. Ceci est d’autant plus invraisemblable, que la Mazury sera prochainement protégée par un statut de Parc National.

Cette affaire a pour la Pologne, un aspect historique et politique. Les souvenirs de la dernière guerre sont toujours très présents dans les mémoires. Rien d'étonnant à cela, car uniquement dans la région où Heck et ses complices "opéraient", les allemands brûlèrent  de nombreux villages et les victimes se comptèrent par plusieurs centaines de milliers[8].

Aujourd'hui, revient à l’ordre du jour la question de la propriété des biens culturels et matériels, volés pendant la dernière guerre[9]. Les estimations faites sur les pillages de biens culturels orchestrés par les allemands en Pologne comprennent les collections de 74 châteaux, 96 manoirs, 102 bibliothèques, 28 musées et 3 galeries nationales ainsi qu’un nombre incalculable de biens privés et religieux. En Pologne, contrairement aux autres pays occupés, les allemands pillèrent les églises et les monastères. Plus de huit mille objets ont été ainsi volés, uniquement dans la collection du Palais Royal de Varsovie. Le vol des collections scientifiques (dont les prestigieuses collections naturalistes) n'ont malheureusement jamais jusqu'à ce jour, fait l'objet d'une enquête sérieuse, judiciaire ou scientifique ni en Pologne, ni ailleurs[10]. Ces actes de pillage étaient tous prémédités et faisaient partie d’un plan mûrement réfléchi, conçu par la politique des nazis. L’objectif nazi était de s’accaparer les biens des pays occupés. Heck participa de manière active à ces pillages, il était l'un des principaux organisateurs et supervisa personnellement les vols de collections polonaises tant privées que publiques. Par ironie de l'histoire, il échappa à la justice et plus scandaleux encore, il jouira du produit de ses crimes jusqu'à fin de sa vie[11]. Quelques objets, parmi ceux volés par Heck en Pologne et en Biélorussie, ont été restitués après la guerre à leurs propriétaires (parmi lesquels se trouvent une partie des bisons d'Europe et des chevaux "konik Polski"). Il nous est impossible de faire un état qui consisterait à savoir dans quelle mesure ces vols ont participé à l’enrichissement personnel de Heck. 

L’histoire de ce criminel ne s’arrête pas là : non satisfait de voler des collections privées et publiques, Heck s’est approprié les résultats de travaux scientifiques (dont les notes et les observations de l'équipe de chercheurs faites sur le "konik polski" ainsi que les travaux polonais sur le bison d'Europe). Le vol et l'usage de ces résultats et la présentation comme "sien" de ces travaux, ont permis, en grande partie à ce triste personnage d’usurper  une renommée internationale dont il jouira (et jouit parfois encore) en zoologie.

 Il n'est pas étonnant que réhabiliter  ce haut fonctionnaire de l'Allemagne nazie, responsable de crimes commis en Pologne soit choquant, incompréhensible et inexcusable pour les habitants de ce pays[12] (et pour les rescapés du nazisme). La France jouit traditionnellement d’une très bonne image en Pologne. Actuellement, le marché polonais est particulièrement attractif, il compte 38 millions d'habitants et sa croissance économique est  l’une des plus fortes au monde. Les entreprises françaises y sont actuellement bien représentées. Sur ce marché, s’exerce une concurrence que se disputent des entreprises américaines et asiatiques, il est  donc indispensable de ne pas ternir la   bonne image de la France dans cette région. L’honorabilité et la probité doivent être indiscutables, ils constituent un facteur important, dans  l’argumentation commerciale. Une affaire telle que celle des "vaches de Heck" et la réhabilitation (accompagnée de l’éloge) de ce criminel de guerre responsable de crimes commis en Pologne, risquent d’être considérées dans ce pays, comme un geste hostile et  antipolonais et d’être perçu comme une insulte à la  mémoire des victimes de Heck et du nazisme. "La propagande, faite autour de cette supercherie nazie" par un organisme français peut gravement nuire à l'image de la France et indirectement aux intérêts politiques et économiques français dans cette région.

