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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 13:37

Parmi les nombreux reportages publiés ré­cemment sur l'Allemagne, le lecteur curieux chercherait en vain une interview d'Hitler, le grand chef du parti national-socialiste alle­mand, personnage quasi-légendaire qui s'en­toure à dessein d'un mystère artificiel.

Je suis partout du n° 16 du 14.03.31 p »

Stefan Zweig : La guérison par l’esprit.

Dans ce livre imprévu d’une conception hautement originale, Stefan Zweig aborde un domaine nouveau, celui de la guérison par l’esprit, titre qui reproduit sans presque le modifier, celui d’un ouvrage célèbre de Charcot.... il nous montre ces grands remous d’idées et de force par quoi l’humanité désespérée déserte la médecine matérialiste, ses vaccins et ses routines pour s’attacher aux hérésies idéalistes des empiriques des docteurs miraculeux excommuniés par la faculté. Le monde veut être trompé, surtout s’il cherche à s’évader de la souffrance : et si grand est ce désir, que l’imposture en devient salutaire....

la suggestion victorieuse parvient à altérer profondément le proces­sus physiologique de la maladie. Des rites de « grande médecine » du féticheur sioux au « je vais mieux » du pharmacien Coué,  des simagrées du rebouteux de village aux guérisons de Lourdes, nous voyons le corps en peine délivré de ses maux par l'âme consentante, avide de miracle croyante ou tout simplement, crédule.

La guérison par l'esprit est donc une réalité ! Mais le mot « esprit » crée une confusion. Il ne s'agit pas de la raison, car  pour participer du miracle l'intelligence doit abdiquer, mais de forces psychiques irrationnelles, d'une exaltation de la volon­té par l'imagination qui permet au perclus de jeter ses béquilles et à l'aveugle de voir la lumière. « Vous devez savoir que l'ac­tion de la volonté est  un grand point en fait de médicament, écrivait le Paracelse, précurseur faustien des guérisseurs moder­nes. M. Zweig cite cette autorité dans la lutte contre l'autorité. Mais il dédie son livre à Albert Einstein, le mathématicien ; contradiction plus apparente que réelle, puisque Einstein a détruit l'image que nous nous faisions du monde pour la reconstrui­re sur des bases nouvelles. Et ce n'est que le semblant d'un paradoxe, si j'affirme que l'auteur traite son sujet avec une impartia­lité passionnée ou encore avec un scepti­cisme enthousiaste. A aucun moment il n'est dupe des théories qu'il expose, ni des caractères qu'il peint. Mais il voit dans la superstition absurde autant qu'elle est sa­lutaire dans les cures imaginaires triom­phant de la maladie organique, dans ces phénomènes de suggestion qui magnétisent les multitudes ignares et inertes, moins une déformation qu'un enrichissement de la vie intérieure....

 

Je suis partout du n° 17 du 31.03.31 p.3

Face à face avec Hitler

Parmi les nombreux reportages publiés ré­cemment sur l'Allemagne, le lecteur curieux chercherait en vain une interview d'Hitler, le grand chef du parti national-socialiste alle­mand, personnage quasi-légendaire qui s'en­toure à dessein d'un mystère artificiel.

Aussi, le reportage sur Hitler et sur son état-major, que publie, dans le Pesti-Naplo, un des plus brillants journalistes hongrois, M. Gustave Rab, suscite-t-il en Europe centrale un très vif intérêt. En effet, ce reporter habile a réussi, non seulement à s'introduire dans l'état-major du parti raciste allemand, sur lequel il publie de véritables révélations, mais encore il a pu obtenir une entrevue avec le « bel Adolphe », coqueluche des Gretchen 1931 et suprême défenseur de « la pureté de la race germanique ».

Voici quelques passages marquants de. cette série d'articles à tous les égards remarquables.

L'état-major des Racistes

Je pénètre dans une pièce du deuxième étage de l'hôtel Parlov, siège de l'état-major des nazis, situé à Munich. Un grand homme à la carrure athlétique et aux sourcils broussail­leux me reçoit. C'est le lieutenant Hesse, du secrétariat d'Hitler, qui est, en outre, le garde de corps du chef. Je lui passe ma carte de visite. Il l'examine scrupuleusement. Puis il me demande une pièce d'identité. Je présente ma carte de journaliste. Il la regarde d'un air soucieux. Ensuite, poliment, mais avec fer­meté :

— Vous êtes sans doute en possession d'une pièce portant d'autres mentions, celle de vo­tre religion, par exemple ?

Le passeport hongrois indiquant la religion du porteur, je lui tends le mien, qui semble le rassurer. Ce n'est pas tout, cependant. Mon interlocuteur téléphone, tour à tour, à mon hôtel — pour vérifier l'exactitude de mes ren­seignements — et aux deux personnages con­nus dont je me suis recommandé. Ce n'est qu'après avoir obtenu les précisions désirées que sa figure se fait plus affable et qu'il me promet de faire tout son possible pour m'obte­nir une entrevue avec Hitler...

 

Toutefois, si les fervents d'Hitler suivent l'exemple de leur chef, on peut douter que les théories de ce dernier triomphent avant long­temps. M. Rab, ayant su s'introduire dans son entourage immédiat, a recueilli quelques précisions qui ne manquent pas de saveur,

Ainsi, l'immense majorité du public sera sans doute étonnée d'apprendre que le princi­pal lieutenant d'Hitler, rédacteur en chef de son journal, est un nommé Alfred Rosenberg ancien citoyen de d'origine rien moins que germanique. Diplômé à l’université rouge de Moscou, ne trouvant pas à s'employer chez les Soviets, il émigra en Allemagne, où il s'introduisit dans la rédaction du journal d'Hi­tler, alors à ses débuts.

Hitler lui-même, bien qu'apôtre de la thèse qui veut que la perpétuation d'une race pure soit un devoir patriotique, est réfractaire au mariage.. Sans vouloir s'introduire dans sa vie privée, on peut dire, car ce n'est plus un se­cret depuis une dizaine d'années, il a voué une amitié des plus fidèles à une princesse roumaine de la célèbre famille des Cantactu­zènes. Cette prédilection du champion de la pureté, des races apparaît comme peu conforme à ses théories. La princesse est une femme  aux yeux noirs, aux cheveux bruns et crépus, à la taille féline, de type latin prononcé, alors qu'Hitler, lourd, osseux, les yeux glauques, s'apparente plutôt au type germanique. Cette amitié ne serait pas devenue aussi profonde, dit-on, si la princesse n'avait prouvé, que son admiration pour Hitler pouvait aller jusqu'au sacrifice. Voici quelques années, elle a été con­damnée par les tribunaux allemands pour ma­nifestations trop véhémentes de ses sentiments hitlériens.. Peu après, elle a commandité effec­tivement le journal des nazis. Depuis ce temps- là, le sentiment de l'irrésistible Adolphe pour la princesse ne connaît plus de bornes. Elle jouit de son entière confiance.....

 

Je suis partout du n° 19 du 04.04.31 p.3

Allemagne - Coups de revolver dans la nuit.

Dans la banlieue de Hambourg, l'autre nuit, trois revolvers nationaux-socialistes ont  « descendu » un député communiste.

Ces coups de feu ont tué un homme, mais il en ont réveillé beaucoup d'autres qui commençaient à s'endormir sur des lauriers trop aisément conquis, Dans un demi-silen­ce, on effet, on parlait volontiers, depuis quelques semaines, d'un tassement dans la masse hitlérienne. On croyait même, certains jours, enregistrer les symptômes d'un premier recul de la croix gammée. Outré par les insultes racistes, scandalisé en son rigorisme catholique par la démagogie ra­dicale, le chancelier Brüning, après avoir maintes fois cédé, avait brusquement fait face aux nazis et s'était adressé en termes sévères au peuple d'Allemagne. Et Brüning n'était pas tombé ; au contraire, son crédit intérieur et extérieur avait augmenté. D'au­tre part, la Bannière du Reich, la puissante association de militants républicains et so­cialistes, s'était mise sur le pied de guerre. A grand renfort de tambour et... de  discours de son président Hörsing, qui n'enfilait cer­tes pas ses gants pour défier les fameuses S.A (troupes de choc) d'Hitler et annoncer leur prochaine défaite. Enfin, le gouvernement socialiste de Prusse ne se laissait nul­lement intimider par la menace du plébis­cite de dissolution, et sa police continuait à maintenir à peu près l'ordre sur la ma­jeure partie du territoire du Reich, interdisant même plusieurs réunions national-so­cialistes au profit des républicains. Le Reichstag lui-même, suivant le chancelier dans son offensive, votait de nouveaux rè­glements destinés à entraver le plus possible les fantaisies tumultueuses des extré­mistes.

Outrés à leur tour, les 107 « chemises brunes » quittaient l'assemblée, entraînant avec eux les nationaux-allemands......

 

...aussi les causes de cette insensibilité dans une certaine brutalité naturelle et surtout dans la logique totale qui, inspirant des ré­volutionnaires sincères et réels, leur fait considérer l'assassinat comme un moyen normal d'action politique.

Cette fois-ci, cependant, des organes tels que le Berliner Tagebtatt s'émeuvent sur plus de colonnes qu'il n'est d'usage: En trois éditions, quatre articles de fond sur ce su­jet. Le premier pour rappeler que deux jours auparavant, dans la même ville, un agent de police raciste réprimandé tirait sur un conseiller à la Cour ; le second pour montrer à la bourgeoisie nationale d'Ham­bourg qu'en pactisant avec les extrémistes de droite elle arrivait fatalement à cette situation ; le troisième pour s'en prendre au pauvre M. Wirtb, que l'on estime « trop mou depuis longtemps » ; le dernier pour mettre les partis nationalistes d'Hugenberg et aussi les populistes en présence de la res­ponsabilité qu'ils assument à être les amis des nazis... Mais, il y a trois, cinq, huit jours, on consacrait généreusement dix li­gnes à la mort violente, dans une bagarre quelconque, d'un citoyen raciste, socialiste ou communiste... Il faut vraiment que, cette fois-ci, l'opinion ait été frappée.

Qu'il l'ait voulu ou non, à tort ou à rai­son, avec ces trois coups de revolver et ce cadavre, Hitler apparaît à nouveau comme le seigneur de la guerre.

 

Je suis partout du n° 19 du 04.04.31 p.8

Pologne : Frontières et minorités

On a fait beaucoup de bruit, ces derniers temps, autour d'une déclaration émanée des Allemands de Lodz et qui tendrait à poser, sous un jour nouveau et assez inattendu, le pro­blème de la minorité allemande en Pologne. Dans cette déclaration, adressée au Président de la République, au maréchal Pilsudski et au président du Conseil par l'Association cultu­relle et économique allemande de la grande cité industrielle, s'exprime a l'égard de la commune patrie polonaise ; un loyalisme qui ne semble pas de commande et qui paraît, à première vue, fort sincère. D'autant que les Allemands de Lodz ne laissent pas de condam­ner avec énergie les « menées révisionnistes de leurs congénères de Berlin et de Munich. L'irritante question des minorités nationales, si graves pour l'avenir de l'Est de l'Europe et de l'Europe, en général, serait-elle, au moins sur un point, en Voie de liquidation ? On ne manquera pas de rapprocher les déclarations des Allemands de Lodz de celles de quelques-uns des chefs de leurs frères de race de Tché­choslovaquie. N'a-t-on point entendu récemment un Allemand de Bohème, ministre du gouvernement de Prague prêcher publiquement la pacification des esprits et la réconciliation des deux éléments, tchèque et germanique, pour le bien supérieur du pays qui, disait-il, est aussi notre pays ? On songera encore que le seul fait que ces minorités allemandes, riches, puissantes, fortement organisées, accep­tent de se plier à la domination de peuples slaves — on sait le mépris que professe tout authentique Allemand a l'égard de la race slave — est un gage assez rassurant de la consolidation du statut politique et territorial créé par tes traités de 1919 en ces contrée où les antagonismes de race risquent à tout ins­tant de mettre le feu aux poudres. Il faut, ce­pendant, y regarder de près...

 

Remarquons, tout d'abord, que la déclaration en question émane d'un groupe d'Allemands, puissant à vrai dire, mais isolé au sein d'une ville authentiquement polonaise, au sein d'une masse polonaise compacte. ll y a une page de Luc Durtain sur Lodz, porte occidentale du monde slave, qui est curieuse et fort juste de ton. Le commerce et l'industrie germaniques ont pu, il est vrai, s'y créer une position de premier plan, le pays n'en demeure pas moins indiscutablement polonais et, de fait, ni Treviranus ni les idéologues hitlériens ne l'ont fait, jusqu'à présent, figurer sur la liste de leurs revendications. Lodz, avant la guerre, appar­tenait à la Russie, dont elle était l'une des places fortes industrielles. De sorte que le dé­veloppement économique de la grande cité tex­tile n'est aucunement orienté vers l'Allemagne ; il est plutôt tourné vers l’Est, vers l'intérieur de la Pologne et le monde slave. Cette situa­tion n'a pas été sans tisser, avec le temps, un étroit enlacement, une profonde solidarité entre les différents groupes de population qui vivent de l'industrie de la ville. Et il n'est aucunement étonnant que les Allemands eux-mêmes, qui l'habitent, se montrent disposés à ratifier une situation qui est, somme toute, favorable à leurs intérêts. Ils ne sont pas, du reste, les seuls en Pologne à se trouver dans ce cas. La Galicie, elle  aussi, a sa minorité allemande. Ce sont des colons introduits au XVIIIème  siècle en ces régions par Joseph Il et qui, ayant maintenu intact pendant deux cents ans leur, caractère racial, vivent aujourd'hui encore dans des villages à eux, où l'on ne parle que l’allemand et où la tradition du Deutschturn est tou­jours en honneur. Mais, de ce côté non plus, nul irrédentisme. Une collaboration s'est de­puis longtemps instituée avec l'élément polo­nais, qui ne laisse aucune prise aux idéologies nationalistes de l'Allemagne revancharde d'au­jourd'hui.

 

Toutefois, ce ne sont là que des cas excep­tionnels ; et il s'en faut que les Allemands de Lodz expriment au vrai le sentiment des autres minorités allemandes de Pologne. On se sou­vient des incidents sanglants qui ont marqué, en Haute-Silésie polonaise, les élections géné­rales de novembre dernier. Ici, le temps n'a pas encore fait son œuvre. Les deux peuples, Allemand et Polonais, sont toujours l'un en face de l'autre, dans une hostilité menaçante que n'amortit qu'à peine la communauté des inté­rêts. Ici encore, comme à Lodz, c'est entre les mains des Allemands que se trouve la majeure partie de l'industrie, richesse du pays. Mais la situation est autre. La Haute-Silésie a trop longtemps gravité dans l'orbite du Reich dont elle faisait l'une des sources principales de prospérité.....

 

Autre question épineuse : les Ruthènes de Galicie orientale. Des efforts avaient été tentés, ces dernières semaines, pour aboutir à un ac­cord. Ces tentatives ont échoué, les représen­tants des partis ukrainiens ayant refusé d'ac­cepter les conditions posées par les Polonais ; c'est à savoir : premièrement, une déclaration solennelle de loyalisme faite à la Diète par les députés ruthènes ; deuxièmement et surtout, le retrait des plaintes déposées à Genève par la représentation parlementaire ukrainienne à la suite de la répression des troubles de l'été der­nier en Petite Pologne. La question reste donc pendante. Toutefois, les Polonais viennent d'enregistrer un succès moral considérable. L'évêque uniate de Przemysl, Mgr Lhomiszyn, dans un mandement retentissant, vient de con­damner avec vigueur les menées séparatistes des nationalistes ukrainiens. « L'intérêt de l'Ukraine, a-t-il déclaré en propres termes, est une Pologne forte, un Etat polonais puissant, mais, ajouté, juste... » Cette initiative a eu, il est vrai, pour résultat de déchaîner contre l'évêque les journaux nationalistes ru­thènes. Mais l'influence de l'Eglise uniate est grande parmi les masses ukrainiennes de Ga­licie reste à espérer, pour la paix de l'Europe, que les paroles de l'évêque de Przemysl seront entendues.

 

Je suis partout du n° 20 du 11.04.31 p.3

Quelle est la portée du putsch des nazis berlinois ?

Les dissensions chez Hitler

L'union douanière austro-allemande, les revendications extérieures sur la Sarre, Eupen-Malmédy, sur les territoires polo­nais, la préparation de la conférence du désarmement, toutes les revendications concernant l'égalité absolue des droits avec les puissances ex-alliées, voilà un programme extérieur qui suffit, ces temps- ci, à retenir l'attention de tout bon citoyen du Reich. La nouvelle constitution munici­pale de Berlin, la nomination du nouveau bourgmestre, les recommandations de la commission instituée pour combattre le chômage et la crise économique, la prise en considération des commandes soviéti­ques, autant de préoccupations ou de cu­riosités « intérieures, susceptibles d'in­téresser ceux qui, bien rares, ne se soucie­raient pas du relèvement extérieur de la patrie allemande... Aussi, le mouvement de dissidence qui s'est produit dans les organisations nationales-socialistes risquait-il assez peu de porter sur le public germanique et sur l'opinion internatio­nale...

 

Il faut cependant se souvenir. Le rêve passe... 14 septembre 1930, 107 députés hitlériens sont élus grâce à six millions et demi de suffrages. Dix ans avant ? Humble origine... Point négligeable pour­tant, ni dénuée de beauté. Au milieu de la champignonnière de sociétés secrètes, d'associations militaires, de ligues natio­nalistes et de groupes armés, de la pre­mière Reichsbanner au Loup-garou, en passant par l'Oberland ou le Casque d'acier, sans oublier les Sainte-Vehme dont les exécutions sanglantes devaient bien prouver l'existence aux plus incrédu­les, un petit groupe se formait autour d'un ex-peintre en bâtiment autrichien, ancien engagé volontaire dans l'armée allemande....

