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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 22:54

 

Article publié dans réussir votre santé – 1996.

 

 

Quand le rire soigne,

la rigolothérapie

 

si vous voulez étudier un homme, ne faites pas attention à la façon dont il se tait, ou dont il parle, dont il pleure, ou même dont il est ému par les nobles idées. Regardez-le plutôt quand il rit  (Dostoïevski – l’adolescent).

Le rire, est une chose aussi importante qu’il occupe dans la vie du genre humain, une place extrêmement privilégiée, car « mieux est de rire que de larmes écrire, parce que le rire est le propre de l’homme » (Rabelais) au point que non seulement auteurs, acteurs, chansonniers et chançonneurs, hommes politiques ou simples citoyens l’ont utilisé, l’utiliseront comme un nectar venu du ciel, un cadeau à nul autre pareil.

« Le rire est comme la suprême image, la suprême manifestation du divin réabsorbant les dieux prononcés et prononçant le Dieu par un nouvel éclat de rire » (Pierre Klossowski – 1905 - un si funestes désir).

 

Le rire est un moyen d’expression, qui comme la parole, comme la musique est variable à l’infini, et sur le rire, : on pourrait dire, bien des choses ; tenez en variant le ton : moi Monsieur, si j’avais un tel rire… « Parodiant Rostand » en un sanglot, Cyrano de Bergerac.

Je rirais comme on mange c’est-à-dire à belles dents, et je croquerais dans le rire, comme on croque dans une pomme d’amour…

Je rirais en couleurs, en bleu, en rouge, en vert ou même en jaune, bien que coloré, c’est en l’occurrence un rire triste, teintée d’amertume, de la couleur de la bile car dans ce cas, le moins que l’on puisse dire est que « je n’essaie rire que des lèvres, et que j’ai le spleen, tristesse physique, véritable maladie» (Chateaubriand, lettres à Madame de Récamier).

Ou encore, il n’est pas impossible que je ris en noir et en blanc avec Laurel et Hardy, avec Charlot, ou avec les Maex Brothers jusqu’à en mourir de rire, car même si « le rire est ridicule » Verlaine – poèmes Saturnien.

 

Il est possible de mourir de rire, alors que le ridicule (c’est bien connu) ne tue pas, par contre en revanche… Il prête à rire.

Il est possible, que j’éclate de rire comme le ferait une bombe, qui ne serait pas offensive, qui a l’instar des exocets, de fabrication nationale serait comme « le français » il fit ce que font en toute occasion les Français, il se mit à rire » Honoré de Balzac, Massimila Doni.

Quoi de plus clair, quoi de plus heureux qu’un beau rire cristallin, frais, joyeux, roucoulant comme le ferait la colombe amoureuse…

Quoi de plus réconfortant, que le rire d’un ami qui rit à gorge déployée, se transformant en un fou rire communicatif, inextinguible une rate dilatée à son maximum et amenant petit à petit à rire aux larmes, contrariant le poète qui affirme sans vergogne que « tel qui pleure au matin, rit le soir ».

 

C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. Étrange ? vous avez dit étrange ?

 

Oui pourquoi pas, mais combien d’agréables et mercis, devons-nous, à ceux qui nous font rire et de nous faire bénéficier du privilège, à chaque séance offerte de nous faire gagner une tranche de vie supplémentaire. Nous savons tous que « la plus perdue des journées, est celle où l’on a pas rit » (Chamfort). Mais attention, le rire moqueur est acceptable, le rire ironique l’est parfois moins, et nous devons garder à l’esprit « qui rit d’autrui, doit craindre qu’en revanche on rit aussi de lui » Molière et ne jamais perdre de vue « il faut que la bonté soit au fond de nos rires » Victor Hugo ; rendons au rire son authentique signification ! Enlevons le à ceux qui ont font une raillerie sacrilège !.

 

Que vive Polichinelle… Car si j’ai bien compris, qui mieux que lui est à même de rire comme un bossu... Et même trois fois plus.

Que demande le peuple ? Questionnait Néron, la réponse est célèbre puisqu’elle parle de pain, de jeux. Mais elle omet de parler de rire ; or le peuple et le roi ont besoin de rire… Il faudrait à tous les carrefours des baladins, au Louvre le bouffon (Victor Hugo). En ce qui concerne les ecclésiastiques un doute demeure, en effet : qu’un pape rit de bonne foi, je ne saurais l’assurer ; je tiendrai un roi bien malheureux, s’il n’osait rire : c’est le plaisir des dieux – La Fontaine.

