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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 12:19

 

 

 

 

 

S.A.I.  Louis Nataniel de Rotschild

 

Certes ce n’est pas une personnalité médiocre que celle du baron Louis Nataniel de Rothschild, à qui il fut donné de tirer pour un temps les finances de son pays d'une bien fâ­cheuse posture. Il serait cependant exagéré d'affirmer que c'est une personnalité brillante.

Le baron Louis de Rothschild n'a pas la téna­cité farouche de son arrière-grand-père, Salo­mon Meyer, ni la conception originale de son père Albert Salomon. Il tient plutôt de son grand-père Anselme qui, en l'année noire de 1873, au plus fort de la crise économique, char­gea son intendant, Jules de Goldschmidt, de la mission délicate qui consistait à  casser les reins a de la spéculation en matant ainsi les banquiers qui s'opposaient encore à la suprématie des Rothschild, tandis que lui-même retiré des affaires dans son château, consacrait ses loisirs à sa collection de tableaux, de statues et surtout d'orfèvreries, dont il avait constitué un véri­table petit musée. Son petit-fils, le baron Louis, de Rothschild, est un homme frêle, tout en nerfs, à la parole douce, qui regarde le monde avec l'air désabusé de ceux qui n'ont pas eu à lutter pour conquérir leur haute posi­tion.

Encore en pleine force de l'âge et grand sportif, le baron Louis Nataniel ne parait pas avoir personnellement à souffrir du système matrimonial en vigueur chez les Rothschild qui veut que les mariages ne se contractent que dans les cadres de la famille, alors que son frère Oscar semble avoir été moins favorisé puisqu'il fut assez faible pour se suicider par chagrin d'amour. Le baron Louis ne ressembla pas non plus à ses deux autres frères Alphonse et Eugène. Loin de mener comme eux une existence oisive de grand seigneur, le baron Louis Nataniel, malgré les traditions de la famille, a pris personnellement la direction de la Kreditanstalt, la puissante banque fondée par son grand-père, tâche dont il s'acquittait merveilleusement, car il possède un sens des affaires particulier aux Rothschild qui permet, non seulement de voir clair dans une situation, mais encore d'en tirer parti.

 

Bien qu'il n'y ait pas de comparaison possi­ble entre cet homme et les spéculateurs âpres et avides de l'époque de l’inflation, son flair prodigieux ne lui a pas permis de laisser échapper l'occasion unique offerte par les temps fiévreux d'après guerre pour accroître son patrimoine.

Certes, il est toujours resté au-dessus de la mêlée, assistant en contempla­tif à cette véritable ruée vers l'or, où se dis­tinguaient des financiers nés de la veille, tel le fameux Castiglioni et son rival Bozel. Néanmoins il sut découvrir en l’un de ses directeurs, un nommé Ehrenfest, les mêmes talents qui avaient assuré le succès à ces deux aventu­riers de la finance. Ehrentest qui, trois ans durant, trans­porta infatigablement, dans des valises à po­che secrète, des milliards de couronnes de billets de banque autrichiens pour les conver­tir en valeur stable, dollars ou livres sterling. Grâce aux bénéfices ainsi réalisés, Ehrenlest fonda dans toutes les grandes villes d'Europe, de Vienne à Amsterdam, des entreprises indus­trielles les plus diverses.

Ce fut également lui, qui, basant toutes ses opérations de change sur l'avenir du franc, dans lequel il n'avait jamais cessé de croire, par un coup téméraire réduisit à la merci de son patron tous les rivaux de celui-ci...

Choix de texte et mise en forme

Jean Aikhenbaum

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 12:01

 

 

 

France - Le nouveau film de Charlot

 

Le correspondant du Times à Los Angeles envoie un compte rendu sur le nouveau film de Charlot, Les Lumières de la ville, dont la présentation a déchaîné à Hollywood un en­thousiasme délirant.