 

...les confusions inhérentes presque nécessairement à toute grande manœuvre électorale, se révèlent petit à petit. Des éléments rapprochés dans la fiè­vre de suffrage s'éloignent les uns des au­tres. Négligeons maints assemblages curieux, réalisés le 14 septembre, pour ne noter que le principal. Hitler est alors allé aux urnes, non seulement avec ses propres forces, c'est-à-dire avec des éléments par­faitement digérés ou plutôt des éléments qui avaient en eux la pure doctrine et la pure mystique du premier parti raciste des travailleurs nationaux-socialistes, mais aussi avec toute la force du pis-aller. Si M. Hugenberg et ses amis con­servateurs et réactionnaires, tout en se battant convenablement pour leurs propres partis, s'effacèrent en somme devant lui et même lui firent attribuer par la grosse industrie de puissants crédits, c'est que précisément par le côté violemment socialiste (mais non marxiste) de son program­me. Hitler devait capter et capta, en effet, une bonne partie du courant qui, sans lui, coulait infailliblement à la rivière rouge. Des radicaux sociaux marchèrent alors avec Hitler plutôt qu'avec Thaelmann et ses communistes, simplement parce qu'il est plus facile à un Allemand d'être révo­lutionnaire s'il reste national. Mais avec la présence des nazis au Reichstag, à tort ou à raison, il est apparu que le parti siégeait à droite ; qu'ils l'aient voulu ou non les députés hitlériens n'ont eu qu'une sorte d'alliés fidèles : les natio­naux-allemands et les agrariens, c'est-à-dire les élus de M. Hugenberg. En fait alors que le radicalisme, nationaliste du parti ne manquait pas une occasion de se manifester par des actes, son radicalisme social ne prouvait sa vitalité que par quelques projets de lois illusoires sur les banques.

 

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 15:54

Je suis partout du n° 10 du 31.01.31 p7

URSS - Cinéma et propagande

S’il existe une spécialité ou les bolcheviks sont passés maître, c’est bien la propagande. La parole, la presse, la peinture, le théâtre, la littérature tout est mobilisé en URSS pour répandre la bonne parole marxiste.

En parlant du cinéma soviétique, il se­rait injuste de passer sous silence les re­marquables films documentaires, réalisés dernièrement. Des hommes de talent, dé­voués à leur art, ont réussi à saisir la vie mystérieuse de la Taïga sibérienne (Le long de l'Altaï du Nord) ; à fixer les moeurs des peuplades inconnues (Une peu­plade perdue, film sur la Karagassia), à montrer ce que l'homme peut obtenir, dans sa lutte contre la forêt (Tac jnik), et dans l'élevage des animaux de l'Extrême- Nord (Le Renne, l'Elevage du Renne). Parfois, le sujet est légèrement romanti­sé, dans l'esprit de « Tchang » ou de « Moana » ; et alors, nous avons le beau film d'lgdenbou, joué par les naturels de l'Extrême-Orient sibérien. On ne peut s'empêcher de s'incliner devant le courage de ces metteurs en scène, obligés de tra­vailler sous la férule des camarades, dans des conditions matérielles et morales les plus pénibles.

 

Le film soviétique souffre certainement des défauts communs à toute l'industrie socialisée : désordre, bureaucratie, mau­vais rendement, exploitation déficitaire. Des négatifs de nouveaux films disparais­sent mystérieusement, perdus dans les innombrables bureaux du Soïouzkino; des metteurs en scène reçoivent des tronçons de pellicules qu'ils n'ont jamais tournées et dont on est obligé de rechercher les propriétaires par voie, des journaux ; il se produit un gâchis, une perte de métrage, des dépenses inutiles que les journaux soviétiques ne cessent de dénoncer. Et pourtant, reconnaissons-le, même dans ces conditions désastreuses, certains résultats, obtenus en, Russie dans l’industrie cinématographique, sont des fils intéressants.

Que restera-t-il du film soviétique lorsque la sanglante tyrannie bolchevique ne sera plus qu’un mauvais rêve ? Quelques pellicules de propagande que l’on montrera encore dans une centaine d’années, à titre de curiosité historique.....

 

Je suis partout du n° 11 du 07.02.31 p11

France - Le nouveau film de Charlot

Le correspondant du Times à Los Angeles envoie un compte rendu sur le nouveau film de Charlot, Les Lumières de la ville, dont la présentation a déchaîné à Hollywood un en­thousiasme délirant.

M. Charlie Chaplin, vient de faire un su­prême effort pour rendre au film muet sa place au soleil. Si, après deux ans de travail, le résultat n'est ni supérieur, ni inférieur à ceux qu'il avait obtenus dans ses dernières œuvres, cela ne prouve nullement que M. Cha­plin n'ait pas atteint son but.

Les ovations délirantes de ses camarades d'Hollywood et du public idolâtrent de Los An­geles ne sont évidemment pas des gages cer­tains d'un succès mondial, mais le génie de M. Chaplin, en tant qu'acteur, et le fou rire qui s'est emparé de la salle prouvent certai­nement que Charlot et ses pairs (s'il en a) peuvent sauver l'art de la pantomime sur l'écran au moins au même degré que des gé­nies isolés ont pu le prolonger sur la scène.

L'intrigue des Lumières de la ville est natu­rellement tout à fait dans la manière de Char­lot ; c'est un échafaudage de farces plus ou moins invraisemblables. Portant son costume habituel de vagabond et son inévitable cha­peau melon, Charlot devient amoureux d'une petite marchande de fleurs aveugle qui se tient à un carrefour tumultueux d'une ville américaine.

Un jour, il rencontre un Américain milliar­daire typique, avec lequel il s'enivre dans un club de nuit. Il l'amuse, lui enlève ses idées de suicide et devient son ami intime. A cela près que, lorsque le Crésus est dans son état normal, il ne se souvient ni de son compa­gnon, ni de ses expéditions nocturnes. Dans un de ses moments de générosité, l'Américain donne à Charlot 1.000 dollars qui lui serviront à payer l'opération qui fera recouvrer la vue à la petite aveugle....

 

Il y a aussi quelques minutes joyeuses lorsque Charlot, pendant une grande soirée musicale, avale un sifflet et que, saisi d'une quinte de toux, il attire deux chiens, aussi gentils qu'incongrus, au milieu du public élé­gant.

Une autre scène extrêmement comique nous fait assister au combat que Charlot, pour gagner la main de la jeune fille, livre à deux boxeurs redoutables, un nègre et un blanc.

Pourtant, on retrouve aussi les sentiments charmants et émouvants du Charlot que nous avons connu et aimé dans La Ruée vers l'or. La petite aveugle le prend pour un milliardaire, et Char­lot se garde de la détromper.

 

Je suis partout du n° 13 du 22.02.31 p7

L’esclavage dans l’URSS

Dernièrement, au cours d'un banquet politique, à Philadelphie, le sénateur amé­ricain Tusker Oddy fit entendre de rudes paroles sur lesquelles les gouvernants des puissances feraient bien de méditer. L'U.R.S.S. a institué le plus formidable et le plus terrible système d'esclavage qui ait jamais existé », déclara le sénateur Oddy. « Si les autres pays continuent à acheter à l'U.R.S.S. les produits d'un tra­vail d'esclaves, l'organisation communiste en recevra un tel essor qu'une nouvelle guerre mondiale deviendra inévitable. Les bolcheviks essayent d'instituer l'esclavage partout. Il n'est pas tolérable qu'une par­tie de la population soit libre et l'autre croupisse dans l'esclavage ». Tous les pays devraient le comprendre et s'opposer à ce que les bolcheviks continuent à dévaliser et à opprimer la population qu'ils ont as­servie... »

D'autre part, la commission présidée par le sénateur américain Fisch est arri­vée aux mêmes conclusions, constatant que seul, le système des travaux for­cés » en Russie permet aux Soviets d'i­nonder l'étranger et notamment les Etats- Unis de leurs produits offerts à vil prix. On sait que le gouvernement des Etats-Unis a suivi cette suggestion et que des mesures ont été prises par lui pour inter­dire l'importation des bois de Russie.

 

.......Ainsi, les Américains, qui savent admi­rablement unir la morale et les affaires, ont constaté qu'il n'est nullement indiffé­rent pour l'économie générale du monde qu'un grand Etat puisse vivre en dehors des conditions civilisées, sans droit, sans justice, sans liberté et que cette situation présente de très sérieux dangers, auxquels il n'est que temps de faire face. Travail forcé, dumping, baisse des prix, chômage, misère, voilà une série d'étapes par les­quelles les Soviets espèrent désorganiser la situation économique des Etats capi­talistes, pour y semer la haine et la rui­ne qui doivent aboutir au bolchevisme. Ceci, tous les esprits rassis l'ont compris. Quelqu'un a dit de l'Angleterre que si elle est forte, c'est que les honnêtes gens y sont aussi courageux que les coquins. Les honnêtes gens s'y sont indignés comme de l'esclavage qui sévit en Soviétie, mais ils ne se sont pas endormis sur leur indignation. Une ligue pour la défense du travail a été aussitôt créée par le commandant Bellers, de hautes per­sonnalités y ont adhéré, le duc d'Atholl, le vicomte de Brentford, sir Pohert Horn, le général Nox, lord Melchett, sir Hilton Young. La conscience de la nation bri­tannique est indignée, déclare ce der­nier au correspondant du Morning Post. Notre peuple se déshonorera en conti­nuant à acheter des produits d'un travail d'esclaves. Aussi longtemps que nous sou­tiendrons le commerce de l’U. R. S. S., nous serons les complices de ceux qui op­priment la Russie. ».......

 

Si, dans les premières années de leur pouvoir, les Soviets recrutaient ce miséra­ble troupeau parmi les anciens « bour­geois », il n'en est plus de même mainte­nant. Le bourgeois, l'intellectuel, décimé, massacré, émigré en partie, n'est plus re­présenté en Soviétie que par une poignée de « spetz » (spécialistes), réduits au rôle de très humbles serviteurs des commis­saires bolchevistes. C'est donc à la mas­se paysanne et ouvrière que les Soviets sont obligés de s'attaquer pour sauver leur système ; le Progrès de Dijon a pu­blié dernièrement le récit d'un ouvrier français revenu du paradis socialiste. Il y raconte entre autres, une scène poi­gnante ; Les ouvriers d'Alexandropol, ha­rassés et affamés, furent conviés à assis­ter à un film de propagande, accompagné du discours d'un orateur venu de Moscou. « Les ouvriers l'entendaient bien dire qu'ils étaient heureux, mais ils n'y croyaient pas. Pourtant, ils n'osaient réa­gir, car ils se savaient surveillés et sa­vaient que chaque manifestation de leur mécontentement se transformerait en plu­sieurs années de prison, de travaux for­cés ou de déportation en Sibérie. »

Et c'est l'espoir de ce régime qu'on fait quotidiennement miroiter aux yeux éblouis de l'ouvrier français.

JACOBY.

 

Je suis partout du n° 14 du 28.02.31 p7

Le cas Maxime Gorki

Depuis quelque temps Maxime Gorki parle et fait beaucoup parler de lui. Ses manifestations bruyantes et ses articles en faveur des gens de Moscou et pour la dé­fense de leur manière de faire ont attiré une fois de plus sur lui, l'opinion mondiale.

Ainsi, tout dernièrement, le journal ber­linois, la Deutsche Allgeineine Zeitung s'étonnait que Gorki, qui a pris sur lui d'être le chef de la propagande bolcheviste à l'Étranger et de peindre en rose tous les méfaits des bourreaux moscovites » préfère au paradis soviétique l'Italie fasciste qui a une si mauvaise presse dans l'U.R.S.S. Gor­ki, remarque ce journal, essaie de justifier sa présence en Italie par son mauvais état de santé. Cependant il existe en Crimée et au Caucase des endroits dont le climat est aussi doux que celui de Sorrente.

Eu vérité, la raison pour laquelle Gorki décline toujours l'invitation de Staline de venir dans l'U.R.S.S. et continue de rester à Sorrente, c'est que sous la dictature de Mussolini il se sent plus libre et en plus grande sécurité que sous celle de Staline.

 

Maxime Gorki, il faut le dire, a parfaite­ment conscience de la fausse position dans laquelle il se trouve placé aussi bien vis à ­vis de ses amis de Moscou que de ses admi­rateurs de l'étranger. Aussi, il essaie actuel­lement d'en sortir ou tout au moins de l'atténuer par des « rétablissements labo­rieux ». D'où cette avalanche de lettres qu'il adresse à la presse soviétique et dont le ton est d'une platitude et d'une servilité qui n'ont de pareils que le morne ennui qui s'en dégage. Voici, par exemple, quelques pas­sages de sa dernière lettre que publie la Pravda et qui est adressée aux camarades littérateurs et au conseil de rédaction de la Presse soviétique.

« Camarades ! Vous vivez sous de nouveaux ciels, sous des ciels où volent de grands oiseaux faits de bois et de fer par vos propres mains. La conquête du ciel est consi­dérée comme le triomphe de l'esprit hu­main. C'est parfaitement vrai. Mais à notre point de vue vous êtes en train d'accomplir quelque chose d'encore plus grandiose : vous avez déjà conquis presque toute la terre et vous la conquerrez bientôt tout à fait grâce à l'énergie de votre pouvoir, grâce à votre intelligence. Vous la délivrerez pour toujours des griffes rapaces, de là propriété individuelle. Vous détruirez le terrain qui fait naître continuellement les exploiteurs du travail d'autrui. En vérité vous faites une nouvelle terre, plus féconde, plus clé­mente à l'homme, car vous savez très bien, qu'elle exige des soins continuels, une con­tinuelle attention, comme un organisme vi­vant qui nous nourrit et qu'on ne petit exploiter aussi bêtement et d'une manière aussi, rapace qu'a été exploité votre travail par vos maîtres d'hier. Entre vos mains je vois la science, la plus haute expression de l'intelligence humaine en absorbant toutes ses données, vous transformez véritablement la terre, aussi vite que vous en faites surgir d'immenses fabriques et de colossales usines ».

 

Je suis partout du n° 15 du 07.03.31 p.5

Le livre du mois à Milan : Les Hébreux

De plus en plus nombreux deviennent les romans qui traitent du problème (si ce n'est, toutefois, un dilemme) d'Israël chez les nations. Dans les livres des auteurs juifs, un Jacob Wassermann en Allemagne, un Ludwig Lewisohn aux Etats-Unis, l'inven­tion romanesque ne sert qu'à introduire un poignant examen de conscience, qu'à justi­fier une profession de foi. Wassermann, qui écrivit, à ses débuts, les « Juifs de Zirn­dorf », évocation du grand rêve messianique de la race, parvient à résoudre l'antinomie de sa double nationalité : il aura parcouru son chemin à la fois comme Allemand et comme Israélite. Ce conflit des deux tradi­tions, des deux caractères ethniques et na­tures morales, est présenté dans « Lévy », de M. J.-R. Bloch, comme une crise passa­gère ; son histoire nous conduit des jours troublés de l'Affaire jusqu'à la veille de la guerre, où les Juifs ne formeront plus, se­lon le mot de Barrès, qu'une des familles spirituelles de la France. Un Lewisohn, par contre, fait, avec amertume, ses adieux à la civilisation chrétienne ; pour se réfugier où ? Il est détaché des rites ancestraux, ne croit pas au retour dans la Terre promise.

il lui reste « l'île intérieure »; un territoire non géographique, mais intellectuel, la sphère idéale du judaïsme, l'héritage indélébile d'une manière d'être et de penser nationale. Cette thèse de l'originalité fon­cière, inaltérable du peuple élu (conception à double tranchant, car elle sert, à la fois, à glorifier Israël et à l'exclure de la vie des nations) est illustrée, du côté chrétien, par le célèbre cycle des frères Tharaud, explo­rateurs minutieux des ghettos de Galicie et autres royaumes de Dieu ; ils peignent, avec une sympathie compréhensive, la sain­teté sordide, la poétique misère des exilés à l'ombre de la croix ; mais ils s'élèvent dans un âpre pamphlet contre l'action révo­lutionnaire et destructrice des Juifs dans la Hongrie de Béla Kun.

André LEVINSON.

 

Je suis partout du n° 15 du 07.03.31 p 7

Petites annonces dans la presse rouge

La presse soviétique ne brille ni par son esprit, ni par sa gaîté, ni par sa bonne hu­meur. Elle est terriblement sérieuse, pleine de fiel et d'arrogance quand elle parle des prétendus pays capitalistes, et pleine de suf­fisance quand il s'agit de faire étalage des mérites de l'Etat communiste. Elle affection­ne les énormes manchettes et les rédige tou­jours sur un ton impératif : « Il faut faire ceci ou cela ; il faut abolir ou instaurer telle ou telle chose ; il faut destituer ou punir ceux-ci ou ceux-là », et ainsi de suite. Au sur­plus, si la presse soviétique reflète fidèlement les vues du gouvernement et son ingérence dans la vie politique, sociale et économique du pays, si elle donne un tableau assez com­plet de l'activité extérieure, officielle, si on peut s'exprimer ainsi, des différentes institu­tions soviétiques et organisations communis­tes, elle ne donne, par contre, aucune idée de ce qu'est l'existence journalière du peuple russe, de ses mœurs, de son état d'esprit, de ses plaisirs et de ses peines. Aussi bien, tout ce qui pourrait renseigner le lecteur sur ces questions est soigneusement banni des journaux moscovites : pas de faits divers, pas de comptes rendus de séances de tribunaux et, sauf une ou deux exceptions, pas même de chronique de la vie sociale, artistique, littérai­re ou théâtrale. Bref, on voit qu'on a tout fait, en U.R.S.S., pour différencier les jour­naux soviétiques de la presse bourgeoise, sauf supprimer les annonces dans certaines feuil­les à gros tirages, telle, par exemple, que la « Vétchérnya Moskva ». Eh bien ! ces pe­tites annonces sont le « Sésame » qui ouvre la porte sur la vie domestique et privée des habitants de l'U.R.S.S. ; elles nous initient tout ce qu'on a voulu nous cacher : les misè­res, les appétits, les vices, les travers et les aspirations de la masse moscovite, qui ne diffèrent absolument en rien de ce que nous voyons partout ailleurs et qui restent éminem­ment humains.

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Mais voici quelque chose de nouveau, de spécifiquement moscovite : « la rubrique des reniements », si on peut s'exprimer ainsi. Chaque annonce de cette rubrique commence par la même phrase stéréotypée : « Je (un tel) déclare que j'ai rompu avec mes parents et que je vis depuis (suit la date) d'une ma­nière indépendante ». Que veulent dire ces annonces quelque peu troublantes et quels drames cachent-elles ? Oh ! rien de particulier. Ces annonces émanent, pour la plupart du temps, de jeunes personnes des deux sexes qui, étant devenues « communistes », renient leurs parents « bourgeois »... pour obtenir la carte d'alimentation que les autorités refusent aux ci-devant, mais aucun drame familial dans le style des compositions de Greuze ne précède ordinairement ces ruptures. Il arrive même bien souvent que ces reniements sont fictifs, et les annonces qui les enregistrent sont publiées d'un commun accord entre pa­rents et enfants. Car les enfants, devenus ain­si des « purs », peuvent aider matériellement leurs parents. On se débrouille comme on peut

 

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 09:52

Je suis partout du n° 7 du 10.01.31 p1

Français et Allemands

Nous foisonnons de gens qui veulent s'entendre avec l'Allemagne et qui ne sa­vent pas un mot de l'histoire allemande, ni de la manière dont les Allemands con­çoivent les choses. La psychologie des peuples est à la mode, mais on fait de la psychologie comme si les peuples dataient d'hier, comme si une longue histoire ne les avait pas façonnés et comme si, de­puis des siècles, ils n'avaient pas fait l'essai de tous les systèmes, de toutes les sagesses comme de toutes les folies.

