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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:23

 

 

 

La griffe du diable Harpagophytum procumbens (Pedaliaceae),  plante de guerre de Boers

 

          Certaines plantes étrangères de la flore d'Europe sont connues grâce aux découvertes faites par l'armée. C'est le cas de l’Harpagophytum procumbens. Ses propriétés toniques sont connues depuis fort longtemps des indigènes d'Afrique du Sud. Les Européens les ont découvertes pendant la guerre qui s’est déroulée en 1902 dans ce pays. Ce sont les effets obtenus sur la rapidité du rétablissement des soldats recrutés parmi les indigènes qui firent que les médecins de l'Armée Britannique se sont penchés sur les vertus de cette plante. Les recherches phytothérapeutiques ont d'abord mis en évidence son pouvoir anti-inflammatoire, comparable et même supérieur à certaines substances anti-inflammatoires de synthèse. Puis, les médecins anglais ont mis en évidence son aspect analgésique et sa prodigieuse efficacité dans le traitement des rhumatismes et des arthrites. Les recherches cliniques entreprises ont également démontré  la réduction de l'hypercholestérémie lors des traitements. Dans la médecine traditionnelle de son pays d'origine l'Afrique du Sud et l’Afrique Orientale, elle est utilisée comme antitumoral et ordonnée plus particulièrement dans le traitement du cancer de la peau.

L’Harpagophytum est disponible en gélules en pharmacie - la dose préconisée est de 4 à 8 gélules par jour.

La racine en infusion se prépare comme suit :

L’équivalent d’une cuillerée à soupe de racine pour ¾ de litre d’eau - porter à ébullition pendant 10 minutes - laissez infuser 20 minutes - prendre 2 à 4 tasses par jour.

Pour obtenir le maximum d’efficacité de cette plante, il est préférable notamment dans les affections rhumatismales à répétition de faire des cures préventives  de 15 jours à la fin de l’automne et au début du printemps.

 

Quelques secrets de la marine

 

          La marine n’était pas en reste, elle avait également développé un art de guérir adapté à sa spécificité. Il faut ajouter que les conditions de la vie de marins étaient comme celles des autres militaire rudes et que ce mode de vie comportait des particularismes spécifiques. L’absence de fruits et de légumes, la consommation prolongée d’aliments en conserve étaient responsables d’avitaminoses et de maladies liées aux carences alimentaires.  La grande concentration des hommes et leur promiscuité ; parfois l'équipage d'un navire comptait plus de mille marins, facilitaient la propagation des maladies contagieuses. Enfin l'exposition prolongée au soleil occasionnait des brûlures parfois gravec. Rien d’étonnant que bien avant découvrir l’action des vitamines, et ce, partir de 1795, l'amirauté britannique rendit obligatoire, sur les bâtiments de la Royal Navy, la consommation de "lime-juce" additionné de 10% d'alcool. Cette boisson restera un secret militaire jalousement gardé  jusqu'en 1840. Le taux de mortalité de la marine britannique, par cette mesure préventive, baisse dans des proportions considérables.

          Encore une fois nous avons été étonnés par la simplicité des moyens utilisés par la marine d'autrefois pour le traitement de malades. L'un des remèdes omniprésent dans les pharmacies des navires étaient  la conserve de roses de Provins, pour obtenir cette préparation, vous procéderez comme suit :

- pulvérisez des pétales de roses rouges (100g). Mettez-les dans 200 centilitres d'eau de roses. Laissez macérer le tout pendant environ trois heures. Ajoutez 500g de sucre afin d'obtenir un mélange homogène.  C'est un remède astringent, utile pour activer la cicatrisation.

- une autre recette consiste à préparer un miel rosat. Prenez 200g de roses de Provins. Faites une décoction avec les calices (enveloppe qui recouvre la base de la corolle) de roses dans ¾ de litre d'eau. Faites ensuite infuser les pétales dans la solution obtenue,  ajoutez  1 kg de miel faites ensuite cuire, jusqu’à l’obtention  d’un sirop. C'est une préparation  détersive et astringente, avec laquelle vous pourrez nettoyer les plaies et activer la cicatrisation.

La marine utilisa également un sirop de coing (attention cette préparation ne doit pas être faite  dans des récipients en cuivre). Elle se prépare comme suit :

- Prenez 1 kg de suc de coings pour deux kg de sucre, faites bouillir jusqu'à ce que vous obteniez  la consistance d'un sirop. C'est  un moyen de soigner les  diarrhées (qui frappaient très souvent les équipages des navires).

L'huile de camomille était également d’usage courant, vous l’obtiendrez en procédant comme suit :

- Faites macérer au soleil pendant un mois dans l'huile d'olive des fleurs de camomille, 100 grammes de fleurs pour ½ litre d’huile d’olive.