M. Charlie Chaplin, vient de faire un su­prême effort pour rendre au film muet sa place au soleil. Si, après deux ans de travail, le résultat n'est ni supérieur, ni inférieur à ceux qu'il avait obtenus dans ses dernières œuvres, cela ne prouve nullement que M. Cha­plin n'ait pas atteint son but.

Les ovations délirantes de ses camarades d'Hollywood et du public idolâtrent de Los An­geles ne sont évidemment pas des gages cer­tains d'un succès mondial, mais le génie de M. Chaplin, en tant qu'acteur, et le fou rire qui s'est emparé de la salle prouvent certai­nement que Charlot et ses pairs (s'il en a) peuvent sauver l'art de la pantomime sur l'écran au moins au même degré que des gé­nies isolés ont pu le prolonger sur la scène.

L'intrigue des Lumières de la ville est natu­rellement tout à fait dans la manière de Char­lot ; c'est un échafaudage de farces plus ou moins invraisemblables. Portant son costume habituel de vagabond et son inévitable cha­peau melon, Charlot devient amoureux d'une petite marchande de fleurs aveugle qui se tient à un carrefour tumultueux d'une ville américaine.

Un jour, il rencontre un Américain milliar­daire typique, avec lequel il s'enivre dans un club de nuit. Il l'amuse, lui enlève ses idées de suicide et devient son ami intime. A cela près que, lorsque le Crésus est dans son état normal, il ne se souvient ni de son compa­gnon, ni de ses expéditions nocturnes. Dans un de ses moments de générosité, l'Américain donne à Charlot 1.000 dollars qui lui serviront à payer l'opération qui fera recouvrer la vue à la petite aveugle....

 

Une autre scène extrêmement comique nous fait assister au combat que Charlot, pour gagner la main de la jeune fille, livre à deux boxeurs redoutables, un nègre et un blanc.

Pourtant, on retrouve aussi les sentiments charmants et émouvants du Charlot que nous avons connu et aimé dans La Ruée vers l'or. La petite aveugle le prend pour un milliardaire, et Char­lot se garde de la détromper.

 

Le livre du mois à Milan : Les Hébreux

 

De plus en plus nombreux deviennent les romans qui traitent du problème (si ce n'est, toutefois, un dilemme) d'Israël chez les nations. Dans les livres des auteurs juifs, un Jacob Wassermann en Allemagne, un Ludwig Lewisohn aux Etats-Unis, l'inven­tion romanesque ne sert qu'à introduire un poignant examen de conscience, qu'à justi­fier une profession de foi. Wassermann, qui écrivit, à ses débuts, les « Juifs de Zirn­dorf », évocation du grand rêve messianique de la race, parvient à résoudre l'antinomie de sa double nationalité : il aura parcouru son chemin à la fois comme Allemand et comme Israélite. Ce conflit des deux tradi­tions, des deux caractères ethniques et na­tures morales, est présenté dans « Lévy », de M. J.-R. Bloch, comme une crise passa­gère ; son histoire nous conduit des jours troublés de l'Affaire jusqu'à la veille de la guerre, où les Juifs ne formeront plus, se­lon le mot de Barrès, qu'une des familles spirituelles de la France. Un Lewisohn, par contre, fait, avec amertume, ses adieux à la civilisation chrétienne ; pour se réfugier où ? Il est détaché des rites ancestraux, ne croit pas au retour dans la Terre promise.

il lui reste « l'île intérieure »; un territoire non géographique, mais intellectuel, la sphère idéale du judaïsme, l'héritage indélébile d'une manière d'être et de penser nationale. Cette thèse de l'originalité fon­cière, inaltérable du peuple élu (conception à double tranchant, car elle sert, à la fois, à glorifier Israël et à l'exclure de la vie des nations) est illustrée, du côté chrétien, par le célèbre cycle des frères Tharaud, explo­rateurs minutieux des ghettos de Galicie et autres royaumes de Dieu ; ils peignent, avec une sympathie compréhensive, la sain­teté sordide, la poétique misère des exilés à l'ombre de la croix ; mais ils s'élèvent dans un âpre pamphlet contre l'action révo­lutionnaire et destructrice des Juifs dans la Hongrie de Béla Kun.