M. Louis Reynaud, professeur à la Fa­culté de Clermont, est un des maîtres les plus éminents de notre Université. Depuis trente ans, il ne cesse d'étudier l'Allema­gne, dans sa littérature, son art et sa pen­sée. D'importants travaux sur le roman­tisme, sur l'influence française en Alle­magne et l'influence allemande en France l'ont fait connaître déjà d'un public plus large que le public des érudits. Il nous donne aujourd'hui, sous une forme ramas­sée rapide et brillante, l'essentiel de ses réflexions et de ses recherches. Jamais livre n'est venu plus à point.

M. Reynaud ne fait point l'histoire des relations politiques des Français et des Allemands, mais celle de leurs relations intellectuelles et sentimentales. Non seule­ment cette double enquête éclaire d'une lumière nouvelle le caractère des deux peuples, mais surtout elle montre dans quelle mesure le génie de l'un est assimi­lable par le génie de l'autre.

Depuis le moyen âge, la France a, par deux fois, imposé à l'Allemagne son goût, son art, sa littérature, sa conception de l'homme et de la vie ; par deux fois aussi, le génie allemand a, sinon subjugué, tout au moins envahi le génie français. Il y a ainsi deux grands siècles d'expansion française : le treizième et le dix-septième et deux grands siècles d'expansion ger­manique : le seizième et le dix-neuvième Deux siècles d'ordre et deux siècles de révolution.

 

Je suis partout du n° 7 du 10.01.31 p3

Le message d’Hitler pour 1931

Le Volkischer Beobachter, organe cen­tral du parti national socialiste, a publié le 2 janvier un grand message d'Adolf Hitler à ses troupes pour l'année nouvelle.

La onzième année du combat mené par le mouvement national-socialiste est ter­minée. Un groupe obscur de sept indivi­dus est devenu un parti de huit millions d'hommes. Quelques-uns seulement sa­vent quel travail représente ce progrès formidable, et quels sacrifices ! Le destin ne nous a rien épargné et rien n'a été obtenu sans amertume. Onze années du­rant, le mouvement a couru de danger en danger ; un jour assailli par la haine, le lendemain tourné en dérision ; bientôt accablé sous le silence ou, au contraire, sous les mensonges et les calomnies ; in­terdit, dissous, puis renaissant pour sur­gir à la fin de chaque année plus vail­lant et plus fort.

Le mouvement national socialiste a fait én. Allemagne le point pour les esprits. Si aujourd'hui, à l'époque de notre pire abaissement, des millions d'hommes sou­levés par notre foi relèvent fièrement la tête, c'est que brille à leurs yeux le sym­bole que notre aigle tient dans ses serres : la croix gammée domine l'étoile soviéti­que.

Auparavant, dans la presse, dans la vie publique au Parlement, partout régnaient le bolchevisme juif et les ennemis de la Nation. Le travailleur allemand, mésesti­mé par la bourgeoisie, devenait irrémédia­blement la proie des marxistes dupeurs du peuple. Aujourd'hui, il y a huit millions d'hommes derrière la pure pensée allemande, qui disposent du parti le plus ma­gnifiquement organisé. Contre les crimi­nels marxistes, marche dorénavant le fa­natisme national. Ce dont on se moquait hier est redouté aujourd'hui.

Et tout cela, partisans, hommes et femmes est notre œuvre, votre œuvre.

 

............A tous ceux qui ont combattu et saigné dans nos combats, nous ne pouvons don­ner en guise de « merci » que cette assu­rance :

VOUS AVEZ MARCHÉ POUR LA NATION ET POUR LE PAYS ALLEMANDS ; NOUS CON­TINUERONS A MARCHER POUR LA NATION ET LE PAYS ALLEMANDS, MAINTENANT, DEMAIN, ET TOUJOURS DANS L'AVENIR, AUSSI LONG­TEMPS QUE LE SEIGNEUR NOUS LAISSERA EN VIE. NOUS SERVIRONS TOUJOURS L'ÉTEN­DARD QU'UN JOUR NOUS AVONS CHOISI COM­ME NOTRE SYMBOLE. SIGNE DU REICH QUI VIENT, IL VOUS A ENVELOPPÉS, VOUS QUE LE DUR DESTIN A ÉLOIGNÉS DE NOUS ; A L'HEU­RE DERNIÈRE A LAQUELLE LE DESTIN NOUS APPELLERA A NOTRE TOUR, NOUS VOU­DRONS AUSSI NE PAS AVOIR D'AUTRE PAVIL­LON QUE CELUI DU RELÈVEMENT DE L'ALLE­MAGNE ! NOTRE DRAPEAU, NOTRE BAN­NIÈRE ! »

La douzième année de lutte commence pour notre mouvement.

Nous sommes tous persuadés que le cycle de la passion allemande s'achèvera cette année.

Nous savons tous que la liberté com­me don gratuit n'existe pas. Depuis tou­jours, le bonheur est lié aux larmes, et Beni celui qui a souffert éprouve la suprême jouissance. Le mouvement national socialiste  engage un combat difficile....

 

 Je suis partout du n° 7 du 10.01.31 p7

L’équipe Lénine est finie

Tout comme les états à régime parle­mentaire, la Russie soviétique vient d'avoir, elle aussi, sa crise ministérielle. Du reste, cette crise couvait depuis long­temps ; la dictature de Staline était loin de plaire aux grands chefs du bolchevis­me, vétérans chevronnés des grandes lut­tes politiques et nouveaux venus aux am­bitions démesurées. Ils ne supportaient qu'avec impatience l'arrogance de ce Géorgien, que Lénine lui-même avait qua­lifié, dans son célèbre testament, d'indi­vidu ignorant, grossier et borné, en re­commandant à ses successeurs de ne ja­mais lui confier aucun poste important et responsable.

Pourtant, Staline, s'appuyant sur la Guépéou semblait invulnérable ; une ma­jorité terrorisée lui était toute acquise, tant dans le Comité Central Exécutif de L’U.R. S. S. que dans le Politbureau. Aussi fut-il décidé de s'en débarrasser à l'Orientale, en amorçant une dispute qui se terminerait par quelques coups de feu le tout étouffé entre les quatre murs du bureau de Staline. Une fois le dictateur mort, on désignerait un autre secrétaire général du Politbureau et le jeu des institutions soviétiques reprendrait son cours normal... jusqu'à nouvel ordre.

Pour bien comprendre la signification des derniers événements, il faut se rappe­ler que l'Union des Républiques socialis­tes soviétiques, ou l'U.R.S.S., est compo­sée de plusieurs républiques, dont la plus importante est la république russe ou R. S. F. S. P. D'après la constitution so­viétique, chacun de ces Etats a son pro­pre conseil des commissaires du peuple (Sovnarkom) ; la fédération elle-même est gouvernée par un conseil central, le Sovnarkom de l'U. R. S. S. présidé par Rykov. Au dessus de cette organisation, il y a encore le Comité Central Exécutif des Soviets ou Zik 7, dont le président, Kalinine, est, en quelque sorte, le chef de l'Etat.

Alexis Ivanovitch Rykov, dit Alexis >, dit Rojkov, dit Vlassov, dit le Bègue, dit Vassili, dit Sevostian, né en 1881, avait fait un peu tous les métiers, mais surtout celui de conspirateur. Surveillé par la police, il obtient l'autorisation de se rendre à l'étranger, ou il organise avec Lénine une école de préparation bolcheviste à Long­jumeau. De retour en Russie, il se lance dans une active propagande révolution­naire et se fait pincer par les gendarmes en février 1910 ; déporté en Sibérie, il s'en échappe aussitôt pour se faire re­prendre, déporter à nouveau en 1913 et s'évader encore une fois l'année suivante. Puis, c'est la guerre, le bolchevisme, la montée au pouvoir. Malgré ces brillants états de services, révolutionnaires, Rykov a. toujours été et est resté un hésitant et un timoré ; beaucoup plus enclin au so­cialisme doré qu'au bolchevisme, Rykov ne suivit Lénine que sous l'influence du terrible ascendant que ce dernier exer­çait sur les natures faibles. Il subit plus tard Staline, comme il avait subi Lénine, mais avec moins de patience et plus de palinodie.

Quoi qu'il en soit, avec Rykov dispa­raît l'un des derniers grands lieutenants de Lénine. Sverdlov assommé par les ou­vriers, Dzerzinsky mort, Trotzky, Zinoviev, Kamenev, Radek écartés définitive­ment par Staline, Lounatcharsky réduit à des rôles de troisième ordre, il ne reste plus guère de la grande équipe que Meer Enoch, Moiseevitch,. Vallach, dit Litvinov, dit Finkelstein, dit Maximovitch, ancien bandit, expulsé en 1908 de France pour recel des sommes volées à la Banque de Tiflis et présentement commissaire aux Affaires étrangères de l'U.R.S.S. C'est un fait capital à retenir : le bolchevisme est en train de se dévorer lui-même, comme l'a fait la révolution française, et Stali­ne, dans son intolérante méfiance, en est arrivé à rester seul, comme Robespierre avant Thermidor.

 

Je suis partout du n° 8 du 17.01.31 p3

Allemagne - Les textes désagréables.

On sait que Nietzsche est un auteur dont se recommandent volontiers les nationalistes de tous pays. Sa sœur et héritière, Mme Fors­ter-Nietzsche, qui est une raciste convaincue, a tout fait pour répandre cette interprétation de son œuvre : elle a été jusqu'à publier un recueil de maximes tirées des différents ouvra­ges de son frère, éliminant soigneusement les critiques parfois violentes qu'il dirigea contre l'empire allemand et contre ses compatriotes en général. Un journal berlinois, le Montag Morgen, s'est amusé à rechercher quelques passages, d'ailleurs assez connus, de Nietz­sche, qui ne sont pas précisément faits pour enchanter Hitler et son entourage. Par exem­ple ceux-ci : « Les juifs, qui ont le sentiment d'être le peuple élu, parce qu'il possède, plus que tout autre peuple, le génie moral... » ou encore : « En lisant Montaigne, La Rochefoucauld, La Bruyère, Fontenelle, Vauvenar­gues, Chamfort, on se sent plus près de l'anti­quité qu'en lisant six autres auteurs de n'im­porte quel pays. Ils contiennent plus de véri­tables pensées que tous les livres des philosophes allemands »... ou encore ceci : « Les Al­lemands ont sur la conscience cette maladie, la plus contraire à toute culture et à toute rai­son, le nationalisme, cette névrose nationale dont l'Europe est malade, ce maintien à perpé­tuité des petits pays et de la petite politique ; ils ont fait perdre à l'Europe sa signification, sa raison, ils l'ont poussée dans un cul-de-sac. »

 

Je suis partout du n° 8 du 17.01.31 p3

Un appel à la jeunesse

On se moquait en Allemagne, il y a peu de temps encore, de la jeunesse des troupes hitlériennes. Dans la presse quotidienne et dans les hebdomadaires, ce n’était que haussement d’épaules, brocarts, photographies et caricatures tendant à ridiculiser le parti national-socialiste et à traiter ses manifestations non pas comme une affaire d’Etat, mais comme une affaire d’enfance. On oubliait pas tout à fait, cependant, le chiffre des voix abstenus par les racistes aux élections générales 6 millions et demi de voies, accrues encore lors des élections partielles ou municipales ! mais l’on soutenait que la moitié des électeurs hitlériens votaient par « jeunesse » et l’on se proposait en guise de remède, de relevé la première limite de l’âge électoral...

Le succès d'Hitler

L'article publié le même jour par le Ber­liner Tageblatt, « Jeunesse et national-so­cialisme », est un appel analogue, mais des­tiné, celui-là, à toucher non pas la jeunesse catholique, mais celle des milieux libéraux ou libres-penseurs, démocrates et républi­cains de gauche, qui paraît elle-même en danger d'abandonner les opinions pater­nelles.

En tout cas, le Berliner Tageblatt ne semble pas en douter. Le national-socialis­me a réussi auprès de la jeunesse en pla­çant « la parole de jeunesse au cœur de ses revendications ». Tout parti qui l'oublie trop perd, à notre époque, la plupart de ses adhérents. Le parti d'Hitler en a bénéficié par masses compactes. « Le passage de la jeunesse allemande au radicalisme est le plus grave de tous les graves dangers que court le Reich ; Et tandis que les Nazis appliquaient les meilleurs moyens de con­quérir les jeunes, les républicains brillaient par leur incompréhension de ce qui peut enthousiasmer un jeune homme. On accor­dera que, sous la plume d'un rédacteur du grand journal démocrate, pareil aveu est assez inquiétant. Il serait fou, conclut-il, de se faire des illusions : l'adhésion de la jeunesse à l'idéal du Troisième Reich, à l'Etat mâle où la liaison est étroite entre le chef et chacun de ses hommes, est d'ores et déjà très avancée. L'idéal de la fidélité, de la discipline et de la libération natio­nale, voilà la nouvelle trinité qui rallie dé­sormais une foule de jeunes gens à Hitler, la majorité des étudiants, notamment, et la fraction des jeunes ouvriers que les Nazis ont pu enlever aux communistes et aux or­ganisations de la gauche socialiste.

 

Je suis partout du n° 8 du 17.01.31 p7

URSS -La justice des camarades...

Le retentissant procès qui s'est déroulé dernièrement à Moscou et où des places avaient été obligeamment réservées, au banc des accusés, à M. Poincaré, au ma­réchal Pétain et autres personnalités, a attiré l'attention sur la justice en U.R.S.S.

Ce qui donna la victoire aux bolchevis­tes sur le gouvernement provisoire, c'est qu'ils avaient un programme, tandis que Kerensky n'en avait pas et flottait au gré des courants. Mais si les nouveaux maî­tres de la Russie appliquèrent leurs théo­ries économiques et politiques avec une obstination, une ténacité de maniaques, ils se trouvèrent fort embarrassés pour régler une question qu'ils n'avaient pas prévue : celle de la Justice. La conception matérialiste de Karl Marx, ce messie du socialisme, ne reconnaît pas, on le sait, l'existence d'idées, de principes abstraits : Justice, Droit, Religion, autant d'attrape-nigauds, ou, selon l'expression consa­crée : de superstructures sur les fonda­tions économiques. Que le système écono­mique change, et ces édifices en carton-pâte s'écroulent aussitôt. Après avoir ba­foué la justice « bourgeoise », cette arme servant à opprimer le prolétariat, les bol­chevistes, une fois au pouvoir, se virent obligés de faire face aux devoirs qui in­combent à tout gouvernement, à tout pou­voir, fût-il celui des camarades. Malgré les formidables bouleversements politiques qui s'étaient succédé depuis huit mois, la vie suivait son cours, avec ses joies, ses peines, ses misères ; on naissait et on mourait, on se mariait et on divorçait, on volait et on assassinait. Il fallait donc protéger les uns, punir les autres, tran­cher des différends, bref, exercer la jus­tice. Situation difficile, paradoxale même pour des marxistes bon teint ! On en dis­cuta à perte d'haleine, l'idée de « sauver la face », de supprimer toute justice, tous juges, tous tribunaux, fut même sérieusement agitée dans la presse soviétique. Pourtant, Lénine et ses acolytes se rési­gnèrent finalement à donner une entorse au marxisme ; on en avait donné bien d'autres !

 

Tribunaux du peuple, tribunaux révolutionnaires

Ainsi, c'est la loi des suspects dans  tout son sanglant cynisme. Point n'est be­soin de commettre un crime, c'est-à-dire de ne pas payer ses impôts à temps, de déblatérer contre les Soviets, de refuser à entrer dans un « Kolkhoz », d'écrire une lettre à un ami à l'étranger ; il suffit d'être soupçonné de pouvoir accomplir un de ces forfaits pour être collé au mur.

Et, ne l'oublions pas, ce code de sang est également applicable dans toutes ses dispositions aux étrangers qui ont prudence de se fourrer dans le guêpier soviétique : les articles 70 et 71 le spéci­fient expressément. Un Français, un An­glais, un Italien, voyageant en Russie pour ses affaires ou son plaisir, peut être coffré, condamné et fusillé, non seulement pour avoir correspondu avec ses amis de Paris, Londres ou Rome, mais simplement pour avoir été soupçonné de pouvoir le faire. Et aucun recours n'est possible aux ressortissants des puissances qui ont re­connu les Soviets et, par conséquent, toute leur législation ; aucune chance ne leur reste d'échapper aux bourreaux bolchevis­tes, si ce n'est la fuite, comme l'a fait, il y a quelques jours, cet ingénieur anglais qu'on a trouvé agrippé à l'essieu d'un wa­gon du train venant de Moscou.

 

 

 

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 09:55

Le parti populiste allemand, fidèle à sa devise « Des chaînes rouges, seul le parti popu­liste vous libère »,

Je suis partout du n° 2 du 06.12.30 p.2

Les Progrès d’Hitler

L'assaut d'Hitler

Le matin du 30, l'organe officiel et central d'Hitler, le Volkischer Beobachter, publiait la proclamation suivante :

En ce dimanche ont lieu les élections au conseil de Brême. Là, comme  ailleurs, rè­gne encore la fameuse « grande coalition » à laquelle nous devons la redoutable illu­sion de Locarno et la supercherie de Dawes avec toutes leurs conséquences actuelles. Le parti populiste allemand, fidèle à sa devise « Des chaînes rouges, seul le parti popu­liste vous libère », n'avait au lendemain des dernières élections rien eu de plus pressé que de mettre en selle la domination socia­liste et de former avec elle la coalition de malheur.

Contre ce scandale politique, le mouve­ment national socialiste lutte de toutes ses forces. Il frappe de plus en plus fort à la porte du Conseil de la ville de Brême, autrefois si digne — des hommes de grande stature, de caractère fort y siégeaient alors — il frappe à la porte de cette maison qu'oc­cupent maintenant les Messieurs rouges d'un parti dont les chefs ne connaissent pas la patrie allemande, réclament le droit à la trahison et se sont toujours lâchement opposés aux volontés de renouvellement de l'Allemagne.....

