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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 12:15

 

 

 

 

 

Vous glissez à merveille sur ce terrible anti-sémitisme ! Comment nous défendre, c’est là grand point faible… qui n’a pas pesté contre les Juifs ! ce sont les pères de notre civilisation… on maudit toujours son père à un moment donné … leur ai-je fait du mal ? Rigolade ! m’ont-ils fait du mal ? Hum… pas mal, j’en crève de les avoir insultés….
(entretien 1947 cité dans Les idées de Céline – Philippe Almérias – Berg International p.265)

 

 

 

Voyage au bout…. De Céline

 

 

 

 

 

France - En consultation chez le Docteur Destouches

 

Alias Louis-Ferdinand Céline

 

Ben quoi ? Céline, c’est moi après ?....

 

« Ajoutez à ces termes un accent gouailleur, et vous aurez le « climat » de la réception que l'auteur du Voyage.... nous fit le jour où lui fut décerné le prix Théophraste Renaudot. » Ainsi parla un de mes confrères.

 

Un autre encore, qui assista, par quel miracle à une auscultation du docteur Destouches, rapporte : Il tutoie familièrement tous ses malades, en vrai Bardamu... » Bardamu est le personnage principal du Voya­ge au bout de la nuit...

 

Comme j'achevais le Voyage..., je sombrai dans une inquiétude vague, per­sistante, et qui, se répercutant sur mon orga­nisme, m'amena toutes sortes de maux in­somnies, inappétence, dégoût général. Je ne prétends pas, aujourd'hui, que cet état patho­logique se dénommait « célineurasthénie », non ; mais ; sur le moment, je le crus.

 

Et de là à déduire que seul le docteur Des­touches pouvait me guérir...

 

 

 

LA PAILLE ET LA POUTRE

 

Les Américaines yankees, qu'on entend pousser de tels cris, créer de tels raffuts, d'universels hurlements (lynchages, pétitions procès etc...) dès qu'un nègre les caresse (en public), comment qu'elles se marient aux Juifs  et à toute berzingue et tant que ça peut !

 

Louis-Ferdinand CELINE.
(Bagatelles pour un massacre.)

 

 

 

Voyage au bout de la banlieue (entretien 1941)

 

Fief de Louis-Ferdinand Céline

 

 

 

Le moyen de rencontrer Céline ? traversez Paris en métro, à une porte prenez un autobus et offrez hardiment les tickets bleus de M. Mariage ; ne descendez qu'au lointain terminus, marchez à pied deux bons kilo­mètres, enjambez deux fois la Seine sur des  ponts moitié de pierre, moitié de bois ; au bout, quelque part, s'élève un modeste dispensaire municipal. Là, avec de la chance, vous  pourrez apercevoir Louis-Ferdinand Céline, toubib et génial écrivain. A son œuvre énorme qui fit quelque bruit, il vient d'ajouter un nouveau livre, Les Beaux Draps, lessivage du linge sale de la fa­mille, sans ménagement, à coups de bat­toir, mais pratiqué avec la grâce et la légè­reté dont la tradition par les lavandières de jadis.

 

La, vie l'a rendu méfiant. Tout de suite, il m'a dit avec une gentille fermeté :

 

On peut parler du bouquin... si on veut ! faut pas parler de moi ! Je ne suis pas Madame Darrieux ! La question litté­raire, c'est un genre féminin, bêtement fé­minin ! Et puis, faut pas parler du bon­homme, jamais ! c'est trop moche l'homme !

 

A la fin de l'après-midi, notre Ferdinand me répétait :

 

- Il est bien entendu, mon pote, tu l'as juré, que tu ne raconteras rien de ta visite !

 

J'avais juré, le vrai serment d'Hippocrate, nec visa, nec audicta, nec intellecta ! Par­lons du livre.

 

L'Ecole des Cadavres était dédiée «  à Ju­lien l'Apostat », Les Beaux Draps sont of­ferts « à la corde sans pendu ».

 

T'en as vu, toi, des pendus depuis la débâcle ? interroge Céline goguenard.

