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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 09:36

L’INDUSTRIE DU TABAC

 

...au banc des accusés

 

Depuis que les juges des états du Mississipi et de Floride ont accepté d’entamer une procédure contre les fabricants de cigarettes, de nouveaux fronts anti-tabac se sont ouverts.

L’accusation est grave, les  Croisés anti-tabac accusent  l’industrie de ne pas avoir prévenu les fumeurs que la nicotine créait une dépendance. Soixante bureaux d’avocats ont introduit une plainte auprès des tribunaux de la Nouvelle-Orléans. Jusqu’à présent, l’industrie du tabac a dû faire face à de nombreux procès, mais jamais les protestations n’ont atteint ce point, et jamais les fumeurs repentis ou les victimes du tabac n’avaient osé se grouper pour exiger des compensations financières.

L’argument de la défense consistait simplement à affirmer que les victimes connaissaient le risque couru en commençant à fumer. Il faut dire que les indemnités demandées à R.J. Reynolds et à Philip Morris (les deux principaux fabricants américains) s’élèvent (rien que pour l’état de Floride) à 7,3 milliards de francs pour les frais que la Santé publique a dépensés pour rembourser les fumeurs sans ressources en 1989 et 1995. Le gouverneur de Floride, Lawton Chiles, considère ce procès comme la première étape vers l’interdiction définitive du tabac.

 

...fait l’objet d’une enquête criminelle

 

Suspectée d’avoir dissimulé des preuves, le Bureau du procureur de New York vient d’ouvrir une enquête criminelle contre Philip Morris. Elle permettra de vérifier si cette entreprise a caché des études sur les effets exercés par le tabac sur le cerveau et sur le comportement des fumeurs. C’est du moins ce qui semble ressortir de divers documents en possession du New York Times.  Cette ouverture d’enquête a mis en état d’alerte toute l’industrie américaine du tabac. Première conséquence, la Bourse a enregistré un net recul sur les actions des entreprises de ce secteur.

Mais plus grave encore, la «Food and Drug Administration» (la plus haute autorité en matière de santés aux USA), a publié au mois d’août 95 une étude où, pour la première fois, elle classait la nicotine au rang de drogue.

L’industrie du tabac aura donc ? dans les années à venir, à faire front à de très nombreux procès non seulement de victimes, mais également des Pouvoirs Publics de certains pays qui se porteront partie civile, et demanderont le remboursement des sommes que les organismes de Sécurité Sociale ont du verser à leurs cotisants ayant subi les méfaits du tabac.

En 2006, la Cour suprême de Floride a confirmé l’annulation de  fabricants de tabac à payer à des fumeurs la somme astronomique de 145 milliards de dollars.
 
La Cour suprême de Floride a estimé que la somme demandée était "trop élevée" et de nature à provoquer la faillite des fabricants de cigarettes..

 

Historique de la répression

 

Les mesures répressives contre le tabac commencèrent en 1618, au Japon. Puis Jacques Premier jette l’anathème sur le tabac. Il interdit sa culture en Angleterre et écrit un ouvrage «Misocapnos» pour combattre cette plante. Henri VIII d’Angleterre punit par le fouet les fumeurs. La reine Elisabeth Première (La Grande) confisque les pipes et les tabatières. Fumer était interdit à New York. Le pape Urbain VII pratique l’excommunication contre les prêtres et les fidèles qui fumeraient, priseraient ou chiqueraient à l’église. Le tsar ordonne de couper le nez aux fumeurs, et si cet «avertissement» ne suffit pas, de décapiter à la hache les amateurs de «l’herbe de l’ambassadeur».

Certaines interdictions ont eu, bien évidemment, un caractère économique. Au XVIIe siècle, pour tirer profit de la spéculation de cette plante, le gouvernement français interdit la culture du tabac sur notre territoire afin de la favoriser aux colonies.

 

 

Peut-on défendre le tabac ?

 

Quels arguments peut-on utiliser ? Pour certains, la formidable histoire de cette plante est l’un des grands arguments qui plaide en sa faveur. L’histoire et les origines du tabac semblent être toujours obscures. Il est évident que les indiens la récoltaient à l’état sauvage. Presque toutes les espèces de tabac sont des plantes nitrophiles (aimant d’azote), ayant besoin d’un terrain riche en humus. Il est probable que les tabacs sauvages ont commencé à croître comme des mauvaises herbes au bord des habitations. Ce qui fait dire «que c’est le tabac qui cherchait l’homme et non le contraire». Et comme la variété de ces «mauvaises herbes» est très riche, l’homme en a rapidement connu plusieurs espèces.

Jusqu’à maintenant, les indiens d’Amérique du Nord utilisent neuf espèces de «Nicotiana». Rodrigo de Jerez et Luis de Torrès, deux membres de l’équipe de Christophe Colomb, sont les premiers européens qui en ont goûté. Bien évidemment, avant l’arrivée du tabac, les Européens avaient déjà l’habitude de fumer, mais il est difficile de connaître les espèces consommées. Il s’agissait peut-être de chanvre ou d’armoise. En Corse, on fumait une solanée proche du pétunia.

Pour certains historiens, l’arrivée du tabac changea notre civilisation. Ils estiment que cet événement nous a fait sortir du Moyen Age pour entrer dans une «nouvelle ère». La France a connu le tabac grâce à deux personnages : André Thévet, qui fut le premier à le cultiver dans la région d’Angoulême, et l’ambassadeur Jean Nicot, qui en adressa des semences à la reine de France pour lutter contre les migraines de la souveraine.

 

Le tabac ne fut pas seul à être importé

 

L’histoire de cette plante est riche en épisodes toujours très peu connus.

Qui est capable de dire combien d’espèces d’insectes ou de microbes sont arrivés en Europe avec le tabac ? Grâce aux études d’Antoine Grouvelle, directeur de la Manufacture des tabacs au siècle dernier, nous savons qu’avec le tabac on a «importé» un grand nombre d’insectes exotiques. Il a réussi à en détecter plus de quatre-vingt espèces provenant du Brésil, de Sumatre et du Mexique !

 

Du tabac pour les Dieux...

 

Dès le début de son histoire, le tabac fut traité comme une plante exceptionnelle, magique et médicinale.

Pour les Aztèques, il était l’incarnation de la déesse Cihuacoatl. Pour lui rendre hommage, ils brûlaient devant son autel des feuilles de tabac, car ils étaient persuadés que par ce rituel la déesse accorderait une féconde procréation. Les prêtres et les guérisseurs portaient une gourde de tabac attachée à la ceinture, car cette plante entrait en jeu dans toutes les médications magiques comme remède contre les rhumes, les rhumatismes, les fièvres, les morsures de serpent.

Les Mayas croyaient, eux aussi, au pouvoir surnaturel du tabac qu’ils brûlaient et fumaient.

les Incas prisaient le tabac pour se décharger le cerveau. Peut-être est-ce pour cette raison que les Espagnols lui donnèrent le nom de «herbe savante ?

Au Brésil, le tabac fait partie de certaines pratiques chamanistiques. D’après les croyances indigènes, il permet de chasser les esprits malfaisants et de soigner toutes les maladies.

 

... et pour se soigner

 

Dès son arrivée en Europe, les médecins portugais le traitent comme une vraie panacée. Les savants et les professeurs de la célèbre université de Salamanque publient une longue liste de maladies qu’il guérit.

En France, Ambroise Paré l’appelle «herbe catherinaire», ainsi nommée à la gloire de la reine Catherine de Médicis qui l’utilisait pour combattre ses troubles neurologiques. Se soigner par le tabac avait alors beaucoup de succès. Et les historiens de la médecine se sont longtemps posé des questions sur ses vertus. Il ne faut pas oublier que c’est une plante riche en alcaloïdes, dont l’action thérapeutique ne peut être exclue. D’autre part, on sait que certaines thérapies sont souvent plus nuisibles que la maladie elle-même. Alors on peut considérer que l’effet bénéfique de cette plante consistait à la limitation ou à la suppression des autres pratiques médicinales...

 

 jusqu’à nos jours

 

Même de nos jours, le tabac trouve d’ardents défenseurs. Le Dr William Whitby, médecin américain, prétend dans son livre «Vive le tabac» que toute l’action antitabac est basée sur la supercherie. D’après ses observations, le fumée apaise la toux. Il cite également les recherches du Pr G.N. Schnauzer, de l’Université de San Diego, confirmant «que certains composants de la cigarette agissent de façon anticancérigène». Le gouvernement américain ne voulait pas divulguer la conclusion du fameux rapport Framingham qui affirmait «que la fumée immunisait contre le cancer du gros intestin». Enfin, d’après le Dr Whitby, «les cigarettes peuvent avoir un effet bénéfique sur les maladies cardiaques, car elles soulagent la tension nerveuse». Le tabac agit également sur la sécrétion surabondante d’adrénaline et indirectement il diminue le taux élevé de cholestérol et les risques de maladies cardiaques.

Les fumeurs, en allégeant leur tension grâce à la cigarette, échappent à l’infarctus (sic). Dans sa propre pratique, Whitby observa un cas de patient qui cessa de fumer et qui, immédiatement, souffrit de colite. Après avoir recommencé à fumer, la colite se calma. D’ailleurs, le British Medical Journal confirma «que certaines formes de colites sont plus fréquentes chez les non-fumeurs». Un autre effet des cigarettes consiste à combattre l’obésité. Le tabac agit sur les maladies nerveuses. La nicotine diminue la tension chez les inquiets et facilite la concentration en période de stress. La cigarette répond à un besoin pour les sujets sensibles aux chocs émotionnels. Le Dr Whitby souligne également «que les nations et les peuplades connues pour leur longévité (tels les habitants du Caucase) appartiennent depuis des millénaires aux civilisations de fumeurs».

Nous avons retrouvé un document concernant l’effet anti-asthmatique des cigarettes de belladone, de jusquiame et de stramoine, trois plantes de la même famille que le tabac. Ces cigarettes étaient considérées par Trousseau comme «presque miraculeuses», et elles étaient consommées il n’y a pas encore bien longtemps en France. l’auteur de cette recherche confirme que «le fait de fumer ces cigarettes a un effet calmant sur les crises d’asthme». On explique cette action par l’effet sur le taux d’acétylocholine.

Le tabac est aussi un «cobaye» pour les recherches de biotechnologie sur les plantes. La forte quantité de protéines semble séduire certains chercheurs et politiciens qui veulent le convertir en... ressource alimentaire.

 

 

NOTE AUX LECTEURS :

 

L’utilisation du tabac comme moyen thérapeutique ne peut évidemment se faire que de façon occasionnelle, très limitée dans le temps. Nous signalons que le tabac que nous consommons à l’heure actuelle est nocif de par son mode de culture et par les additifs qu’il contient. Il n’est donc d’aucune utilité en thérapie. Seuls peuvent être utilisés des tabacs non traités chimiquement, non édulcorés, séchés de façon traditionnelle et ne comportant aucun ajouts.

Il n’en existe pas à notre connaissance sur le marché européen.

 

 

DE L’USAGE DE LA NOCIVITE THERAPEUTIQUE DU TABAC...

 

 

La connaissance de la nocivité du tabac n’est pas une nouveauté. Citons l’excellent ouvrage d’Auguste Chevalier sur les origines du tabac :

«On rapporte qu’à la fin du XVIIe siècle, une thèse fut présentée à la Faculté de médecine de Paris par un nommé Claude Berger, bachelier en médecine. La question posée était de savoir si l’usage fréquent du tabac abrégeait la vie. Et la thèse concluait qu’effectivement il l’abrégeait. Une telle assertion risquait de causer un grand préjudice à la ferme des tabacs qui constituait une importante ressource pour le roi : le signataire de la thèse se montra lui-même un adversaire ardent du tabac, mais son nez n’était pas d’accord avec sa bouche, car on remarqua que pendant tout le temps de la soutenance, il eût toujours la tabatière à la main et ne cessa pas de prendre du tabac !».

L’histoire de cette plante fut marquée, dès son implantation en France, par la dualité de la politique d’état, qui tire d’énormes profits de son commerce. De l’autre, c’est l’interdiction ou la limitation de son usage «dans l’intérêt des citoyens». Comme on peut le constater, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’Administration s’occupe de notre santé !

Piotr Daszkiewicz

Jean Aikhenbaum

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 16:22

 

 

TABAGISME : POUR ROMPRE LA DEPENDANCE

 

(Réussir votre Santé 1996)

 

 

 

 

Le procès du tabac n’est plus à faire. Ses méfaits, comme ceux de l’alcool, sont évidents et soulignés tant par les Pouvoirs Publics que par les instances médicales, ce qui n’est pas encore le cas pour d’autres nuisances (comme l’alimentation industrielle, par exemple).

 

 

La dépendance au tabac est tout d’abord psychologique, un automatisme ou un moyen illusoire de faire face à des difficultés. Mais on l’associe tout autant aux moments agréablement de l’existence.

La dépendance est également (et surtout) physique, car la nicotine est une drogue qui a la particularité d’annihiler la volonté, et qui peut provoquer des troubles divers en cas de sevrage : irritabilité, nervosité, anxiété, insomnie, perte de mémoire, maux de tête, boulimie etc.

 

Le tabac laisse un sentiment de défaite, et entrave le bon fonctionnement intellectuel.

 

Fumer c’est aussi gêner autrui, polluer. Le tabac est également responsable d’accidents et d’incendies.

