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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:59

 

 

Comment la science récupère les expérimentations criminelles de scientifiques nazis ?

 

 

Expérimentations et scientifiques nazis.

 

 

Les sujets que nous allons aborder, qui ont  rapport à la dernière guerre mondiale sont différents de ceux que vous avez l'habitude de voir traiter et. Si nous avons choisi de faire un travail sur ce sujet, c'est pour des raisons bien précises. La première d'entre elles, c'est que ces faits sont la plupart du temps totalement ignorés du grand public et que seuls quelques spécialistes leur consacre ou leur on consacré du temps. A tel point comme vous pourrez vous en apercevoir des choses primordiales n'ont fait l'objet que de peu de recherches. Ces lacunes, sont en partie explicable pour les raisons que les chercheurs ont besoin de crédits pour poursuivre leur travail. Sans crédit, pas de recherches, sans recherches pas de connaissance, sans connaissance, des faits importants du passé, qui conditionnent notre présent, tombent dans l'oubli.

 

Ce petit préambule pour vous dire que nous allons vous parler de sujets bien différents qui traits à le 2ème guerre mondiale. Ils ont en commun « la science » et d’avoir fait partie de travaux de recherche de scientifiques nazis.

 

 

 

Expérimentations faites sur les déportés et internés

 

Les deux premiers sont dramatiques, puisqu'ils touchent à des expérimentations faites sur les déportés, et internés par les scientifiques du 3ème Reich qui n'avaient pas plus que les communs des nazis, d'états d'âme particuliers. Ils étaient là pour une tâche bien précise et en fonctionnaires rigoureux l'ont effectué en mettant en œuvre toutes leurs compétences et leur savoir.

 

Tous les scientifiques allemands ne se conduisirent pas de la sorte, quelques uns  quittèrent l'Allemagne. Les savants nazis retardèrent-ils leurs  travaux sur la bombe atomique, pour ne pas la mettre entre les mains d'Hitler, rien n'est moins évident. On sait qu'en 1941, Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922, qui était directeur de l'Institut de physique théorique de Copenhague rencontra Heisenberg physicien allemand qui avait été son élève. Heisenberg aux dires de certains, aurait tenté de faire passer aux scientifiques alliés, qu’il connaissait bien,  un  message afin de mettre un frein à leur travail respectif sur la fission nucléaire. Cette thèse est peu  crédible, puisque les nazis continuèrent leur recherche sur l’atome. Bohr,  quitta le Danemark en 1943 pour se joindre à l'effort de guerre des alliés. L'histoire ensuite on la connaît, les Américains les premiers disposèrent et utilisèrent l'arme nucléaire.

 

Mais, même si quelques rares scientifiques allemands eurent quelques scrupules à contribuer à l'effort de guerre nazi, ce ne fut pas le cas de la majorité d'entre eux. Nombreux,  avides de gloire, ou de tranquillité  contribuèrent activement et se montrèrent très coopératifs avec le  pouvoir.

 

Il nous semble ici intéressant de faire une distinction, même si dans l'horreur ces travaux sont inadmissibles, condamnables indignes d'hommes qui se veulent ou se croient civilisés, il n'en reste pas moins des travaux de recherches qui reposent sur des bases indiscutablement scientifiques, ou l'horreur et l’ignominie dans leurs objectifs certes, ne peut être écarté mais qui néanmoins débouchent sur des faits mesurables et qui restent des travaux scientifiques au sens propre du terme.

 

Il en va tout différemment pour les faits que nous allons vous exposer dans la troisième partie de notre exposé, (voir Aurochs, le retour…d’une supercherie scientifique nazie – Daszkiewicz Piotr – Aikhenbaum Jean – HSTES Paris – l’ensemble du dossier est consultable sur http://www.hstes.com/article-aurochs-le-retour-d-une-supercherie-nazie-1ere-partie-70765674.html qui concernent la mise en place et l'exploitation  d'une supercherie nazie dont l'origine  remonte aux années 20 et qui s'est poursuivie jusqu'à la signature de l'armistice.

 

Nous voulons également vous dire, que nous avons publié sur ces différents sujets plusieurs articles  deux dans Actualités Juives, dans une   version grand public, et un plus spécifiquement destiné à des spécialistes dans le Courrier de l'Environnement de l'Institut National  de la Recherche Agronomique.