 

Stefan Zweig : La guérison par l’esprit.

 

Dans ce livre imprévu d’une conception hautement originale, Stefan Zweig aborde un domaine nouveau, celui de la guérison par l’esprit, titre qui reproduit sans presque le modifier, celui d’un ouvrage célèbre de Charcot.... il nous montre ces grands remous d’idées et de force par quoi l’humanité désespérée déserte la médecine matérialiste, ses vaccins et ses routines pour s’attacher aux hérésies idéalistes des empiriques des docteurs miraculeux excommuniés par la faculté. Le monde veut être trompé, surtout s’il cherche à s’évader de la souffrance : et si grand est ce désir, que l’imposture en devient salutaire....

la suggestion victorieuse parvient à altérer profondément le proces­sus physiologique de la maladie. Des rites de « grande médecine » du féticheur sioux au « je vais mieux » du pharmacien Coué,  des simagrées du rebouteux de village aux guérisons de Lourdes, nous voyons le corps en peine délivré de ses maux par l'âme consentante, avide de miracle croyante ou tout simplement, crédule.

La guérison par l'esprit est donc une réalité ! Mais le mot « esprit » crée une confusion. Il ne s'agit pas de la raison, car  pour participer du miracle l'intelligence doit abdiquer, mais de forces psychiques irrationnelles, d'une exaltation de la volon­té par l'imagination qui permet au perclus de jeter ses béquilles et à l'aveugle de voir la lumière. « Vous devez savoir que l'ac­tion de la volonté est  un grand point en fait de médicament, écrivait le Paracelse, précurseur faustien des guérisseurs moder­nes. M. Zweig cite cette autorité dans la lutte contre l'autorité. Mais il dédie son livre à Albert Einstein, le mathématicien ; contradiction plus apparente que réelle, puisque Einstein a détruit l'image que nous nous faisions du monde pour la reconstrui­re sur des bases nouvelles. Et ce n'est que le semblant d'un paradoxe, si j'affirme que l'auteur traite son sujet avec une impartia­lité passionnée ou encore avec un scepti­cisme enthousiaste. A aucun moment il n'est dupe des théories qu'il expose, ni des caractères qu'il peint. Mais il voit dans la superstition absurde autant qu'elle est sa­lutaire dans les cures imaginaires triom­phant de la maladie organique, dans ces phénomènes de suggestion qui magnétisent les multitudes ignares et inertes, moins une déformation qu'un enrichissement de la vie intérieure....

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 10:04

 

Le sculpteur Epstein

Cet israélite, venu un jour des Etats- Unis à Londres, y est aussi dépaysé qu'une sculpture nègre dans un salon Louis XVI.

Il faut croire, cependant, qu'il a trouvé, sur les bords de la Tamise un climat moins défa­vorable qu'on ne pense puisqu'il s'est hâté d'y revenir après un voyage récent aux rives de l'Hudson. Vingt-cinq ans de séjour l'ont accli­maté. Epstein est, avant tout, un bohème. Le bohème de génie, admis ou contesté, adoré ou exécré, selon les individus ou les milieux. Rien au monde ne pourrait l'amener, à mettre un faux-col, un smoking ou, un chapeau haute forme..

Si violemment critiquées que soient ses œu­vres du pays de l'art conventionnel, qu'il s'agisse de « Rima », de « Nuit », des bas relief ornant la gare du chemin, de fer souterrain, de la hideuse « Genèse », ce symbole de la maternité, Epstein, n’en est pas moins, à l'heure actuelle, le plus célèbre sculp­teur du monde.