La lutte anti-tabac ne date pas d’hier. Déjà au siècle passé, ce phénomène inquiétait, alors qu’il n’avait pas l’ampleur actuelle. L’Association française contre l’abus du tabac a vu le jour en 11 juillet 1868. En 1872, elle devint l’Association française contre l’usage du tabac et des boissons alcoolisées, puisque les nuisances sont accrues lorsque les deux drogues sont associées. En 1939, elle se transforma et devint la Ligue contre le tabac, pour faire place en 1968 au Comité national contre le tabagisme, tel que nous le connaissons actuellement.

Ce n’est qu’en 1972 que l’Académie de médecine lance enfin un cri d’alarme, qui permettra la prise de conscience réelle du problème, grâce notamment à la position de madame Simone Veil.

Avec l’avènement de la pilule contraceptive et la mode des femmes libérées qui fument, les risques cardiovasculaires se sont multipliés par environ 22 chez  ces dernières.

 

Historique

 

En 1492, Christophe Colomb découvre l’ Amérique ... et le tabac !

Les Indiens des Caraïbes le fume alors sous forme de feuilles séchées et roulées.

Il fut  introduit en Europe par les Espagnols. C’est alors que Jean Nicot (a qui l’on attribue à tort la découverte du tabac), ambassadeur à Lisbonne, en envoie à Catherine de Médicis vers 1560. La vogue et la consommation du tabac croît peu à peu, et l’on compose même l’une des plus célèbres chanson populaire... «J’ai du bon tabac». Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que l’on prend conscience des méfait du «bon tabac», plus si bon que ça !

 

1995 : cinq siècles plus tard...

 

Le tabac est entré dans nos mœurs, lentement, certes, mais il est bien ancré, et il sera très difficile de ne plus voir les gens avec la cigarette aux lèvres. En nous faisant l’avocat du diable, nous dirons même que cela sera impossible avant de nombreuses décennies, voire plus.

Un monde sans tabac paraît une utopie quand on sait le nombre de personnes qui sont employées à l’exploitation du tabac - de sa plantation à son conditionnement -, et les profits que tirent les gouvernements de sa commercialisation. Ce manque à gagner pour le budget de l’état serait obligatoirement récupéré sous une autre forme d’impôt. La disparition de la consommation du tabac créerait de nouveaux chômeurs (environ 200 000). Ces deux considérations suffisent à elles seules à conforter les tenants du tabagisme dans leurs positions. Il y a d’énormes intérêts en jeu et le pouvoir de l’argent, nous le savons bien, n’est pas un vain mot dans notre société de profits. De plus, soyons réalistes, le tabagisme est devenu une seconde nature pour beaucoup. Ce ne sera pas par un tour de passe-passe, par des cris d’alarme... ni avec des lois restrictives et répressives que l’on fera disparaître cette drogue, qui tue pourtant trop de monde chaque année.

Malgré tout, il en est parmi nous qui ont pris conscience des nuisances de la cigarette et ils voudraient bien rompre la dépendance. Mais il est facile de dire «qu’il faut s’arrêter». Le plus difficile est «de le faire». C’est tout d’abord une question de réelle motivation qui est la clé de la réussite. Prendre cette décision est probablement l’aboutissement d’un long processus de réflexion, face à d’éventuels échecs qui doivent être considérés comme des expériences permettant de ne pas refaire les mêmes erreurs. Si la motivation n’est pas très forte, les chances de réussite seront bien faibles.

 

Un monde sans tabac :

une chimère ?

 

Une chimère pour certains, une réalité pour d’autres. Mais sa réalisation ne sera pas aussi rapide que le souhaiteraient les adversaires du tabagisme et les responsables des services de santé qui s’élèvent chaque jour contre ce fléau. Pour que le tabagisme disparaisse de nos mœurs, cela nécessite une prise de conscience des «intoxiqués», qui devront se défaire d’une dangereuse habitude. Ce sera difficile pour la majorité, presque dramatique pour d’autres. Mais les habitués de la cigarette ne sont pas seuls en cause et ce ne sont pas eux que les campagnes préventives anti-tabagiques doivent cibler en priorité. Des campagnes médiatiques (presse, radio, télévision) ont été déclenchées pour inciter les gens à moins fumer. Puis des lois ont été votées, interdisant de fumer dans les lieux publics

 

Parallèlement, le gouvernement «toujours prêt à prendre parti pour la bonne cause» augmente régulièrement le prix du tabac sous prétexte de dissuader les fumeurs. Mais, tout le monde le sait à part les naïfs, que cette hausse de prix n’a en rien réduit la consommation du tabac : le fumeur intoxiqué se privera d’autre chose pour acheter son tabac. Cette hausse des prix a, par contre, donné naissance à la reprise de la contrebande des cigarettes, telle que nous l’avons connue dans les années 45/50, après la Seconde Guerre mondiale. On a même vu récemment des transporteurs de cigarettes se faire agresser et dévaliser sur la route, dans la pure tradition des bandits de grands chemins.

 

En fait, dès qu’il s’agit de la Santé publique, l’Etat laisse faire. Et la raison en est simple : cela est, de fait, un impôt sur lequel personne ne rechigne.

Ici et là, des voix s’élèvent, des gens s’insurgent, des comités se forment. Mais c’est exactement comme si on prêchait dans le désert. Les fumeurs qui ne sont pas motivés pour cesser de fumer haussent les épaules avec dédain, et les jeunes qu’on pourrait espérer sensibiliser voient dans ces mises en garde des radotages de vieux... qui veulent entravr leur liberté.

 

Les pathologies

engendrées par le tabac

 

Le tabac est-il l’unique responsable de l’accroissement de certaines pathologies dégénératives ? Peut-être. Mais dans son ouvrage publié aux éditions Trédaniel, William Dufty dans «Sugar Blues» («Le sucre, cet ami qui vous veut du mal») révèle que du sucre sous forme de mélasse est ajouté au tabac, dans des pourcentages allant de 5 à 20 %.  Pour cet auteur, l’adjonction du sucre dans le tabac est l’une des principales causes de l’augmentation des cancers des organes en contact direct avec la fumée (langue, larynx, poumons). D’autres organes peuvent être également touchés (le colon, la vessie, les seins...). D’une manière générale, il facilite la carcinogenèse. Pour appuyer sa démonstration, il a comparé les statistiques de décès occasionnés par ce type de pathologie, et en est arrivé à la conclusion que plus le tabac contient de sucre, plus il est dangereux.

Ses conclusions peuvent même laisser perplexe. En effet, l’Angleterre et le Pays-de-Galle ont les taux de cancer du poumon les plus élevés du monde, car leurs cigarettes contiennent jusqu’à 17% de sucre. En Russie, en Chine, où les cigarettes sont proches de l’espèce qu’utilisaient les Indiens, ce taux est beaucoup plus faible. Les cigarettes chinoises contiennent également peu de nicotine et de goudron.

Des chercheurs londoniens soulignent que l’on avait cru à tort que «dix ans après avoir abandonné le tabac, le risque de contracter un cancer du poumon était identique chez l’ancien fumeur, que chez les individus qui n’avaient jamais touché une cigarette». De fait, ce risque diminuait bel et bien, mais il est toujours supérieur chez l’ancien fumeur que chez le non-fumeur. Réalisée sur 274 patients, l’étude a démontré que 55% des patients étaient des fumeurs, 38% des ex-fumeurs, et seul 2% étaient des non-fumeurs. Selon la British Thoracic Sociéty, «les fumeurs ne doivent pas penser qu’ils peuvent impunément fumer jusqu’à l’âge de 40 ans et qu’il suffit de mettre fin à leur dépendance. Le risque demeure, c’est évident, et ne disparaît jamais totalement.»

Chez la femme enceinte, c’est nuire au fœtus, prédisposer l’enfant aux pathologies respiratoires, et en faire également un futur fumeur potentiel. La durée de la grossesse diminue, le bébé est plus petit à la naissance, et le système nerveux de l’enfant s’en trouve perturbé.

 

 

Le tabac fait vieillir

 

Physiquement, il exerce une action sur les voies respiratoires, le cœur, la peau, le sang, les systèmes digestif et urogénital, les organes des sens. Il est également un inhibiteur et un destructeur de la vitamine C.

De plus, il est reconnu que les cancers du sein et de l’utérus sont les principales menaces sur la santé de la femme.

«Les femmes qui fument après 65 ans deviennent plus faibles et moins agiles que celles qui n’ont jamais touché une cigarette», révèle une étude américaine. Des différences notables sont apparues entre fumeuses et non fumeuses. Pour ce spécialiste, la différence s’explique par les problèmes cardiovasculaires rencontrés lorsqu’on fume.

Une autre étude anglaise révèle que «le tabac peut provoquer une épidémie chez les fumeuses, véritable «épée de Damoclès» suspendue au-dessus de la tête des femmes». Selon le professeur Kay-Tee Khaw, «le tabac est la principale cause prévisible des maladies coronariennes, qui, jusqu’à présent, touchaient surtout les hommes. Mais la tendance actuelle fait que les jeunes filles fument plus que leurs aînées». L’étude du Professeur Khaw, qui sera publiée dans le Britain’s National Forum Heart Disease, cherchera à sensibiliser l’opinion publique sur les problèmes coronariens féminins.

 

Le risque cardiaque

est multiplié par 6

 

«Chez les jeunes, le risque est beaucoup plus grand qu’on ne l’imagine». C’est l’affirmation qu’on fait certains chercheurs britanniques, pour ce type de pathologie. Le risque est d’autant plus grand que le fumeur est jeune. Quant aux cigarettes pauvres en goudron, elles ne diminuent pas pour autant le risque : chez les moins de 60 ans, le tabac est responsable de 70% des crises. Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est qu’elle fait ressortir que le fait d’arrêter de fumer diminue le risque, pour devenir au bout de cinq ans comparable à celui d’un non-fumeur (Rory Collins. Article publié par le British Medical Journal).

 

Diabète et tabac

 

«Fumer un paquet de cigarettes par jour multiplie par deux le risque de souffrir de diabète, tandis que la consommation modérée d’alcool le réduit». C’est ce qu’affirme une étude américaine  faite par l’ Ecole de santé publique d’ Harvard, qui démontre qu’une personne qui fume entre 15 et 25 cigarettes par jour a deux fois plus de risque d’être diabétique. Mais si cette personne arrête de fumer, ce risque diminue (mais il reste environ 30% supérieur que chez un non-fumeur).

 

 

Tabac et impuissance

 

Le tabac a des effets désastreux sur le système respiratoire et sur le cœur, mais il serait également responsable de l’impuissance sexuelle, parmi la population d’hommes jeunes, qui souffrent de problèmes d’érection. Une étude réalisée sur des hommes souffrant d’impuissance, ou de difficultés d’érection a révélé que 81% d’entre eux fumaient. Chez les jeunes gens, les lésions occasionnées par le tabac peuvent disparaître s’ils cessent de fumer. La nicotine affecte également le système nerveux central. Les neurones «dopaminergines», qui peuvent jouer un rôle important dans le processus de l’érection, sont les cibles favorites de la nicotine.

Ces statistiques sont confirmées par une enquête américaine, qui montre que chez les fumeurs  de 31 à 49 ans, on rencontre des cas d’impuissance chez 3,7%  d’entre eux, alors que chez une même population de non-fumeurs ce pourcentage est de 2,2% (Dr Robert J. Krane, chef du département d’urologie du Medical Center de l’Université de Boston).

 

 

Quand les parents fument...

 

... pas de problème, les enfants en profitent aussi !

Une étude publiée aux USA laisse entendre que les bébés, dont les parents fument, courent un risque plus élevé d’être victime de «la mort subite du nourrisson». Cette étude fait également ressortir que la fumée de cigarette affecte l’enfant même si la mère a cessé de fumer pendant la grossesse. Pour le Pr Théodore Slotkin, pharmocologue de l’Université de Duke (USA), la nicotine entrave la production des hormones stimulantes (l’adrénaline, par exemple) qui obligent le cœur et les poumons à fonctionner en cas de brève carence en oxygène.

 

Les non-fumeurs aussi

 

C’est bien connu, les non-fumeurs partagent les risques des fumeurs, d’autant que leur organisme n’est ni préparé, ni adapté à l’inhalation permanente de la fumée. C’est ce qu’affirme le Dr Stanton A. Glantz, professeur de médecine à l’université de San Francisco. Pour ce chercheur, «le tabac est plus nocif que chez le fumeur. Le risque cardiaque est multiplié par 2 ou par 3 chez les non-fumeurs lorsqu’ils inhalent de façon régulière les fumées du tabac». Aux USA, près de 17 000 fumeurs passifs meurent chaque année, et 150 000 autres souffrent de maladies coronariennes.

 

 

TABAC ET SCHIZOPHRENIE

 

 

Chez les schizophrènes, le tabagisme est très élevé (de l’ordre de 90 %, soit deux fois plus que chez les patients atteints d’autres troubles mentaux). Ils sont, en général, de très gros fumeurs, ce qui mettrait en évidence les effets psychotropes de la nicotine, et expliquerait la dépendance au tabagisme des personnes atteintes par cette pathologie. La nicotine modifie, en administration aigue, la neurotransmission dopaminergique dans le système mésolimbiques. Elle pourrait donc stimuler un déficit dopaminergique du cortex 

 

 

Tabac : nuisances en vrac

 

 

Le tabac à chiquer consommé par de nombreux adolescents libère une grande quantité de nicotine dans le sang, du fait des modifications apportées par les fabricants. Une étude publiée par «Tobacco Control» (aux USA) révèle qu’ils n’hésitent pas à «manipuler» le tabac pour accroître son pouvoir d’accoutumance. Les résultats de ces recherches indiquent que le tabac acide libère beaucoup plus lentement la nicotine dans le sang que le tabac alcalin. Les dernières données de la «Sweedish Tobacco Co» soulignent que l’industrie ajoute des quantités de plus en plus grandes de substances chimiques pour augmenter l’alcalinité des cigarettes.