 

Les élections au Reichstag, les élections dans le Bade, maintenant celles de Brême. — le peuple allemand veut-il réellement un régime national-socialiste fasciste ? Ce se­rait terrible. Les nationaux-socialistes ne croient peut-être même plus à leurs tirades. Ils savent aussi que leurs fantaisies éco­nomiques contre « l'esclavage de l'intérêt » semblables choses sont de pures folies. Qu'aux questions de quatre professeurs d'é­conomie nationale sur leurs propositions au Reichstag il n'ait pas été répondu, cela le prouve clairement. Quant à la politique extérieure, il en est à peu près de même. Mon­sieur Hitler a dès septembre attesté à la face du monde tout son indigne néant. Mais si les Nazis parviennent un jour au pouvoir ce ne sera plus si simple. Car alors il leur faudra bien entreprendre quelque chose, ne serait-ce que sous la pression de leur démagogie. Nous aurions dans ce cas une catastrophe. La puissance dans l'Etat est le but de ces messieurs, et ce but s'ap­pelle asservissement de toute autre pensée, de toute autre volonté. Le peuple alle­mand en est-il vraiment arrivé au point de vouloir se jeter à l'aveuglette dans cet es­clavage ?

Voilà l'Allemagne d'aujourd'hui. Il est clair cependant qu'on ne peut aller plus loin dans cette voie. Si la volonté de la na­tion ne se rend pas bien vite aux conseils de la raison et de l'entente, nous tomberons effectivement sous la domination des na­zis. Et ce ne sera même pas la fin, mais le début des plus durs combats dont l'issue, tant pour notre destinée intérieure que pour notre existence extérieure, est impré­visible.

L'Allemagne est aujourd'hui en convul­sion...

 

Je suis partout du n° 3 du 13.12. 30p.4

A l'Ouest, rien de nouveau - interdit en Allemagne

La première représentation du film de Remarque au Mozart-Saal, un grand ci­néma de Berlin, s'était passée dans le plus grand calme. Mais le lendemain, M. Goeb­bels, un des lieutenants de Hitler, qui était assis au premier rang, se leva et commença une harangue. Du balcon, ses troupes lancèrent dans la salle des boules puantes et, pour ef­frayer les dames... des souris blanches. Ce fut le signal d'un chahut formidable.

Cette intervention bruyante des nationaux-socialistes ne surprendra pas à première vue. Elle constitue cependant une nouveauté à Ber­lin. La capitale du Reich pouvait se vanter depuis quelques années d'un libéralisme excep­tionnel en matière de spectacles On y a joué de nombreuses pièces politiques d'une tendance très osée, sans que les partis adverses fissent entendre des protestations. On a pu y voir pen­dant des mois des films révolutionnaires russes, comme le célèbre Croiseur Potemkim : jamais le public ne manifesta. Mais depuis les élec­tions du 14 septembre, les nationalistes, eni­vrés par leur succès, affectent de ne plus to­lérer les spectacles qui leur déplaisent. En vain, la société de film Universal Pictures fait précéder sa production d'une annonce disant qu'on a voulu montrer sur l'écran la réalité de la guerre, sans aucune tendance. La Reichs­wehr, avant la première représentation, s'ef­force de faire interdire le film de Remarque et une grande partie de la presse l'attaque vio­lemment. Ces adversaires ne sont pas seule­ment dans le camp de Hitler et de Hugenberg ; des journaux modérés, jadis plus tolérants, dé­clarent que ce film est une chose indigne, qu'il insulte au patriotisme et à l'honneur du peuple allemand.

 

Je suis partout du n° 3 du 13.12. 30p.7

URSS Le grand procès du sabotage

Le grand procès du sabotage s'est terminé le 7 décembre par la condamnation à la peine de mort du professeur Ramsine, de Laritchef, de Tcharnovski, de Kalinnikof et de Fédotof, et à la condamnation à dix ans de réclusion des ingénieurs Koupianof, Sitnine et Otchkine.

Jusqu'à la dernière minute les huit inculpés ne se sont pas départis de la ligne de con­duite qu'ils s'étaient imposée dès le début du procès. Chacun d'eux se plut à reconnaître pour exacts et bien fondés tous les délits et tous les crimes qui leur étaient reprochés. Certains d'entre ces étranges inculpés s'ac­cusèrent même de délits supplémentaires. Aussi étrange fut leur attitude à l'égard de la Guépéou. Ils ne prononcèrent pas un mot de blâme à son égard. Tout au contraire, ils reconnurent qu’ils avaient été traités de façon parfaite par ses agents. On a parlé de tortures dans la presse étrangère marqua a un moment donné Ramsine : Mais regardez-moi, est-ce que j’ai l’aspect d’un homme que l’on a torturé ? Et Fédotof de renchérir : évidemment aucun de nous n’a été torturé. Nous croit-on capables de dire des mensonges pour nous perdre volontairement ?

Tous furent récompensés de leur docilité. Vingt quatre heures ne s’étaient pas écoulés que ces accusés étaient partiellement graciés, les condamnations à la peine capitale commuées en 10 ans années de détention, les peines de 10 ans réduites à 8.

Le Times qualifia les débats de farce tragique, c’est aussi ce que pensent les journaux russes d’opposition paraissant à l’étranger. Le journal démocrate que M. Mikoulof, imprime à Paris publie les remarques suivantes :

« Il viendra un moment où la voix courroucée du prolétariat ne se fera plus entendre. Les journaux de Staline se tairont pour quelque temps, et le plan quinquennal se replongera dans les grisailles de la vie journalière... après le procès, il ne produira aucune amélioration, sur le front du ravitaillement, et il n’y aura aucun progrès dans la situation monétaire.... la situation ne s’améliorera pas, elle ne fera qu’empirer. On pourra inventer de nouveaux procès, cela ne changera rien. Staline ne réussira pas à procurer du pain aux foules uniquement avec des spectacles. Tout au contraire, plus on voudra de procès à grande mise en scène, plus il faudra renouveler le programme et la troupe... et le dernier acteur pourrait bien être... Staline en personne. Evidemment, il découvrira bien encore des saboteurs sur tous les fronts. Il les fera juger et punir, néanmoins, la situation ne fera que s’aggraver. Ainsi, le procès qui vient de s’achever, de même que les procès qui pourront surgir dans l’avenir, finiront par persuader, à ceux qui ont encore une confiance illimitée en Staline, que le moment est venu de lui mettre la main au collet. Un régime de pourriture, est obligé en fin de compte de se détruire de lui-même ».

 

Je suis partout du n° 5 du 27.12.30.p1

Trop d’or ?

Il parait que nous avons trop d'or. La Société des Nations nous le dit, le monde entier le répète, et nous finirons par le croire.

Cet or n'est point dans nos poches. Il est dans les caves de la Banque de France, où il s'accumule sans arrêt. Chaque semaine, de nouveaux lingots arrivent de New-York ou de Londres. Chaque jeudi le bilan de la Banque accuse ces augmentations : six cents millions au bilan arrêté le 5, un demi milliard au bilan arrêté. Et, s'il faut en croire les compétences le mouvement n'est pas près de s'arrêter

Pour en comprendre les causes, il faut se rappeler le mécanisme de la stabilisation. Une monnaie stabilisée est une mon­naie qui, à chaque instant, peut être con­vertie en or aux guichets de la Banque d'Etat. Prenons un exemple. Un commer­çant parisien doit faire un règlement à Londres. Mais son créancier ne veut pas de francs, dont les maisons anglaises sont déjà encombrées. Le Parisien va rue La Vrillière, où on lui échange ses billets con­tre du métal jaune qu'il expédie à son cor­respondant. Bien entendu, la réciproque est vraie. Si la livre, offerte en masse à Paris, a une tendance à la baisse, les An­glais qui ont des paiements en instance chez nous ont tout intérêt à demander des lingots à la Banque d'Angleterre et à nous les envoyer. Le franc et la livre ne peu­vent ainsi varier, l'un par rapport à l'au­tre, qu'entre d'étroites limites qui repré­sentent, en plus ou en moins, les frais d'envoi de l'or d'une place à l'autre.

 

  Je suis partout du n° 6 du 03.01.31 p3

Une enquête sensationnelle : Hitler au pouvoir ?

La Deutsche Allgemeine Zeitung, organe de l'aile gauche du parti populiste le parti de feu Stresemann et du Dr Curtius, l'actuel mi­nistre des Affaires étrangères du Reich — a consacré une page de son numéro de Noël à la publication d'une enquête sur la participation du mouvement d'Hitler au gouvernement. Cela ne surprendra. pas les lecteurs de Je suis partout qui ont eu connaissance des manifesta­tions populistes - et de plusieurs articles de ce grand journal posant nettement la question d'une collaboration des nazis avec le gouverne­ment. Après un exposé d'un membre du parti demandant que des changements dans ce sens soient apportés à la composition du cabinet Brüning, après un article de tête, plus récent encore, comparant Hitler et Brüning et suggérant leur collaboration, l'organe populiste, a résolu de poser la question sous sa forme la plus directe destinée à avoir dans tout le Reich un très grand retentissement.

Nous avons demandé à quelques per­sonnalités marquantes, appartenant à des partis très différents, si elles considéraient comme souhaitable la participation du mouvement hitlérien aux responsabilités du pouvoir et, dans l'affirmative, quelles seraient les conséquences prévisibles de cette participation.

L'enthousiasme de Von Seeckt

Le général von Seeckt, député populiste, a répondu ceci :

A la question posée, je réponds sans hésitation : Oui, la participation du parti d'Hitler au gouvernement est souhaitable. Elle est même plus que cela : elle est né­cessaire. Je ne donne pas à mon oui une signification purement politicienne et par­lementaire....

 

La question de la collaboration et de la participation au pouvoir des nationaux-so­cialistes, déclare le Volkischer Beobachter, n'a plus de sens aujourd'hui. Au lendemain du 14 septembre (date des élections généra­les), les nationaux-socialistes firent connaî­tre leurs revendications minima.

 

L'avenir n'appartient plus au débat sur une participation de Hitler au gouverne­ment ! La question est maintenant toute différente : avec qui Hitler gouvernera-t-il ? Les rôles sont intervertis. Aussi une coali­tion avec les éléments du Reichstag actuel n'est même plus en cause. A l'automne, ces messieurs n'en voulaient pas, dans l'espoir que la « fièvre Nazi » tomberait. Mais le contraire s'est produit les nazis, gagent de la santé allemande, ont suivi une courbe ascendante. C'EST POURQUOI NOTRE PREMIER ACTE EN -1931 SERA UNE PROPOSITION DE DISSO­LUTION POUR TOUT LE REICHSTAG COMME POUR LANDTAG DE PRUSSE. NOUS  SOMMES MAINTE­NANT PRÊTS A ACHEVER ET A COMPLÉTER NOTRE SUCCÈS DU 14 SEPTEMBRE.

Qu'on cherche donc plus autre chose ! Là où est le national-socialisme, là est L'Al­lemagne. Que tout Allemand aie bien cela dans son cœur et dans sa tête ?

 

Je suis partout du n° 6 du 03.01.31 p7

Communistes et paysans : On vivait mieux sous le Tsar.

Nous avons parlé précédemment de la résistance massive que les paysans russes opposent à tout essai de socialisation. Cette résistance n'est-elle véritablement qu'une force d'inertie inconsciente au ser­vice d'un obscur instinct de la conser­vation, ou bien le moujik est-il guidé par des aspirations politiques, par un idéal so­cial pour lequel il lutte avec courage et ténacité ? Là, à mon avis, est la clef de l'avenir de la Russie, car il est évident qu'aucun pouvoir, destiné à remplacer ce­lui des Soviets, n'aurait quelque chance de se maintenir contre la volonté d'un bloc de cent millions de paysans, à moins de continuer le sanglant régime de terreur bolcheviste.

Il est un fait fort remarquable, c'est que la Russie a traversé en quelques mois toutes les étapes politiques que d'autres pays ont mis des dizaines d'années et mê­me des siècles à parcourir. Le jour même de son abdication, l'empereur Nicolas II avait institué un gouvernement constitu­tionnel, avec le prince Lvov comme prési­dent du Conseil ; ce gouvernement vécut vingt-quatre heures, juste le temps de per­mettre au nouveau souverain, Michel 1er, de renoncer au pouvoir. Ensuite, dans une allure de galop, on vit tour à tour une ré­publique démocratique, avec le même Lvov, une  république socialiste, avec Kerensky, un Directoire le tout en sept mois. Il ne restait plus qu'à tâter du communisme pour épuiser les possibilités politiques ; le pays franchit cette dernière étape. Ob­servons que tous ces régimes successifs, se sont effondrés.

 

On vivait mieux sous le tsar !  Ces simples mots qu'on entend partout maintenant sur l'immense étendue de la Russie, sont la meilleure, la plus dangereuse, la plus effective des propagandes contre le régime de sang et de misère des Soviets.

En vain le Comité central exécutif de l’U.R.S.S. dans son message du 6 décem­bre dernier, rappelle-t-il les masses prolé­tariennes à supprimer la classe des Kou­lak comme celle de leur pire ennemis, les journaux soviétiques (La Pauvreté du 3 décembre, le Marteau du 12 décembre) sont obligés de dénoncer au même mo­ment la collusion qui existe partout entre paysans riches et pauvres dans leur lutte contre l'oppression bolcheviste, pour le re­tour aux traditions nationales.

Le peuple veut revenir au régime sous lequel il « vivait mieux » ; c'est le but qu'il poursuit avec une patiente obstination de paysan, que rien ne décourage et qui fi­nira par avoir raison mime des mitrail­leuses de la Guépéou.

 

choix de texte et mise en forme

J.aikhenbaum

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 14:43

 

 

 

 

Connaître hier pour tenter de prévoir demain…..

 

 

 

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.1

La Bourse de Paris et les krachs

La Bourse de Paris n'a pas connu, de­puis la guerre, pareille secousse ni pa­reille crise. Depuis la faillite du coulissier Paquement on discutait en termes nobles sur la meilleure façon de réorganiser le marché en Banque par la fusion des deux syndicats du terme et du comptant. Les circonstances actuelles donnent à ces débats une saveur amère, et sans préjuger de ce que pourra être la liquidation de de­main, le bilan du mois est déjà assez joli : démission d'un agent de change, faillite de treize maisons de coulisse, dépôt de bi­lan par quatre banques provinciales (dont la banque Adam, depuis renflouée), fail­lite et arrestation de deux agents de chan­ge de Bordeaux et enfin effondrement des valeurs contrôlées ou créées par M. Ous­trie.

C'est ce dernier événement qui a, de proche en proche, entraîné tous les au­tres : On ne liquide pas impunément un groupe de titres dont la valeur nominale représentait plus d'un milliard de francs sans porter atteinte à l'équilibre de la place.

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.3                               

Allemagne :Evolution des partis Glissement à droite. La majorité Brüning compromise.

Le 8 novembre, à, Hanovre, après un impor­tant débat, le Parti Démocratique a cessé offi­ciellement d'exister. Il a lui-même prononcé sa propre dissolution pour procéder immédia­tement à, la constitution définitive du Parti d'Etat dans lequel il a pris place.

L'opinion et la presse apprécient de très di­verses façons cet événement qui aura peut-être des conséquences graves dans la vie poli­tique du Reich et qui, en tout cas, est très si­gnificatif à plusieurs égards. Le Parti Démo­cratique représentait jusqu'aux dernières élec­tions la seule fraction parlementaire absolu­ment républicaine, en dehors de la sociale-dé­mocratie, on lui accordait une grande impor­tance du point de vue international.

A la veille de la consultation électorale, la majorité de ses chefs décidèrent d'aller à la bataille non plus seuls, mais en formant une union avec diverses autres organisations dont la principale était l'Ordre des Jeunes Allemands. Chaque association gardait provisoirement son autonomie mais entrait dans une liste commune intitulée liste des Partis d'Etat. On avait pensé dans les milieux de la bourgeoisie républicaine s'opposer ainsi avec plus de chances de succès à la double vague de« radicalisme » qui était dans l'air et que l'on pressentait ; on pensait garder de cette façon une partie des électeurs ...

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.3

Les nouveaux succès des nationaux-socialistes

On a vu que, contrairement à ce que l’on prévoyait, le parti de Hitler poursuit ses succès sur le terrain électoral..... ses gains sont considérables, tandis que tous les par­tis, à l'exception des communistes, perdent beaucoup de terrain ; les sociaux-démocra­tes eux-mêmes sont en régression. Mais la presse est très réservée et très sobre de  commentaires à ce sujet. Elle attend la rentrée du Reichstag, les pre­miers votes et la reprise de l'activité des racistes. Les journaux libéraux, centristes, démocrates ou socialistes, comme le Berli­ner Tageblatt, la Koelnische Zeitung, .... se contentent de dire que le peuple continue à voter pour les Nazis par déception et par désespoir. Mais on sent l'inquiétude percer dans tous les milieux. On pensait que Hitler avait fait son plein ; on s'aperçoit du contraire.

La Frankfurter Zeitung, depuis plusieurs jours déjà, indique discrètement qu'il fau­dra désormais tenir un très large compte de cette Combinaison nouvelle de l'esprit na­tional et de l'esprit socialiste, dégagé des utopies marxistes, à laquelle une grande partie du peuple allemand — prolétaires et bourgeois — semble s'attacher de plus en plus. A. la suite des dernières élections, la Vossische Zeitung, démocrate, emboîte le pas et constate que l'État doit envisager la réforme ou la suppression du régime capi­taliste, battu en brèche à présent par les foules qui suivent le parti de Hitler.

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.6

Une semaine d’agitation en Espagne

L'Espagne traverse une période que nous pouvons considérer comme très grave, écrit dans le Secolo de Lisbonne un observateur voisin. Comment en douterait-on lorsque le général Beren­guer, le chef du gouvernement lui-même, a déclaré officiellement à toute la presse : Je ne puis tolérer plus long­temps cet état d'alarme, cette situation d'agitation continuelle qui porte le trouble dans tous les foyers et dans tout le pays, entraîne la baisse de la peseta et nous met, devant le monde, dans une posture regrettable.

Le gouvernement provisoire du gé­néral Berenguer, qui se pose avant tout comme le redresseur des torts du Di­rectoire, est nécessairement porté à re­lever ce que le général Primo de Ri­vera avait détruit, c'est-à-dire la vie constitutionnelle et parlementaire dans le libre jeu des partis. Mais précisé­ment ces partis, déjà malades lors du coup d'État, ont été par la Dictature complètement désagrégée. Ils gisent en morceaux, sans programme, sans chefs et. même sans but....

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.6

Maurice Chevalier  - vengeur de Topaze

A bras ouverts à mains dormantes. Lon­dres accueille Maurice Chevalier. C'est à lui, du reste, qu'il appartient de relever outre-Manche la gloire de la scène française, un peu ternie cet automne. Les pièces parisien­nes, en effet, n'ont pas su plaire. On avait monté - et fort bien - Topaze au Globe et Chéri au Prince of Wales ; le public avait été soigneusement préparé, on en attendait  mi­racle. Hélas ! l'une et l'autre comédie ont plongé dans un four noir et solide comme la Tour de Londres même "fous les journaux ont crié haro sur Topaze : Invraisemblable ; comique nul, inexistante psychologie. On ad­mire beaucoup Colette en Angleterre, mais on n'y a pas compris Chéri, dont le sujet a pro­fondément déplu. Le Sunday Times a déclaré ne pas voir pourquoi la Société du Théâtre avait jeté son râteau vers ce monceau d’ordures.