 

 

Modigliani

Pour inaugurer leur nouvelle installa­tion, rue de la Boétie, MM. Marcel Bern­heim ont eu l'excellente idée de nous donner une rétrospective de Modigliani. Réparties dans des salles fort heureusement disposées pour la présentation des œuvres d’art, une trentaine de toiles, une vingtaine de dessins et une sculpture per­mettent au visiteur de se faire une idée juste de l'artiste dont la carrière fut trop brève. Arrivé à Paris à vingt-deux ans, il dut, a cause de sa médiocre santé, aban­donner la sculpture pour la peinture. Il mourut en 1920 à trente-six ans, après des années de lutte contre la misère.

Lorsque l'on examine les toiles expo­sées rue de la Boétie, on est tout d'abord surpris, que si peu du sculpteur, que fut premièrement Modigliani se retrouve dans sa peinture. Rien dans ces figures ne ré­vèle l'homme qui cherche à rendre le vo­lume dans l'espace, comme c'est le cas de  Segonzac ou de Derain. Nul souci,  non plus, de traduire les variations de la lumière, comme le fait un Bonnard. Si l'on veut chercher à Modigliani une parenté parmi ses contemporains, il n'y a guère que Dufy que l'on puisse citer. Mais Dufy est un coloriste autrement raffiné et subtil que l'Italien. La palette de Modigliani est limitée : il ne sort guère d'un petit nom­bre de tons, des roux, des ocres, des noirs, des bleus clairs et des roses.

Pour lui, un tableau est avant tout une surface plane et qui doit rester plane, ne comporter que deux dimensions, Le mo­dèle qu'il a devant les veux n'est qu'un prétexte à composer un équilibre de lignes souples.....

 

Né a Livourne, Modigliani etait un toscan : et ce peintre qui passa pour un ré­volutionnaire apparaît comme un héritier lointain mais authentique des Florentins du Quattrocento. Comme eux, il est avant tout préoccupé par le dessin...Par son goût pour une, peinture plane, pour une palette réduite et sans complications, il est un fresquiste qui par malchance ne trouva pas de murs. En lui, et non en Holman Hunt et en Burne-Jones, revit, l'esprit d'un Benozzo Gozzoli ou d'un Botticelli.

Il mourut à trente-six ans, épuisé par la misère, la maladie et l'alcool ; que se­rait-il devenu s'il avait vécut ? Prophétiser est facile, mais périlleux ; pourtant, il ne semble pas que l'œuvre existante de Modi­gliani contienne des germes de développe­ment. Une grande partie de l'attrait qu'exerce son art provient de son graphis­me, de ces arabesques élégantes et non­chalantes ; mais si le graphisme a sa séduction, c'est aussi, comme toute formule, une prison dont il  est malaisé de s'évader.

Comme il est arrivé pour Van Gogh, l'art de Modigliani a bénéficié du roma­nesque de sa carrière ; sa silhouette de peintre maudit, bohème et buveur, et sa fin tragique, ont illuminé son œuvre d'une lueur troublante. Mais ce genre de lumière n'est pas celles qui permettent de bien ju­ger les qualités véritables de la peinture. On a vu en Modigliani un grand peintre " méconnu ; c'était le placer trop haut. Il fut un peintre charmant, doué, et dont l'art réunit, en une mixture séduisante, la mo­dernité de son temps à d'anciennes et ins­tinctives traditions. Il aurait mérité que la vie lui fut plus douce et lui permit de travailler dans de meilleures conditions. Mais ce n'était pas un grand peintre.

 

Textes choisis et aménagés

Jean Aikhenbaum

 

SOURCES / presse 1931

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 09:42

 

Pour limiter les naissances

La province suit l'exemple d'Oslo dans la propagande méthodique pour la restriction des naissances dans les classes populaires. Le Tidens Tegn, du 27 avril, a annoncé que le 25 du même mois s'était ouvert, à Skien, un bureau d'hygiène maternelle analogue. à celui qui fonctionne à Drammen, depuis la fin de janvier, et à, ceux qui s'ouvriront prochainement à Bergen et à Trondhjem.