- Filtrez  le mélange conserver l'expression. Cette l'huile est émolliente, anodine et carminative. Elle était considérée (et l’est encore) comme fortifiante. Elle s’utilise également en frictions dans les cas les douleurs arthritiques et rhumatismales et aussi dans les cas de contusions.

Les militaires attribuaient une importance capitale à l'huile de millepertuis Elle s’obtient en faisant  macérer au soleil pendant un mois dans l'huile d'olive les fleurs de millepertuis.

- Faites macérer au soleil pendant un mois dans l'huile d'olive les sommités fleuries de millepertuis, à raison de 100 grammes de fleurs pour ½ litre d’huile d’olive.

- Filtrez  le mélange conserver l'expression. Cette l'huile est résolutive et fortifiante. Elle est vivement  conseillée dans les cas de blessures et brûlures.

L'orge était prescrite dans les fièvres, dans toutes maladies de poitrine ainsi que les coliques néphrétiques.

- Choisissez une poignée de graines, éliminez les petites et les déchets.

- Faites ensuite une décoction de ce graines dans deux verres d’eau. Utilisez l'eau d'orge (décoction à dose une poignée de graines pour deux verres de l'eau, bouillir pendant 1 h).

- Prenez 2 cuillerées à soupe du mélange  dans un peu d’eau 3 à 4 fois par jour. Dans les toux, maladies grippales ajoutez une cuillerée de miel.

 

Vaincre le stress avec les secrets des militaires

 

          Les descriptions de stress et troubles psychiatriques qui affectent les militaires ne  datent pas d'aujourd'hui. On retrouve à titre exemple ce type d’affection dans la description du siège de Syracuse par les Romains en 211 avant J.C. Nous savons qu'en dépit d’un entraînement  intensif, d’une sélection rigoureuse, les soldats engagés dans un conflit souffrent très souvent de traumatismes psychologiques. Les spécialistes de l'histoire de la guerre estiment que les forces américaines ont perdu au cours de la seconde guerre environs un demi million de soldats uniquement des suites de divers traumatismes mentaux. Les chercheurs ont également mis en évidence,  qu'au cours de la guerre israélo-arabe de 1973 un tiers des pertes humaines provenaient des suites de troubles comportementaux. Actuellement, les experts américains estiment qu'en cas d'un important conflit dans un scénario de la guerre contemporaine,  il y a lieu de prévoir la possibilité de "pertes psychologiques" pouvant s’élever jusqu’à 40 à 50% du total des effectifs. Depuis longtemps les pertes de repères, le désarroi psychique des soldats lors des combats est un grave problème auquel doit faire face toutes les armées. Cela débouche, sur ce qu’il y a lieu d’appeler les désordres annexes qui accompagnent les symptômes liés au stress. Parmi ceux-ci les médecins militaires observent,  l’accélération du rythme cardiaque, sudation, souffle court ainsi que des intoxications lors de l’utilisation de gaz de combat.

          C'est également une affection appelée parfois "la nostalgie"  qui est considérée comme une des maladies des soldats. Les symptômes se caractérisent par une fatigue physique excessive, la déconcentration, le refus de boisson (et) ou de nourriture (l’anorexie fait que l’on  trouve diverses plantes apéritives dans les pharmacies militaires d'autrefois et d'aujourd'hui). Ce trouble psychiatrique a été pour la première fois décrit au dix-huitième siècle dans les troupes de mercenaires suisses.

          Depuis les temps immémoriaux, les armées tentent de contrecarrer les effets occasionnés par ce troubles. Les spécialistes ont mis au point diverses techniques qui consistent à "endurcir le caractère du soldat"  par une discipline stricte, des exercices physiques difficiles et des privations. Si de telles mesures ont quelque efficacité, les médecins militaires ont rapidement mis en évidence que ces moyens utiles sont  insuffisants pour combattre les effets néfastes du stress. Aujourd'hui certains experts américains redoutent la création d'un "soldat chimique" ou "d’un robot de guerre surmédicalisé" qui remplacerait les combattants d'autrefois. Le problème est que  l’utilisation des tranquillisants actuels n’est  opérationnel que pendant une période de temps très courte.

          Les militaires ont également cherché à améliorer l’endurance physique des soldats et se sont de ce fait intéressés aux stimulants. Les recherches historiques soulignent que les Vikings utilisaient des stimulants à base d'urine de cerf.  Les indiens amélioraient leurs capacités avec "les plantes magiques" et les troupes soviétiques se servaient  d’herbes médicinales sédatives. Pour accroître la capacité du guerrier en Sibérie, il était fréquent d’utiliser  l’amanite tue mouche Amanita muscaria, mis en macération dans les urines de rennes, d'après les observations la drogue transformée de cette manière est plus efficace. Les manuels de conseils des parachutistes de l'armée russe prévoyaient la prise d'une simple dose de café ou de thé avant une opération. Ceci nous semble particulièrement intéressant, lorsque l’on sait qu’il s’agit  de l’une des armées les plus performantes au monde et que ses spécialistes considèrent que la stimulation avec une simple tasse du café ou thé est suffisante pour des hommes qui vont effectuer des missions particulièrement dangereuses et stressantes. Si nous rapportons cette information, c’est à dessein, en effet, nous sommes scandalisés de voir proposer (bien souvent par des médecins)  des drogues "lourdes" dont les effets secondaires sont bien souvent mésestimés à des lycéens avant de se présenter à un examen.