Il y a eu encore le gendre de M. Poirier qui a sombré dans la grisaille et le dédain.

Mais on compte sur Maurice Chevalier pour faire oublier aux Londoniens ces désap­pointements. Il ne troublera point l'idée tradi­tionnelle que les Anglais se font de la gaîté française, voire de l'esprit français, que l'on veut brillants, scintillants, sautillants, légers et superficiels.

 

Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.7

U.R.S.S - Le grand complot du sabotage

On sait que l'ambitieux « plan quinquennal » dressé par les Soviets pour la socialisation intégrale de la Russie est en voie d'échouer, du moins partiellement, et cet échec est d'autant plus sensible que le plan a été imposé au peuple russe au prix de grandes souffrances. Aussi les autorités bolcheviques s'efforcent-elles de rendre responsables des er­reurs, des retards et des épreuves soit les puis­sances occidentales, accusées de ténébreuses machinations et contre lesquelles vient d'être organisée une décade de propagande guerrière, soit les ingénieurs et les techniciens, accusés de sabotage contre-révolutionnaire.

Huit spécialistes, professeurs et ingénieurs, ont été mis en jugement. Les débats ont com­mencé mardi. Le fils d'un des accusés, Sitnine, a adressé aux journaux de Moscou une lettre ouverte dans laquelle il traite son père d'ennemi de la classe ouvrière et demande qu'il soit condamné à mort. (Poslednia Norosti, 25-11-30, journal démocrate imprimé à Paris.)

Les journaux soviétiques du 11 novembre 1930 ont publié in extenso (sur quatre pages) l'acte d'accusation du procureur général de l'U.R.S.S., Krylenko, contre MM. Léonide Ramsine, professeur et directeur de l'Ecole technique supérieure de Moscou ; Ivan Ka­linnikof, professeur à l'Académie militaire aé­ronautique ; Victor Laritchef, ingénieur; Nico­las Tcharnovsky, professeur dans diverses écoles supérieures ; Alexandre Fédotof, pro­fesseur technologue ; Serge Kouprianof, ingé­nieur mécanicien ; Vladimir Otchkine et Kse­nofonte Sitnine, ingénieurs, accusés tous les huit d'avoir participé à une organisation con­tre-révolutionnaire nommée « l'Union des or­ganisations d'ingénieurs » ou « parti indus­triel » et d'actes criminels punis par l'article 58, paragraphes 3, 4 et 6 du Code criminel de R.S.T.S.R.

L'acte d'accusation du camarade Krylenko se termine par la conclusion suivante :

Ces personnes ont fait partie à diffé­rentes périodes des organisations créées pour détruire et saboter l'édifice économique de l'Union soviétique, pour ébranler le pouvoir soviétique et faciliter le rétablissement du pou­voir de la bourgeoisie. Ils ont poursuivi pendant une série d’années leurs destructions en se groupant à ces fins....

Ce par quoi ils ont commis un acte de haute trahison.

Les « aveux » des accusés

L'accusation prétend s'appuyer sur des dé­clarations écrites ou orales des inculpés.

Ainsi le professeur Ramsine a exposé que le but de l'offensive armée contre l'U.R.S.S. était de :

Doter la Russie, après la chute du gouver­nement soviétique, d'une République démocra­tique bourgeoise. Dans cette question du choix d'un nouveau mode de gouvernement pour la Russie future il y eut des tiraillements ; on proposa diverses formes de gouvernements ; on proposa même une restauration monarchi­que. Cependant cette idée fut écartée pour la raison que l'ancienne dynastie est complète­ment disqualifiée et qu'il était fort scabreux d'en rechercher une autre. Au surplus, une restauration monarchique devait fatalement provoquer un grand mécontentement parmi la masse de la population. L'organe législatif de la future république devait être un Parlement élu au suffrage universel à deux degrés. Mais on aurait considéré qu'il ferait nécessaire d'ins­taurer immédiatement après le coup d'Etat une dictature militaire et de la conserver un certain temps, afin de consolider de cette façon, nouvel ordre des choses.

Pour arriver à ces fins les membres de l'Union des organisations d'ingénieurs prirent contact avec certaines personnalités haut placées de l'Europe occidentale de même qu'avec les industriels russes vivant à l'étranger. C'est ain­si que selon les dires de Ramsine il eut, en 1927, une entrevue, à Paris, avec Riabou­chinski, l'ancien magnat de l'industrie textile russe.

De son côté, Kalinnikof déposa, le 10 octo­bre 1930 :

D'après ce que je sais, feu Paltchinski était en relation étroite avec le capital français et anglais. Rabinovitch s'était entendu avec la Pologne. Khrénnikof était dans d'excellents ter­me, avec la direction de la compagnie Vickers et Fédorovitch avec Leslie Urquhart de la Russo-Asiatic Consolidated.

Selon l'acte d'accusation, toutes ces insti­tutions et ces personnage devaient subvention­ner la campagne de désorganisation de l'éco­nomie soviétique et préparer ainsi la pénétra­tion militaire étrangère.

 

texte sélectionné et mis en forme par 

Jean Aikhenbaum

 

 

 

 

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 13:04

Antisémitisme… encore et toujours un peu d’histoire…..

 

Je suis partout n° 262– 30.11.35 p.6

 

Le racisme antisémite est de nouveau au premier plan.

 

Le racisme antisémite est de nouveau au premier plan de la politique national-so­cialiste du Troisième Reich.

Le 28 novembre, dans une interview, Adolf Hitler faisait les déclarations les plus nettes à cet égard : « La nécessité de combattre le bolchevisme est, affirmait-il, l'une des raisons fondamentales de la lé­gislation relative aux Juifs en Allema­gne... »

 

Comme le chef suprême de la nouvelle Allemagne avait eu soin de répandre ses déclarations dans le monde entier, on ne pouvait se méprendre ni sur leur signi­fication, ni sur leur importance réelle. Non seulement le Führer n'arrondissait pas les angles... Non seulement il ne cherchait pas à détourner l'attention de l'antisémitisme nazi... Mais il affirmait l'intention de le justifier en l'expliquant, sans faux sem­blants, à la face des nations.

 

Agitateurs bolcheviques et influences juives destructives

 

Adolf Hitler ajoutait : « Cette législa­tion n'est pas antisémite ; elle est pro-allemande. Par ces lois, les droits des Allemands seront protégés contre les in­fluences juives destructives. Presque tous les agitateurs bolcheviques en Allemagne ont été des Juifs. L'Allemagne, qui n'est sé­parée de la Russie soviétique que par quel­ques lieues, a besoin de mesures perma­nentes et pratiques afin de défendre le Reich contre l'activité de ces agents du bolchevisme. »

Après avoir souligné que nombre d'Alle­mands, officiers démobilisés et intellec­tuels prolétarisés, avaient dû se procurer à grand peine des emplois manuels, le Führer poursuivait : «  Les Juifs, qui re­présentent moins de un pour cent de la po­pulation, ont cherché à occuper les fonc­tions des chefs intellectuels et envahi les professions libérales telles que le barreau, la médecine, etc... Or, l'influence destruc­tive des intellectuels juifs s'est étendue sur toute l'Allemagne. De ce fait, il est devenu nécessaire de prendre des mesures tendant à supprimer cette action destructive et à établir une division nette entre les deux races. »

 

Pogroms à froid

 

Les déclarations d’Hitler ne sont d’ailleurs point intervenues à l’improviste... c’est ainsi que le Rheinisch – Westphälische Zeintung ; organe des industriels nationaux-libéraux, puis populiste... publiait un article dès le 24 novembre pour répondre au Times, par ailleurs favorable au rapprochement avec l’Allemagne, mais qui venait de publier un réquisitoire contre la persécution des Juifs dans le Reich et qui parlait de pogroms à froid.

...la haute trahison n'était pas un acte déshonorant. L'auteur cite, un certain Tucholsky, fort connu sous divers pseudonymes tel que Panther, ajoutait même :  Nous sommes des traîtres... Je parle en pleine conscience... C'était un Juif, citoyen allemand.           

Citations équivalentes pour Georg Hermann, pour le fameux Ernst Toller... Tous deux écrivains juifs allemands... D'autres suivaient : Feuchtwanger, Ferdinand Bruckner, Arnold Zweig, Friedriech Wolf, Kerr, Piscator... pour ne nommer que les  plus connus dans le monde des lettres et des arts. Tous proférant des blasphèmes identiques et les menaces les plus sanglantes...

Et, s'adressant de nouveau au Times, le journal allemand demandait si la question juive, telle que l'avait résolue le Troisième Reich, pouvait constituer en toute justice un obstacle à la compréhension entre na­tions ou si, plutôt, elle ne se présentait pas comme un devoir de compréhension... Les Juifs avaient, expliquait-il, tenté de tout corrompre, de tout détruire en Allemagne par la bolchevisation générale de l'intelligence, de l'art, des mœurs et de la politi­que. Ils avaient étalé un maximum de per­versité agissante de la fin de la guerre à l'avènement d'Hitler en 1933. L'étude im­partiale de cette période le prouve... En conséquence, le devoir des autres nations, qui peuvent être menacées dans leur structure même comme l'Allemagne l'a été, est d'admettre que le Troisième Reich a ses raisons de faire en sorte que cela ne recommence plus.

Une autre feuille, toute nouvelle celle-là, le Judenkenner, spécialisée dans l'anti­sémitisme sous toutes ses formes, publiait quatre jours avant, le 20 novembre, un article de tête particulièrement significatif, intitulé : Reconstruction, Adolf Hitler y était célébré comme l'artisan d'une œuvre grandiose, d'une œuvre belle entre toutes, parce qu'elle ne serait pas faite de ma­tière au sens ordinaire du mot, mais d’être humains...

 

Poursuite contre les Juifs étrangers

...on s’est réservé la possibilité de freiner la politique actuelle,: de même, dans le cas des poursuites contre des juifs étrangers, pour lesquelles l'autorisation du ministre de l'Intérieur sera nécessaire, on a pensé à des difficultés éventuelles avec les autres gouvernements. M. Salo­mon, gros banquier de New York, pourra évidem­ment se permettre avec des « aryennes » ce qui sera interdit à M. Lévy, brocanteur venu de la Bessarabie.

Bien que l'on ait abaissé de 45 à 35 ans l'âge cano­nique pour les domestiques femmes chez les juifs, il y là une question qui reste délicate, pour les ménages israélites comme pour leurs cuisinières. Celles-ci vont se trouver en grand nombre sur le pavé à la date du 1er janvier, ou les nouvelles lois entrent en vigueur. Quant aux maîtresses de maison, elles risquent de ne plus trouver le personnel dont elles ont besoin  les domestiques de plus de 35 ans ne sont pas tellement nombreuses. On parle déjà, dans les milieux israélites de Berlin et de quelques autres grandes villes, de les remplacer par des hommes. En effet, la loi n'interdit pas aux « aryens » du sexe masculin de se placer chez des juifs : hommage inconscient du législateur national-socialiste à la vertu de leurs épouses.

 

« Nordique du crâne à la semelle ».

Dans un film qui la révéla jadis au grand publie, Marlène Dietrich chantait « Je suis faite pour l'amour de la tête aux pieds. Se souvenant sans doute de ce refrain, un cordonnier de Berlin vient de prendre pour enseigne « Nordische Grossbe. sohlung (grand ressemelage nordique), sous prétexta qu'un parfait  aryen, ou nordique, devait l'être depuis le crâne jusqu'à la semelle.

On s'est aperçu, hélas ! que ce prétendu descendant de Hans Sachs était lui-même un non-aryen

 

Une étude de la France racique

 

Les racistes allemands ne limitent pas leurs études à leur pays. Ils prétendent renouveler, leur point de vue, l'histoire et la psychologie des peuples. Voici, par exemple, M. Bernhard Pier, qui consacre deux brochures à des « Considérations racistes et biologiques sur l'histoire » de la France et de l'Angleterre. Ses vues ne sont pas entièrement originales, elles rappellent souvent Gobineau, Chamberlain et d'autres. Notons qu'il ne se rallie pas à une thèse assez répandue chez nous, d'après laquelle les Celtes ou Gaulois formeraient l'élément de base de la population française

 

 

 

 

Texte mis en forme et sélectionné par Jean Aikhenbaum

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 16:14

(article publié en 1996 dans Réussir votre santé)

 

Depuis quelques années les médias, les laboratoires de produits pharmaceutiques et  une partie du corps médical, accusent le cholestérol d'être l'ennemi numéro un de la santé. Dans cette campagne, d'allure souvent hystérique, on dissimule des faits qui sont déroutants et peuvent discréditer le lobby anticholestérol. Il est toutefois hors de notre propos de contester que le risque de maladies coronariennes s'accroît en fonction d'un taux de cholestérol sanguin élevé. Mais suffit-il pour autant de changer son régime alimentaire ou de prendre un médicament réputé anticholestérol  pour diminuer les risques liés à ce type de pathologie ? Ce type de traitement est-il anodin, ou présente-t-il des inconvénients ?  La mortalité est-elle moins importante dans les pays ou grâce à un régime alimentaire approprié le taux de cholestérol a baissé ?

Tout d'abord, il est important de souligner à l'intention de nos lecteurs, qu'il n'est pas de notre intention de remettre en cause les traitements de l'hypercholestérolémie qui sont nécessaires dans certains cas bien définis mais toutefois limités. Il nous semble en revanche important d'être sceptique quant à la valeur d'une propagande anticholestérol exagérément amplifiée.

 

L'un des composants de la membrane cellulaire

Si on se fie aux médias, on pourrait croire que le rôle essentiel du cholestérol est de nuire à notre santé et que sa responsabilité dans l'artériosclérose est bien établi.  Pourtant, on oublie souvent de dire, qu'il est un élément clé dans la composition de la membrane cellulaire. Aucun organisme vivant ne peut continuer de vivre si on le prive de cet élément qui est à la base de l'architecture de nos cellules. Deux chercheurs américains, Michael Brown et Joseph Goldstein ont reçu en 1985, le prix Nobel pour leurs travaux qui démontraient  les mécanismes du transport du cholestérol à l'intérieur de la cellule. Ils ont découvert que ce transport n'est possible que grâce à l'existence dans la membrane de récepteurs de cholestérol. Mais leurs travaux font également ressortir, que l'hypercholestérolémie n'est possible que lorsqu'il existe un défaut génétique au niveau de ces récepteurs membranaires, car si les récepteurs fonctionnent mal, ou ne fonctionnent pas du tout, la cellule n'a plus à sa disposition son matériel de base qui lui sert à élaborer ses membranes  et elle  synthétise son propre cholestérol. Dans ce cas précis, le mécanisme auto contrôle n'existe pratiquement plus (parce que le taux ne dépend plus alors des récepteurs) et l'organisme est condamné à produire du cholestérol. Ces travaux font ressortir que nous ne sommes pas égaux devant l'artériosclérose et que l'apparition de la maladie, ne dépend pas exclusivement du régime alimentaire et du mode de vie.

 

Et les facteurs à risques ?

Il semble logique  qu'une cellule privée de cholestérol cherchera à la synthétiser et que le rapport de l'importance du cholestérol est lié au nombre et au fonctionnement des récepteurs, et que dans ce cas un régime hypocholestérolémique ne peut avoir qu'un effet limité. Certes, on sait que le café, la cigarette, le diabète, l'excès de poids sont des facteurs à risques dans les maladies coronariennes et participent à accroître le taux de cholestérol. Mais est-il pour autant possible de déduire que ce cholestérol est responsable de ces pathologies ou qu'il s'agit là de la résultante d'un  effet secondaire et non de la cause initiale ?  Par ailleurs, des scientifiques britanniques ont fait ressortir que dans de nombreux cas, la maladie coronarienne est probablement programmée dans la première période de notre vie.

La battage autour du cholestérol prétend fréquemment qu'un taux de cholestérol bas est synonyme de bonne santé et diminue les risques d'incidents cardiaques. Pourtant, nous savons maintenant que les personnes qui ont réussi à baisser leur taux de cholestérol sanguin meurent effectivement moins, d'accidents coronariens mais plus de cancers. Cette constatation rejoint celle des physiologistes du début de ce siècle qui supposaient que le cholestérol joue un rôle important dans la régulation de la perméabilité cellulaire, et que de plus il est l'un des éléments clés de l'autodéfense de notre corps contre l'infestation par les cellules cancéreuses. Certes, notre connaissance sur les mécanismes de la carcinogenèse est encore insuffisante pour pouvoir affirmer ou rejeter cette hypothèse, mais il est bien établi que la diminution du cholestérol augmente le risque de cancer. Récemment, les chercheurs japonais ont suivi plusieurs milliers habitants d'Osaka cette hypothèse a été une fois de plus confirmée, la relation entre le cancer (particulièrement chez les hommes) et un taux bas de cholestérol semble être évidente.   Des médecins pensent également que la chute du cholestérol précède la mort, chez des patients qui souffrent de maladies longues. Les chercheurs du centre médical de Baltimore quant à eux font état qu'un taux bas de cholestérol entraînent fréquemment le décès chez les personnes âgées.

 

Le cholestérol a-t-il une incidence sur la durée de vie ?

Déjà en 1981, on a commencé à faire des constatations troublantes, les personnes qui ont un taux important de cholestérol ne vivent pas statistiquement de manière significative plus longtemps que le reste de la population, mais à la grande surprise des chercheurs ceux-ci ont constaté qu'elles avaient un taux de suicide beaucoup plus important.  Bon nombre de chercheurs pensent maintenant, qu'un taux trop bas de cholestérol est à l'origine des dépressions, suicides, et de mort précoce. Les psychiatres finlandais ont observé que les individus particulièrement agressifs se caractérisent par un taux bas de cholestérol. Les nombreuses expériences faites sur les animaux confirment la relation entre le taux de cholestérol et l'agressivité.

Toutes ces recherches, soulignent que la mode pour les médicaments anticholestérolique est douteuse et que l'abaissement du cholestérol fait de manière inconsidéré peut avoir des conséquences  graves pour notre santé.

Le Cholestérol à prendre avec des pincettes

Sujet, scabreux à prendre avec des pincettes les études contradictoires se succèdent.  Ainsi que nous venons de le voir, il est présent dans toutes les cellules et dans le sang, ainsi que dans la bile. Ce stérol, se trouve dans les graisses animales, dans le tissu cérébral, dans le lait il est synthétisé par le foie. Son rôle est particulièrement important dans la synthèse des hormones stéroïdes.