 

Comme si j'étais venu pour être ques­tionné !

 

Les Beaux Draps vont surprendre plus d'un lecteur, même  parmi les fanatiques !

 

- Pourquoi ?  interroge toujours Céline.

 

- On dirait une édition expurgée... tou­tes proportions gardées... bien entendu !

 

- Les critiques diront — de quoi se taper le derrière —, Louis-Ferdinand Céline le scatologue est atteint d'essoufflement.

 

 

 

Pour ma joie, Ferdinand, doué d'une prodigieuse grossièreté verbale, dément par ses propos un diagnostic aussi sommaire.

 

Pour lui prouver qu'à l'occasion, il pos­sède le sens de l'injustice, je cite un criti­que :

 

« Les lettres ne sont point un divertisse­ment de jeunes filles ni de frères et la vraie bibliothèque n'est pas rose. » Et encore, à propos de Bagatelles pour un massacre : « Il n'existe pas dans notre littéra­ture, depuis la Ménippée et les poèmes d'Agrippa d'Aubigné, de pareil hurlement de colère, répercuté par les échos d'une syntaxe parlée, muselée, gaillarde et nue comme une fille du Grand Courbet. Cela, c'est le don effréné, qui ne s'enseigne nulle part qui n'obéit à aucun zèle.....

 

les natures modérées, contenues, tièdes et académiques ».

 

— Sacré Léon Daudet ! s'esclaffe Céline dans un rire fracassant.

 

Déjà, au temps du Voyage au bout de la nuit, les deux hommes s'étaient reconnus d'instinct, médecins, cousins du médecin curé de Meudon, François Rabelais. Le trio quoi !

 

 

 

....Il utilise le même acide et tout aussi bien la barre de fer, le burin, la massue, le rire, le rugissement féroce et joyeux. L'ensemble à l'image de la vie, et du sang chaud, généreux, a de quoi effrayer les « personnes pâles ». C'est l'excuse de M. Robert Desnos, par exemple, ami de feu Jeanson, qui, fait sa nourriture d'autres pilules, fabriquées naguè­re par les gendelettres enjuivés et les petits messieurs de la Maison de la Culture, au temps du Front Popu.

 

-  J'empêche personne d'aimer la guimau­ve, concède Céline.

 

Dans Les Beaux Draps, le Juif n'a pas la vedette, et comme je le remarque avec un peu de regret, Ferdinand ajoute :

 

-  Pour le Juif, j'avais fait de mon mieux dans les deux derniers bouquins... Pour l'instant, ils sont quand même moins arro­gants, moins crâneurs... Faut quand même pas s'illusionner. Le secrétaire des Médecins de Seine-et-Oise s'appelle Menekietzwictz.

 

 

 

 

 

 

 

« Aujourd'hui, s'est dressé, menaçant, devant le pouvoir bourgeois, l'humanisme prolétarien de Marx, de Lénine, de Staline, vraiment; humain, fondé sur. l'histoire de. la. science, l'humanisme qui a pour fin la libération totale du peuple travailleur de toutes les races et de toutes les nations des griffes de fer du capital.

« Cet humanisme révolutionnaire donne au prolétariat le droit, historiquement justifié, à la lutte irréductible contre le capitalisme, le droit de ruiner, et de détruire les fondements de l'odieux monde bourgeois. » (La Culture et le Peuple, pages 265-266.)

 

 

Pour mieux célébrer Gorki et mobiliser les travailleurs pour la défense de l'U.R.S.S.

Issu du peuple crucifié par le tsarisme, vous vous êtes élevé, par votre propre énergie créatrice, aux plus hauts sommets de la littérature universelle.
Combien d'écrivains soi-disant avancés, qui n'arrivent pas û votre cheville, se complaisent d'un gime corrompu jusqu'à la moelle.
Mais vous, dédaignant les avances et déjouant les pièges de l'ennemi, vous
êtes resté fidèle il vous-même, a vos  origines. plébéiennes, à la grande cause
des humbles, des humiliés, des déshérités.