Fumer coûte cher

 

Consommer du tabac, c’est aussi faire des dépenses inutiles, payer des impôts supplémentaires tout en nuisant à sa santé et en accroissant le déficit de la Sécurité Sociale.

A l’heure actuelle la population mondiale de fumeurs est de 1,1 milliard. 

Près de 300 millions d’entre eux vivent dans les pays développés (200 millions sont des hommes, et 100 millions des femmes).

Une étude britannique fait ressortir que le tabac peut être nocif de vingt-quatre manières différentes; qu’il augmente les risques de suicide, d’homicides et d’accidents divers.

«Fumer coûte plus cher qu’on ne le croît», tel est également le slogan choisit par l’OMS lors de la Journée mondiale sans tabac, qui s’est tenue à Vancouver le 31 mai dernier. Cette habitude tue actuellement six personnes toutes les minutes, et si la tendance actuelle se maintient d’ici à l’an 2020,  l’herbe à Nicot aura fauché 10 millions de personnes.

 

     

Cigarettes light... pas aussi anodines

 

 

 

«La publicité qui affirme qu’un tabac pauvre en nicotine et en goudron est moins préjudiciable que le tabac normal est trompeuse», a conclu une commission d’experts américains. Ses membres exigent du gouvernement qu’ils révisent toutes les mises en garde apposées sur les paquets de cigarettes. Pour le Dr Harold Freeman, la quantité de tabac que l’on fume est plus important que la qualité. Tous ces experts recommandent aux Pouvoirs Publics américains d’imposer trois informations supplémentaires sur les paquets de cigarettes :

 

- La quantité maximale de goudron et de nicotine ingérée  par bouffée,

 

- La description des agents cancérigènes,

- Une mise en garde indiquant clairement que le tabac light est aussi nocif que le tabac normal.

Jean Aikhenbaum

Piotr Daszkiewicz

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 09:39

 (article publié dans le n° 8 de réussir votre Santé – septembre 1994)

 

 

  Par Francis Moury

 

"Il a fallu bien du temps, du moins, pour que la science médicale se dégageât de la magie religieuse, comme l'astronomie de l'astrologie, la chimie de l'alchimie. (...)

C'est après la grande peste d' Athènes, dans les dernières décades du Vème siècle, que le dieu Asclépios, éclipsant le héros-médecin pour monopoliser les pratiques des dieux " secourables " s'était installé au pied de l'Acropole, d'abord à l'Ouest dans la maison de Sophocle, puis au Sud, à l'ombre du mur de Cimon, sous la caution d' Éleusis. Zeus, disait-on, l'avait jadis foudroyé pour avoir su ressuscité les morts. Quelle recommandation professionnelle ! "

Charles PICARD, "La vie dans la Grèce classique", P.U.F. coll. "Que sais-je ?",8èmeédition, Paris

 

La technique médicale grecque n’est pas autonome. La médecine est d’abord un art donné aux hommes par les Dieux. Le diagnostic n’existe pas en tant que tel : le but de la médecine est uniquement thérapeutique. Les gestes pratiques permettant une trépanation, par exemple, était en usage chez les hommes préhistoriques, mais il semble qu’ils étaient pratiqués exclusivement par les prêtres (au sens primitif du terme), les rois et les chefs magiques. On sait qu’Hippocrate faisait partie de la famille des « Asclépiades » ou descendant d’Asclépios, Dieu de la médecine.

 

 

Asclépios lui-même avait été élevé par Chiron

célèbre centaure qui était fils de Cronos et

d'une fille de l'Océan. Chiron appartenait à la

même génération que Zeus et on le crédite

d'avoir élevé non seulement Asclépios mais

encore des personnages aussi fameux

qu'Achille, Jason et même le Dieu Apollon lui‑

même. Tous ont bénéficié de ses cours portant

sur la musique, la guerre, la morale, la chasse

et aussi la médecine. Ne raconte-t-on pas qu'il

aurait remplacé l'os brûle de la cheville de

l'enfant Achille par "un os prélevé sur la cheville

d'un géant" (Grimai, op. cit.) ?

 

 

On trouve donc à l'origine de la médecine une étrange ambivalence : l'art et les remèdes du médecin divin qu'était Asclépios proviennent non seulement de la sagesse et de l'esprit (personnifiés par :Athéna) mais aussi de sources magiques. L'attribut le plus connu d'Asclépios étant le serpent enroulé autour d'un bâton n'est pas autrement surprenant : le serpent est un être chtonien qui vit à la frontière de la surface ensoleillée et du sous-sol obscur de la terre, entre les morts et les vivants.

L'esprit grec, soucieux de séparer harmonieusement les diverses catégories de la réalité, traduit à sa façon le refus d'une confusion entre la vie et la mort par l'exécution d'Asclépios par Zeus. C'est bien la marque que la médecine ne doit pas s'approprier ce qui reste l'apanage du pouvoir sacré des Dieux : le droit d'accorder la vie ou la mort.

 

Outre cette éducation de Chiron, Asclépios avait reçu des mains d'Athéna le sang de Méduse, la plus terrible des Gorgones. Le sang issu des veines gauches du corps de Méduse était un redoutable poison tandis que celui issu des veines du côté droit était à ce point curatif qu'il pouvait rendre la vie aux morts.

Cependant, les autres attributs d'Asclépios, en compagnie desquels on le représente souvent sur les bas-reliefs ou les sculptures, sont les lauriers, les pommes de pin, et divers animaux familiers tels que chien, chèvre. Son visage est celui d'un homme bienveillant et barbu, pensif. A Epidaure, il exerce directement ses offres par l'intermédiaire des songes qu'il envoie à ceux qui le prient.

Il commence à ressembler au simple praticien expert en plantes médicinales, en décoctions (myrte, scille, mélilot, etc.) et aussi au chirurgien expérimenté dans la traumatologie et la pathologie militaire. Il faut d'ailleurs noter que Panacée, la déesse de la guérison universelle par les plantes, est une des filles d'Asclépios, tandis que Machaon et Podalirios, ses fils, sont les médecins des combattants de la guerre de Troie chez Homère.

D'Asclépios à Hippocrate, la route, comme la généalogie divine, est longue. La famille des Asclépiades centralise les connaissances empiriques transmises de père en fils et réunit une somme encyclopédique de connaissances néanmoins très défectueuses. Ce n'est qu'au Vème siècle av. J.-C.qu'Hippocrate crée une véritable pathologie, fondée sur l’observation et la causalité. A. Cos et à Epidaure, les charmes magiques et les formules, l’interprétation des songes sont des méthodes reconnues qui assistent le médecin.

 

On sait purger, poser des prothèses, guérir une plaie, appliquer des clystères et des ventouses, plomber les dents et soigner les yeux à l'aide de collyres. Les pharmacies permettent aux Athéniens d'acheter des racines et des plantes que le «pharmacopole" ou pharmacien se procure lui-même auprès d'un "rhyzotome", coupeur professionnel de racines. Le médecin prépare lui-même ou dirige la préparation des plantes dont il a besoin. Le temple d'Asclépios est concurrencé, si l’on peut dire, par de véritables hôpitaux que des villes comme Athènes mettent à la disposition de la collectivité. Les médecins sont salariés de l'Etat qui prend aussi à sa charge l'achat des médicaments. Il n'existe néanmoins aucun diplôme reconnu pouvant mettre un terme à l'industrie des charlatans et des guérisseurs. Les athéniennes préféraient dans l'ensemble, en cas de malaises ou de symptômes bénins, tels ceux que l'on constate après l'ivresse, recourir à la médecine appelée encore aujourd'hui "remèdes de bonnes femmes". De même l'accouchement est le domaine réservé des sages-femmes spécialisées.

 

Certains sophistes étaient aussi des médecins ambulants, pouvant d'ailleurs se fixer à l'occasion du passage d'un contrat avec une ville, pour la guérison des blessés après une bataille, tel celui passé entre une ville de Chypre et un médecin nommé Onasilos ou lorsqu'un tyran ou un roi les attache à leur patrie. La modernité d'Hippocrate, outre la méthodologie qu'il inaugure, est d'ordre moral puisqu'il invente la déontologie médicale. Mais l'anatomie étant peu développée, les opérations chirurgicales restent sommaires. Seuls les animaux sont disséqués. Il faut attendre l'époque hellénistique pour trouver mention des premières autopsies (celles de criminels condamnés à mort). Dès lors on découvre la circulation du sang (Hérophile de Chacédoine et Erasistrate d'Ioulis (à Céos).

Dans le domaine de la médecine sportive, il est certain que les anciens grecs disposaient d'une mine d'observations et d'une grande expérience. Les médecins savaient réduire les foulures, les fractures et les luxations et prescrire aux athlètes, avant comme pendant les olympiades, les régimes adaptés à une activité sportive.

 

Il faut attendre le premier siècle après J.C. pour voir apparaître une école systématique, celle de la médecine empirique. Mais Lucrèce, vulgarisateur d'Epicure né vers 98 av. J.C., au livre VI, vers 1087 et suivants de son "De Natura Rerum", assure que les germes sont à l'origine des épidémies et des maladies contagieuses. Il estime que le vent les transporte. La peste d'Athènes est un exemple des ravages causé par un de ces germes, une "nouveauté étrangère à nos habitudes et capable de s'attaquer brusquement à notre santé (traduction H. Clouard).

La médecine préventive, au sens ancien de "régime", était très développée. En effet, les philosophes grecs voulaient que homme fût en harmonie avec le monde où il vivait et considérait la maladie comme une dissonance au sens strict.

 

Seul un régime de vie, d'alimentation et sommeil approprié aux types de vie de chacun pouvait assurer à l’homme la santé et le bonheur. Le modèle animal est important aux yeux des anciens, car il permet déjà d'observer l'accord entre une créature et son milieu. De même, le mode végétal. C est pourquoi l'antiquité amoncelle les observations empruntées a ces deux règnes.

Pline l'Ancien accumule ainsi 18 volumes, sur les 160 que compte son œuvre, consacrés à l'histoire naturelle.

Aristote, à l'époque d'Hippocrate, rassemble également une masse de faits empruntés a ses prédécesseurs et a son expérience personnelle.

 

Si Lucrèce est atomiste et fait dépendre le corps de l'âme et réciproquement, en matérialiste psychologue, il définit la mort et la douleur par une liaison d'atomes. La médecine doit se transformer en physique pour opérer véritablement. Les médecins empiriques issus de l'Ecole de Cos. Héraclide de Tarente,

Philinos, Hérodote de Tarse, puis enfin Sextus Empiricus au IIIème siècle ap. J.C., sont tout aussi critiques que lui vis-à-vis de la magie et des Dieux, mais bien plus exigeants en matière méthodologique.

Le cas médical se subdivise en étapes nécessaires l'autopsie du mort ou l'observation du vivant,  l’histoire ou la documentation relative aux cas semblables ou aux antécédents du malade, l'inférence ou étiologie. La "séméiotique ou étude des signes distingue le diagnostic, la thérapeutique et le pronostic.

Chacune de ces étapes de l'acte médical doit tenir compte de l'étude complète du cas envisagé, y compris l'histoire psychologique du patient, l'histoire des cas semblables et leur comparaison. Le jugement rationnel, l'esprit critique, le sens de l'observation sont autant de qualités requises du médecin généraliste.

Sextus Empiricus, qui fut au Illeme siècle ap. J.C. le théoricien de cette école médicale, est en philosophie un disciple de Pyrrhon, chef de l'école sceptique. Il donna d'ailleurs un résumé célèbre des arguments sceptiques de son maître connu sous le nom d'"Hypotyposes pyrrhoniennes" dans lequel sont réfutées l'idée de causalité et d'évidence. La seule connaissance accessible réellement à l'homme n'est pas du ressort de la démonstration logique ou métaphysique, non plus de l'évidence, mais de l'observation des concomitances et des consécutions spatiales et temporelles. Par cette limitation philosophique du rôle du raisonnement, il poussa la médecine sur la voie du positivisme au sens scientiste de ce terme à la fin du XIXème siècle. Ce n'est pas logiquement que

l'on peut assurer que tel remède sera adapté à telle maladie, mais uniquement parce que l'on a souvent constaté qu'il fonctionnait bien dans ce cas précis.

Cet esprit transparaît naturellement dans les grands textes littéraires grecs et romains qui décrivent des maladies, des épidémies, humaines ou animales.

Virgile, dans les "Géorgiques" Il, 470 et suivants, traité poétique consacré aux travaux des champs et composé entre 37 et 30 av. J.C., décrit ainsi la succession des symptômes d'une fièvre qui attaque les troupeaux durant l'été : elle dessèche et amaigrit le corps des bêtes et est suivie d'un afflux de pus dans tout leur organisme. On tente d'améliorer leur état en leur mettant une corne dans la gueule pour leur faire avaler du vin. Virgile fait un peu plus loin allusion, au cœur d'un texte descriptif et technique, à Tisiphone, l'une des Furies qui répandait la peste et les maladies, selon la mythologie grecque la plus archaïque. Un siècle plus tard, les questions d'histoire naturelle de Sénèque affirment que le progrès de la science est nécessaire à la philosophie et que la connaissance du mystère du monde est la fin suprême de l'homme.