Les projets, qui visent à l’implantation de cette supercherie nazie en Pologne peuvent prendre une  dimension européenne. La Pologne (ainsi que la Hongrie et la République Tchèque) négocie actuellement son entrée dans la communauté européenne. La grande majorité des Polonais est favorable à une intégration rapide dans les structures de la Communauté Européenne. Cette intégration est l'un des objectifs  politique de l’Union Européenne. Toutefois,  il existe en Pologne des groupes politiques qui s’opposent à cette intégration. La "menace de l'impérialisme allemand" est l’un des arguments principaux des opposants. Ces groupes minoritaires très  actifs, présentent la politique de l'élargissement de l'Union Européenne comme une version moderne de la "Drang nach osten"[13]. Il leur sera aisé de démontrer que l'introduction du "faux-aurochs", la réhabilitation de Heck trouve "origine dans l'union européenne" et qu’elle fait partie de la politique européenne pour cette région.  Il est indiscutable que de tels actes crédibiliseront les propos des extrémistes aux  yeux de la population polonaise. L’aspect de ce problème ne doit pas être sous-estimé,  parce qu’il  constitue ipso facto un argument de poids dont se serviront les opposants polonais à la politique d’intégration de la Pologne au sein de la communauté européenne.

 

Les juristes polonais, spécialisés en relations internationales que nous avons consulté,  ont attiré notre attention sur un autre aspect de ce programme. L'introduction d’animaux de ce type est au regard de la législation polonaise illégale, et ne peut se faire, sans accord du Ministère de la Protection de l'Environnement. C'est probablement la première fois dans l'histoire des relations internationales, que des fonctionnaires d'un Etat (la France) préparent une action qui doit être menée sur le territoire d'un autre Etat (La Pologne)  qui est illégale au regard de la législation de ce pays. Ce type de démarche est un événement, pour le moins curieux  dans l'histoire des échanges entre pays amis. Si ce projet arrivait à terme, il déboucherait immanquablement sur des problèmes qui risqueraient de mettre à mal les bons rapports entre ces deux pays.

Bien que nous soyons totalement certains du bien fondé de notre réflexion et de notre travail, nous avons décidé de demander l’avis de Monsieur le Professeur Zdzislaw Pucek du  Mammal Research Institute  of Polish Academy of Sciences. A cet effet  nous avons formulé quelques questions que nous lui avons adressées.  Cet éminent scientifique est une autorité incontestable dans le domaine de la faune des mammifères de  Pologne ; il est Président de la section de la protection du Bison d'Europe de l’IUCN et expert dans le domaine de la protection de l'environnement :

 

1. S'il avait été consulté sur ce projet ou si du moins il est au courant de son existence ;

 

2. s’il était en possession  d’informations sur les "vaches de Heck" qui, d'après les publications du SIERDAH " auraient survécues pendant plusieurs années après la guerre" dans la forêt de Bialowieza (cette question a été posée afin d’apporter un démenti formel aux affirmations fantaisistes de cet organisme).

 

Voici les réponses de Monsieur le Professeur Zdzislaw Pucek :

 

     "Je n'ai jamais  entendu parler  d’un projet d'introduction des "vaches de Heck" dans la forêt Puszcza Borecka. Une population libre de bisons d'Europe y vit. Je désire recevoir cet article, publié en Belgique.  C'est un projet très bizarre. Il a peut-être pour origine les Pays-Bas ? Je sais qu’il existe là-bas un écosystème artificiel avec ces bovins et des petits chevaux, il semble qu’à l’heure actuelle ces animaux sont sur ce territoire en surnombre.  Ce projet vise peut-être à  vendre ces animaux. Pour la Pologne ce type d’introduction  dans la nature doit être fait en accord avec le Ministère de la Protection de la Nature, des Ressources Naturelles et de la Forêt, et  avec le concours du Conseil d'Etat chargé de la Protection de la Nature, ainsi que de la  Commission de Protection des Animaux Sauvages dont je suis membre. J'ai demandé au Département  de la Protection de la Nature, ce qu’il en était, à propos de cette affaire, mais de toute manière j’aurais du être au courant. Je confirme donc, qu’il n’y a jamais eu de consultation avec notre Institut de Bialowieza.