A Skien, deux jeunes femmes d'Oslo, l’une doctoresse, l'autre sage-femme, le dirigent. Elles se sont heurtées à bien des difficultés, mais nous sommes pleines d'entrain, dit la doctoresse au reporter. Nous ouvrons notre bureau dans de bonnes conditions relative­ment. Nous avons, en effet, la chance de pouvoir offrir deux salles à nos clientes... L'une sert à l'examen médical et l'autre à l'enseignement de la technique préventive. Un encouragement de très grande impor­tance pour nous,- c'est que l'Association des médecins. du Télernarlien (une des provinces norvégiennes) a voté à l'unanimité une réso­lution déclarant notre institution justifiée. En plus d'un grand appui devant l'opi­nion, cela signifie que les médecins nous enverront leurs patientes.

—         En quoi consiste votre action dans ses grandes lignes ?

—      A enseigner la puériculture, les soins aux nouveau-nés, l'alimentation des nour­rissons, à enseigner l'emploi de moyens pré­ventifs, à diriger et conseiller autant que nous le pouvons. Les consultations sont en­tièrement gratuites.

—         Vous attendez-vous à beaucoup de dif­ficultés ?

La plus grosse, sans doute, sera, com­me dans les autres bureaux d'hygiène, que les  gens confondent les moyens préventifs et l'avortement provoqué..

Nos bureaux se bornent à aider à prévenir la conception. Et malheureusement, bien souvent, on vient à nous, quand c'est trop tard. L'avortement n'est pas notre affaire....

L'Eglise luthérienne, en face de ces pro­grès méthodiques, apparaît décidément bien divisée et impuissante. A une réunion de pasteurs, à Oslo, l’un a dénoncé les progrès de «la nouvelle mo­rale sexuelle » dans toutes les classes de la société et  réclamé, devant le scandale d'Oda, où toute la, population ouvrière pra­tique l'union libre, plus de fermeté chez les pasteurs dans l'affirmation d'une morale chrétienne. Un autre a nié qu'il y eut une nouvelle morale : villes et campagnes ont déjà connu, en Norvège pareil relâche­ment des mœurs.  Mais il s'agit pour le clergé de « vivre une vie foncièrement chrétienne conforme à ce qu'il exige d'au­trui. Pour un troisième, au contraire, on est bien en présence d'une « morale nouvel­le» en train de révolutionner le mariage, morale pratiquée pour des raisons spéciales qu'il faut avoir le courage de mentionner. Le problème du logement et le chômage ren­dent impossible aux jeunes de se marier à un âge raisonnable. Un quatrième a remer­cié le précèdent de lever le voile sur les conditions sociales » aujourd'hui du ma­riage et de ne  pas, fermer les yeux sur ce qu’on trouve en  Norvège et qui s'appelle « mariage camaraderie ».

Sources :

Je suis partout du n° 25 du 16.05.31 p.8

 

 

Allemagne - Victoires nationalistes

Nous écrivions la  semaine dernière que, contrairement à certaines appréciations trop officieuses, il ne fallait pas croire que le natio­nal-socialisme était abattu, et nous énumérions divers indices d'une « seconde vague hitlé­rienne ». Les élections, qui ont eu lieu dimanche dans le pays  d'Oldenburg pour renou­veler le Landtag, sont venues confirmer notre pronostic, et le Volkischer Beobachter, l'orga­ne officiel d'Hitler, peut déclarer fièrement : Oui, la seconde vague est là ! Et bientôt elle formera un véritable torrent !

