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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 12:14

Le petit écran, un assservisssement par la débilité

 

 

LE MEPRIS COMME ULTIME VALEUR

 

Ca y est ! Enfin ! La trash télé est définitivement implantée en France, qu’on se le dise. Et elle n’est pas prête de disparaître. De « Loft story » à « Qui veut gagner des millions », du « Bigdil » à « C’est mon choix », des « aventuriers de Koh Lanta » au « Maillon faible », il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle émission de « real télé » ne soit lancée sur les écrans. Et chacune des chaînes conceptrices de se gargariser d’avoir capté l’attention du plus grand nombre de spectateurs, permettant ainsi à la pub d’exploser sur son antenne.

 

flatter l’ego du plus vaste public possible

 

Chacune de ces émission a comme objectif premier - et ultime - de flatter l’ego du plus vaste public possible en insistant sur tout ce qui fait la « qualité » de l’être humain en ce début du XXIème siècle (aux yeux des publicitaires, des hommes politiques et des décideurs de tout poil). A savoir, en un inventaire à la Prévert : la bassesse, l’esprit de lucre, le désir de détruire son prochain, la médiocrité de sentiments, la vélocité d’esprit pour écrabouiller l’intelligence ou la pauvreté langagière.

 

Les années soixante dans lesquelles la Télévision Française avait pour objectif d’élever les masses par la culture grâce à des spectacles en direct reprenant les grands textes de la littérature est bien loin. Un monde préhistorique, même, si l’on en croit les images en noir et blanc peu nettes que la télé d’aujourd’hui adore exhumer, avec le même rictus que l’on a face à l’arrière grand-père qui raconte toujours les mêmes histoires. Ou celui du présentateur Arthur avec « Les enfants de la télé » où il expose, comme un animal de foire, le malheureux Pierre Tchernia, réduit à l’état de caution « intellectuelle ».

 

Des concepts de plus en plus racoleurs, méprisants ouvertement leurs victimes qui, il est vrai, semblent en redemander.

   

Actuellement, tout est prétexte - comme dans la société réelle, d’ailleurs - à se mettre au niveau des téléspectateurs-citoyens que les décideurs ne voient que comme des subalternes, évidemment, et sous la forme exclusive de cibles à atteindre. Et celles-ci sont obligatoirement médiocres, incapables d’un quelconque raisonnement cohérent, privées du moindre sentiment d’altruisme ou de grandeur.

Chaque « concept », calqué - photocopié - d’après les chaînes américaines (mais pas encore japonaises, nous y reviendrons), est l’objet d’un effet d’annonce destiné à faire connaître le produit avant consommation. Les grandes plumes s’étripent souvent avant même que l’émission ne soit mise sur le marché, afin d’entériner dans l’esprit du futur spectateur que les jeux sont déjà faits. L’émission qui va paraître sera obligatoirement intriguante, dérangeante, en tout cas à voir pour ne pas avoir l’air d’être hors du coup. Seule valeur qui vaut encore la peine d’exister.

Lors de la première diffusion, le public, alléché par l’annonce qui en a été faite, se presse donc devant son écran, juste pour voir. Mais l’image est pernicieuse, elle qui attire sans demander d’autres efforts que de garder les yeux ouverts et le paquet de pop-corn à portée de mains. Et les concepts peuvent ainsi se succéder, de plus en plus racoleurs, méprisants ouvertement leurs victimes qui, il est vrai, semblent en redemander.

 

Car les concepteurs de jeux savent ce qu’ils font. Ils travaillent sur de l’inconscient produit par une société dont ils sont eux-mêmes les deus ex machina machiavéliques. Lequel d’entre-nous, en effet, n’a pas rêvé d’écraser cet insupportable fort en thème qui, au cours de notre scolarité, remportait tous les prix ? Quelle revanche que celle de battre un de ces individus hautains dans un jeu où l’adresse et la rapidité de mouvements priment sur la mémoire et l’intelligence !