 

Ce travail est dédié  aux victimes, mais également aux témoins qui nous les ont fait connaître à savoir :

 

à Monsieur le Professeur T.CHROSCIELEWSKI, dont nous parlerons

 

à Monsieur le Professeur W.SKURATOWICZ officier de la résistance polonaise et déporté dans le camp de concentration de Majdanek,  Professeur de zoologie de l’Université de Poznan, a qui nous devons avoir eu connaissance de travaux de Heck.

 

A Monsieur le Professeur Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv, qui nous a permis de réaliser le travail sur le Dieffenbacchia

 

à Madame le Professeur Christina DASZKIEWICZ, professeur de droit pénal à l'Université de Poznan, spécialiste des crimes de guerre. Officier dans l'armée clandestine polonaise A.K et auteurs de plusieurs ouvrages.

 

Ces articles paraîtront également dans les prochains numéros du journal que publie l'association des Enfants cachés.

 

 

 

La récupération des expérimentations criminelles nazies par la science actuelle

 

            Ce n'est qu'avec un retard de plusieurs mois que nous avons appris avec tristesse le décès  de M. le professeur T. Chroscielewski. Il était Chercheur à la Faculté de Médecine de Poznan en Pologne. C'était l'un des personnages  clé de la vie intellectuelle de la Pologne de l'après guerre. Il avait été officier de A.K. (l’armée clandestine polonaise), et avait été déporté au camp concentration d'Auchwitz. Le professeur T. Chroscielewski était  fortement attaché aux valeurs démocratiques. A plusieurs reprises, il prendra courageusement position   pour  s'opposer au pouvoir communiste en place. C'était également un médecin légiste  réputé,  il fut par exemple l'initiateur de la contre-expertise médico-légale dans l'affaire de l'assassinat par la police politique communiste du père Popieluszko. Nous avons eu la chance de le rencontrer au cours de notre dernier voyage en Pologne. Le sujet de notre conversation était lié à l'ouvrage (que nous sommes en train de préparer) sur les "récupérations d’expérimentations criminelles nazies contre l'humanité" par la science et les techniques actuelles. Le professeur Chroscielewski pendant plusieurs années mena un combat difficile, contre l'utilisation par les étudiants de  manuels d'anatomie et de physiologie faits à partir d'expérimentations  sur les "cobayes humains" par les médecins et scientifiques nazis.

 

            La ville de Poznan a été l'une de premières villes polonaises occupées par l'armée allemande en 1939. Les répressions contre la population civile furent particulièrement féroces, la ville fut déclarée allemande et la grande majorité de la population polonaise "déplacée". Dès leur  retour dans la ville en 1945, les chercheurs de la Faculté de la Médecine firent  une macabre  découverte. Les sous-sols du bâtiment universitaire du Collegium Anatomicum recélaient une quantité importante  de cadavres. Une certaine partie d’entre eux, dont ceux de quelques soldats de la résistance furent identifiés.  Mais la grande majorité demeure toujours à ce jour anonyme. La ville avait été libérée trop rapidement pour que les "scientifiques" allemands réussissent à détruire toutes les preuves de leur horrible besogne. La documentation abandonnée, l'analyse des nombreux organes humains conservés dans le formol, les interrogatoires du personnel allemand subalterne arrêté juste après la libération ne laissent planer aucun doute. Il s'agissait d’expériences faites sur des "cobayes humains" et la grande collection anatomique[1] trouvée résultait de l'assassinat de prisonniers et d'internés. Ces documents révèlent  que plusieurs exécutions furent spécialement commandées par des chercheurs-medecins aux fins d'obtenir un matériel "intéressant". Ces derniers surveillèrent  personnellement les exécutions ils expliquèrent soigneusement au bourreau comment assassiner proprement, pour que "le matériel obtenu" soit "utilisable scientifiquement".

 

 

 

Des criminels nazis identifiés et nullement inquiétés

 

            Les noms des  responsables de toutes ces atrocités sont bien connus:

 

On y trouve notamment le professeur Hermann Voss. Après la guerre Hermann Voss fut récupéré par la RDA, il n'a nullement été inquiété  et  devint même l'un des "mandarins" de la médecine de l’Allemagne Communiste.  Il continua à travailler et à enseigner  pour   diverses universités de RDA. Sa position importante le tiendra hors de portée de la justice polonaise qui était  totalement contrôlée à cette époque par les communistes. Dans la version "officielle" de l'historiographie marxiste tous les criminels de guerre étaient jugés et condamnés.  S’ils ne l’étaient pas, c’est qu’ils se trouvaient en R.F.A, ou éventuellement en Amérique du Sud, mais ne pouvaient faire partie  des  autorités scientifiques de RDA. On voit à travers cet exemple, ce qu’il en était réellement.