Je n'ai jamais entendu dire, que des "bovins de Heck" auraient survécu  à Bialowieza. (...)

Je vous signale que j’ai protesté à maintes reprises, sur le fait que l’on ne peut utiliser le nom aurochs pour ces bovins. C’est peut-être  une bonne race,  mais on ne peut pas en procédant de la sorte recréer l’aurochs disparu. Aujourd'hui,  nous savons grâce au progrès de  la génétique que la sélection « dite de remplacement[14] » est incapable de mener  au retour vers l’ancêtre. Ceci est l'opinion des généticiens. Entre les deux guerres, cette technique a été utilisée par Heck et par Vetulani dans son expérience sur le "konik Polski de type  tarpan".  Jamais ce type de solution ne peut permettre d’obtenir des tarpans. Plus tard, les Russes ont libéré dans le Caucase des bisons d'Europe hybridés avec des bisons d'Amérique. Ils désiraient ainsi reconstruire une sous-espèce de bisons caucasien. Vous pourrez trouver les détails de ces expériences dans mes publications."

Cette réponse concorde en tous points avec notre analyse.



[1]"Pologne méfie toi", ces paroles font partie d'une chanson que chantaient les soldats de la Wermacht, lors de l'agression de la Pologne en 1939.

[2]L’autre pays cible pour le SIERDAH,  est la  Hongrie, réputée pour sa race traditionnelle de boeuf des steppes.  Ce pays possède ce que l’on appelle une "puszta",  dernière steppe primaire de ce type en Europe. Cette région est également célèbre  pour les nombreuses découvertes archéologiques d’aurochs. On comprend ainsi mieux l’intérêt du SIERDAH pour cette région.

[3]Pyle,  M. Cynthia "Some late sixteenth-century depictions of the aurochs (Bos primigenius Bojanus, extinct 1627): new evidence from Vatican MS Urb. lat 276" Archives of Natural History 3/21 1994.

 [4] Cet auteur a découvert, mis en évidence et soigneusement analysé les documents de l'administration royale qui relate l'histoire de la disparition des derniers spécimens d’aurochs vivants.

[5]Le tableau retrouvé en 1820 chez un antiquaire par Hamilton Smith à Augsburg en Allemagne qui portait une inscription polonaise "Thur" (Tur, désigne  un aurochs en polonais).

[6]Curieusement ce projet reste totalement inconnu (fort heureusement) des fonctionnaires du Ministère de la Protection de l'Environnement de Pologne, de l'administration forestière de la région concernée, ainsi que des diverses associations de  protection de la nature et des chercheurs  naturalistes (de l'Académie des Sciences Polonaise et des diverses universités et écoles supérieures) qui travaillent sur la faune et flore régionale. Parmi ceux interrogés se trouvent les responsables des inventaires naturalistes  (d'après les informations que nous avons obtenues au cours de notre récent voyage en Pologne). La section polonaise de IUCN semble également de ne pas être au courant de ce projet. Dans cette situation pour le moins bizarre, ou l’on trouve des  intéressés qui ne sont pas informés, il est bien compréhensible que nous avons eu des difficultés à obtenir plus de détails sur l’introduction de  ce "faux-auroch" en Pologne.

[7] nous espérons que ces institutions ne sont pas au courant du caractère frauduleux ni du contexte historique de cette affaire.