 

A « Questions pour un champion » ou aux « Chiffres et aux lettres », jeux antédiluviens dans lesquels on fait appel à l’érudition et à la réflexion, le spectateur de maintenant préfère évidemment « Qui veut gagner des millions » ou « Le maillon faible ». Ecraser ses adversaires, dire sur eux un tas d’insanités, ne pas reconnaître leur supériorité, adorer être fustigé par une présentatrice kapo de sinistre mémoire, voilà qui est plus gratifiant que de tenter d’utiliser sa mémoire. Connaître le nom de Maya l’abeille ou d’un des derniers joueurs de foot, comme dans le premier jeu cité, ça a quand même plus de gueule que de savoir si Molière a été un écrivain Français d’un des innombrables siècles précédents…

 

Et c’est de la sorte, insidieusement, en visant toujours plus bas (mais dans le trash, la télévision japonaise est quand même une des plus inventives du monde !) que l’on crée une, ou plusieurs générations d’esclaves, tout juste bonnes à téter les couloirs de pub et à vouloir, convulsivement, acheter les produits montrés sur l’écran, jusqu’à trente fois par jour.

                       

Mépris (sous prétexte de s’intéresser aux foules, on en caricature les propos, comme dans « C’est mon choix », poujadisme écoeurant et misérable), culte de la gloire éphémère (cf. Loft Story avec sa première pensée inénarrable « c’est qui qu’a pété ? »), langage qui s’appauvrit à force d’être banalisé dans le rien (les rappeurs, n’est-ce pas, peuvent rapporter gros), telle est la télévision Française actuelle.

 

Audimat, plus c’est nul, mieux c’est, le concept de la médiocrité ne s’est jamais aussi bien vendu !

 

Obnubilée par le fric, par la vitesse, par le laid et le pleutre, choisissant d’ailleurs souvent ses présentateurs pour ces qualités-là (Lagaffe, Ardisson, Arthur, Bravo, Foucault, Delarue, Pernaut, Bern…). N’en jetez plus ! La coupe déborde de ces histrions prêts à toutes les bassesses pour paraître à la télé qui est leur seul mode d’existence. Hors du petit écran, point de salut ! Et cette télé n’est pas, hélas, la seule au monde à adopter avec enthousiasme la veulerie comme expression première de la créativité !

 

Ce qui est remarquable, en fin de compte, c’est que ces émissions se retrouvent sur tous les canaux, publics ou privés, dans un ordre - ou un désordre - confondant. Car ce média qui pénètre dans tous les foyers a un double objectif : rendre le spectateur captif de sa propre bêtise, comme s’il se contemplait dans un miroir à peine déformant, et l’amener à l’accepter, voire à la revendiquer.

Dire à l’esclave qu’il est un esclave, un moins que rien, un outil pour son maître et qu’il ne peut être que ça et que, donc, il doit aimer cet état là et le revendiquer, voilà l’objectif avoué de tous les décideurs. Quand un de ces derniers, grand manitou d’une chaîne omnipotente, se fend d’une lettre outrée dans un grand journal Parisien pour fustiger le comportement vu dans « Loft Story », c’est pour mieux annoncer ses propres émissions où apparaissent de faux naufragés sur des îles loin d’être désertes. Et ce, semble-t-il, en toute bonne conscience…

 

Car plus que le mépris avec lequel les concepteurs traitent les spectateurs, c’est l’arrogance avec laquelle ils mentent effrontément qui est le plus terrifiant. D’émissions en direct différé en émissions remontées, telles des bandes dessinées du pauvre, les chaînes se ressemblent par leur volonté plus ou moins affichées à cultiver la grossièreté. Pris la main dans le sac de la tricherie, ces gens-là ricanent, sûrs de leur impunité. Et ils l’ont, cette garce, car aucun spectateur ne se risquera à les attaquer pour publicité mensongère tellement chacun d’eux meurt d’envie de passer à l’écran.

 

La télé poubelle a encore de beaux jours devant elle !