Ainsi Autus Cornélius Celsius rédige-t-il une Encyclopédie en vingt livres dont on n’a conservé que les 8 derniers précisément consacré à la médecine ("De acte medica" ). Signe incontestable que la médecine est non seulement devenue un art autonome, mais encore une science qui appartient désormais au corpus encyclopédique de l'humanité. Le style de Celse, qui suit la Méthode d’Hippocrate est limpide et clair et on qualifie son auteur de « Ciceron de la médecine » nul doute que la médecine est devenue non seulement une science reconnue mais aussi un genre littéraire dont les exposés sont jugés aussi en fonction de qualités proprement littéraires.

Signe de son autonomie : elle devient objet d'ironie reflétée par la formule latine : Medice, curate ipsum (Médecin, guéris-toi toi-même). La maladie est d'ailleurs appréhendée par la psychologie et la poésie. Catulle, Properce, Tibulle décrivent avec modernité les changements perceptifs et affectifs engendrés par la maladie et humanisent en somme les rapports du normal et du pathologique, les faisant échapper au monde archaïque pour les intégrer à la culture humaine.

 

Bibliographie sélective :

 

LUCRECE, "De la nature", traduction d'Henri

Couard; éd. Garnier Frères., Paris 1954;

R. MORISSET et G. THEVENOT, "Les lettres

latines", tomes I, II et III, éd. Magnard, Paris

1962;

 

P. DEVAMBEZ et Coll., "Dictionnaire de la civilisation grecque", éd. Fernand HAZAN, Paris 1966.

 

 

Charles PICARD, "La Vie dans la Grèce classique", P.U.F. col "Que sais-je ?" 8ème éd., Paris 1973;

 

Pierre GRIMAL Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine", P.U.F., 5 édition –Paris 1976.

 

 

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 08:15

 

« Mon but, a-t-il écrit un jour, est mon  peuple, son pain, sa liberté, son honneur. Je remplace le simulacre de patriotisme bourgeois par la fermeté nationale de mon parti, et le simulacre du socialisme marxisme par la justice sociale du même parti. Tandis qu’une Allemagne parlementaire tombe en ruine. Une Allemagne nouvelle naît. Guidé par de nouveaux étendards et de nouvelles idées conduit par des têtes froides et des cœurs chauds, le peuple allemand se lève pour remplir sa mission qui sera celle du XX°siècle »

    adolf Hitler

« De l’article IV à l’article X, le programme esquisse la forme et les conditions du nouvel Etat La question du droit d’être citoyen est nettement posée sur le terrain antisémitique. Ne peuvent être citoyens, que ceux qui sont concitoyens. Ne sont concitoyens que les hommes de sang allemand, et ceci en dehors de toute considération confessionnelle. Les Juifs n’étant pas de sang allemand, ne sont pas concitoyens » (article IV).

 

 

 

L’ Allemagne en 1931 un glissement vers la droite populiste ? 

 

 

Allemagne :Evolution des partis la presse s’interroge et constate :

Glissement à droite. La majorité Brüning compromise.

Le 8 novembre (1930) à, Hanovre, après un impor­tant débat, le Parti Démocratique a cessé offi­ciellement d'exister. Il a lui-même prononcé sa propre dissolution pour procéder immédia­tement à, la constitution définitive du Parti d'Etat dans lequel il a pris place.

L'opinion et la presse apprécient de très di­verses façons cet événement qui aura peut-être des conséquences graves dans la vie poli­tique du Reich et qui, en tout cas, est très si­gnificatif à plusieurs égards. Le Parti Démo­cratique représentait jusqu'aux dernières élec­tions la seule fraction parlementaire absolu­ment républicaine, en dehors de la sociale-dé­mocratie, on lui accordait une grande impor­tance du point de vue international.

 

A la veille de la consultation électorale, la majorité de ses chefs décidèrent d'aller à la bataille non plus seuls, mais en formant une union avec diverses autres organisations dont la principale était l'Ordre des Jeunes Allemands. Chaque association gardait provisoirement son autonomie mais entrait dans une liste commune intitulée liste des Partis d'Etat. On avait pensé dans les milieux de la bourgeoisie républicaine s'opposer ainsi avec plus de chances de succès à la double vague de« radicalisme » qui était dans l'air et que l'on pressentait ; on pensait garder de cette façon une partie des électeurs ...

 

Selon le Nouvel Observateur du 1er juin (2011), l'humoriste Dieudonné a trouvé ses producteurs en Iran pour financer son prochain film. Intitulé L'Anti-sémite, il est adapté d'une pièce de théâtre, qui "entend mettre en lumière le rôle du sionisme dans l'esclavage en Europe". Dans le Tehran Times, le producteur Mohsen Ali-Akbari (directeur de l'Haft Aseman Cinematic Company) a affirmé qu' "en raison de mes croyances anti-sionistes, j'ai accepté de produire le film". (source l’Express)

 

http://extremecentre.org/2011/06/29/%c2%ab-l%e2%80%99antisemite-%c2%bb-dieudonne-le-zombi-l%e2%80%99esclave-ou-la-catin-des-mollahs-c%e2%80%99est-selon-tourne-%c2%ab-la-premiere-comedie-populaire-%c2%bb-sur-la-shoah/

 

en 1930,

A l'Ouest, rien de nouveau était interdit en Allemagne

La première représentation du film de Remarque au Mozart-Saal, un grand ci­néma de Berlin, s'était passée dans le plus grand calme. Mais le lendemain, M. Goeb­bels, un des lieutenants de Hitler, qui était assis au premier rang, se leva et commença une harangue. Du balcon, ses troupes lancèrent dans la salle des boules puantes et, pour ef­frayer les dames... des souris blanches. Ce fut le signal d'un chahut formidable.

Cette intervention bruyante des nationaux-socialistes ne surprendra pas à première vue. Elle constitue cependant une nouveauté à Ber­lin. La capitale du Reich pouvait se vanter depuis quelques années d'un libéralisme excep­tionnel en matière de spectacles On y a joué de nombreuses pièces politiques d'une tendance très osée, sans que les partis adverses fissent entendre des protestations. On a pu y voir pen­dant des mois des films révolutionnaires russes, comme le célèbre Croiseur Potemkim : jamais le public ne manifesta. Mais depuis les élec­tions du 14 septembre, les nationalistes, eni­vrés par leur succès, affectent de ne plus to­lérer les spectacles qui leur déplaisent. En vain, la société de film Universal Pictures fait précéder sa production d'une annonce disant qu'on a voulu montrer sur l'écran la réalité de la guerre, sans aucune tendance. La Reichs­wehr, avant la première représentation, s'ef­force de faire interdire le film de Remarque et une grande partie de la presse l'attaque vio­lemment. Ces adversaires ne sont pas seule­ment dans le camp de Hitler et de Hugenberg ; des journaux modérés, jadis plus tolérants, dé­clarent que ce film est une chose indigne, qu'il insulte au patriotisme et à l'honneur du peuple allemand.

 

Préparations des pogroms en 1930
Un appel à la jeunesse

On se moquait en Allemagne, il y a peu de temps encore, de la jeunesse des troupes hitlériennes. Dans la presse quotidienne et dans les hebdomadaires, ce n’était que haussement d’épaules, brocarts, photographies et caricatures tendant à ridiculiser le parti national-socialiste et à traiter ses manifestations non pas comme une affaire d’Etat, mais comme une affaire d’enfance. On oubliait pas tout à fait, cependant, le chiffre des voix abstenus par les racistes aux élections générales 6 millions et demi de voies, accrues encore lors des élections partielles ou municipales ! mais l’on soutenait que la moitié des électeurs hitlériens votaient par « jeunesse » et l’on se proposait en guise de remède, de relevé la première limite de l’âge électoral...

Le succès d'Hitler

L'article publié le même jour par le Ber­liner Tageblatt, « Jeunesse et national-so­cialisme », est un appel analogue, mais des­tiné, celui-là, à toucher non pas la jeunesse catholique, mais celle des milieux libéraux ou libres-penseurs, démocrates et républi­cains de gauche, qui paraît elle-même en danger d'abandonner les opinions pater­nelles.

En tout cas, le Berliner Tageblatt ne semble pas en douter. Le national-socialis­me a réussi…………..

 

Textes sélectionnés et aménagés par Jean Aikhenbaum

Sources : 

Je suis partout 1930-1931

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 10:23

 « texte de l'allocution du 10 octobre 2007 suite à l’intervention de Mr. Piotr M.A CYWINSKI Directeur du Musée d’Auschwitz-Birkenau  sur le thème de (Musée d’Auschwitz-Birkenau Lieu de Mémoire l’histoire et l’avenir) -Conférence au Centre de l’Académie Polonaise des Sciences.

 

 

LA SOLUTION FINALE

« en finir avec la question juive »

 

 

 « C’est le temps des vacances et malgré la guerre, maman travaillant, je dois aller à la campagne pour trouver une nourrice pour mon frère et ma sœur. Je profite donc du 14 juillet. Hélas ! Quand je reviens les Allemands sont venus très tôt. Je devrais dire les  Français : la police et 1 civil. Et ils les ont emmenés en pyjama. Je cours partout, d’abord à la mairie. Puis au Vel d’Hiv. Je rôde autour, mais la police est là, on ne peut pas approcher, je n’ai pas de papiers en règle. Je ne porte pas l’Etoile. Je me renseigne partout où je peux. J’apprends qu’on doit les emmener vers Pithiviers dans le Loiret.

Je décide d’y aller leur porter nourriture et vêtements. Sans argent à cette période ce n’était pas facile. J’arrive dans cette petite ville. Les volets étaient clos ; dans un café  j’entends dire que c’est à cause des femmes du camp, qui le matin hurlaient de désespoir parce qu’on leur arrachait leurs enfants. Que les petits étaient restés au camp.

Avec bien des précautions, j’y arrive, il y a une ligne de chemin de fer. Je me cache dans les herbes. Une dame se dirige vers le camp, je lui demande en pleurant d’essayer si elle ne peut pas se renseigner pour moi. Je donne leurs noms : Marguerite 11 ans, Claude 7 ans. Elle me dit qu’ils ont des numéros...De loin j’aperçois ma sœur seule.

Elle me fait comprendre que mon frère est parti se faire raser, sur l’instant je ne comprends pas.. Je demande et maman ? Elle est partie ce matin. Loin. Qu’avez-vous besoin ? « à manger »...La semaine d’après, je suis revenue avec un colis, bien modeste. Le camp était vide. Où étaient-ils ? A qui demander ? Les gens du pays ne répondaient à aucune question.. Et j’ai attendu...attendu...A la fin de la guerre, j’étais devant l’Hôtel Lutétia. Les déportés arrivaient. Mais les miens ne sont jamais revenus. »

 

ce témoignage, un parmi tant d’autres, est celui de la sœur de Marguerite et Claude Jankélévitch. Marguerite avait 12 ans et son frère Claude avait 8 ans. Il ont été arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv avec leur mère déportée avant eux, convoi n° 21 le 19 août 1942 destination AUSCHWITZ aucun d’eux n’a survécu.

 

Le premier mouvement antisémite d’envergure qui a précédé la Shoah, a eu lieu en Allemagne et à commencé le 1er avril 1933[1] par le boycott des commerces juifs. Des lois et mesures anti-juives officielles ont été promulguées en 1935,  dont la célèbre loi de Nuremberg du 15 septembre 1935, destinée à protéger « le sang et l’honneur allemand ». Cette mesure pour les nazis était nécessaire  par le fait que le juif est impur, et que, de plus, tout ce qui lui appartient est souillé et devient source de contamination. Il était donc primordial que la race des seigneurs se protège efficacement de  toute souillure.

 

L’enchaînement devenait alors inéluctable. Goëring déclare qu’il fallait en finir avec la question juive (octobre 38), les Juifs doivent disparaître de l’économie allemande (novembre 38)[2]. Les exactions contre la population juive allemande prennent de l’ampleur : les biens juifs sont pillés, les magasins, habitations, synagogues dévastés et incendiés. Les pogromes s’institutionnalisent dans une indifférence générale et, entre  le 10 et 13 novembre de cette même année, les premières déportations commencent avec l’envoi de  10 454 juifs allemands  vers le camp de Buchenwald.

 

Le grand dessein des nazis, qui consistait à exploiter et à éliminer les sous-hommes que sont les Juifs, les Tziganes, les Polonais, les Russes, les Tchèques et autres dégénérés pouvait enfin commencer.  L’édification du 3ème Reich millénaire éternel et la souveraineté de la race supérieure germanique passaient par ces conditions.

 

Objectif : l’élimination de 30 millions de personnes.

 

C’est dans cette continuité que se sont inscrites les mesures prises dans les pays occupés. En France, c’est avec l’armistice et l’invasion allemande que les premières dispositions officielles font leur apparition. Une certaine  littérature et la presse antisémite avaient préparé l’opinion publique à la politique discriminatoire et d’extermination qui va être menée contre les juifs[3]. Les citations où  juifs, métèques et étrangers sont accusés de tous les maux, de toutes les tares, abondent. Les quolibets, les injures et les propos menaçants sont regardés avec bienveillance  par les pouvoirs publics de cette époque ou pour le moins dans une totale indifférence.

