Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 12:14

 

 

Histoire de Joseph, revisitée par P.A Cousteau - Article paru dans Je suis partout n° 638 du 29 octobre 43 p.2

 

 

 

Dans ce même numéro, Je Suis Partout, fait état d’une lettre adressée par Céline au journal, dans laquelle il s’exprime ainsi et dans laquelle il propose de fusiller non seulement les collabos, mais également tous ceux qui se sont enrichis avec la guerrre : « VOUS n'êtes pas frappés par le fait que la radio anglo-juive — qui nous voue tous à je ne sais com­bien de morts parce que « collaborateurs », antisémites, et patati et pa­tata — ne parle jamais de fusiller tous ceux qui ont profité des Allemands directement ou par ristournes ! Ils sont lé­gions, pourtant, nom de Dieu ! Et opulents, et formidables ! Je n'ai jamais, personnellement, touché un fifrelin de l'occupation, mais le pays français, dans sa majorité, n'a jamais imaginé, n'a ja­mais connu d'affaire aussi brillante que la guerre 39-40…. !... Paysans, commerçants, industriels, intermédiaires, marché noir pètent de prospérité. Presque tous les paysans sont riches. Damnés de la glèbe avant 39, ils vont tous sur leur deuxième million ! Insolents et gaullistes, où sont leurs terribles souffrances en tout ceci ? Tartuferies atroces ! Voici les gens à fu­siller ! Pour immonde hypocrisie ! Par salubrité morale ! ils ont tous — et com­ment ! — avalé, supplié, rampé, pourlé­ché les bénéfices infâmes — à 1.000 pour 100 ! - et fait crever gaillardement de faim leurs compatriotes moins bien placé (gaullistes y compris !), voyez grandes villes ! La France, en tout ceci ?

 

 

 

Conte israélite par P.A Cousteau

 

 EN ce temps-là vivait en Palestine un jeune Hébreu nommé Joseph. Il appartenait à une famille aisée, point trop exigeante sur le chapitre de la morale. L'aïeul, Abraham, s'était un petit peu —,oh ! juste un tout petit peu — adonné à la traite des blanches en négociant les charmes de sa fidèle Sarah. Le grand-oncle Loth et ses filles avaient bousculé pas mal de préjugés bourgeois en jouant aux « Parents terribles » dans une caverne. Et Jacob, enfin, le propre père de Joseph, avait frustré l'oncle Esaü de son héritage en escamotant avec subtilité la fortune du vieil Isaac avec la complicité de la bonne grand' mère Rébecca. Toutes choses qui, dans un pays policé, eussent immanquablement amené la famille Israël sur les bancs de la cour d'assises. Mais les Hébreux ne s'embarrassaient pas de scrupules mesquins. Le père Jacob avait beaucoup de troupeaux. Aussi jouissait-il de la considération générale et de la bienveillante protection du seigneur Jéhovah.

 

Un jour, le petit Joseph se dispu­ta avec ses onze frères. Qui avait tort ? Qui avait raison ? Joseph avait-il vraiment mouchardé ses frè­res ? Ceux-ci étaient-ils vraiment ja­loux de sa robe de diverses couleurs ?  (1). Quoi qu'il en soit, les onze frères décidèrent de supprimer Joseph. Comme ils avaient le sens des affaires, au lieu de le trucider gratuitement, ils jugèrent plus avantageux de le négocier pour vingt pièces d'argent à des Ismaéli­tes qui recrutaient de la main d'œuvre dans le pays.

 

Joseph fut donc amené en Egypte et revendu à un officier de la garde du Pharaon, le colonel Putiphar. Ce militaire était un brave homme débonnaire, pas très in­telligent et très libéral.  Les Juifs sont des gens comme les autres répétait-il volontiers. Joseph lui plut tout de suite. Le colonel l'avait em­bauché comme manœuvre. Trois se­maines plus tard, il en fit son inten­dant, « l'établit sur sa maison et remit entre ses mains tout ce qu'il avait » (1).

 

C'était une ascension inespérée pour l'humble petit Juif. Néanmoins Joseph trouvait que ce n'était pas encore assez. Il avait le contrôle des biens de Putiphar. Il lui fallait aussi Mme Putiphar. Seulement, Mme Putiphar était honnête. Lors­que Joseph, profitant de la confian­ce du colonel, tenta d'exploiter un instant d'abandon, elle poussa de grands cris :

 

L'esclave hébreu que tu nous a amené, dit-elle à. son mari, est venu vers moi pour se jouer de moi. (1)

 

Depuis, des écrivains qui sont de la race de Joseph ont mis en doute la sincérité de Mme Putiphar. Pour­quoi les croire, eux, plutôt que les ju­ges égyptiens qui décidèrent en leur âme et conscience que Joseph était coupable et qu'il méritait la prison ?