[8]L'histoire de l'occupation allemande dans cette région a fait objet de nombreuses études historiques (voir Monkiewicz "Bialowieza w cieniu swastyki" KAW 1984). On ne retrouve pratiquement pas de survivant de la population juive qui vivait dans cette région, cette population a été déportée dans sa  quasi totalité. Dès le  début de l'occupation,  Bialowieza opposa une très forte résistance à l’occupant (dans cette région opéraient conjointement les forces de AK et BCh une des formations de la résistance polonaise, se sont jointes également  diverses organisations de  résistance biélorusses et plus tard les parachutistes et les sentinelles de l'armée soviétique. Pour se venger des opérations effectuées par les partisans et "pour protéger les intérêts du Reich", uniquement entre 1941 et 1943 les allemands brûlèrent 200 villages et  déportèrent dans les camps de concentrations environ 40000 de personnes, firent des exécutions sommaires collectives qui coûtèrent  la vie à environ  5000 personnes, assassinées sur 135 sites de la région.  Même si elles demeurent incomplètes, ces données montrent bien  quelles conditions et quelles répressions féroces accompagnèrent "l'introduction des faux-aurochs" à Bialowieza. Cette introduction était placée sous la "protection" de la Wermacht et des unités spéciales  SS. Il est impossible de  chiffrer le nombre  d’exécutions destinées à assurer  de l'introduction du "faux-aurochs", "primordiale pour les intérêts du Reich éternel".

[9]Il est possible de consulter plusieurs excellents articles sur les vols des objets d’arts par l'administration, l'armée mais également "par des citoyens ordinaires" du 3ème  Reich, ceux-ci ont été dernièrement publiés notamment par le professeur Jan Pruszynski, chercheur de l'Institut de Droit de l'Académie Polonaise des Sciences, à lire "Oddac kazdemu co mu sie nalezy. Niemcy i wojenne straty kultury polskiej : Marna pamiec historyczna i kipska znajomosc prawa" Rzeczpospolita n°244 17-18 octobre 1988 (Rendre à tout un chacun ce qui lui appartient, Les Allemands et les pertes de la culture polonaise au cours de la guerre:  mauvaise mémoire historique et méconnaissance de la loi). voir également Lynn H. N.  1994. The Rape of Europe: The Fate of Euroupe's Tresaures in the Third Reich and the Second World War. Ed. London Macmillan.

[10]Et ceci bien qu’il existe une documentation relativement riche sur cette activité criminelle. Parmi les autres sources nous trouvons les informations relatives aux vols des collections naturalistes de l'Institut de Botanique  de Cracovie dans les publications de Wladyslaw Szafer (Szafer W. Wspomnienia przyrodnika, Wydawnictwo Ossolineum 1973) . Diverses autres publications parlent également des vols organisés par Heck (voir les diverses publications du  professeur Tadeusz Vetulani).

[11]Il est intéressant de souligner que le vol d’animaux, notamment celui des konik polski ainsi que les résultats du travail des chercheurs polonais fait avant la guerre, font l’objet de nombreuses documentations et descriptions (voir Vetulani T., 1948 O regeneracji tarpana lesnego w Puszczy Bialowskiej (Sur la régénération du tarpan forestier dans la forêt de Bialowieza). Roczniki Nauk Rolniczych i Lesnych (Annales des sciences agronomiques et forestières) Poznan. Pologne. Pourtant ces résultats spoliés apparaissent sans que soient cités les véritables auteurs. On ne trouve nulle part dans les travaux de Heck l'information qu'une partie de "ses résultats" trouvent leur origine dans les pillages qu’il a fait   à Bialowieza (voir The Breeding-Back of the Tarpan Oryx vol 1 p. 338-342).

[12]ce sentiment est  partagé à l’unanimité par tous nos correspondants polonais naturalistes, journalistes et les représentants de divers partis politiques

[13]il suffit signaler le grand intérêt médiatique qui accompagna la publication du livre de John Laughland sociologue et spécialiste de la culture allemande The tainted source : the undemocratic origins of the European idea et. Little Brown 1997, sur les "racines totalitaires de la conception de l'unification européenne".

[14] En original selekcja wypierajaca

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Published by hstes1 - dans Aurochs
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