 

Dès la mise en place du nouveau régime de Vichy, des journaux tels que l’Action Française, le Matin, l’Œuvre, le Cri du Peuple, la Gerbe, Je suis partout... deviennent des inconditionnels du pouvoir en place.

 

Maurras adhère à ces idées : il entretient avec Pétain des échanges et la radio le cite quotidiennement. Adversaire farouche de la devise « Liberté - Egalité - Fraternité », il se félicite de la voir remplacer par le célèbre slogan « Travail - Famille - Patrie ». La loi du 17 juillet 40 répond pleinement à ses attentes : elle écarte les métèques de la fonction publique et des postes de dirigeants. Celle du 21 juillet 40 va également dans le bon sens, puisqu’elle remet en cause les naturalisations. Maurras écrit : « Les Français recommencent à être chez eux en France ».  Parallèlement, une Cour Suprême de Justice est instaurée afin de juger les ministres responsables de la défaite.

 

Pour Maurras, le Statut des juifs, l’instauration d’un Commissariat aux questions juives est « un monument consacré à la défaite de l’Ennemi intérieur ». Il vitupère, dénonce les ennemis de la Révolution nationale, ceux qui sont partis pour Londres ont abandonné la terre de la patrie... Il considère que la résistance est un mal absurde qu’il faut combattre. Les arrestations, les camps de concentration font les trois quarts de la besogne. Il est indispensable d’en finir avec les métèques et les juifs qui tirent les ficelles. En conséquence, on doit désarmer les juifs et leur retirer leur argent. L’Ennemi, finalement, n’est qu’un. Gaullistes, juifs, communistes, francs-maçons, métèques autant d’Etats confédérés qui ont juré la perte de l’unité française.

 

 Paul Ferdonnet, dans La guerre juive op.cit avant propos pp 9-10 – cité par Pierre André Taguieff, Prêcheurs de haine p.497 juge ainsi la situation :

Ces parasites, ces étrangers, ces ennemis intérieurs, ces maîtres tyranniques et ces spéculateurs impudents, qui ont misé, en septembre 1938, sur la guerre, sur leur guerre de vengeance et de profit, sur la guerre d’enfer de leur rêve messianique, ces bellicistes furieux. Il faut avoir l’audace de se dresser sur leur passage pour les démasquer ; et, lorsqu’on les a enfin reconnus, il faut avoir le courage de les désigner par leur nom : ce sont les juifs,

 

Lorsque le processus de la déportation commence, Maurras applaudit : juifs bêtes traquées, il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’ils ont de tout, payent rubis sur l’ongle avec un bel argent somme toute assez rare chez les Français.

 

 

Drieu la Rochelle, quant à lui, pense que la France doit s’orienter vers un nationalisme européen. L’Allemagne se doit de délivrer la France des juifs, car une victoire des Anglais et des Français amènera le triomphe définitif de la pourriture. Les juifs maîtres de l’Europe.

 

Le gouvernement de Vichy coopère pleinement avec les autorités allemandes. Vallat, jugé trop laxiste est remplacé par Darquier de Pellepoix antisémite notoire, qui se fait un devoir d’imposer les directives de l’occupant. Il prend des initiatives et donne aux mesures prises contre les juifs, une spécificité bien française. Ce triste personnage restera en poste jusqu’au mois de février 44.

 

 

Ce court préambule nous permet de mieux comprendre le climat qui régnait durant cette période et de voir pourquoi les mesures anti-juives n’ont guère suscité lors de leur promulgation de mouvements réellement réprobateurs.

 

Auschwitz... au delà de la compréhension. 

 

Il est des questions auxquelles nous sommes confrontées et qui ne peuvent trouver réponse. Pourquoi Auschwitz ? question dérangeante et la seule évocation nous laisse désemparé.

Devons-nous trouver une explication aux atrocités nazies ?

 

Poliakoff dans « Bréviaire de la haine » dans le chapitre consacré à la psychologie des exécuteurs relate que :

Les rapports des commandos,... étaient rédigés dans les termes laconiques et précis du langage militaire. On peut relever l’aspect bureaucratique et mécanisé des fonctionnaires hitlériens, s’acquittant consciencieusement de leur tâche... et cherchant à améliorer leur rendement dans la mesure de leurs moyens.....

Nous sommes en présence de besogneux, d’hommes et de femmes, parfaits fonctionnaires, soucieux de la bonne exécution et de la nécessité de leur tâche, harassés par la surcharge de travail qu’ils ont à supporter, bons pères de famille, puisque nous trouvons un peu plus loin, une lettre de l’un de ces fonctionnaire discipliné et consciencieux, qui se plaint à l’un de ses supérieurs d’être éloigné de sa famille et de ses enfants. Il est convaincu de l’utilité de son travail. Il ne pose pas de question à Auschwitz, on ne pose pas et on ne se pose pas de question. La survie est aussi à ce prix.

 

Imré Kertesz dans Etre sans destin (éditions Acte Sud) s’exprime quant à lui ainsi, pour tenter de décrire l’horreur qu’il a vécu au quotidien :

Je peux affirmer qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration. ... Je puis affirmer qu’après tant d’efforts.... de tentatives, de fatigues inutiles avec le temps, j’avais trouvé la paix, la quiétude, le soulagement. Certaines choses, par exemple, auxquelles j’accordais auparavant une signification immense, autant dire inconcevable, avaient perdues à mes yeux  toute leur importance. Ainsi par exemple durant l’appel, quand j’étais fatigué, je prenais place, sans vérifier s’il y avait de la boue ou une flaque, je m’asseyais et restais comme ça jusqu’à ce que les voisins me lèvent de force. Le froid, l’humidité, le vent ou la pluie ne me gênait plus : ils n’arrivaient pas jusqu’à moi, je ne les ressentais pas. Même ma faim avait passé... Le travail ? je ne tâchais plus de faire semblant . Si cela ne leur plaisait pas, eh bien, tout au plus ils me battaient, ils ne pouvaient pas vraiment me faire mal.....

Le paradoxe est tel que victimes et bourreaux se rejoignent dans leur déshumanisation. L’un effectue sa besogne parce qu’on l’a conditionné à le faire, l’autre la subit parce qu’il en a été décidé ainsi et finit par docilement accepter son sort et lui non plus ne se pose plus de question.

Ces propos trouvent résonance chez Primo Lévi :

De même que ce que nous appelons faim ne correspond en rien à la sensation de faim qu’on peut avoir quand on a sauté un repas, de même notre façon d’avoir froid mériterait un nom particulier. Nous disons faim, nous disons fatigue, peur et douleur, nous disons hiver et en disant cela nous disons autre chose, des choses que ne peuvent exprimer des mots libres, créés par et pour des hommes libres qui vivent dans leur maison.

Et lorsqu’il dit :  que le journal de Höss, commandant d’Auschwitz est instructif et terrifiant : et que  pourtant son auteur n’est ni un sadique, ni un sanguinaire, ni un fanatique plein de haine, mais un homme vide, un idiot tranquille et empressé qui s’efforce d’accomplir avec le plus de soin possible les initiatives bestiales qu’on lui a confiées et qui semble trouver dans cette obéissance un total assouvissement de ses doutes et de ses inquiétudes cela ne peut être interprété que comme le constat de la folie d’un petit nombre avec le consentement stupide du plus grand nombre.

 

Peut-on encore parler aujourd’hui d’Auschwitz – parler, c’est relater, mais c’est également tenter de comprendre de trouver des explications. Faire l’effort de compréhension, comme l’écrit l’un de mes amis ; ne présente pas grande utilité,  puisque d’emblée, cette démarche est vouée à l’échec, à moins bien entendu d’entrer dans la logique du bourreau. Nous devons accepter, nous résigner de ne pouvoir comprendre l’incompréhensible et de ne pouvoir l’exprimer, puisque nos mots deviennent superflus, inutiles, vides de sens.

Kertesz a probablement raison lorsqu’il dit « qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration ». Seul le refuge dans le silence dans lequel se sont résignés bon nombre de rescapés, a pu leur faire croire un moment qu’il était possible de se débarrasser de ce lourd fardeau véhiculé par leur passé. Il y aurait donc des vécus intransmissibles parce qu’ils se placent hors de l’entendement humain. Ils sont hors normes, inaccessibles donc incompréhensibles.

 

 

Et pourtant ultime paradoxe, il est nécessaire  que les survivants se soient exprimés, que ceux encore vivants continuent à le faire, qu’ils sortent de leur silence, bousculent les mots,  pour que nous sachions... et que vainement nous tentions de comprendre.

 

 

Jean Aikhenbaum oct. 07

 

 

 

Bibliographie sélective:

 

AIKHENBAUM Jean.  « Le Livre Blanc » – AFVD et autres - correspondances.

Archives du Musée de la Préfecture de Police de Paris

Daszkiewicz P. - Aikhenbaum J. « Aurochs, le retour...d’une supercherie nazie » Histoire Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société

KERTESZ IMRE « Etre sans destin »

Klarsfeld Serge : «  La France et la question juive  1940 – 1944 » C.D.J.C

Lévi  Primo: « Si c’est un homme » Julliard Pocket – « l’Asymétrie de la vie » 10-18 Robert Laffont

Poliakov L. « Bréviaire de la haine - le 3ème Reich et les Juifs » - Agora Editions Calmann-Lévy – « Auschwitz » Julliard Folio histoire

Quelien Jean, « La France et l’attitude des Français sous l’Occupation », conférence du 15/03/1998

TAGUIEFF Pierre-André «  Prêcheurs de Haine » essai Mille et une Nuits

Thuillier P. « Les passions du savoir - essais sur les dimensions culturelles de la science » - Fayard

 

 

 

 



[1] Des moyens de pression pour infléchir la politique allemande, avaient été mis en place en France, sans grand succès. La Préfecture de Police dans une note du Directeur des Renseignements généraux fait état qu’un Comité de défense des Juifs persécutés en Allemagne, vient de faire apposer, sur les murs de la Capitale une affiche intitulée « Français, 700.000 hommes, femmes et enfants sont mis au ban de la nation allemande ». Il y est écrit notamment, que dans les mesures prises à l’égard des Juifs en Allemagne, par le gouvernement hitlérien, - arrestations massives, déportations dans des camps de représailles, expéditions punitives etc. (note du 3 avril 1933 ref. 241 - 155 - 1)

Le 20 février 1934, lors d’une Réunion organisée par la Commission d’Enquête Internationale sur les atrocités hitlériennes, M° Campinchi, rapporte  qu’il est stupéfait de constater l’indifférence montrée à l’égard des atrocités hitlériennes par la presse française "qui semble obéir à un mot d’ordre". Au cours de cette réunion un député communiste allemand Bemler Hans, viendra témoigner et dira : que sa femme est emprisonnée en Allemagne, que son fils âgé de 13 ans a été arrêté et enfermé dans une maison de correction, tous deux à titre d’otages parce qu’il a réussi à s’échapper, à la suite de son arrestation.

[2] Les scientifiques nazis, qui avaient souvent eu pour professeurs des juifs, n’en défendaient pas moins des théories par lesquelles les juifs avaient corrompu la science allemande. Ainsi Philipp Lenard, prix Nobel de physique en 1905, était l’un des promoteurs de la physique aryenne. L’une des  difficultés  de son discours consistait à expliquer comment les « Juifs malgré leur infériorité » étaient arrivés à faire des découvertes intéressantes. Stark également Nobel de physique (1919) et nazi convaincu, réussi la prouesse à faire admettre la conception raciste de la science.

[3] - on peut trouver en consultant les écrits antisémites du début du siècle des textes tels que celui publié dans Pilori, sous le titre « Videz le Juif » : Décousez le Juif, a dit Edouard Drumont dans son beau livre, et, après lui, tous ceux qu’inquiète la misère croissante diront : Décousez le Juif. Et quand de ses flancs éventrés s’échapperont les liards, les écus, et les millions qu’il nous a pris, puisons à même la cascade pour les crève-faim Aryens, pour nos classes pauvres, pour ce dessous social qui nous mangera un jour si nous ne le satisfaisons.

Ce n’est là ni pillage, ni spoliation ; c’est une légitime revanche, une juste récupération.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 09:48

 

 

Primum non nocere (Tout d’abord, ne pas nuire…)

 

Hippocrate connaissait l'importance de l'alimentation, car il préconisait également "Que ta nourriture sois ton médicament" et également, "Lorsque quelqu'un désire recouvrer la santé, il faut lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie, alors seulement il est possible de l'aider".

Maïmonide, médecin, philosophe, rabbin qui vécut à Tolède au 12ème siècle énonce les règles suivantes :

"Ne mange, que lorsque le besoin s'en fera ressentir. L'homme sage ne mange que pour apaiser sa faim".