Le fait est qu'à peu près tous les partis politiques s'accordaient depuis quelques semai­nes pour reconnaître dans leur presse que ces élections partielles prendraient la valeur d'une indication barométrique. Le baromètre a fonc­tionné et il a marqué : Nazis. Le parti d'Hitler augmente ses voix dans la proportion d'un quart, tandis que ses alliés, les nationaux-allemands d'Hugenberg, se maintiennent à peu près. Les populistes, les démocrates du parti d'Etat, le parti économique et les agrariens perdent la moitié de leurs électeurs ; seul, le Centre catholique conserve ses positions. Les communistes gagnent des voix, mais les socia­listes en perdent le double, si bien que la presse nationaliste peut cette fois-ci proclamer qu'elle a entamé gravement le marxisme.

Les organes des partis de droite qui, tout en se rangeant dans la majorité du gouverne­ment Brüning, combattent la collaboration du Centre catholique et du socialisme en Prusse, tentent de dissimuler leur déception en inter­prétant la nouvelle avance hitlérienne comme une conséquence de l'alliance regrettable du chancelier centriste avec les « bonzes » rou­ges de la sociale ». Mais la presse démocra­tique est plus positive lorsqu'elle reconnaît avec la Frankfurter Zeitung que malgré tout l'affaire est peu encourageante pour le gou­vernement...

 

Sources :

Je suis partout du n° 26 du 23.05.31 p.3

Sélectionné et mis en forme

Jean Aikhenbaum

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 19:07
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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:35

L’anthropophobie, terreau du principe de précaution

 

Que l’être humain soit capable de faire le Bien ou le Mal est une évidence, qui depuis la nuit des temps fonde des débats philosophiques (le libre arbitre), théologiques (la rédemption des péchés ; le Jugement dernier) ou encore juridiques et sociologiques (la loi comme instrument de domestication du « versant obscur » de l’homme).

Or, Gérald Bronner nous expose dans le premier tiers de son livre que le principe de précaution prend ses racines dans une conception qui nie l’humanité de l’être humain, en ce qu’elle le considère comme nécessairement conduit à faire le mal, et en l’occurrence, à détruire sa propre planète.

Cette vision déterministe conduit à des prises de position qui vont jusqu’à juger que l’animal est supérieur à l’homme, puisqu’il ne travaille pas à la destruction du monde qui l’environne. Des exemples éloquents de ces manifestations de détestation sont évoqués, tels l’antispécisme, qui défend précisément l’idée que les animaux doivent être jugés comme moralement égaux aux humains, ou la deep ecology, qui « ne cherche pas seulement à limiter les dégâts occasionnés par les activités industrielles de l’homme, mais lutte contre les fondements mêmes de la société de production et de consommation ».

http://www.polemia.com/la-planete-des-hommes-reenchanter-le-risque-de-gerald-bronner/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=5b186b771a-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-5b186b771a-61563185

 

Y’a pas que moi qui déconne, lui est impardonnable apparemment il est jeune.

 

La société civile doit se mobiliser !

 

J’ai entendu ça aux infos. Un socialo quelconque, même peut-être un peu plus que ça, puisqu’il doit être député ou sénateur, commentait les événements. Si t’analyse cette phrase, ça démontrerait que tu fais pas ton boulot. Rigolo, non ? En quelque sorte ça fait je ne sais combien de temps qu’ils sont au pouvoir, qu’ils se le repassent , au gré des résultats des élections, qu’ils font une politique semblable ou équivalente comme tu voudras et que finalement, nous serions responsables entièrement, bien entendu de tous les désordres de notre société rencontre. Chômage, incivilités, violences, décadences, drogue, trafic illicite, pollution et j’en passe, seraient notre faute puisque nous serions incapables de nous mobiliser. On peut demander à quoi ils servent. À première vue, je m'étais irrité devant une telle remarque. Finalement le mec en question, a peut-être un peu raison. C’est quand même toi et moi qui l’avons mis en place, lui et ses clones. La politique n’est plus ce qu’elle était mon bon monsieur. Faudra faire avec.

 

Aujourd’hui, c’est pas de cela dont je voulais te parler. C’est des problèmes environnementaux.