 

            Le Professeur T. Chroscielewski avec une petit équipe de chercheurs réussit à conserver la documentation faites par les nazis sur ces crimes et plus particulièrement celles qui avaient trait aux activités de Voss. Lui-même scientifique et pathomorphologiste il constata avec effroi,  que plusieurs publications scientifiques de Voss publiées après la  guerre étaient...basées sur ses recherches effectuées sur les internés et prisonniers durant la guerre. Bien évidement, Voss avait pris soin de modifier  les dates et les lieux, mais il n'y avait pas le moindre doute. Les résultats publiés étaient identiques en tous points  à ceux   effectués sur les prisonniers de guerre. Mieux encore, certain de son impunité, Voss ne prit même pas soin de modifier ses communiqués.  La documentation retrouvée en 1945 à Poznan,  était reproduite la plupart du temps mot pour mot. Comme dans l'horreur la limite n'existe pas, ces recherches criminelles sont  à l’origine  d'un manuel d'anatomie destiné aux étudiants. Ce manuel eu un grand succès international. Il fut, ce que l'on peut appeler un best seller. On compte pas moins de 15 éditions en langue allemande et trois en langue espagnole dont une destinée à l’Argentine.

 

Nous avons pu consulter une édition de 1979. D’après M. Chroscielewski, il y  eu  d'autres  éditions postérieures de cet ouvrage, dont nous pouvons vous fournir les référence.  (Taschenbuch der Anatomie, Hermann Voss, Robert Herlinger Edition Veb Gustav Fischer  Verlag Jena 1979).

 

Mais le véritable choc s’est produit,  quand M. le professeur  Chroscielewski apprit que le manuel avait été vendu à un éditeur polonais, dans le but de l’utiliser pour les cours d'anatomie. L'intervention de groupes de chercheurs polonais fut immédiate, le manuel fut retiré de la vente et interdit. De plus,  d'après le professeur Chroscielewski il existe disponible des manuels de qualité supérieure anglais ou américain dont la rédaction ne porte aucune ambiguïté éthique, mais dont apparemment les droits  d'édition sont plus chers. Les chercheurs polonais firent  à la suite de cette affaire un dossier sur cet "ouvrage" et sur l'activité de Voss et l’adressèrent à plusieurs organismes internationaux de médecins. Hermann.  Voss osa  prétendre que "les chercheurs  Polonais avaient falsifié son curriculum vitae" et que les recherches faites à Poznan pendant l'occupation de la Pologne étaient utiles et "servaient toujours  l'humanité". Il a fallut attendre  l'unification allemande et l’action de journalistes berlinois pour que le manuel disparaisse (seulement en partie) des programmes universitaires.  Mais, rassurez-vous,  personne n'a jamais puni   Voss,  personne n’a songé non plus à retirer les titres de "Docteur Honoris Causa" que détient "ce grand savant allemand". Malgré son autorité scientifique incontestable le Professeur T. Chroscielewski n'a jamais réussi changer cette situation.

 

 

 

 

 

Piotr Daszkiewicz – Dr es-Sciences - Historien des Sciences - biologiste

 

Jean Aikhenbaum - H.S.T.E.S Paris

 

 

 

 

 



[1]L'assassinat massif de prisonniers pour "enrichir les collections anatomiques" était un crime commis plus souvent que nous pouvons le supposer. Ce particularisme de l'histoire  est moins étudié que l'expérimentation mais il existe d'autres exemples bien connus,  comme celui de la collection de squelettes du "professeur" Hirt de Strasbourg, qui afin de   "faire des études  d’anatomie comparative entre les Juifs et "d’autres races",   fit      assassiner 170 personnes et leur corps furent mis à la disposition de cette "collection" (dans cette collection, on répertorie 129 Juifs, 2 Polonais, 4 Asiatiques et 35 victimes d’origines incertaines).

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Published by hstes1 - dans Histoire -
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commentaires

Estelle Kulich 09/05/2011 20:39


Sujet très "intéressant", et effectivement totalement occulté...