 
 
Distilbène, Morhange, Mediator, Vioxx, thalidomide. Ces noms vous disent probablement quelque chose.
Quelques noms pris au hasard. La liste de médicaments retirés du marché français, ne cessent de s’allonger et n’est pas à la veille de s’arrêter.
Elle en comprend plusieurs dizaines, qui au cours de ces dernières décennies, ont  fait l’objet d’une interdiction à la vente. On compte parmi eux, des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des médicaments pour lutter contre le diabète, l’hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, le cancer de la prostate, des amaigrissants, maladie de parkinson, la toux des enfants  etc.  Il est bon de rappeler que tous ces médicaments ont été prescrits pour certains d’entre eux pendant plusieurs années et avaient tous faits l’objet d’une AMM (autorisation de mise sur le marché). Pour obtenir une A.M.M les laboratoires doivent effectués de nombreux tests, investissements lourds , qui devraient non seulement démontrer que le nouveau produit qu’ils se proposent de commercialiser présente une efficacité thérapeutique réelle, mais est également sans risque pour le consommateur,  ou du moins que les effets thérapeutiques soient nettement supérieurs aux effets secondaires qu’ils pourraient occasionner.
L’industrie pharmaceutique ? la crise connaît pas !
Lorsque le ministre de la santé, tente de rassurer le consommateur en créant une xième commission d’enquête, cela ne peut prêter qu’à sourire. De qui se moque-t-on ? le marché est florissant, on ne peut  toucher à un secteur de l’économie créateur de richesses, quasi inépuisables.. … et oui bonnes gens, vos pathologies entrent dans les calculs  du PNB. Elles sont des facteurs de richesses  et de croissances économiques. Véritable tonneau des danaïdes, tout est permis avec la sécu, c’est une manne qui, jusqu’à présent paraissait inépuisable ; puisque financée avec nos cotisations. Aujourd’hui, force est de constater qu’elle est bien mal en point, moribonde même ; et que c’est elle qui aurait grandement besoin d’une médecine drastique.
L’essentiel, c’est de prescrire
L’objectif des laboratoires pharmaceutiques, n’est certes pas de vous de tuer, même si ils y réussissent quelques fois et de mon point de vue bien trop souvent, mais de créer chez le consommateur une addiction, de manière à s’assurer sa fidélité. 

Arrêter de fumer, rien de plus simple prenez du Champix, (laboratoire Pfitzer). Il y a bien quelques effets indésirables, augmentation de risques de pathologies cardio-vasculaires, idées suicidaires, dépressions nerveuses, Ce constat repose sur une étude menée par l’agence américaine des médicaments auprès de 700 fumeurs. Ces derniers, après avoir pris de la varénicline, molécule composant le Champix, ont présenté des problèmes cardiaques.

La culture pré-industrielle élève le seuil de tolérance à la douleur en lui donnant un sens. La civilisation médicale s’engage à réduire la souffrance en augmentant la dépendance. La culture rend la douleur supportable en l’intégrant à un système chargé de sens. La médecine industrielle détache la douleur de tout contexte subjectif afin de mieux la détruire. Les cultures traditionnelles, dans leur majorité, rendent l’homme responsable de son comportement sous l’impact de la douleur ; ce que l’homme industrialisé perçoit, c’est que la société est responsable envers l’individu affligé qu’elle doit le délivrer de sa douleur. (Ivan Illitch – Nemessis médicale p.136 – éditions du Seuil 1975)
Curieusement, et  ce depuis des décennies, des médecins, des chercheurs bien souvent vilipendés, poursuivis  ont tenté d’alerter les pouvoirs publics et l’opinion sur les effets indésirables, secondaires ou soupçonnés comme tels, de certaines prescriptions médicales. Sans succès notables.
Il faut dire que l’industrie pharmaceutique, représente un marché juteux, des milliards sont en jeu et à ce prix là… on peut tout ou presque tout se permettre, quelques bavures au passage… à condition que le consommateur n’en sache rien.
Si des publications scientifiques s’y mettent aussi !

Le 4 juin 2011, The Lancet, publiait une lettre ouverte de Kathy Archibald, Robert Coleman, Christopher Coloman cosignée par un groupe de 19 cliniciens et scientifiques  adressée au premier ministre David Cameron et au secrétaire de la santé Andrex Landsley  afin de mettre l’accent sur la crise de l’industrie pharmaceutique en Grande Bretagne ; dans laquelle les auteurs s’expriment ainsi :

Les “effets  iatrogènes (secondaires) des médicaments qui  augmentent à un rythme bien supérieur à  celui des prescriptions  ont atteints des proportions épidémiques.  La Commission européenne en 2008 que les effets iatrogènes  (effets secondaires liés à une prescription médicale)  auraient tués 197 000  personnes en Europe en 2008 avec un coût chiffré à 79 milliards d’euros.”

 

L’expérimentation animale, des tests non fiables

La cause repose selon les auteurs sur l’utilisation d’animaux de laboratoires: “Il est de plus en plus évident qu’un important facteur contribuant à ce problème est la l’utilisation d’animaux  de laboratoire pour effectuer les tests de tolérance, or, ceux-ci ne peuvent être considérés comme fiables en raison des différences notables entre les espèces.

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2960802-7/fulltext?version=printerFriendly

 

Maladies iatrogènes, un problème récurrent

Pourtant, ce genre de mise en garde, n’est pas un fait nouveau. De nombreux auteurs on tenté d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics.  Le Docteur Henri Pradal, en 1974, publie aux éditions du Seuil un ouvrage intitulé : Le guide des médicaments les plus courants, il dénonce la politique des laboratoires pharmaceutiques qui mettent des produits sur le marché avec  uniquement pour objectif la rentabilité. Il dénonce également l’information partielle et partiale faite aux médecins par le biais de plaquettes publicitaires luxueuses éditées à grands frais par les laboratoires.
le Dicynone et le Sureptil. Du dernier, Pradal explique : « En faire un vaso-régulateur parce que c'est cela qui se vend le mieux, en faire une prévention des complications vasculaires parce que c'est impossible à prouver, cette politique nous semble stupide et basée uniquement sur le profit, en dehors de toute honnêteté scientifique ».
 
Le  Dr Louis Bon de Brouwer – auteur de l’ouvrage la dictatures des laboratoires chimiques et pharmaceutiques  (1994) fait également un constat similaire qui ne peut que nous interpeller. Celui-ci est le suivant, la population n’a pas doublée (chiffres de référence pour la Suisse) de 1910 à nos jours, et a augmenté de 50% de 1930 à aujourd’hui. La déduction est facile, si 10 personnes mourraient d’une maladie X en 1910, actuellement, ils devraient en mourir 15 (estimation erronée de mon point de vue, puisqu’elle ne tient pas compte de l’augmentation de la durée de vie + 20% en moyenne).  Le constat qu’il dresse me semble néanmoins intéressant. Par rapport à l’augmentation de la population, plusieurs types de cancer frappent actuellement, jusqu’à 8 fois plus que par le passé et c’est la même chose pour d’autres maladies. (ce qui ne saurait être expliqué par l'allongement de la durée de vie)Les décès pour cause de maladies cardio-vasculaires et cérébro-vasculaires ont doublé….. et un peu plus loin, il ajoute : Tous les médicaments quels qu’ils soient et toutes les drogues licites ou non présentent des risques du fait de leur nature chimique, car elles modifient le terrain et les fonctions des organismes. Les organismes constituent un monde clos dans lequel ne doivent pas pénétrer des molécules chimiques de synthèse, des molécules qui lui sont fondamentalement étrangères. Si des substances sont absorbées, l’organisme tentera de les rejeter par les émonctoires non sans léser divers organes…..
Comme d’habitude, on est les meilleurs !

Cocorico ! nous sommes imbattables, pour ce qui concerne la consommation de médicaments, 6 fois plus que le hollandais…. Je ne sache pas que les hollandais soient en moins bonne santé que les français et que leur espérance de vie s’en trouve pour autant affectée !

 

Même Kouchner

 

La iatrogénèse constitue un problème grave pour la santé …La France est un pays où la surconsommation de médicaments est flagrante et injustifiée, nous consommons 19 fois plus de vasodilatateurs qu’au Royaume-Uni, 3 fois plus de psychotropes qu’en Allemagne (Bernard Kouchner 1998).

 

Difficile d’avoir des statistiques fiables, tant les données sont floues. 

 

Il semblerait que les maladies iatrogènes seraient responsables de 130.000 hospitalisations annuelles et 8.000 décès pour la France (d’autres chiffres font état de 140.000 hospitalisations et de 13.000 décès ;

La conclusion me semble évidente : les prescriptions et actes médicaux ont au cours de ces cinquante dernières années augmentés à un rythme exponentiel, faisant au passage, la fortune des laboratoires pharmaceutiques, alors que les conditions sanitaires de nos concitoyens n’en ont, non seulement tirer aucune profit, mais continuent de se dégrader.

 

 

 

Si vous souhaitez ne pas vous empoisonner idiot, je vous recommande ce site :

http://medicament.sosblog.fr/Premier-blog-b1/maladies-iatrogenes-provoquer-par-le-medecin-b1-p11.htm

voir également :

http://www.hstes1.com/article-les-mythes-de-la-science-moderne-70765377.html

 

Jean Aikhenbaum

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 11:35

 Escherichia coli inquiète les populations, d’autant plus que cette vilaine bactérie sous sa forme agressive aurait pour origine des graines germées en provenance d’une ferme bio. Le raccourci est facile, l’agriculture biologique, censée apporter un plus en matière de sécurité alimentaire ne présenterait aucun avantage et bien au contraire serait finalement vectrice de pathologies.

Bilan (provisoire) une quarantaine de personnes décédées à ce jour… on nous parle d’épidémies. Je voudrai rappeler en passant que les accidents de la route tue en moyenne 10 personnes chaque jour, les cancers un peu plus de mille, les maladies cardio-vasculaires a peu près autant, les maladies iatrogènes 15.000 par an etc. et pour ces pathologies personne ne parle d’épidémies.

 

Je vous propose la lecture d’un dossier qui date un peu…

 

 

N.B/ ce dossier a été réalisé fin 96, début 97, aujourd’hui, il ne tient donc pas compte des dernières publications. Toutefois, l’ensemble de notre analyse est de notre point de vue toujours actuelle.

 

 

Faut-il mettre des préservatifs aux vaches folles ?

 

 

La nature des recherches virologiques, fait que même si la  relation existe et que certaines personnes aient  été  réellement contaminées, il faudra encore prouver que cette contamination a un rapport avec   la  consommation de viande. Enfin,  on peut également s’interroger sur la  seule  médiatisation du risque encouru par  la consommation de viande britannique,  parce que l’on trouve des bêtes malades  dans les cheptels  suisses, portugais et français. Si l’on tient compte  que seul un petit pourcentage de porteurs de  virus développe la maladie, les risques de l’éventuelle contamination semble être importants même dans des élevages où la maladie ne s’est apparemment pas manifestée. Les virologistes classifient le virus responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob parmi les virus lents. C’est à dire qu’entre le   moment de la contamination et l’apparition des premiers symptômes de la maladie il faut souvent plusieurs années (parfois  une vingtaine). Le cycle rapide de  production industrielle de  viande bovine fait,  que pour  la grande partie des animaux porteurs de virus, la maladie n’aura pas le  temps de se manifester. L’expérience que nous avons avec ce type de pathologies démontre que souvent ces virus échappent aux tests de contrôle de routine. C’est le fait  pour les virus lents,  car ceux-ci ne se repliquent que lentement, ils n’atteignent  pas le  stade de l’infection, sont peu nombreux donc plus difficile à détecter.

 

Pour asseoir notre  argumentation,  nous voulons insister sur le fait que notre connaissance en la matière, et nos possibilités d’action sont des plus restreintes. Mais même, si nous ne savons  rien ou pas grand chose, sur les risques de transmission aux humains de la maladie de la  vache folle, en revanche l’attitude des pouvoirs publics Européens à de quoi laisser perplexe. Cette infection est connue en Europe depuis au moins dix ans. Depuis plusieurs années on sait  qu’elle est causée par un virus lent. Enfin on a l’exemple  de nombreuses maladies virales dont les vecteurs sont les animaux. Depuis plusieurs dizaines années nous savons également que très fréquemment  les virus ne sont pas spécifiques à une seule espèce, c’est à dire que le même virus peut infecter plusieurs espèces animales (et l’homme). Dans des conditions d’expérimentation in vitro il est possible de contaminer des animaux par le virus “Kuru” (dont les symptômes cérébraux sont proches de ceux  de la maladie de la  vache  folle). L’encéphalopathie spongiaire, maladie  typique des indigènes de la tribu Foré de Nouvelle Guinée, est attribuée   à l’habitude ancestrale de leurs  pratiques du cannibalisme. Depuis longtemps déjà, on aurait dû  réfléchir aux similitudes de    symptômes  entre la maladie des vaches folles et certaines maladies dégénératives du système nerveux comparable au syndrome de Creutzefeldt-Jacob.

 

Pourquoi donc cette bombe politique et médiatique  ? Pourquoi a-t-il fallu  attendre dix ans pour que se pose la question de savoir si des risques de contamination pour  l’homme existait ? Le  cas de  maladie survenue parmi des employés d’élevage et parmi des individus jeunes (jusqu’alors  considérés comme ne présentant aucun  risques de contamination) a-t-il  subitement interpellé les spécialistes de politique sanitaire ? Enfin l’abattage du cheptel  britannique est-il  un moyen efficace et suffisant pour protéger  notre santé ?

 

Depuis peu, nous observons l’apparition de nouvelles maladies mystérieuses. Qu’y a-t-il de  commun entre la maladie des vaches folles, et celles qui causent  la mort massive de phoques de Mer du Nord et qui  ravage les écureuils marsupiaux Trichosurus vulpecula d’Australie ? Dans ces trois cas les chercheurs parlent d’un virus qui touche le système nerveux. Ces trois maladies comme par hasard, se manifestent dans un  contexte de grave crise écologique dans lequel se trouve ces populations. Les phoques subissent les répercussions  de la pollution maritime, qui dépasse leur seuil de tolérance, les écureuils australiens ont été  introduits dans différents sites d’Australie et de Nouvelle Zélande comme  animaux à fourrures,  ils se  sont échappés et ont  commencer à envahir des régions très différentes de leurs milieux naturels. Comment s’étonner, si en ajoutant à leur  nourriture des carcasses d’animaux malades, et que celle-ci comporte en outre, une antibiothérapie systématique, l’action permanente des hormones, le stress qui découle des  conditions d’élevage industriel, que ces innocents ruminants  deviennent une population à hauts risques.