 

Mais l’actualité, va à un tel rythme qu’il est impossible de la suivre,ça m'en donne le tournis. J'ai comme toi sans doute, regardé les infos. J’ai vu la manif, organisée à la suite de l’agression antisémite à Créteil. J’voudrais pas une fois de plus, avoir des commentaires désobligeants. Faut se rendre à l’évidence, elle a pas fait recette, quelques centaines de pélerins malgré les effets d’annonces et le déplacement du ministre, il a user ses pompes pour presque rien. Enfin,va pas pleurer sur son sort, c'est parait-il son turbin.  Ah, si les agresseurs avaient été des faces de craie, il en aurait été tout autrement. Hélas, trois fois hélas, nous avons eu affaire à trois jeunes en perte de repères issus des quartiers défavorisés, si chers aux défenseurs des droits de l’homme. Les partis soi-disant, viscéralement racistes, faut te faire une évidence, n’ont rien à voir dans tout ça, donc inexploitable médiatiquement parlant.

 

Enfin, je me suis encore laissé aller. Les vieux cons, quand ils deviennent gâteux, qui ne respectent rien, faudrait trouver un moyen de les faire taire. Avec Internet, pas facile. Indéracinables. J’vois qu’un moyen les euthanasier avant l’heure. Ça ferait faire de sacrées économies aux caisses de retraite et à la sécu. Faudrait suggérer ça à nos chères instances politiques toujours à l'affût d'idées nouvelles et d'économie. En attendant, j’espère que tu me supporteras un peu encore.

Tiens, si tu veux voir ce que te coûte la délinquance, véritable industrie dans notre pays, puisque de tels chiffres doivent faire vivre pas mal de monde.

Jette un coup d’œil sur ce qui suit.

http: //www.institutpourlajustice.org/actions/medias/le-cout-du-crime-et-de-la-delinquance-pour-la-societe-francaise-150-milliards-deuros-annuels-062791.html?utm_campaign=referendum&utm_medium=em&utm_source=optin&utm_content=emeutes&IdTis=XTC-FZFW-A8BSFA-DD-F9HLA-LPX

propos comme à l’accoutumée, décousus et volontairement malveillants.

Jean Aikhenbaum

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 15:20
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 15:12

1930 La Finlande : Le conflit avec la Russie

Comme en 1930, quand Litvinof protestait contre les expulsions de communistes finlandais « voiturés » à la frontière par les paysans de Lapua, un nouvel échanges de notes avec Moscou vient d'avoir lieu.

Dialogue symbolique où le plus fort s'irrite avec aigreur et menace, où le plus faible, qui a eu le courage de commencer, garde un ton modéré et ne s'embarrasse pas de diversions cyniques.

La note finlandaise remise le 16 mai à Moscou rappelle les déclarations solennelles des délégués russes à la paix de Dorpat (octobre 1920) sur les droits et libertés culturelles dont jouiraient les populations finnoises de l'Ingrie ou gouvernement de Pétrograd. Sans revenir sur la valeur juridique de ces déclarations écrites qui précédèrent la signature de la paix, le gouvernement d'Helsingfors observe simplement qu'une condition primordiale des garanties promises, c'est au moins que les populations finnoises en question « continuent d'habiter leurs régions natales ».

Mais si on les expulse ou les transporte en masse dans d'autres régions éloignées, on ruine les bases du droit à disposer d'elles-mêmes qu'on leur avait reconnu comme aux Finnois de Carélie, sans compter qu'on les prive ainsi complètement des libertés qu'on leur avait garanties sur place. La note indique discrètement que, depuis cet hiver, des centaines et plus de familles de paysans finnois ont été « déportées dans des zones russes parfaitement étrangères, dans la presqu'île de Kola et en Sibérie ».

Le Commissariat extérieur à Moscou, géré, en l'absence de Litvinof, alors à Genève, par Kretinski, a répliqué immédiatement par deux notes l'une écrite le 17, l'autre, verbale, le 18. La première dénonce la propagande hostile et haineuse qui se poursuit et se renforce toujours plus en Finlande contre les Soviets.

