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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 14:11

L’importance de la biodiversité

 

 

Sauvegarder la biodiversité pour préserver notre santé (texte de 1996 publié pendant la crise de la vache folle)

 

La sauvegarde de la biodiversité des animaux domestiques est l’une des premières mesures à prendre pour résoudre  la “crise de vache folle”. D’après “The World Watch List for Domestic Animal Diversity “, 27% du patrimoine des animaux domestiques (dont 274 uniquement pour  l’Europe)  est menacé de  totale disparition.

L’industrialisation de l’agriculture est la première responsable de la perte considérable qu’ont subi les variétés de bovins. En 1865 en France on  comptait environ 50 de races. En 1943, trente races  se répartissent  un troupeau de 18 millions de têtes (dont huit se partagent  50% du cheptel).

Aujourd’hui   85% du cheptel français n’est représente  que par cinq races !

Pourtant indépendamment de celles sélectionnées pour l’élevage industriel, on trouve en France et ailleurs des races à petits effectifs, parfois appelées rustiques, qui se sont  réduits comme peau de chagrin depuis les années 1950-1960. Le plus souvent ce sont des races locales, qui comportent  moins d’un millier de têtes. Citons : La Bretonne pie noir (500 vaches réparties chez 75 éleveurs), l’Armoricaine (50 femelles inventoriées dans  huit troupeaux situés dans le Finistère), l’Aure et la Saint Girons (70 femelles inventoriées), la Gasconne aréolée (170 vaches), la Béarnaise (75 vaches et 10 taureaux), la Lourdaise (45 vaches), la Marachaîne (60 bêtes), la Nantaise (60 bêtes), la Villars-de-Lans (144 vaches). Ces races ont été condamnées par nos éminents  technocrates de l’agriculture à disparaître, elles n’avaient selon eux plus aucune raison d’être. Elles ont été  souvent d’ailleurs  traitées injustement comme  signe de pauvreté et d’arriération. La Ferrandaise (actuellement 200 femelles) a été  même interdite de concours agricole dans les années 1950, tant les technocrates de l’agriculture souhaitaient la voir disparaître. Plusieurs races ont disparues définitivement (25 en France) notamment : l’Albanaise: race de la région de l’Albens en Haute Savoie,  l’Augeronne, la Betizu (race  Basque).

Quelques unes de ces races rustiques ne survivent actuellement que grâce aux  efforts d’organismes à buts non lucratifs, comme les conservatoires biologiques régionaux (qui maintiennent entre autres le troupeau de Gasconne aérolée) ou de Parcs Naturels (la Nantaise a survécu grâce au Parc Naturel de Brière). Pourtant, il semble nécessaire de  trouver à ces races un rôle diffèrent que celui d’accessoire de décoration pour agrémenter le   paysage ou de pièces de musée ! Elles  sont connues pour leur longévité et leur  résistance à des conditions environnementales difficiles. De plus, nous savons que plus une population est  variée génétiquement, mieux elle résiste  aux maladies. Il est très certainement parmi ces races, des animaux susceptibles de résister  à la folie de l’homme. Elles  font également  partie de notre patrimoine culturel. Leur sélection s’est effectuée  pendant plusieurs milliers années. Il est impossible de penser  revoir les conditions de l’élevage “moderne” et  vouloir assurer la sécurité des consommateurs en oubliant ces races menacées de  disparition.

 

       Source de données: Inventaire des Animaux Domestiques en France, Alain Raveneau, Ed. Nathan 199

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Published by hstes1 - dans santé
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