 

 

Nous ne voulons pas alimenter une polémique  purement académique, de savoir  si nous sommes confrontés à de  nouveaux virus ou si les conditions nouvelles de vie rendent agressifs des micro-organismes qui jusqu’alors n’étaient pas pathogènes. Par ailleurs on sait que certains virus comme le PML , responsable de la l’eucoencéphalopatie sont assez fréquents dans les populations humaines (70% des hommes sont porteurs) mais que ceux-ci ont besoin de conditions particulières pour devenir virulents. On devrait également réfléchir sur le fait démontré récemment par des chercheurs tchèques, que la carte d’évolution de  certaines maladies dégénératives est identique à celle des  sites de  pollution industrielle importante.

 

Nous pensons que pour éviter ces pathologies aux bovidés  et  leur éventuelle transmission à l’homme, il  faut de toute urgence s’intéresser  à la préservation de la nature, plus  qu’à l’abattage de troupeaux même si  ce moyen semble être nécessaire, il n’est qu’un remède  symptomatique et ne traite pas les causes de la maladie. Il est évident qu’aucun des   décideurs ne suivra  nos conseils d’abandonner  la production industrielle de  viande et  que nos appels visant à la réorganisation de l’élevage et à la protection plus stricte de l’environnement resteront lettre morte. Nous savons également que les pouvoirs publics se doivent de faire quelque chose pour répondre à la pression de l’opinion publique. Nous leur conseillons donc de mettre des  capotes anglaises aux  vaches. Ce moyen de protection a eu une efficacité psychologique totale sur  l’opinion publique et les médias dans l’affaire du SIDA, même si à maintes reprises nous avons démontré que son efficacité réelle était plus que douteuse.

 

 

voir également :

http://www.hstes.com/article-j-me-demande-parfois-si-l-espece-humaine-est-frequentable-76305979.html

http://static.koreus.com/flvplayer.swf?file=http://embed8.koreus.com/00071/200704/alerte-babylone.flv&image=http://thumbshigh.koreus.com/200704/alerte-babylone.jpg&showdigits=true&overstretch=false&linkfromdisplay=true&link=http://www.koreus.com/video/alerte-babylone.html&recommendations=http%3A%2F%2Freco.koreus.com%2Freco.php%3Ffile%3Dalerte-babylone 

 

 

 

Jean Aikhenbaum

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:28

(article écrit en 1997)

 

Les paradis communistes existent encore, la preuve, j'en ai rencontré !

 

Découvrir…. 

L’un des derniers bastions du communisme : la Chine

 

Tiens, si tu veux rire un peu...

Le communiqué du Président de la Région Autonome du Tibet ferait rire... si la situation dans cette région du monde n’était pas aussi dramatique. Pour ce fonctionnaire, le Tibet a été libéré de manière pacifique de qui ? du totalitarisme archaïque, dans lequel le peuple était tenu par une poignée de moines. Tous les Tibétains ont bénéficié des profonds changements sociaux grâce à la réforme démocratique (sic). Dans ce document instructif, on apprend que le pays était dominé par un servage féodal et tout ça par la dictature conjointe des moines et des nobles. Toujours, pour ces grands libérateurs la quasi totalité de la population n’avait aucune liberté personnelle, les hommes pouvaient être vendus et pour couronner la description ...on peut voir que le Tibet était un pays beaucoup plus sombre et cruel, sauvage et réactionnaire que l’était  l’Europe du moyen âge.

 

Totalitaristes de tout bord, unissez-vous ! même combat.

 

S’ensuit, tout un discours, stéréotypé, à l’identique de celui dont nous ont habitué les dictatures communistes. Le Tibet libéré grâce au grand frère chinois est passé, selon ce remarquable auteur des ténèbres à la lumière, le peuple est devenu maître de son destin et jouit de la démocratie, de la liberté et sait maintenant ce que droits de l’Homme veulent dire. Stagnation et déclin ont fait place à l’essor. Toute une série de descriptions soulignent avec force de détails les « progrès » réalisés par la réforme démocratique au Tibet, transports aériens, routes, infrastructures, industrialisation etc. Les touristes affluent et peuvent de visu constater les activités florissantes de ce pays... sorti enfin de la misère et l’illétrisme qui y régnaient. Grâce au grand frère chinois, les instituts scientifiques se sont multipliés, on y apprend qu’il existe 22 centres de recherche, des milliers d’établissements chargés de l’enseignement etc. Ils ont tout pour être satisfait, ces Tibétains, ils possèdent même des services sociaux et médicaux. La pharmacopée et la médecine tibétaine ont connu un essor prodigieux.... et en conclusion, ce remarquable président dit le plus sérieusement du monde que  grâce à la libération pacifique le Tibet est passé du retard au progrès, de l’ignorance à la civilisation. Tout les autres propos que vous entendez sur les massacres au Tibet, ne sont que de vils mensonges véhiculés par d’exécrables impérialistes, qui refusent de reconnaître les bienfaits apportés par Mao et ses sbires.

 

L’éducation on vous dit, y’a que ça, à condition d’y mettre un peu de rééducation.

 

Touristes, lorsque vous allez en Chine n’oubliez pas que le gouvernement chinois a entrepris il y a plus de 50 ans la rééducation du peuple tibétain. Enlèvements, massacres, tortures, viols tel a été le lot de ce peuple rééduqué pour son plus grand bien. Les opposants sont emprisonnés, exécutés, les droits de l’homme inexistants, tous les monastères sont placés sous étroite surveillance. La priorité pour la politique chinoise consiste a éradiquer la culture de ce peuple séculaire, le bouddhisme, et faire en sorte que ses représentants officiels soient éliminés. S’opposer par tous les moyens à l’influence sur le peuple qu’exerce encore le chef spirituel des tibétains le Dalaï Lama dans son exil. C’est en 1950, que la Chine s’est emparée du Tibet. Le Dalaï-Lama, est obligé accompagné de quelques milliers de tibétains de s’exiler. Depuis la répression est monnaie courante, d es moines sont arrêtés au Népal, des personnes disparaissent au cours de cérémonies religieuses. On interne des religieux, qui distribuent des tracts, des militants des droits de l’homme. Les appels à la tolérance restent lettre morte, les violations des droits fondamentaux en Chine sont courantes, de nombreux tibétains en sont victimes. Pourtant, ce peuple pacifique continue à s’opposer et à lutter de manière pacifique. Lorsque des appels internationaux tentent d’intervenir en faveur d’une personne disparue ou emprisonnée, les autorités chinoises contestent, répondent que la personne est morte de tuberculose, de méningite, de fractures à la suite de chute, de tentatives d’évasion, de suicide etc. Bien entendu, tout ces décès sont confirmés par des actes médicaux authentiques....  chinois. La Chine et les territoires annexés sont donc pour les autorités chinoises des modèles pour les droits de l’homme.

 

Les dirigeant occidentaux protestent… mais silencieusement.

De temps à autre pour la forme, on entend vaguement quelques protestations de dirigeants occidentaux, rassurez-vous, elles sont faites du bout des lèvres et entre gens bien élevés, personne ne tape du poing sur la table. Il ne faut surtout pas brusquer et contrarier les dirigeants chinois. Pensez, plus d’un milliard d’éventuels consommateurs disposés à acheter des trucs dont on ne sait plus quoi foutre, un client de cet acabit, ça se respecte. Vendre le savoir faire occidental, ça vaut bien quelques sacrifices et de longs silences qualifiés de réprobateurs. Tous les pays occidentaux se font une âpre concurrence, pour avoir une part de ce marché qui se veut prometteur. Publié aux Editions « Actes sud » le moine tibétain Palden Gyatso relate dans l’ouvrage « Le feu sous la neige » de quelle manière pendant 33 ans, il a enduré d’innombrables tortures, emprisonnés dans les camps de travaux forcés chinois. Palden Gyatso a été libéré notamment grâce à l’intervention d’Amnesty International.

 

Violation des accord internationaux, des droits de l'homme et alors, y’ pas qu’en Chine !

 

Aujourd’hui, des centaines (des milliers ?) d’opposants sont encore emprisonnés et assassinés en Chine. Le peuple Tibétain se voit refuser le droit à son autodétermination. Les exactions chinoises visent également à détruire les monastères et à réprimer  toute référence à la vie culturelle Tibétaine. Sans le moindre scrupule le gouvernement chinois viole les accords internationaux fondamentaux auxquels il a adhéré.

Sur le plan écologique la situation dans cette partie du monde ne fait qu’empirer. La politique industrielle mise en œuvre pour l’exploitation des ressources naturelles, précipite la déforestation du territoire et l’érosion des sols.  L’apport de population en provenance d’autres régions de Chine met gravement en péril les ressources naturelles de ce pays. De plus, le Tibet sert de dépotoir à nos industries occidentales et des déchets toxiques et nucléaires trouvent là-bas, une place de choix. Tout l’écosystème dans cette région risque à court terme d’être irrémédiablement endommagé. Tout ça n’est rien, jamais les touristes ont été aussi nombreux à se rendre en Chine...

Je sais, je sais nos distingués hommes politiques ne s’arrêtent pas à ces sordides détails irresponsables pour entretenir des relations  et des partenariats avec les dictatures de quelque bord qu’elles soient.

 

 

 

Le sport international... caution des totalitarismes

 

La Chine pays de liberté... très surveillée

 

Les jeux olympiques de 2008, se sont déroulés en Chine. Le sport est apolitique, c’est bien connu, il est là pour rapprocher les peuples et nous l’avons vu par le passé, il n’a pas d’état d’âme et cautionne éventuellement les dictatures. Le CIO, après avoir choisi Berlin et le national socialisme, Staline et le stalinisme, continue sur la voie  qu’il s’est fixé. La Chine pays ou des millions d’individus ont été sacrifiés au grand timonier, où des milliers d’opposants sont encore emprisonnés ou la peine de mort est appliquée même pour non conformisme, a accueilli les prochaines olympiades. Les explications des politiques sont toujours les mêmes, calquées à l’identique à Pékin comme à Berlin. Il faut entretenir des relations, c’est le seul moyen d’aider les populations en souffrance et de pouvoir faire évoluer les situations. L’échec que ce soit aves Staline, Polpot, Hitler l’échec des diplomaties occidentales à toujours été au rendez-vous.
Droit de l’Homme, incarcérations arbitraires, tortures, circulez, y’a rien ç voir. Les cris ne parviennent pas jusqu’ici.

Pays de la peine de mort, et alors ? Ca permet la libre concurrence sur le marché de la vente d’organes.

 

Pays au top de la peine de mort, la Charia dans certain pays à côté, ne serait qu’un jeu pour adolescents attardés. La peine du mort pour avoir en sa possession un journal sexy ? Oui, c'est possible dans ce grand pays qu’est la Chine Populaire, l’un des derniers bastions communiste. En 1989 le parti communiste chinois a lancé un programme officiel contre les publications "roses" (en Chine elles sont appelées "jaunes", aux USA "bleues").  Pratiquement toutes les publications mais également les émissions de radio, de télévision, les jeux décrivant ou simplement faisant une allusion quelconque au comportement sexuel sont formellement interdites par la censure. Les éditeurs sont punis de peine d’emprisonnement. Vingt personnes ont déjà été condamnées  à la peine capitale et exécutées avec pour acte d’accusation la vente de publications dites sexy. Comme toujours pour les dirigeants communistes, l’explication et la justification de ces répressions féroces sont indispensables pour atteindre enfin le bonheur marxiste et protéger la population" du déviationnisme matérialiste capitaliste". Apparemment d'après les explications du P.C. chinois les publications sexy incitent les lecteurs à commettre des actes d’agressions sexuelles. Pour les observateurs étrangers l'explication est plus simple. Depuis quelques années on assiste en Chine a une véritable explosion dans la révolution des moeurs.  Le modèle occidental n’est plus pour la population, comme le voudrait encore les dirigeants chinois synonyme de la décadence bourgeoise, bien au contraire, une majeure partie de la population perçoit la littérature sexy comme un signe de liberté en provenance de l'Occident. Or, c'est plus ce symbole qui effraie les dirigeants communistes que les magazines où l’on voit exposées des femmes nues. La Chine, c’est pas que le Dalaï Lama et le Tibet ! Bon reconnaissons tout de même, la Chine s’est ouverte à la libre entreprise… depuis non seulement elle est peu regardante sur la qualité des produits (et la composition) qu’elle nous brade mais de plus, elle copie ouvertement nos produits industriels et luxueux et inonde les marchés occidentaux des faux…

 

   

Jean Aikhenbaum

Piotr Daszkiewicz Dr es-sciences, Biologiste et historien des sciences

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 08:46

 

 

Article publie dans « Réussir cotre santé n° 8 » 1994.

 

 

Certains travaux restent pratiquement inconnus, malgré le grand intérêt que leur accorderait d’abord, l’histoire de la médecine et ensuite la médecine elle-même. C’est malheureusement le cas de la majorité des thèses !