Vous méritez ainsi, la fervente et chaude reconnaissance des prolétaires du monde entier.

 

 

 

 

 

«Après la mort de Lénine celle de Gorki est la perte la plus cruelle que subit notre pays et l'humanité »

 

MOLOTOV

 


Comme voilà qui diffère des spéculations stériles de nombreux « intellectuels ». Le mot Homme, pour Gorki, reprend toute sa valeur, il « résonne fièrement » comme il disait. Pourquoi ?
Parce, que Gorki aimait véritablement l'homme et le merveilleux avenir qui lui est destiné, car l'homme porte en lui cet avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cas Maxime Gorki (1933)

 

Depuis quelque temps Maxime Gorki parle et fait beaucoup parler de lui. Ses manifestations bruyantes et ses articles en faveur des gens de Moscou et pour la dé­fense de leur manière de faire ont attiré une fois de plus sur lui, l'opinion mondiale.

 

Ainsi, tout dernièrement, le journal ber­linois, la Deutsche Allgeineine Zeitung s'étonnait que Gorki, qui a pris sur lui d'être le chef de la propagande bolcheviste à l'Étranger et de peindre en rose tous les méfaits des bourreaux moscovites » préfère au paradis soviétique l'Italie fasciste qui a une si mauvaise presse dans l'U.R.S.S. Gor­ki, remarque ce journal, essaie de justifier sa présence en Italie par son mauvais état de santé. Cependant il existe en Crimée et au Caucase des endroits dont le climat est aussi doux que celui de Sorrente.

 

Eu vérité, la raison pour laquelle Gorki décline toujours l'invitation de Staline de venir dans l'U.R.S.S. et continue de rester à Sorrente, c'est que sous la dictature de Mussolini il se sent plus libre et en plus grande sécurité que sous celle de Staline.

 

 

 

Maxime Gorki, il faut le dire, a parfaite­ment conscience de la fausse position dans laquelle il se trouve placé aussi bien vis à ­vis de ses amis de Moscou que de ses admi­rateurs de l'étranger. Aussi, il essaie de sortir de cettte situation ambiguë, ou tout au moins de l'atténuer par des « rétablissements labo­rieux ». D'où cette avalanche de lettres qu'il adresse à la presse soviétique et dont le ton est d'une platitude et d'une servilité qui n'ont de pareils que le morne ennui qui s'en dégage. Voici, par exemple, quelques pas­sages d’une lettre publiée la Pravda et qui est adressée aux camarades littérateurs et au conseil de rédaction de la Presse soviétique.

 

« Camarades ! Vous vivez sous de nouveaux ciels, sous des ciels où volent de grands oiseaux faits de bois et de fer par vos propres mains. La conquête du ciel est consi­dérée comme le triomphe de l'esprit hu­main. C'est parfaitement vrai. Mais à notre point de vue vous êtes en train d'accomplir quelque chose d'encore plus grandiose : vous avez déjà conquis presque toute la terre et vous la conquerrez bientôt tout à fait grâce à l'énergie de votre pouvoir, grâce à votre intelligence. Vous la délivrerez pour toujours des griffes rapaces, de là propriété individuelle. Vous détruirez le terrain qui fait naître continuellement les exploiteurs du travail d'autrui. En vérité vous faites une nouvelle terre, plus féconde, plus clé­mente à l'homme, car vous savez très bien, qu'elle exige des soins continuels, une con­tinuelle attention, comme un organisme vi­vant qui nous nourrit et qu'on ne petit exploiter aussi bêtement et d'une manière aussi, rapace qu'a été exploité votre travail par vos maîtres d'hier. Entre vos mains je vois la science, la plus haute expression de l'intelligence humaine en absorbant toutes ses données, vous transformez véritablement la terre, aussi vite que vous en faites surgir d'immenses fabriques et de colossales usines ».

 

 

 

 

 

 

 

Textes choisis et sélectionnés par

 

Jean Aikhenbaum

 

 

 

Sources sélectives : Je suis Partout  – l’Humanité -

 

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Published by hstes
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