 

Il n’y a qu’à contempler, sidéré, tous ceux qui acceptent de jouer au public, dans ces émissions, hurlant et bavant sur ordre pour se rendre compte que la pensée romaine « Donnez- leur du pain et des jeux » est plus que jamais à l’ordre du jour.

 

Un pays ayant perdu ses repères, léchant les fesses du gardien de l’ordre mondial - L’Oncle Sam lui-même - et malgré tout imbu de son passé culturel… qu’il détruit jour après jour, systématiquement, voilà ce qu’évoque le pays dans lequel nous errons, abandonnés comme des chiens errants jappant tristement, en sachant que cela ne servira à rien.

 

Et encore, nous n’avons pas encore tout vu ! A savoir, les émissions où l’on se vomit dessus ; où l’on mange son poids en saucisse ; où un quidam va subir une série d’épreuves, comme un grand 8 ou des chocs électriques ; où des jeunes filles plongent dans une baignoire bouillante… Emissions proposées par la télévision japonaise, la plus trash du monde. Mais jusqu’à quand, tant il est vrai que l’humiliation de l’homme par l’homme est un des plus vieux sports du monde !

 

 

Les enfants et la télé ?

 

Le prix à payer pour la tranquillité des parents

 

 

 

Ces petits chéris devant la télé, rien de tel pour qu’ils vous fichent la paix, c’est le calmant idéal, comme ça maman peut téléphoner à ses copines et papa s’envoyer en l’air tranquillement avec son ordinateur.

En décembre 1997, quelques 700 enfants japonais ont été pris de violentes attaques de convulsions  en regardant  l'émission de T.V. "Pocket Monster". Le diagnostic des médecins japonais est sans appel, ils affirment que l'émission est responsable d'alcalose respiratoire, de la chute du taux de calcium et de l’hypersensibilité du système nerveux. Des modifications ont également été observées dans certaines protéines sanguines. Ces observations ont été confirmées lors d’expérimentations faite sur des volontaires. La conclusion a de préoccuper, aucun doute, certaines émissions de télé peuvent être responsables d’instabilité neuro-musculaire et mettre la santé de l’enfant en péril. Un groupe de chercheurs du Département de Pédiatrie  du Tohoku University School of Medicine a mis en évidence  que certaines émissions de TV pouvaient occasionner chez l’enfant des convulsions. Les chercheurs américains arrivent à des résultats similaires la T.V. peut être très dangereuse pour les enfants, elle peut provoquer des crises d'épilepsie.

 

Ils ne risquent pas seulement d’être malades...!

Epilepsie, Obésité et perturbation psychologiques

Les dommages que courent les enfants en regardant la télévision ne se limitent pas uniquement aux crises d'épilepsie, d’attaques ou de convulsions. Le jack pot... est décroché par les psychologues hollandais qui ont étudié l'influence de la télé sur le développement de l'imagination créative des enfants. Là, également bon de nombre de clichés en prennent un coup. Il va falloir ranger au placard les propos que l’on nous ressassent depuis des décennies, loin d’être une ouverture pour l’esprit et sur le monde extérieur, la télé ne favorise en rien le développement de l'imagination enfantine, au contraire, elle aurait plutôt tendance à la réduire. De plus, certaines émissions sont  responsables de perturbation du sommeil chez les plus petits.

 

Les universitaires japonais ont examiné la relation entre les jeux T.V. et l'obésité chez les adolescents. L'examen de 2000 jeunes de 9 villes a démontré un rapport indiscutable entre le temps passé devant le T.V. et la fréquence de l’obésité des jeunes. Des résultats comparables ont été obtenus aux Etats-Unis. Les auteurs ont intitulé leur article TV or not TV: fat is the question (jeux de mots qui n’a pas son équivalence en français et qui peut se traduire ainsi : télé ou pas, graisse est la question).

  Publié dans  "Réalités Interdites" 1998

Choix de textes Jean Aikhenbaum

 

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Published by hstes
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