L'excès de cholestérol est dangereux, il bloque les artères engendre l'artériosclérose. Si il y a formation de plaques dans le sang il y a risque de thromboses. Mais seul l'excès de cholestérol, qui provient des graisses saturées que l'on trouve dans les produits d'origines animales, les abats, la viande, le lard, les produits laitiers, le chocolat présente des inconvénients notables. Par contre les graisses non saturées présentes dans les huiles vierges ont une incidence protectrice notable.

Le seul 'hic" c'est que l'on ne sait guère quel est le rôle exact du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires. Ainsi que nous l'avons vu, est-il la cause, dans ce cas il est normal et judicieux d'agir pour le contrôler et le juguler, mais si il n'est que la conséquence, c'est agir sur un symptôme et l'effet protecteur ne peut être qu'illusoire.

Sur le plan pratique, lorsque l'on absorbe des  de trop nombreux aliments riches en cholestérol et que celui-ci n'est pas éliminé il se fixe sur la paroi des vaisseaux et forme une plaque qui s'épaissit avec le temps, et va jusqu'à provoquer l'obstruction des vaisseaux.

Mais comme rien n'est simple, certains chercheurs émettent l'hypothèse que celui exercerait une protection contre les radicaux libres et qu'il serait même un antioxydant (d'où son influence protectrice dans le cancer). Sa toxicité n'apparaîtrait qu'après un phénomène d'oxydation, lui même lié directement à nos conditions de vie.

 

 

Des études surprenantes

Nous fabriquons chaque jour environ 15 grammes de cholestérol, l'essentiel étant que le taux en concentration soit à un niveau optimal, tout comme pour la glycémie et tous les autres éléments indispensables au bon fonctionnement de notre corps.

En Israèl des chercheurs ont établi des taux de comparaison entre l'espérance de vie les personnes dont le taux se situe entre 2 et 2.30 ont une espérance de durées vie supérieure à celles dont le niveau se trouve entre 1.5 et 1.9. Là  non plus on ne peut tirer de conclusion hâtive, parce que l'on s'aperçoit que le mode de vie, s'il a des répercussions parfois (mais pas toujours) sur le taux, a quant à lui une incidence indiscutable.`

Les oeufs,  ont été souvent à tort sur le ban des accusés, on s'est aperçu que les oeufs utilisés pour les études étaient de la poudre d'oeuf déshydraté !  D'autres études contradictoires faites démontrent que l'oeuf, lorsqu'il est consommé dur, ou à la coque même en quantité importante joue un rôle négligeable sur le cholestérol. Il est probable que la lécithine contenue dans l'oeuf  soit un agent fortement protecteur. De plus, ils contiennent  également des protéines et des acides aminés et des nutriments divers.

 

Les véritables ennemis 

Le cholestérol n'est pas l'ennemi à abattre à tout prix. Il  peut être  le reflet  d'erreurs alimentaires et (ou) d'un hérédité  génétique  qui est la caractéristique de certaines familles, mais il est également probable que dans ce cas de figure les habitudes alimentaires familiales aient un rôle prédominant. A tout ceci peut s'ajouter l'hypertension, la suralimentation, l'excès de poids, la cigarette, l'alcool, les produits laitiers (soupçonnés par de nombreux chercheurs, plus spécialement la cuisine au beurre), les fritures, l'excès de  graisses animales, charcuteries, triperies, les sucres artificiels ainsi que tous les produits en contenant, (boissons sucrées, sodas, pâtisseries,confitures  chocolat etc.)     le diabète, le stress,  l'inactivité physique, ainsi que certains produits pharmaceutiques

 

Combattre le cholestérol naturellement

Les nutriments à base de GLA, l'huile d'onagre, l'huile de pépins de cassis ont une action anticholestérolémiante. La lécithine abaisse le taux des lipides, les huiles de poisson (elles comportent des acides gras polyinsaturés oméga 3)., les huiles végétales (de première pression à froid) lin, noix, soja, sésame, d'oeillette, de tournesol. Les céréales complètes, le riz, le millet, tous les fruits frais, et les légumes verts, les artichauts, les salades vertes, le citron, le pamplemousse, le raisin, la carotte, les aubergines, le chou, l'oignon, la ciboulette l'ail qui a une action spécifique sur la structure des artères, qui a été démontré par H. Heinle l'adjonction d'ail, à la nourriture fait diminuer de manière importante le taux de cholestérol et a une action bénéfique sur l'hypertension, cette étude a été confirmée par le Professeur A. Arekhow de Moscou, qui a quant à lui constater que la prise régulière d'ail empèche l'accumulation de cholestérol et la formation de plaques athéromateuses dans les vaisseaux sains, comme dans ceux déjà atteints. Plus curieusement, celui-ci a constaté également que l'ail différenciait les cholestérols, il combattait le nuisible (LDL), mais privilégiait le bon(HDL), le résultat dans tous les cas s'avérait positif. Mais l'ail, est un agent anti-oxydant, et il s'oppose aux effets des radicaux libres (l'ASP + l'alliine inhibe environ 46 % la péroxydation des lipides au niveau sérique et tissulaire). Ce qui expliquerait que les régimes "à la méditéranéenne" offrent une protection  aux maladies coronariennes, par rapport à ceux du  nord de l' Europe. L'acide O-linoléique contenu dans l'huile d'olive aurait une action également protectrice.

A privilégier également les vitamines du groupe A, C  et B, le sélénium, le magnésium.

J.Aikhenbaum - A. Bienert

 

 

 

 

Les plantes qui combattent  le cholestérol

L'Alfalfa - le pissenlit - le bouleau - l'olivier - l'aubier de tilleul - la bardane - le chiendent - la saxifrage - le romarin - le solidago - l'écorce de frène - l'Eupatoire -

Toutes ces plantes peuvent être préparées sous forme de décoction à raison de 5 grs pour 1 litre d'eau porter à ébullition pendant 15 minutes infuser 30 minutes, prendre 4 à 5 tasses par jour loin des repas.

Vin anti-cholestérol :

feuilles de bouleau + écorce de frène dans un litre de vin rouge de Bordeaux (si possible biologique) laisser macérer 1 semaine, filtrer et boire un verre à liqueur par jour, loin des repas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cholestérol, est-il injustement accusé ?

Depuis quelques années les médias, les laboratoires de produits pharmaceutiques et une partie du corps médical, accusent le cholestérol d'être l'ennemi numéro un de la santé. Dans cette campagne, d'allure souvent hystérique, on dissimule des faits qui sont déroutants et peuvent discréditer le lobby anticholestérol. Il est toutefois hors de notre propos de contester que le risque de maladies coronariennes s'accroît en fonction d'un taux de cholestérol sanguin élevé. Mais suffit-il pour autant de changer son régime alimentaire ou de prendre un médicament réputé anticholestérol pour diminuer les risques liés à ce type de pathologie ? Ce type de traitement est-il anodin, ou présente-t-il des inconvénients ? La mortalité est-elle moins importante dans les pays ou grâce à un régime alimentaire approprié le taux de cholestérol a baissé ?

Tout d'abord, il est important de souligner à l'intention de nos lecteurs, qu'il n'est pas de notre intention de remettre en cause les traitements de l'hypercholestérolémie qui sont nécessaires dans certains cas bien définis mais toutefois limités. Il nous semble en revanche important d'être sceptique quant à la valeur d'une propagande anticholestérol exagérément amplifiée.

L'un des composants de la membrane cellulaire

Si on se fie aux médias, on pourrait croire que le rôle essentiel du cholestérol est de nuire à notre santé et que sa responsabilité dans l'artériosclérose est bien établi. Pourtant, on oublie souvent de dire, qu'il est un élément clé dans la composition de la membrane cellulaire. Aucun organisme vivant ne peut continuer de vivre si on le prive de cet élément qui est à la base de l'architecture de nos cellules. Deux chercheurs américains, Michael Brown et Joseph Goldstein ont reçu en 1985, le prix Nobel pour leurs travaux qui démontraient les mécanismes du transport du cholestérol à l'intérieur de la cellule. Ils ont découvert que ce transport n'est possible que grâce à l'existence dans la membrane de récepteurs de cholestérol. Mais leurs travaux font également ressortir, que l'hypercholestérolémie n'est possible que lorsqu'il existe un défaut génétique au niveau de ces récepteurs membranaires, car si les récepteurs fonctionnent mal, ou ne fonctionnent pas du tout, la cellule n'a plus à sa disposition son matériel de base qui lui sert à élaborer ses membranes et elle synthétise son propre cholestérol. Dans ce cas précis, le mécanisme auto contrôle n'existe pratiquement plus (parce que le taux ne dépend plus alors des récepteurs) et l'organisme est condamné à produire du cholestérol. Ces travaux font ressortir que nous ne sommes pas égaux devant l'artériosclérose et que l'apparition de la maladie, ne dépend pas exclusivement du régime alimentaire et du mode de vie.

Et les facteurs à risques ?

Il semble logique qu'une cellule privée de cholestérol cherchera à la synthétiser et que le rapport de l'importance du cholestérol est lié au nombre et au fonctionnement des récepteurs, et que dans ce cas un régime hypocholestérolémique ne peut avoir qu'un effet limité. Certes, on sait que le café, la cigarette, le diabète, l'excès de poids sont des facteurs à risques dans les maladies coronariennes et participent à accroître le taux de cholestérol. Mais est-il pour autant possible de déduire que ce cholestérol est responsable de ces pathologies ou qu'il s'agit là de la résultante d'un effet secondaire et non de la cause initiale ? Par ailleurs, des scientifiques britanniques ont fait ressortir que dans de nombreux cas, la maladie coronarienne est probablement programmée dans la première période de notre vie.

La battage autour du cholestérol prétend fréquemment qu'un taux de cholestérol bas est synonyme de bonne santé et diminue les risques d'incidents cardiaques. Pourtant, nous savons maintenant que les personnes qui ont réussi à baisser leur taux de cholestérol sanguin meurent effectivement moins, d'accidents coronariens mais plus de cancers. Cette constatation rejoint celle des physiologistes du début de ce siècle qui supposaient que le cholestérol joue un rôle important dans la régulation de la perméabilité cellulaire, et que de plus il est l'un des éléments clés de l'autodéfense de notre corps contre l'infestation par les cellules cancéreuses. Certes, notre connaissance sur les mécanismes de la carcinogenèse est encore insuffisante pour pouvoir affirmer ou rejeter cette hypothèse, mais il est bien établi que la diminution du cholestérol augmente le risque de cancer. Récemment, les chercheurs japonais ont suivi plusieurs milliers habitants d'Osaka cette hypothèse a été une fois de plus confirmée, la relation entre le cancer (particulièrement chez les hommes) et un taux bas de cholestérol semble être évidente. Des médecins pensent également que la chute du cholestérol précède la mort, chez des patients qui souffrent de maladies longues. Les chercheurs du centre médical de Baltimore quant à eux font état qu'un taux bas de cholestérol entraînent fréquemment le décès chez les personnes âgées.

Le cholestérol a-t-il une incidence sur la durée de vie ?

Déjà en 1981, on a commencé à faire des constatations troublantes, les personnes qui ont un taux important de cholestérol ne vivent pas statistiquement de manière significative plus longtemps que le reste de la population, mais à la grande surprise des chercheurs ceux-ci ont constaté qu'elles avaient un taux de suicide beaucoup plus important. Bon nombre de chercheurs pensent maintenant, qu'un taux trop bas de cholestérol est à l'origine des dépressions, suicides, et de mort précoce. Les psychiatres finlandais ont observé que les individus particulièrement agressifs se caractérisent par un taux bas de cholestérol. Les nombreuses expériences faites sur les animaux confirment la relation entre le taux de cholestérol et l'agressivité.

Toutes ces recherches, soulignent que la mode pour les médicaments anticholestérolique est douteuse et que l'abaissement du cholestérol fait de manière inconsidéré peut avoir des conséquences graves pour notre santé.

Le Cholestérol à prendre avec des pincettes

Sujet, scabreux à prendre avec des pincettes les études contradictoires se succèdent. Ainsi que nous venons de le voir, il est présent dans toutes les cellules et dans le sang, ainsi que dans la bile. Ce stérol, se trouve dans les graisses animales, dans le tissu cérébral, dans le lait il est synthétisé par le foie. Son rôle est particulièrement important dans la synthèse des hormones stéroïdes.

L'excès de cholestérol est dangereux, il bloque les artères engendre l'artériosclérose. Si il y a formation de plaques dans le sang il y a risque de thromboses. Mais seul l'excès de cholestérol, qui provient des graisses saturées que l'on trouve dans les produits d'origines animales, les abats, la viande, le lard, les produits laitiers, le chocolat présente des inconvénients notables. Par contre les graisses non saturées présentes dans les huiles vierges ont une incidence protectrice notable.

Le seul 'hic" c'est que l'on ne sait guère quel est le rôle exact du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires. Ainsi que nous l'avons vu, est-il la cause, dans ce cas il est normal et judicieux d'agir pour le contrôler et le juguler, mais si il n'est que la conséquence, c'est agir sur un symptôme et l'effet protecteur ne peut être qu'illusoire.

Sur le plan pratique, lorsque l'on absorbe des de trop nombreux aliments riches en cholestérol et que celui-ci n'est pas éliminé il se fixe sur la paroi des vaisseaux et forme une plaque qui s'épaissit avec le temps, et va jusqu'à provoquer l'obstruction des vaisseaux.

Mais comme rien n'est simple, certains chercheurs émettent l'hypothèse que celui exercerait une protection contre les radicaux libres et qu'il serait même un antioxydant (d'où son influence protectrice dans le cancer). Sa toxicité n'apparaîtrait qu'après un phénomène d'oxydation, lui même lié directement à nos conditions de vie.

Des études surprenantes

Nous fabriquons chaque jour environ 15 grammes de cholestérol, l'essentiel étant que le taux en concentration soit à un niveau optimal, tout comme pour la glycémie et tous les autres éléments indispensables au bon fonctionnement de notre corps.

En Israèl des chercheurs ont établi des taux de comparaison entre l'espérance de vie les personnes dont le taux se situe entre 2 et 2.30 ont une espérance de durées vie supérieure à celles dont le niveau se trouve entre 1.5 et 1.9. Là non plus on ne peut tirer de conclusion hâtive, parce que l'on s'aperçoit que le mode de vie, s'il a des répercussions parfois (mais pas toujours) sur le taux, a quant à lui une incidence indiscutable.`

Les oeufs, ont été souvent à tort sur le ban des accusés, on s'est aperçu que les oeufs utilisés pour les études étaient de la poudre d'oeuf déshydraté ! D'autres études contradictoires faites démontrent que l'oeuf, lorsqu'il est consommé dur, ou à la coque même en quantité importante joue un rôle négligeable sur le cholestérol. Il est probable que la lécithine contenue dans l'oeuf soit un agent fortement protecteur. De plus, ils contiennent également des protéines et des acides aminés et des nutriments divers.

Les véritables ennemis

Le cholestérol n'est pas l'ennemi à abattre à tout prix. Il peut être le reflet d'erreurs alimentaires et (ou) d'un hérédité génétique qui est la caractéristique de certaines familles, mais il est également probable que dans ce cas de figure les habitudes alimentaires familiales aient un rôle prédominant. A tout ceci peut s'ajouter l'hypertension, la suralimentation, l'excès de poids, la cigarette, l'alcool, les produits laitiers (soupçonnés par de nombreux chercheurs, plus spécialement la cuisine au beurre), les fritures, l'excès de graisses animales, charcuteries, triperies, les sucres artificiels ainsi que tous les produits en contenant, (boissons sucrées, sodas, pâtisseries,confitures chocolat etc.) le diabète, le stress, l'inactivité physique, ainsi que certains produits pharmaceutiques

Combattre le cholestérol naturellement

Les nutriments à base de GLA, l'huile d'onagre, l'huile de pépins de cassis ont une action anticholestérolémiante. La lécithine abaisse le taux des lipides, les huiles de poisson (elles comportent des acides gras polyinsaturés oméga 3)., les huiles végétales (de première pression à froid) lin, noix, soja, sésame, d'oeillette, de tournesol. Les céréales complètes, le riz, le millet, tous les fruits frais, et les légumes verts, les artichauts, les salades vertes, le citron, le pamplemousse, le raisin, la carotte, les aubergines, le chou, l'oignon, la ciboulette l'ail qui a une action spécifique sur la structure des artères, qui a été démontré par H. Heinle l'adjonction d'ail, à la nourriture fait diminuer de manière importante le taux de cholestérol et a une action bénéfique sur l'hypertension, cette étude a été confirmée par le Professeur A. Arekhow de Moscou, qui a quant à lui constater que la prise régulière d'ail empèche l'accumulation de cholestérol et la formation de plaques athéromateuses dans les vaisseaux sains, comme dans ceux déjà atteints. Plus curieusement, celui-ci a constaté également que l'ail différenciait les cholestérols, il combattait le nuisible (LDL), mais privilégiait le bon(HDL), le résultat dans tous les cas s'avérait positif. Mais l'ail, est un agent anti-oxydant, et il s'oppose aux effets des radicaux libres (l'ASP + l'alliine inhibe environ 46 % la péroxydation des lipides au niveau sérique et tissulaire). Ce qui expliquerait que les régimes "à la méditéranéenne" offrent une protection aux maladies coronariennes, par rapport à ceux du nord de l' Europe. L'acide O-linoléique contenu dans l'huile d'olive aurait une action également protectrice.

A privilégier également les vitamines du groupe A, C et B, le sélénium, le magnésium.

Les plantes qui combattent le cholestérol

L'Alfalfa - le pissenlit - le bouleau - l'olivier - l'aubier de tilleul - la bardane - le chiendent - la saxifrage - le romarin - le solidago - l'écorce de frène - l'Eupatoire -

Toutes ces plantes peuvent être préparées sous forme de décoction à raison de 5 grs pour 1 litre d'eau porter à ébullition pendant 15 minutes infuser 30 minutes, prendre 4 à 5 tasses par jour loin des repas.

Vin anti-cholestérol :

feuilles de bouleau + écorce de frène dans un litre de vin rouge de Bordeaux (si possible biologique) laisser macérer 1 semaine, filtrer et boire un verre à liqueur par jour, loin des repas.

Le cholestérol, est-il injustement accusé ?