 

 L’excellente étude de Mme Elisabeth Kind sur “L’Ecole physiologique de Broussais et l’utilisation des sangsues au dix-neuvième siècle” fait  partie de ces travaux qui mériterait  une publication à grand tirage. L’auteur y décrit l’utilisation des sangsues au cours de l’histoire.

 

Utilisées en médecine depuis la nuit des temps !

 

   Elles font   partie des traitements médicaux   depuis la nuit des temps (on les trouve dans la Bible  sous le nom d’Aluca). Leur  usage a été redécouvert par les Grecs, les Hindous, les Arabes et les Chinois. Au seizième siècle, cet animal a été étudié par le grand naturaliste Conrad Gesner. L’utilisation des sangsues était  très répandue à l’époque de la saignée thérapeutique. Elles ont retrouvé leur place  dans la médecine grâce à l’école et à la doctrine de Broussais. La victoire de la conception pasteurienne diminua la présence de cet annélide dans les hôpitaux. Pourtant, les recherches démontraient leur grande utilité.

 

Un pouvoir anti-coagulent

 

En 1884, Haycraft découvrait l’hirudine et son pouvoir anticoagulant. Sept ans plus tard, Heidenhain observe l’action  de  l’extrait de sangsues. En 1895, Ledoux confirme leur pouvoir antiinfectieux en constatant l’imputrescibilité du sang des hirudinés. Sali démontra que l’injection intraveineuse d’hirudine s’oppose à la formation d’un caillot au cours de la pénétration d’un corps étranger intravasculaire.

 

 

Des effets thérapeutiques nombreux

 

Ainsi, il démontra que ce n’est pas à la petite saignée locale provoquée par la succion de la sangsue qu’il faut attribuer les effets thérapeutiques,  mais à la pénétration dans l’organisme de la protéine qu’elle secrète: l’hirudine. De nombreux auteurs confirment leur efficacité en  traitement  médicaux et chirurgicaux. En 1946, Durant utilise l’hirudine dans le traitement des crises d’asthme. Bach découvre ses propriétés diurétiques   et les utilise dans l’éclampsie. Mohard conclut  que “les indications de la sangsue concernent d’abord les maladies du système veineux, notamment thromboses et embolies, les phlébites, les hémorroïdes, les inflammations phlegmoneuses, les abcès amygdaliens, ainsi que de nombreuses affections occulaires. Certains troubles mentaux seraient améliorés  mais  également  ceux occasionnés par la ménopause.”

 

 

Différents pays en  ont  utilisé diverses espèces :

 

 l’Hirudo officinalis (espèce protégée) et l’Hirudo  trochina en Europe, l’Hirudo mysomelus au Sénégal, l’Hirudo granulosa en Inde, l’Hirudo sinica en Chine. L’utilisation de la sangsue relève d’un art thérapeutique particulier. Le médecin était obligé  de choisir la fréquence des applications, la place et le nombre des hirudinées. L’hirudinothérapie comportait des complications comme d’éventuelles  hémorragies ou  la transmission de maladies contagieuses.

 

Utilisée en chirurgie

 

   Actuellement, l’industrie pharmaceutique utilise ces annélides pour produire de l’hirudine. Les sangsues sont encore  utilisées aujourd’hui dans l’un des hôpitaux les plus modernes de New-York dans un service de microchirurgie  postopératoire. D’autres  hôpitaux (dont l’hôpital Pellegrin de Bordeaux) les utilisent en chirurgie cardio-vasculaire et  plastique.  Elles sont également utilisées dans les réimplantations des doigts sectionnés lorsque le chirurgien ne trouve pas de petites veines.

Les sangsues depuis des siècles fascinent l’homme. Hérodote décrit un pluvier d’Egypte qui va chercher la  sangsue d’origine égyptienne “Ozobranchus quatrefagesi” dans la gueule des crocodiles.  Les voyageurs racontent qu’en Asie vivent de  grandes sangsues “vampires” qui attaquent les hommes.  Ces  sangsues exotiques de  grande taille de la famille des “Haemapsidae”, nichent sur les arbres ou dans les hautes herbes. Quand l’homme passe à leur portée elles se jettent sur lui par dizaines ou même plus et lui infligent  de multiples saignées et  le sang continue de couler longtemps après que ces animaux se détachent de leur victime.

 

Des applications encore à découvrir

 

  Les nombreux caractères biologiques des hirudinées demeurent toujours inconnus. Les biologistes sont étonnés par  leur extraordinaire résistance   au jeûne. Les sangsues médicinales supportent des privations de nourriture de six mois. On a observé chez “l’Hemiclepsis marginata” des jeûnes de trois cents jours. Leur  capacité à conserver le sang est également très étonnante. Pendant des semaines le sang pris par l’animal ne présente aucune modification, on peut  observer des corps immunisants et des bactéries pathogènes assimilés par la sangsue avec le sang. Il faut plusieurs semaines et même parfois des mois avant que l’hémolyse commence.

 

Efficace pour lutter contre le staphylocoque

 

Autrefois, les sangsues étaient  utilisées dans trois optiques différentes (d’après leTraité de Zoologie de Grasset):

 

- Pour effectuer des saignées importantes   (la pose simultanée d’une vingtaine de sangsues peut  en quelques heures prélever un demi litre de sang)

 

-  la saignée locale dans une région enflammée afin de calmer les phénomènes douloureux et congestifs

 

- la saignée  aux endroits où l’on pressent la formation d’un caillot (phlébites).

 

Elles étaient conseillées dans les parties du corps  où les ventouses ne pouvaient pas être placées.

  Grâce à l’action lymphagogue de l’hirudine, la saignée a aussi une action antiinfectieuse. Le rôle des bactéries symbiotes des hirudinées est encore  toujours très peu connu. La bactérie intestinale “Pseudomonas hirudinis” a  une  action antibiotique particulièrement efficace contre le Staphylocoque doré. De nombreux auteurs font état de l’action antiallergique (antihistaminique) des hirudinées. 

Source :

Ecole physiologique de broussais et l’utilisation des sangsues au XIX° siècle, Elisabeth Kund

 

Piotr Daszkiewicz

Jean Aikhenbaum

 

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 13:03

 

Les Juifs sous le 1er Empire
 

Napoléon avait doté les Juifs d'un statut civil et religieux en faisant une allusion rapide et superficielle à l'Assemblée des Notables de 1806 et au Sanhédrin de 1807.

« Ainsi dotés de l'égalité, affirmait l'auteur, les Juifs disposèrent-ils alors, à eux
seuls, du gouvernement, comme aujourd'hui ? Non. Ils étaient de bons Français
jouissant de l'égalité comme tout le monde, et protégés contre la guerre sociale,
ou religieuse comme tout le monde. »

S'il voulut, à un certain moment, doter les Juifs d'un statut civil et religieux, ce fut à coup sûr beaucoup moins dans un sentiment de bienveillance pour ces affranchis de la Constituante que dans un but de protection pour les Français dévorés par l'usure, troublés dans leur tranquillité et dans leur bien-être, menacés dans leur existence même par l'invasion d'une horde qui ne connut jamais ni lois, ni préjugés, ni morale.

A. de Boisandré – Napoléon Antisémite


 

 

(Analyse du chapitre IV du livre 1er, des chap. IV et V du 2e livre, et de tout le livre 3e du volume « Napoléon Ieret les Israélites », par l'abbé Lémann, 5 fr. Libr. Lecoffre. 2397.)

Essais de Napoléon Ier

1. Il réunit les Etats généraux juifs, qui sincèrement affirment leur amour, à la patrie française et leur reconnaissance à l'Empire actuel et à la papauté dans le passé. Ces Etats généraux furent assez mal vus des synagogues étrangères. 2.  Il a eu tort de laisser reconnaître l'autorité du Talmud. 3. De ces Etats généraux ne pouvait sortir ni la fusion des coeurs avec les Français, ni la fusion des esprits, ni celle des vertus. Le Juif a pris au Français son indifférence religieuse et lui a communiqué sa soif de l'or. 4. Napoléon eut le tort de donner aux rabbins, unea utorité définie, c'était refaire un peuple dansle nôtre.

II. Action des Juifs

Leur fraternité à eux s'accentuait jusqu'au moment les Français, par les divisions politiques, cessent de fraterniser entre eux. La création des consistoires israélites accomplit cette révolution définitivement. 2. Le décret absolument injuste de Napoléon, 17 mars 1808. Il revenait sur ses pas avec cruauté et despotisme. Les juifs souffrent, mais s'organisent. 3. Revanche des juifs polonais à la Bérésina et à Waterloo. Origine des Rothschild.

 

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-R-19452

 

 

Napoléon et les Juifs (vus par la revue antisémite Au Pilori en1941 – inspiré par la France Juive de Drumont)

Napoléon ne pouvait avoir que du mépris pour les Juifs, usuriers sans pitié, renégats et poltrons. Au cours d'une séance fa­meuse du Conseil d'Etat, il prononça ces paroles capitales :

Ce sont (les Juifs) de véritables nuées de corbeaux ; on en voyait au combat d'Ulm qui étaient accourus pour acheter des maraudeurs ce qu'ils avaient pillé.

Un autre jour, il montrera que l'on ne se plaint pas des catholiques, ni même des protestants, comme on se plaint des Juifs ; c'est que le mal quefont les Juifs ne vient pas des individus mais de la constitution même de ce peuple : ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France.

 

Une phrase éclaire les raisons de l'apparente bienveillance que le grand lutteur montra d'abord pour les Juifs :

Il y aurait de la faiblesse à chasser les Juifs il y aura de la force à les corriger.

Défi insensé ! Napoléon sera vaincu.

 

 

Il convoqua donc les deux assemblées juives, l'assemblée des Notables et le Sanhédrin, qui se pénètrent l'une l'autre, nous dit A. de Boisandré, au point de ne former pour ainsi dire, que deux sections d'une même assemblée.- L'une civile l'au­tre religieuse.

Ce parlement sans pouvoir fut une arme terrible aux mains des Juifs. Comme le dit Céline, ce fut le Sanhédrin » bel et bien qui sucra Napoléon ! Pas Wellington ! Pas Nelson ! et plus loin : C'est par le « Sanhédrin », ce grand consistoire juif que fut sauvagement sabotée la su­prême tentative d'unification aryenne de l'Europe.

 

Napoléon voulait-il intégrer les Juifs ? 

 

Par le Sanhédrin, Napoléon voulait ré­former les mœurs des Juifs pour leur per­mettre de s'intégrer dans le peuple fran­çais. Il leur proposait la soumission ou l'expulsion. Ce fut lui que les Juifs expul­sèrent.

La duplicité juive sut manœuvrer adroitement pour biaiser et éviter de sui­vre les directives imposées. Se voyant loué, Napoléon prononça la dissolution du Sanhédrin, et promulgua les décrets de mars 1808 : il était trop tard....

L'un d'eux est une série de mesures dra­coniennes contre les Juifs dont voici quelques exemples :

a) Les prêts faits par les Juifs à des mineurs, à des femmes, à des mili­taires, sont déclarés nuls

b) Les prêts faits à des - domestiques ou sur des instruments de travail sont également annulés.

Leurs créances frauduleuses ou usuraires sont annulées.

Les Juifs sont soumis à une pa­tente pour exercer un commerce.

--Les Juifs ne sont point admis à fournir de remplaçants pour la conscription.

Il fut accueilli par les gémissements et les protestations des Juifs qui, comme tou­jours (cité par A. de Boisandré Napoléon antisémite ») au lieu de songer s'amender songèrent à se venger. Parmi les Juifs qui intriguèrent contre l'Empe­reur, James de Rothschild se distingua particulièrement. Des rapports depolice nous le montrent, faisant de la contrebande anglaise et enfreignant par là, la loi si rigoureuse du blocus continental. Membre d'une société secrète hostile d l'empereur et à la France, James de Rothschild fut un excellent serviteur de l'Angleterre. Naturellement il spécula sur les valeurs françaises. Son arrestation fut décidée, mais  il dut à un bienveillant ami de ne pas connaître les cachots impériaux. Prévenu à temps, il s'enfuit.

Mais Napoléon n'a pas le temps de s'oc­cuper de lui et de ses congénères ; la cam­pagne de France va se dérouler, sublime et tragique ; les Cent jours viendront, au­tre épopée sublime, dernier sursaut de l'aigle qui ne veut pas mourir, puis l'Em­pire croulera et les banquiers seront les maîtres de la France. Le règne des Roth­schild commencera...

Après l'aigle, les vautours !

Pierre MASTEAU.

 

Extrait du Mémorial de Sainte-Hélène septembre 1816

 

Napoléon, au sujet des mouvements de fureur populaire et des changements de régime, s'exprime de la façon sui­vante :

« Point de bouleversement politique sans fureur populaire, sans désordre, sans victimes. » Et un peu plus loin : « Règle générale : Jamais de révolution sociale sans terreur. Toute révolution de cette nature n'est et ne peut être qu'une révolte. Le temps et les succès parvien­nent seuls à l'ennoblir, à la rendre légi­time, mais, encore une fois, on ne peut y parvenir que par la terreur. »

Comment dire à tous ceux qui remplis­sent toutes les administrations, possè­dent toutes les charges, jouissent de toutes les fortunes : « Allez-vous-en. » Il est clair qu'ils se défendraient. Il faut donc les frapper de terreur, les mettre en fuite, et c'est ce qu'ont fait la lanterne et les exécution, populaires.

 

Référence : Au Pilori n° 37 du 28 mars 1941

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 16-LB44-2073 (A)

 

Extraits de textes choisis et aménagés par Jean Aikhenbaum

 

 

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