Alors que la note finlandaise ne parle que des déportations d'Ingrie, la note russe se plaint des rêves irrédentistes des finnois en Carélie....

Il est certain que l'écrasement du communisme en Finlande a insufflé une énergie nouvelle aux idées de parenté ethnique, de solidarité finnoise en faveur des frères de race dispersés en Russie septentrionale.

Le mouvement n'est qu'une partie d'un mouvement plus vaste qui rapproche depuis une trentaine d'années les branches diverses de la race finno-hongroise : Finlandais, Estoniens, Hongrois. Ce ne fut jusqu'à la guerre qu'un romantisme intellectuel et sentimental qui ne groupait à l'origine que des étudiants de philosophie dans la Ligue finno-estonienne fondée en 1906 à Helsingfors. L'indépendance des deux républiques, la participation des Finlandais à la délivrance de l'Estonie accrurent le rapprochement.

Un club universitaire de la parenté ethnique fut fondé respectivement à Helsingfors et à Tartu (Dorpat), des chaires de langues des peuples finnois de la Baltique ont été créées et l'enseignement de l'estonien est devenu facultatif dans les écoles finlandaises. La Hongrie, depuis la guerre, a été associée à ce mouvement et a participé aux congrès culturels finno-hongrois qui reviennent périodiquement. Enfin, dans les trois pays apparentés, on a décidé de célébrer annuellement et régulièrement une journée des peuples finno-hongrois, le troisième samedi d'octobre et, l'an dernier, la Journée du 18 octobre, au lendemain des élections patriotiques, eut une signification nette.

Un journal agrarien, Suomenmaa, 18-10, célébra cette heure de fête dédiée au sentiment de la parenté de race dans le but de le renforcer chez les Finnois libres et d'éveiller l'espoir de la liberté jusque dans les rameaux de la race encore unis par la violence à une nationalité étrangère. Toute la Finlande, ce jour là, pavoisa. On suspendit les classes dans les écoles et des conférences, des discours expliquèrent, dans la plupart des villes, le nouvel évangile d’union...

D'après Hufvudstadsbladet, 20-5, le journal russe de Milioukof rédigé à Paris explique que les déportations de Finnois d'Ingrie ont pour but de fournir de la main-d’œuvre aux chantiers des forêts du Nord, que la mortalité, la fuite et les maladies dépeuplent.

Mais, en même temps, les Soviets purgent ainsi l’Ingrie d'éléments soupçonnés de sympathiser avec l'activisme finlandais....

De la presse finlandaise seul le socialiste Suomen Sosialidemokraatti, 19-5, blâme l'opinion finlandaise de ne pas laisser la question de l'Ingrie aux soins du Riksdag et du gouvernement responsables. L'agitation sentimentale contre les déportations « dépasse le but » dangereusement.

Au contraire, même les journaux radicaux du parti de M. Stahlherg protestent, comme Helsingin Sanomat, 20-5, contre l'accusation d'une propagande antirusse, alors que toute l’éducation politique des Russes, à l’heure actuelle, n'est qu'une propagande violente contre l’étranger.

Quant au ministère Sunila, tout en envoyant sa note mesurée du 16 mai, il parait enclin à brider l'entraînement sentimental de l'opinion. Huivudstadsbladet, 20-5, a annoncé des poursuites judiciaires contre les organisateurs de la manifestation silencieuse des étudiants devant la légation russe le 12 mai. Et l’Union des anciens combattants de la guerre d'indépendance a renoncé, sur son conseil, à une excursion le long de la frontière projetée pour le 25 mai. La Krasnaia Gazeta y voyait déjà une provocation fasciste et les lstévia 18-5, la dénonçaient comme une collusion des fascistes et de la Finlande officielle !

choix de textes Jean Aikhenbaum

Sources : Je suis partout du n° 29 du 13.06.31 p. 8

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 16:09
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 16:08
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