Depuis quelques années les médias, les laboratoires de produits pharmaceutiques et une partie du corps médical, accusent le cholestérol d'être l'ennemi numéro un de la santé. Dans cette campagne, d'allure souvent hystérique, on dissimule des faits qui sont déroutants et peuvent discréditer le lobby anticholestérol. Il est toutefois hors de notre propos de contester que le risque de maladies coronariennes s'accroît en fonction d'un taux de cholestérol sanguin élevé. Mais suffit-il pour autant de changer son régime alimentaire ou de prendre un médicament réputé anticholestérol pour diminuer les risques liés à ce type de pathologie ? Ce type de traitement est-il anodin, ou présente-t-il des inconvénients ? La mortalité est-elle moins importante dans les pays ou grâce à un régime alimentaire approprié le taux de cholestérol a baissé ?

Tout d'abord, il est important de souligner à l'intention de nos lecteurs, qu'il n'est pas de notre intention de remettre en cause les traitements de l'hypercholestérolémie qui sont nécessaires dans certains cas bien définis mais toutefois limités. Il nous semble en revanche important d'être sceptique quant à la valeur d'une propagande anticholestérol exagérément amplifiée.

L'un des composants de la membrane cellulaire

Si on se fie aux médias, on pourrait croire que le rôle essentiel du cholestérol est de nuire à notre santé et que sa responsabilité dans l'artériosclérose est bien établi. Pourtant, on oublie souvent de dire, qu'il est un élément clé dans la composition de la membrane cellulaire. Aucun organisme vivant ne peut continuer de vivre si on le prive de cet élément qui est à la base de l'architecture de nos cellules. Deux chercheurs américains, Michael Brown et Joseph Goldstein ont reçu en 1985, le prix Nobel pour leurs travaux qui démontraient les mécanismes du transport du cholestérol à l'intérieur de la cellule. Ils ont découvert que ce transport n'est possible que grâce à l'existence dans la membrane de récepteurs de cholestérol. Mais leurs travaux font également ressortir, que l'hypercholestérolémie n'est possible que lorsqu'il existe un défaut génétique au niveau de ces récepteurs membranaires, car si les récepteurs fonctionnent mal, ou ne fonctionnent pas du tout, la cellule n'a plus à sa disposition son matériel de base qui lui sert à élaborer ses membranes et elle synthétise son propre cholestérol. Dans ce cas précis, le mécanisme auto contrôle n'existe pratiquement plus (parce que le taux ne dépend plus alors des récepteurs) et l'organisme est condamné à produire du cholestérol. Ces travaux font ressortir que nous ne sommes pas égaux devant l'artériosclérose et que l'apparition de la maladie, ne dépend pas exclusivement du régime alimentaire et du mode de vie.

Et les facteurs à risques ?

Il semble logique qu'une cellule privée de cholestérol cherchera à la synthétiser et que le rapport de l'importance du cholestérol est lié au nombre et au fonctionnement des récepteurs, et que dans ce cas un régime hypocholestérolémique ne peut avoir qu'un effet limité. Certes, on sait que le café, la cigarette, le diabète, l'excès de poids sont des facteurs à risques dans les maladies coronariennes et participent à accroître le taux de cholestérol. Mais est-il pour autant possible de déduire que ce cholestérol est responsable de ces pathologies ou qu'il s'agit là de la résultante d'un effet secondaire et non de la cause initiale ? Par ailleurs, des scientifiques britanniques ont fait ressortir que dans de nombreux cas, la maladie coronarienne est probablement programmée dans la première période de notre vie.

La battage autour du cholestérol prétend fréquemment qu'un taux de cholestérol bas est synonyme de bonne santé et diminue les risques d'incidents cardiaques. Pourtant, nous savons maintenant que les personnes qui ont réussi à baisser leur taux de cholestérol sanguin meurent effectivement moins, d'accidents coronariens mais plus de cancers. Cette constatation rejoint celle des physiologistes du début de ce siècle qui supposaient que le cholestérol joue un rôle important dans la régulation de la perméabilité cellulaire, et que de plus il est l'un des éléments clés de l'autodéfense de notre corps contre l'infestation par les cellules cancéreuses. Certes, notre connaissance sur les mécanismes de la carcinogenèse est encore insuffisante pour pouvoir affirmer ou rejeter cette hypothèse, mais il est bien établi que la diminution du cholestérol augmente le risque de cancer. Récemment, les chercheurs japonais ont suivi plusieurs milliers habitants d'Osaka cette hypothèse a été une fois de plus confirmée, la relation entre le cancer (particulièrement chez les hommes) et un taux bas de cholestérol semble être évidente. Des médecins pensent également que la chute du cholestérol précède la mort, chez des patients qui souffrent de maladies longues. Les chercheurs du centre médical de Baltimore quant à eux font état qu'un taux bas de cholestérol entraînent fréquemment le décès chez les personnes âgées.

Le cholestérol a-t-il une incidence sur la durée de vie ?

Déjà en 1981, on a commencé à faire des constatations troublantes, les personnes qui ont un taux important de cholestérol ne vivent pas statistiquement de manière significative plus longtemps que le reste de la population, mais à la grande surprise des chercheurs ceux-ci ont constaté qu'elles avaient un taux de suicide beaucoup plus important. Bon nombre de chercheurs pensent maintenant, qu'un taux trop bas de cholestérol est à l'origine des dépressions, suicides, et de mort précoce. Les psychiatres finlandais ont observé que les individus particulièrement agressifs se caractérisent par un taux bas de cholestérol. Les nombreuses expériences faites sur les animaux confirment la relation entre le taux de cholestérol et l'agressivité.

Toutes ces recherches, soulignent que la mode pour les médicaments anticholestérolique est douteuse et que l'abaissement du cholestérol fait de manière inconsidéré peut avoir des conséquences graves pour notre santé.

Le Cholestérol à prendre avec des pincettes

Sujet, scabreux à prendre avec des pincettes les études contradictoires se succèdent. Ainsi que nous venons de le voir, il est présent dans toutes les cellules et dans le sang, ainsi que dans la bile. Ce stérol, se trouve dans les graisses animales, dans le tissu cérébral, dans le lait il est synthétisé par le foie. Son rôle est particulièrement important dans la synthèse des hormones stéroïdes.

L'excès de cholestérol est dangereux, il bloque les artères engendre l'artériosclérose. Si il y a formation de plaques dans le sang il y a risque de thromboses. Mais seul l'excès de cholestérol, qui provient des graisses saturées que l'on trouve dans les produits d'origines animales, les abats, la viande, le lard, les produits laitiers, le chocolat présente des inconvénients notables. Par contre les graisses non saturées présentes dans les huiles vierges ont une incidence protectrice notable.

Le seul 'hic" c'est que l'on ne sait guère quel est le rôle exact du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires. Ainsi que nous l'avons vu, est-il la cause, dans ce cas il est normal et judicieux d'agir pour le contrôler et le juguler, mais si il n'est que la conséquence, c'est agir sur un symptôme et l'effet protecteur ne peut être qu'illusoire.

Sur le plan pratique, lorsque l'on absorbe des de trop nombreux aliments riches en cholestérol et que celui-ci n'est pas éliminé il se fixe sur la paroi des vaisseaux et forme une plaque qui s'épaissit avec le temps, et va jusqu'à provoquer l'obstruction des vaisseaux.

Mais comme rien n'est simple, certains chercheurs émettent l'hypothèse que celui exercerait une protection contre les radicaux libres et qu'il serait même un antioxydant (d'où son influence protectrice dans le cancer). Sa toxicité n'apparaîtrait qu'après un phénomène d'oxydation, lui même lié directement à nos conditions de vie.

Des études surprenantes

Nous fabriquons chaque jour environ 15 grammes de cholestérol, l'essentiel étant que le taux en concentration soit à un niveau optimal, tout comme pour la glycémie et tous les autres éléments indispensables au bon fonctionnement de notre corps.

En Israèl des chercheurs ont établi des taux de comparaison entre l'espérance de vie les personnes dont le taux se situe entre 2 et 2.30 ont une espérance de durées vie supérieure à celles dont le niveau se trouve entre 1.5 et 1.9. Là non plus on ne peut tirer de conclusion hâtive, parce que l'on s'aperçoit que le mode de vie, s'il a des répercussions parfois (mais pas toujours) sur le taux, a quant à lui une incidence indiscutable.`

Les oeufs, ont été souvent à tort sur le ban des accusés, on s'est aperçu que les oeufs utilisés pour les études étaient de la poudre d'oeuf déshydraté ! D'autres études contradictoires faites démontrent que l'oeuf, lorsqu'il est consommé dur, ou à la coque même en quantité importante joue un rôle négligeable sur le cholestérol. Il est probable que la lécithine contenue dans l'oeuf soit un agent fortement protecteur. De plus, ils contiennent également des protéines et des acides aminés et des nutriments divers.

Les véritables ennemis

Le cholestérol n'est pas l'ennemi à abattre à tout prix. Il peut être le reflet d'erreurs alimentaires et (ou) d'un hérédité génétique qui est la caractéristique de certaines familles, mais il est également probable que dans ce cas de figure les habitudes alimentaires familiales aient un rôle prédominant. A tout ceci peut s'ajouter l'hypertension, la suralimentation, l'excès de poids, la cigarette, l'alcool, les produits laitiers (soupçonnés par de nombreux chercheurs, plus spécialement la cuisine au beurre), les fritures, l'excès de graisses animales, charcuteries, triperies, les sucres artificiels ainsi que tous les produits en contenant, (boissons sucrées, sodas, pâtisseries,confitures chocolat etc.) le diabète, le stress, l'inactivité physique, ainsi que certains produits pharmaceutiques

Combattre le cholestérol naturellement

Les nutriments à base de GLA, l'huile d'onagre, l'huile de pépins de cassis ont une action anticholestérolémiante. La lécithine abaisse le taux des lipides, les huiles de poisson (elles comportent des acides gras polyinsaturés oméga 3)., les huiles végétales (de première pression à froid) lin, noix, soja, sésame, d'oeillette, de tournesol. Les céréales complètes, le riz, le millet, tous les fruits frais, et les légumes verts, les artichauts, les salades vertes, le citron, le pamplemousse, le raisin, la carotte, les aubergines, le chou, l'oignon, la ciboulette l'ail qui a une action spécifique sur la structure des artères, qui a été démontré par H. Heinle l'adjonction d'ail, à la nourriture fait diminuer de manière importante le taux de cholestérol et a une action bénéfique sur l'hypertension, cette étude a été confirmée par le Professeur A. Arekhow de Moscou, qui a quant à lui constater que la prise régulière d'ail empèche l'accumulation de cholestérol et la formation de plaques athéromateuses dans les vaisseaux sains, comme dans ceux déjà atteints. Plus curieusement, celui-ci a constaté également que l'ail différenciait les cholestérols, il combattait le nuisible (LDL), mais privilégiait le bon(HDL), le résultat dans tous les cas s'avérait positif. Mais l'ail, est un agent anti-oxydant, et il s'oppose aux effets des radicaux libres (l'ASP + l'alliine inhibe environ 46 % la péroxydation des lipides au niveau sérique et tissulaire). Ce qui expliquerait que les régimes "à la méditéranéenne" offrent une protection aux maladies coronariennes, par rapport à ceux du nord de l' Europe. L'acide O-linoléique contenu dans l'huile d'olive aurait une action également protectrice.

A privilégier également les vitamines du groupe A, C et B, le sélénium, le magnésium.

Les plantes qui combattent le cholestérol

L'Alfalfa - le pissenlit - le bouleau - l'olivier - l'aubier de tilleul - la bardane - le chiendent - la saxifrage - le romarin - le solidago - l'écorce de frène - l'Eupatoire -

Toutes ces plantes peuvent être préparées sous forme de décoction à raison de 5 grs pour 1 litre d'eau porter à ébullition pendant 15 minutes infuser 30 minutes, prendre 4 à 5 tasses par jour loin des repas.

Vin anti-cholestérol :

feuilles de bouleau + écorce de frène dans un litre de vin rouge de Bordeaux (si possible biologique) laisser macérer 1 semaine, filtrer et boire un verre à liqueur par jour, loin des repas.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:39

 

 

Les animaux de basse cour

 

Lorsqu'il parlait du coq, Buffon le célèbre naturaliste,  s'exprimait ainsi :

"Cet oiseau quoique domestique, quoique le plus commun de tous, n'est peut être pas assez connu". Par  ce discours, il soulignait les lacunes qu'il pouvait y avoir dans les connaissances de son époque.

Or, malgré que plus de deux siècles se soient écoulés cette réflexion nous interpelle plus que jamais. En effet, les transformations que nous avons fait subir à l'aviculture dans le but de rentabilité et de profit immédiat ont fait disparaître bon nombre de races de volailles en France, dont certaines par sélection avaient mis plusieurs siècles pour s'implanter et s'acclimater. Il en va de même pour de très nombreuses races d'animaux domestiques, de variétés et races, de plantes cultivées etc.

 

L’aviculture industrielle un système préjudiciable

 

Ces modifications génèrent des préjudices aux conséquences difficilement évaluables notamment :

            - Des préjudices culturels

- des préjudices qui entraînent un déséquilibre dans l’environnement.

- des préjudices pour le consommateur

 

Il devient donc impératif de s'interroger et d'examiner les solutions que l'on peut envisager d'apporter pour tenter d'inverser ce phénomène qui n'a fait que s'accentuer au cours de ces 50 dernières années.

Pour ce faire, nous pensons qu'il est intéressant de se référer aux naturalistes du siècle passé et à leur réflexion. L'un d'entre eux notamment définissait le coq, "comme un oiseau terrestre, avec des pattes robustes et des ailes de petites dimensions, ne lui permettant qu'un vol lourd, court, maladroit et qui cherche sa nourriture en grattant le sol". De par cette constatation on peut aisément déduire, qu'aucun animal d'élevage à l'heure actuelle ne bénéficie d'un environnement qui lui permet d'être proche de cette réalité, qui semblait à ce naturaliste aussi essentielle.

Pour le Professeur Letard, le coq est l'oiseau le plus anciennement domestiqué, il ne le fut qu'à l'âge du bronze (-3200 ans avant J.C). Il aurait été importé d'Asie en Europe par le Phéniciens. Pour Darwin son introduction daterait du 6° siècle avant Jésus-Christ. 

En 1880 dans sa monographie des "Races de Poules" V.La Perre de Roo, définissait la poule commune comme le type de plus rustique de l'espèce galline. Il disait également qu'améliorée par la sélection, c'est celle qui convient le mieux aux fermiers se contentant de mauvais grains invendables sur les marchés, et qu'elle a une aptitude particulière pour découvrir sa nourriture dans la remise, à l'écurie à l'étable et dans tous les coins de la ferme et de ses alentours. Vive, alerte, robuste et vagabonde elle ne coûte rien au fermier, et par conséquent tout ce qu'elle produit est bénéfice net.

 

Toutes les races de volailles seraient issues (?) cette thèse d’ailleurs est controversée, de différentes  espèces principales La coq Bankiva (Gallus gallus bankiva) Le coq de Lafayette (Gallus lafayettii) le coq fourchu (Gallus varius) le coq Sonnerat (Gallus sonneratii)

Races de volailles disparues ou rares

Nord

- Coucou des Flandres - Coucou de France - Coucou picarde- Hergnies - Poule de marquise - Sans queue

Ouest

Barbezieux - Poule de Blanzac - Poule de Caux

Divers

Aquitaine - Ardéale - Bresse Blanche - Caussade - Chrysanthème - Cocherelle - Ivanaise - Landaise - Malgache - Poule de Contres - Poule de Courrières - Poule de Lorraine - Poules de Serres - Provençale.

La Géline de Touraine, appelée aussi «La Dame Noire», fait partie des principales spécialités de la gastronomie tourangelle. Elle connaît ses heures de gloire dans les années 1920, se faisant remarquer dans les concours nationaux et internationaux. La deuxième guerre mondiale anéantit cette renommée. Elle disparaît des élevages de Touraine au profit de volailles plus productives et rentables. (source INRA)

 

Par le truchement de croisements les races de volailles au cours des siècles ont fini par s’imposer et devenir l'un des emblèmes  français. Le coq gaulois symbolise notre pays, alors que paradoxalement cet animal est originaire d'extrême orient.

Son acclimatation s’est faite progressivement, lentement. De nouvelles races introduites en provenance d’Asie ont permis en se croisant avec celles déjà présentes  de donner  de nouvelles souches.

Après la seconde guerre mondiale le déclin de l’aviculture a commencé et s’est accentué à tel point que de nombreuses  races communes ont totalement disparues. La sélection actuelle n’est faite qu’en fonction du rendement chair (ou oeuf pour les pondeuses) par rapport au poids d’aliment ingurgité. On privilégie donc des croisements susceptibles de donner de fort rendement au détriment de souches rustiques qui avaient au cours des décennies et parfois des siècles passés démontrées leur parfaite adaptation à leur  l’environnement. (cette remarque peut également être appliquée aux autres animaux domestiques élevés pour leur chair)

Les qualités de chair des volailles dépendent de plusieurs facteurs de l’origine, de la race, de la souche et bien entendu de l’aliment qui a été donné à l’animal pour qu’il arrive à maturité.

Dans les décennies passées et jusqu’aux années 50, l’élevage était pratiqué à petite échelle et faisait partie d'un ensemble de produits de la ferme, il était bien souvent considéré comme un appoint. Rares étaient les grands élevages spécialisés et même si certains éleveurs arrivaient parfois à obtenir de meilleurs rendements de leurs animaux c'était   souvent à l’aide  de recettes traditionnelles le plus souvent héritées de leurs proches et qu’ils gardaient jalousement. L'ensemble de la démarche était artisanale.

Bon nombre de races locales qui existent encore ne doivent leur survie qu'à quelques passionnés, à des associations, des clubs et sont considérées parfois... comme des pièces de collection

Aujourd’hui tout le monde s’accorde pour dire que la production de  poulets (et de poules pondeuses) est du point de vue biologique totalement inacceptable et ne tient aucun compte des nécessités propres à cette espèce. On peut dire sans aucune exagération, que l’animal est produit dans des conditions inadmissibles, les durées du temps d’élevage ont été écourtées divisées par 2 et même par 3. Les conditions de vie de l’animal peuvent être qualifiées de concentrationnaire, les mutilations que nous leur infligeons  sont indignes d’hommes et de femmes qui se prétendent civilisés et qui prônent le droit au respect du vivant et de l'animal. Les conséquences sur l’environnement et sur la santé des animaux  et la répercussion sur l’être humain sont indéniables. Ce type d’élevage industriel et ce quelle que soit l’espèce est à proscrire, car nous sommes dans l’incapacité de faire face ne serait ce qu’aux nuisances directes ou indirectes qu'elles entraînent sur notre santé et sur l’environnement.

Lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, nous nous apercevons que les intérêts économiques priment sur tous les autres, y compris sur la répercussion que peut avoir les autres facteurs :

- influence sur la santé du consommateur, nuisances etc.