 

Jeté dans un cul de basse-fosse, Joseph réussit très vite à améliorer son ordinaire. De même qu'il avait capté en un tournemain la confiance du colonel Putiphar, ce fut un jeu pour lui de conquérir les bonnes grâces du directeur de la prison.

 

Le commandant de la forte­resse remit entre les mains de Jo­seph tous les prisonniers ; et tout ce qui se faisait dans la forteresse, c'était lui qui l'ordonnait.

 

Joseph avait des camarades de captivité fort distingués — de pa­reilles relations, ça peut toujours servir ! — notamment un grand échanson et un grand panetier qu'il impressionnait fort en leur faisant des tours de cartes et en interpré­tant la clef des songes. Lorsque le grand échanson fut libéré, Joseph lui fit promettre de ne pas l'oublier. Un jour, où le Pharaon exprimait la perplexité que lui causait un cauchemar de vaches grasses et de vaches maigres. le grand échanson lui glissa à l'oreille :

 

Sire, l'avais un camarade de camp qui n'avait pas son pareil pour expliquer les rêves...

 

Qu'on le mette aussitôt en congé de captivité ! ordonna le monarque.

 

Et c'est ainsi que Joseph, préala­blement passé à l'étuve et revêtu d'un seyant costume Pharaon tout neuf, fut amené à la cour. C'était la chance de sa vie. On pense bien qu'il ne la laissa pas échapper. Et le Pharaon, littéralement ébloui par la faconde de Joseph, en fit, séance tenante, son premier ministre :

 

C'est toi, dit-il, qui seras sur ma maison et tout mon peuple obéira à ta bouche... Sans toi, nul ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d'Égypte. (1).

 

Joseph, cependant, gardait sa tête froide. Il s'agissait de matérialiser un peu des honneurs aussi inespé­rés. Investi des pleins pouvoirs, Jo­seph commença, pendant sept an­nées, à accumuler des stocks. Et lorsque, enfin, la disette escomp­tée — et peut-être provoquée — survint, il était prêt..

 

Joseph amassa tout l'argent qui se trouvait dans le pays d'E­gypte et dans le pays de Cha­naan en échange du blé que l'on achetait. Et quand l'argent man­qua, tous les Egyptiens vinrent à Joseph en disant :   Pourquoi mourrions-nous devant toi parce qu'il n'y a plus d'argent ? Et Joseph répondit : « Donnez votre bétail et je vous donnerai du pain... » Cette année écoulée, les Égyptiens revinrent et lui dirent : « L'argent est épuise et les troupeaux ont passé en votre possession, il ne reste rien que nos corps et nos terres... Achète-nous, nous et nos terres, pour du pain...  (1).

 

Le coup avait réussi magnifique­ment. En quelques années, Joseph avait mis la main sur l'Egypte tout entière. Par un habile chantage à la famine, il avait d'abord eu l'ar­gent, puis les troupeaux, puis les terres, puis il avait réduit en escla­vage toute la population. Que de­mander, de plus ? Et pourtant Joseph était insatisfait. Car sa famille n'é­tait pas là pour jouir de sa prodi­gieuse réussite. Alors Joseph, qui avait pourtant de bonnes raisons d'en vouloir à ses frères — mais ses frères étaient avant tout des fils d'Israël — les pria de venir s'é­tablir en Egypte. Ils accoururent aussitôt, eux et leurs femmes et leurs enfants et leurs cousins et les cousins de leurs cousins, reni­flant voluptueusement la grande curée.

 

 Joseph donna à son père et a ses frères une possession dans le meilleur endroit du pays... Or Jo­seph mourut... Et les enfants d'Is­raël s'accrurent et foisonnèrent et se multiplièrent et devinrent très puissants, et le pays en fut rem­pli(1).

 

Alors il arriva ce qui devait arri­ver, ce qui ne pouvait pas ne pas arriver. Un beau jour, les Egyptiens s'aperçurent qu'il y avait un pro­blème juif. Il y avait un problème juif parce que, jadis, un seul Juif, un esclave, un petit bougre sans importance avait humblement pé­nétré en Egypte sans que personne y prit garde. Et ce seul petit Juif avait suffi pour que tout le pays fût contaminé et livré en pâture aux Juifs. Alors, les Egyptiens com­prirent que s'ils voulaient vivre, il leur fallait d'abord résoudre le pro­blème juif. Ils adoptèrent une solu­tion qui s'est révélée bien insuffi­sante : le massacre des nouveau-nés.

 

 

 

 

 

(1) Les passages en italique sont copiés dans la Genèse et l'Exode, livres dont il est malaisé de dire qu'ils furent inspirés par la propa­gande nationale-socialiste.

 

 

 

- texte sélectionné par Jean Aikhenbaum

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by hstes - dans Histoire -
commenter cet article

commentaires