Nul n’ira jusqu’au fond du rire d’un enfant (Victor Hugo – le crapaud) que pourtant, il faut inciter au rire, avant toute chose, avant que ne se décide pour lui les choix de la vie.

 

Il faut rire avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri – La Bruyère.

De grâce, faites rire vos enfants, il est en votre pouvoir à vous les parents de transmettre ce bien précieux. Si vous ne faites pas, qui le fera ? Et alors « quelques générations encore et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l’extase » Cioran – syllogisme de l’amertume.

« Le rire est ridicule autant que décevant » Verlaine – poèmes Saturniens, lui, qui donnait dans un rire au goût d’absinthe pure, cynique, et pourtant cela lui aurait fait tant de bien de rire joyeusement, attendu que « le rire châtie certains défauts, à peu près comme la maladie châtie certains excès » Henri Bergson : le rire – essai sur la signification du comique.

Cela me fait penser à ce philosophe qui riait en voyant une tangente à un cercle parce que cela ressemble à un angle et que ce n’en est pas… Simone de Beauvoir – l’invitée. Rire de toi, mon cher Verlaine… Oui  « Tu me ferais rire, si cela m’était permis » Samuel Beckett – en attendant Godot.

Vive le rire – Zavatta ; car le rire me purge de mes dégoûts – Jean Cocteau

 

C’est la sagesse des orientaux que de rechercher remède à la tristesse, avec autant de soin que contre les maladies plus dangereuses – Montesquieu. En Occident, il a fallu attendre des temps plus que modernes, et c’est le New Age nous enseigne que l’on peut combattre la consomption par la rigolothérapie. Alors, je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer – Beaumarchais.

Si je m’en réfère d’après l’adage romain : un esprit sain dans un corps sain, la faculté de rire est preuve d’une âme excellente – Jean Cocteau ; et comme c’est par son âme que l’homme est relié au divin, si l’homme croit atteindre la perfection dans la morosité il se trompe car : un saint triste est un triste saint – François de Sales –

Mon passe-temps favori : rire – le Dalai lama. Si l’on ne trouve pas beaucoup d’humour et de gaieté dans le monde de la médecine, cela n’empêche pas l’humour d’être la meilleure des médecines qui soit – Joseph Billing. Et s’il est un message utile en soi… C’est que le rire est la seule chose qui nous soigne du désespoir (Caroline Serreau : avant-propos de rire pour guérir – éditions du soleil.

 

Le rire sur ordonnance

faut-il prescrire le rire ? Y aura-t-il bientôt en faculté un enseignement du rire et fera-t-on suivre au patient des cures salutaires de rigolothérapie ?

Ce serait souhaitable.

Le rire est une thérapie à part entière non négligeable, ses bienfaits se font ressentir tant sur le plan physique que sur le plan psychique.

Il fait travailler les muscles du visage : prévention des rides, retarde le vieillissement. Les muscles du dos, de la poitrine, de l’abdomen sont également sollicités. Le rire favorise d’élimination des déchets, active le foie, le cœur et la rate. Il agit sur le psychisme, stress, morosité, angoisse lui cèdent le pas. Tous les déprimés ont intérêt à se payer une bonne tranche de rire, les insatisfaits, les nerveux, les boulimiques peuvent user et abuser de cette thérapeutique. Le rire nourrit, d’où son aide pour combattre les problèmes de surpoids.

Rire calme les angoissés, les agressifs, les coléreux, il est sédatif et toni-cardiaque. Il favorise le relâchement musculaire. Il permet souvent de diminuer, de calmer et de contrôler la douleur.

 

Attention : le rire est réellement une drogue

mais du fait de sa toxicité quasi nulle, moindre que n’importe autre thérapeutique, il est vivement recommandé d’en user, d’en abuser et de dépasser gaiement toutes les doses prescrites.

Et comme toute bonne chose a une fin, je ne voudrais pas en terminer avec cet article sans vous mettre en garde contre les gens qui ne rient jamais : ce ne sont pas des gens sérieux – Fuyez-les.

  à consulter:

http://www.leriremedecin.asso.fr/ 

 

Georges Gheldman ;

 

Sources :

Archives de l’auteur

Rire pour guérir – éditions du Soleil

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Published by hstes
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commentaires

henri finkelsztajn 06/01/2013 21:34

en guise de meilleurs voeux pour ceux que j'aime voir rire!!!