En ce qui concerne l’élevage de volailles biologiques, il s’agit d’un mieux indiscutable par rapport à l’élevage industriel. Toutefois, il comporte de sérieuses lacunes auxquelles il est difficile d'apporter une réponse simple et rapide.

En effet, ce qui différencie essentiellement la production biologique de poulets et de poules pondeuses (et qui amène un plus indéniable, tant dans la qualité des produits que dans les conditions de vie des animaux) c'est :

- la surface accordée aux animaux

- la possibilité d'avoir accès à une aire herbeuse

- des aliments biologiques

- Le choix de substances non toxiques pour traiter les animaux.

- l'absence de mutilation de l'animal, mesure  qui devrait être adoptée pour tous les élevages.

On peut donc déduire, que les volailles dites « biologiques » sont élevées dans des conditions industrielles, même si celles-ci sont améliorées par rapport à l’élevage intensif, comme nous l’avons vu ci-dessus.

Les élevages dits biologiques autorisent jusqu'à 10 animaux au mètre carré, ainsi que l'approvisionnement en animaux en provenance d’accouvoirs industriels.

Les volailles contrairement à ce que l’on pense généralement, ont un comportement social très développé  que le confinement rend impossible (Thorpe W.H The assessment of pain and distress in animals. In report in the technical Committee to enquire intothe welfaore of animals kept under intesive livestock systems. Charman : F.W.R Brambel cmnd 2836H.M.S.O London).

Parmi les comportements qui sont inaccessibles (ou difficiles) aux volailles y compris de celles élevées selon les critères « biologiques » on note :

  • le perchage,
  • le lissage des plumes, les bains de poussière
  • la nidification
  • la recherche de nourriture

Nous pensons qu’il est difficile de trouver des solutions même pour l'élevage biologique des animaux de basse cour en fonction des réalités biologiques propres à cette espèce, pour ce qui concerne les poulets de chair et la production d'oeuf.

On observe  que la volaille se prête apparemment à un élevage de type industriel et supporte  de fortes de concentrations de population, mais que celles-ci  ne sont  obtenues que grâce à des artifices. En l'état actuel des choses, en conservant  les productivités actuelles, il est impossible de faire des propositions susceptibles d'être retenues. Nous nous en tiendrons donc aux animaux destinés à la reproduction.

 

Nous pensons qu’il est possible avec des moyens relativement simples d'agir en étant   plus exigent pour  la production des souches reproductrices ainsi que pour la fourniture en poussins  des   élevages biologiques.

Lorsque l'on examine ce que proposait Mr Jacque, naturaliste du siècle passé et spécialiste des animaux de basse-cour on est aux antipodes de ses recommandations. Celles-ci  destinées aux  éventuels éleveurs comportaient des  méthodes et des moyens pour accroître leur production, tout en respectant les exigences de cette espèce à savoir :

- un parcage suffisant, Mr Jacque préconisait que les animaux disposent d'un minimum de 25 m2 minimum  à 100 m2 et plus si possible par famille (1 coq et 6 à 10 poules) comprenant  un terrain  sablonneux et sec ne gardant pas l'eau, planté de groseilliers, d’acacias.... La partie dite habitation ou poulailler comprenant des perchoirs, des pondoirs, une augette et un vase pour boire. Il s'agit là de formules qui peuvent être considérées comme être à l’origine de nos élevages contemporains, mais qui donnaient néanmoins la possibilité à l'éleveur de lâcher les animaux dans la nature (avec des rotations lorsque l’élevage avait plusieurs parcs).

Il y a lieu de différencier la partie de l’élevage destinée à l’alimentation à savoir la production d’oeufs et de poulets de chair, de celles des souches chargées de la reproduction.

- Les souches : doivent être prioritairement produites à partir de variétés et races locales de manière à sauvegarder la biodiversité. L'objectif souhaitable et prioritaire, est que devrait être exclus tout approvisionnement de poussins dont  l’origine sont les circuits industriels classiques.

Il est également à souhaiter, que les   reproducteurs soient produits de manière naturelle en respectant tout le cycle à savoir, la pondaison, la nidification et la couvaison naturelle  ainsi que l’élevage des poussins jusqu’à leur sevrage par la poule.

Il est aussi indispensable, que des sujets témoins issus des reproducteurs soient conservés plusieurs années et que certains même puissent vivre jusqu’à leur disparition  naturelle, de façon  à ce que des observations portant sur la vie normale de ces animaux puissent être effectuées. Ce type de système pourrait être fait relativement simplement, en fin de rotation en conservant par exemple une famille ou bien encore, en sélectionnant  des animaux afin de créer une nouvelle famille.

Il est indispensable que  les souches reproductrices puissent disposer d’espace  suffisant leur permettant de subvenir en partie à leur alimentation,  l’apport en nourriture par l’éleveur est nécessaire mais devrait être considéré comme  complémentaire.

Il est  bien évident que de telles mesures risquent dans un premier temps d’augmenter  les coûts de production (ne serait-ce que par l’organisation et la multiplication de petits parcs) ceci vu dans une optique de concentration de production. En revanche, pratiqués à petite échelle dans des élevages de type familial ces coûts  seraient insignifiants et probablement moindres que ceux des productions industrielles, l'inconvénient de cette méthode consistant en la difficulté d'assurer des produits "réguliers et standardisés" auxquels sont  habitués les consommateurs.

Les éleveurs auraient  la possibilité de vendre :

-  des oeufs fécondés  destinés à la production de poules et de poulets de chair, qui pourraient être traités dans des couveuses artificielles (ces oeufs cochés pourraient être également vendus  pour la consommation, ce qui serait un plus  par rapport à l'oeuf biologique actuel destiné à la consommation et qui est non fécondé). On pourrait pour différencier les produits prévoir un étiquetage détaillant de façon précise l'origine  comprenant  un petit historique, de la souche, du mode de couvaison utilisé, de la composition de l'alimentation, des modes de soins, de l’espace dont dispose l’animal  etc.

Dans ce type d'élevage la surface dite de parcours, devra être suffisante et calculée en fonction des variétés. Si nous considérons qu'une partie de l'alimentation des volailles leur est fourni par le milieu ambiant, il y a lieu de reconsidérer la surface minimale à leur accorder. Toutefois, en nous référant aux travaux de Ch. Jacque et à nos propres observations nous pensons que des surfaces de 2 à 400 mètres par famille serait déjà une amélioration notable par rapport aux normes actuelles (identiques pour tous les animaux), ces dimensions pourraient être réduites, dans le cas par exemple ou l'éleveur aurait la possibilité d'avoir de petits terrains qu'il utiliserait en rotation. Il nous semble important que les animaux puissent disposer dans un tel terrain en fonction des régions de divers arbustes et bosquets, ainsi que du fumier ou du compost de vache ou de cheval grâce auxquels les animaux auraient la possibilité de  trouver des éléments (vers de terre, insectes etc.) que l'alimentation fournie par l'homme est incapable de leur apporter. 

Ainsi, pour un élevage de ce type intégrer de façon harmonieuse avec un impact favorable sur l'environnement, on peut considérer que  qu’un terrain de 5000 m2 avec un bâtiment "poulailler de 300 m2 placé au centre, divisé en surface de 12 m2 nécessaire à une  famille, serait amplement suffisant pour l'élevage d'environ 300 animaux reproducteurs.

Les  avantages non négligeables de cette façon de procéder permettraient la valorisation de races locales en voie de disparition, mais également une intégration plus proche de la réalité  des animaux dans l’environnement. 

 

J.Aikhenbaum

Piotr Daszkiewicz

 

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 12:06

Petite histoire du bolchevisme

 

L'HUMANITÉ donne aujourd'hui la fin  de l'exposé du camarade Staline  devant le 17e Congrès de notre parti frère de l'Union soviétique. Ce discours connaît un énorme succès dans toute l'Union où il est déjà répandu par plusieurs millions d’exemplaires de journaux. On peut dire qu'il n'y a pas un seul ouvrier des usines soviétiques qui n'en ait déjà pris connaissance. Mais le succès du discours a dépassé toutes les frontières du pays de la révolution. Il est analysé et commenté dans toute la presse du monde entier. Comme il est naturel, l'on y dénature le sens des paroles de Staline on accumule les objections et les réserves ………
Nous demandons, quant à nous, à tous les travailleurs de lire avec la plus  grande attention ces pages admirables. Il y trouveront des explications simples, claires, des arguments irréfutables pour tous les actuels problèmes de politique…. Dans ses diverses phases avec une précision unique et une hauteur de vues que pas un autre homme politique n'est présentement capable. Quand il étudie ma raison essentielle de la victoire éclatante du bolchevisme est là, dans ce sentiment de confiance, dans cette foie en la mission du prolétariat……
 
La grande parole de Staline retentit ainsi au-dessus, bien au-dessus des scandales et des hontes, des intrigues politiciennes qui agitent les Représentants des capitalismes en décadence. C'est la voix du marxisme, non seulement respecté dans toute sa rigueur doctrinale, mais du marxisme qui se réalise, qui dirige l'économie, qui prouve ainsi sa supériorité écrasante sur le vieux libéralisme bourgeois décomposé, éliminé, pourri.
…….On comprendra alors l'abîme qui sépare la politique d'un Vandervelde ou  d’un Blum et celle du chef éprouvé du Mouvement socialiste révolutionnaire mondial.


Marcel CACHIN.

 

Petite histoire du bolchevisme

Théorie et réalité

Le bolchevisme, cet enfant terrible du socialisme, naquit à Londres, par un beau jour de juillet de l'année 1903, d'une bouderie entre deux « camarades », Oulianov-Lénine et Zederbaun-Martov.

 Le prétexte en était mince. Lénine avait proposé de ré­duire à trois les six rédacteurs du journal du parti : Martov s'y était opposé ; le congrès, indécis, se rangea, en définitive, à l'opinion de Lénine, désignant, toutefois, Mar­tov comme l'un des trois rédacteurs.

 

Mar­tov refusa avec hauteur le poste qu'on lui offrait, il dé­fendit à ses partisans de prendre part à réfec­tion du comité central, qui se trouva composé ainsi exclusivement de léninistes. Dès ce mo­ment, ces derniers prirent le nom de bolche­viks » ou majoritaires, tandis que les marteauvistes passaient à l'opposition sous l'appellation de mencheviks » ou minoritaires.

Or, à cette époque, aucune divergence de principe ne séparait encore ces deux groupes qui appartenaient à la gauche » du parti socialiste russe. Le programme, établi par le congrès de Londres, avait été rédigé avec la collaboration de ses deux chefs : Lénine et Martov. Ce document était fort modéré et ne contenait rien de spécifiquement collectiviste. Il y était question d'une Chambre des députés, élue par le suffrage universel, de diverses ga­ranties pour tous les citoyens, de la liberté....

 

Il annonçait déjà que le prolétariat victorieux se débarrasserait de ses ennemis par des moyens « plébéens » lisez : les balles ou la guillotine. Nous sommes les jacobins du socialisme », disait-il encore, des bolcheviks. Nilartov, tout en partageant ces idées, n'avait pas la même envergure ; éternel­lement ballottés entre leurs principes et leur conscience, les mencheviks étaient condamnés à une existence de plus en plus effacée, en marge de tous les régimes et de tous les principes. Plus à gauche que les socialistes-révolutionnaires, ils se laissèrent pourtant dominer par ces derniers au début de la révolution de 1917, ne surent pas s'opposer à la mainmise de Lénine et finirent par disparaître en fumée de l'horizon politique de la Russie.

 

L’équipe Lénine est finie

Tout comme les états à régime parle­mentaire, la Russie soviétique vient d'avoir, elle aussi, sa crise ministérielle. Du reste, cette crise couvait depuis long­temps ; la dictature de Staline était loin de plaire aux grands chefs du bolchevis­me, vétérans chevronnés des grandes lut­tes politiques et nouveaux venus aux am­bitions démesurées. Ils ne supportaient qu'avec impatience l'arrogance de ce Géorgien, que Lénine lui-même avait qua­lifié, dans son célèbre testament, d'indi­vidu ignorant, grossier et borné, en re­commandant à ses successeurs de ne ja­mais lui confier aucun poste important et responsable.

Pourtant, Staline, s'appuyant sur la Guépéou semblait invulnérable ; une ma­jorité terrorisée lui était toute acquise, tant dans le Comité Central Exécutif de L’U.R. S. S. que dans le Politbureau. Aussi fut-il décidé de s'en débarrasser à l'Orientale, en amorçant une dispute qui se terminerait par quelques coups de feu le tout étouffé entre les quatre murs du bureau de Staline. Une fois le dictateur mort, on désignerait un autre secrétaire général du Politbureau et le jeu des institutions soviétiques reprendrait son cours normal... jusqu'à nouvel ordre.

Pour bien comprendre la signification des derniers événements, il faut se rappe­ler que l'Union des Républiques socialis­tes soviétiques, ou l'U.R.S.S., est compo­sée de plusieurs républiques, dont la plus importante est la république russe ou R. S. F. S. P. D'après la constitution so­viétique, chacun de ces Etats a son pro­pre conseil des commissaires du peuple; la fédération elle-même est gouvernée par un conseil central, le Sovnarkom de l'U. R. S. S. présidé par Rykov. …..

Alexis Ivanovitch Rykov, dit Alexis >, dit Rojkov, dit Vlassov, dit le Bègue, dit Vassili, dit Sevostian, né en 1881, avait fait un peu tous les métiers, mais surtout celui de conspirateur……..il organise avec Lénine une école de préparation bolcheviste à Long­jumeau. De retour en Russie, il se lance dans une active propagande révolution­naire et se fait pincer par les gendarmes en février 1910 ; ………….beaucoup plus enclin au so­cialisme doré qu'au bolchevisme, Rykov ne suivit Lénine que sous l'influence du terrible ascendant que ce dernier exer­çait sur les natures faibles. Il subit plus tard Staline, comme il avait subi Lénine, mais avec moins de patience et plus de palinodie.

Quoi qu'il en soit, avec Rykov dispa­raît l'un des derniers grands lieutenants de Lénine. Sverdlov assommé par les ou­vriers, Dzerzinsky mort, Trotzky, Zinoviev, Kamenev, Radek écartés définitive­ment par Staline, Lounatcharsky réduit à des rôles de troisième ordre, il ne reste plus guère de la grande équipe que Meer Enoch, Moiseevitch…..

 

Et pendant ce temps : le bonheur soviétique disponible à porté de mains

 

Leningrad

Choses vues en Russie

Belostroff est la gare frontière qui sépare la Finlande de l'U.R.S.S. Tout le monde des­cend avec ses bagages. On passe à, la doua­ne, où toutes les Valises sont ouvertes et minutieusement visitées. Les livres surtout retiennent l'attention des douaniers un de mes amis, qui a pris avec lui un livre con­tenant une étude sur les paysages et les coutumes de la Russie d'avant-guerre, voit le livre confisqué..

La visite des passeports s'effectue sans dif­ficulté. Nous donnons comme référence le nom de la personne ou de l'organisation que nous allons voir en U.R.S.S. Sans être ainsi recommandé, il est très difficile à quiconque de pénétrer sur le sol où règne la dictature du prolétariat.

……..au fur et à mesure qu'on approche de Leningrad, on traverse des agglomérations de plus en plus denses, de pauvres petites maisons sales, délabrées, mal entretenues, misérables, nids à épidémies, à idées tristes.

 

……..Le cabinet de toilette est muni d’une baignoire et d'un appareil à douche. Nous es­sayons de faire couler de l'eau chaude en tournant à fond le robinet désigné. Peine inutile ! Nous recevons sur le corps une eau glacée tombant, non en pomme d'arrosoir, mais en unique filet !

Le restaurant est tout en haut de l'hôtel, sur le toit, sur une terrasse entourée de vitres. Quelques étrangers sont  attablés, quelques plantes vertes, un petit orchestre de trois exécutants.

Lés  nappes ont quelques trous apparents. La cuisine russe, excellente, très copieuse.

Très bons vins de Crimée etc. Les garçons, en veston blanc et pantalon noir, servent correctement- On nous présente l'ad­dition : 8 roubles par personne, soit 100 francs français...

Le lendemain, nous allons à l'Opéra de Leningrad, le Théâtre Académique d'opéra et de ballet, Voir jouer Le Pavot rouge. Le théâtre est plein de monde. Pièce avec bal­let sans grand intérêt, sujet politique à pro­pagande tendancieuse. Beaucoup d'agitation sur la scène, peu de rôles bien joués, danses exécutées de façon moyenne, décors et cos­tumes pauvres.

Après la représentation, à la sortie des artistes, toutes les petites danseuses, sordi­dement vêtues, s'en vont rapidement, sans entrain, sans gaieté, sans un sourire.

Comment, semblable tristesse a-t-elle pu s'emparer d'une ville aussi belle ?

 

Il y a à peine quelques heures que je suis à Leningrad, je n'ai pas encore eu le temps de réfléchir, de coordonner mes observa­tions, je n'ai subi que des impressions ; et cependant, j'ai le cœur serré, je ne sais pourquoi, au milieu de toute cette population, masse grise et confuse, au milieu de laquelle ne tranche aucune couleur, aucun sourire.

Je pense aux débuts de la guerre, aux arrivées de réfugiés fuyant, devant la ruée ennemie. C'est le même air lamentable et insensible, triste et stoïque, de gens qui ont tellement souffert qu'ils se consolent inté­rieurement à la pensée qu'ils ont souffert et supporté le maximum. Pauvre Russie

Pourtant, on croise à tout moment, dans les rues, des hommes à la figure fraîche et pleine, très confortablement habillés. Ce sont les soldats de l’Armée Rouge....

 

Près de l’unique hôtel où descendent, les étrangers à Leningrad, des femmes portant leurs gosses demandent l'aumône avec insistance.

Le long des maisons, le long des trottoirs, des hommes, des femmes interpellent les passants, en leur tenant une grande, conver­sation, pour leur vendre, les uns des fruits, les autres des bibelots, d'autres enfin des soutien-gorge, que sais-je encore ? Ils sont prêts à tout marchandage : Tovaritch, 30 kopeks, la poire. — Non: 25 kopeks ?... 20 kopeks. 2» — Je paie ; la poire est déli­cieuse, juteuse. .

Nous nous écartons du centre de la ville pour aller dans les quartiers avoisinants. Le même état de désolation, de manque d'entretien.

Devant des magasins d'alimentation, des femmes, leurs bébés sur les bras, font la queue pour recevoir, après une longue at­tente, le fond d'une tasse de lait. On ne trouve pas de beurre, pas de sucre. Les figu­res sont résignées, aucune récrimination ne s'élève.

 

Textes sélectionnés et mis en forme par

 

Jean Aikhenbaum

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:51

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