 

          Il nous semble également intéressant de signaler pour conclure quelques recettes anti stress et quelques tranquillisants utilisés avec succès par les militaires dans de nombreux  pays. Rappelons que le problème n'est pas nouveau, à tel point que le bain de lavande était conseillé aux soldats dans l’Antiquité.

 

1.   L'angélique Angelica sylvestris pour favoriser le sommeil.

- préparation du vin d'angélique. Mettez dans un litre du vin blanc 40g  d'angélique, 5g de poudre de cannelle et 5 g de noix de muscade râpée. Laissez macérer pendant au moins un mois. Cette préparation se prend à raison de un à deux petits verres le soir.

 

2.   L'aubépine Cratageus monogyna  

- préparation d’une infusion  à raison d’une cuillère  à soupe de fleurs pour une tasse d’eau. Cette préparation se prend à raison de 3 tasses réparties au cours de la journée.  Elle a de remarquables effets dans les stress,  c’est un cardiotonique particulièrement indiqué dans les cas de palpitations et les troubles du rythme cardiaque.

 

3.   Le houblon Humulus lupulus

- préparation d’un vin de houblon. Laissez macérer pendant 2 semaines 50g de cônes dans  1 litre de vin blanc. Ce vin se prend à raison de 1 à 3 petits verres par jour.

-  préparation  sous forme d'infusion à raison d’une cuillerée (2 ou 3g) pour une tasse d’eau, sucrer avec miel pour  atténuer l'amertume. c'est un tranquillisant, calmant et un hypnotique. Dans la tachycardie  d'origine nerveuse, il calme et  réduit la fréquence du pouls.

 

4.   La passiflore utilisée sous forme d’infusion (les tisanes prêtes à l’emploi de passiflore ou de passiflore associée au tilleul, à l’aubépine, sont disponibles en pharmacie). Si vous préférez préparer votre infusion, ne dépassez pas la dose de 2g  de fleurs par tasse. 

- vous pouvez également préparer un vin de passiflore. Cette préparation se fait avec 50g de plante: feuilles et fleurs que vous laisserez macérer pendant 2 semaine dans 1l du vin blanc. Ce vin se prend à raison de 1 à 3 cuillerées à soupe par jour. La plante agit par son action apaisante sur le système nerveux. Elle est conseillée contre la nervosité, la dépression nerveuse, l'insomnie, les troubles du caractère.

 

5.   comme stimulant vous pourrez utiliser :

- la gousse de vanille (à sucer) ou la noix de cola Kola acuminata, vous pourrez les trouver dans les magasins asiatiques ou africains. 

- vous pouvez également les consommer sous forme de poudre  (maximum 3g par jour en mélange dans du miel). Ces deux plantes peuvent également se prendre en macération dans du vin. Même préparation que la formule précédente. 

         

L’avenir des méthodes mises au point par les militaires

Les militaires et les conquérants qui au cours de leur périples ont souvent fait peu cas de la vie de leurs ennemis, ont toujours attaché une importance extrême à leur protection. Les règles préconisées par  les thérapeutes, répondaient à des impératifs, celles de faire face à des situations extrêmes. Les méthodes employées devaient efficaces et rapides. Ces méthodes sont toujours utilisées par les armées. Une anecdote est amusante.  L’une des opérations appelée « cold feet », consistait en la prise d’une base soviétique dans l’Artique. Elle est considérée comme l’un des succès de la CIA pendant la guerre froide. Au retour de cette mission difficile, tous les agents pour guérir leur engelures, et surmonter leur fatigue, se virent imposer en thérapeutique un verre de scotch « médicinal ».

Un médecin de nos amis, qui officiait pendant la dernière guerre dans la résistance, nous a donné l’une de ses recettes, pour vaincre les troubles gastriques. Il donnait à ses patients, des infusions de patience sauvage. Avec cette même infusion, il soignait les orgelets et les irritation de la cornée. Aujourd’hui, lorsqu’il en parle, il dit ne pas connaître de remèdes plus efficaces.

Vous pouvez ainsi constater que dans les situations extrêmes, les armées, ont démontré sur le terrain, l’efficacité de thérapies « simples ».

 

 Piotr Daszkiewicz

 

 

  Sources ;

 

Jean Aikhenbaum - Piotr Daszkievicz Le puvoir de guérir par la nature -   éditions Christian Godefroy

 

 

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Published by hstes
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