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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 12:14

 

 

Histoire de Joseph, revisitée par P.A Cousteau - Article paru dans Je suis partout n° 638 du 29 octobre 43 p.2

 

 

 

Dans ce même numéro, Je Suis Partout, fait état d’une lettre adressée par Céline au journal, dans laquelle il s’exprime ainsi et dans laquelle il propose de fusiller non seulement les collabos, mais également tous ceux qui se sont enrichis avec la guerrre : « VOUS n'êtes pas frappés par le fait que la radio anglo-juive — qui nous voue tous à je ne sais com­bien de morts parce que « collaborateurs », antisémites, et patati et pa­tata — ne parle jamais de fusiller tous ceux qui ont profité des Allemands directement ou par ristournes ! Ils sont lé­gions, pourtant, nom de Dieu ! Et opulents, et formidables ! Je n'ai jamais, personnellement, touché un fifrelin de l'occupation, mais le pays français, dans sa majorité, n'a jamais imaginé, n'a ja­mais connu d'affaire aussi brillante que la guerre 39-40…. !... Paysans, commerçants, industriels, intermédiaires, marché noir pètent de prospérité. Presque tous les paysans sont riches. Damnés de la glèbe avant 39, ils vont tous sur leur deuxième million ! Insolents et gaullistes, où sont leurs terribles souffrances en tout ceci ? Tartuferies atroces ! Voici les gens à fu­siller ! Pour immonde hypocrisie ! Par salubrité morale ! ils ont tous — et com­ment ! — avalé, supplié, rampé, pourlé­ché les bénéfices infâmes — à 1.000 pour 100 ! - et fait crever gaillardement de faim leurs compatriotes moins bien placé (gaullistes y compris !), voyez grandes villes ! La France, en tout ceci ?

 

 

 

Conte israélite par P.A Cousteau

 

 EN ce temps-là vivait en Palestine un jeune Hébreu nommé Joseph. Il appartenait à une famille aisée, point trop exigeante sur le chapitre de la morale. L'aïeul, Abraham, s'était un petit peu —,oh ! juste un tout petit peu — adonné à la traite des blanches en négociant les charmes de sa fidèle Sarah. Le grand-oncle Loth et ses filles avaient bousculé pas mal de préjugés bourgeois en jouant aux « Parents terribles » dans une caverne. Et Jacob, enfin, le propre père de Joseph, avait frustré l'oncle Esaü de son héritage en escamotant avec subtilité la fortune du vieil Isaac avec la complicité de la bonne grand' mère Rébecca. Toutes choses qui, dans un pays policé, eussent immanquablement amené la famille Israël sur les bancs de la cour d'assises. Mais les Hébreux ne s'embarrassaient pas de scrupules mesquins. Le père Jacob avait beaucoup de troupeaux. Aussi jouissait-il de la considération générale et de la bienveillante protection du seigneur Jéhovah.

 

Un jour, le petit Joseph se dispu­ta avec ses onze frères. Qui avait tort ? Qui avait raison ? Joseph avait-il vraiment mouchardé ses frè­res ? Ceux-ci étaient-ils vraiment ja­loux de sa robe de diverses couleurs ?  (1). Quoi qu'il en soit, les onze frères décidèrent de supprimer Joseph. Comme ils avaient le sens des affaires, au lieu de le trucider gratuitement, ils jugèrent plus avantageux de le négocier pour vingt pièces d'argent à des Ismaéli­tes qui recrutaient de la main d'œuvre dans le pays.

 

Joseph fut donc amené en Egypte et revendu à un officier de la garde du Pharaon, le colonel Putiphar. Ce militaire était un brave homme débonnaire, pas très in­telligent et très libéral.  Les Juifs sont des gens comme les autres répétait-il volontiers. Joseph lui plut tout de suite. Le colonel l'avait em­bauché comme manœuvre. Trois se­maines plus tard, il en fit son inten­dant, « l'établit sur sa maison et remit entre ses mains tout ce qu'il avait » (1).

 

C'était une ascension inespérée pour l'humble petit Juif. Néanmoins Joseph trouvait que ce n'était pas encore assez. Il avait le contrôle des biens de Putiphar. Il lui fallait aussi Mme Putiphar. Seulement, Mme Putiphar était honnête. Lors­que Joseph, profitant de la confian­ce du colonel, tenta d'exploiter un instant d'abandon, elle poussa de grands cris :

 

L'esclave hébreu que tu nous a amené, dit-elle à. son mari, est venu vers moi pour se jouer de moi. (1)

 

Depuis, des écrivains qui sont de la race de Joseph ont mis en doute la sincérité de Mme Putiphar. Pour­quoi les croire, eux, plutôt que les ju­ges égyptiens qui décidèrent en leur âme et conscience que Joseph était coupable et qu'il méritait la prison ?

 

Jeté dans un cul de basse-fosse, Joseph réussit très vite à améliorer son ordinaire. De même qu'il avait capté en un tournemain la confiance du colonel Putiphar, ce fut un jeu pour lui de conquérir les bonnes grâces du directeur de la prison.

 

Le commandant de la forte­resse remit entre les mains de Jo­seph tous les prisonniers ; et tout ce qui se faisait dans la forteresse, c'était lui qui l'ordonnait.

 

Joseph avait des camarades de captivité fort distingués — de pa­reilles relations, ça peut toujours servir ! — notamment un grand échanson et un grand panetier qu'il impressionnait fort en leur faisant des tours de cartes et en interpré­tant la clef des songes. Lorsque le grand échanson fut libéré, Joseph lui fit promettre de ne pas l'oublier. Un jour, où le Pharaon exprimait la perplexité que lui causait un cauchemar de vaches grasses et de vaches maigres. le grand échanson lui glissa à l'oreille :

 

Sire, l'avais un camarade de camp qui n'avait pas son pareil pour expliquer les rêves...

 

Qu'on le mette aussitôt en congé de captivité ! ordonna le monarque.

 

Et c'est ainsi que Joseph, préala­blement passé à l'étuve et revêtu d'un seyant costume Pharaon tout neuf, fut amené à la cour. C'était la chance de sa vie. On pense bien qu'il ne la laissa pas échapper. Et le Pharaon, littéralement ébloui par la faconde de Joseph, en fit, séance tenante, son premier ministre :

 

C'est toi, dit-il, qui seras sur ma maison et tout mon peuple obéira à ta bouche... Sans toi, nul ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d'Égypte. (1).

 

Joseph, cependant, gardait sa tête froide. Il s'agissait de matérialiser un peu des honneurs aussi inespé­rés. Investi des pleins pouvoirs, Jo­seph commença, pendant sept an­nées, à accumuler des stocks. Et lorsque, enfin, la disette escomp­tée — et peut-être provoquée — survint, il était prêt..

 

Joseph amassa tout l'argent qui se trouvait dans le pays d'E­gypte et dans le pays de Cha­naan en échange du blé que l'on achetait. Et quand l'argent man­qua, tous les Egyptiens vinrent à Joseph en disant :   Pourquoi mourrions-nous devant toi parce qu'il n'y a plus d'argent ? Et Joseph répondit : « Donnez votre bétail et je vous donnerai du pain... » Cette année écoulée, les Égyptiens revinrent et lui dirent : « L'argent est épuise et les troupeaux ont passé en votre possession, il ne reste rien que nos corps et nos terres... Achète-nous, nous et nos terres, pour du pain...  (1).

 

Le coup avait réussi magnifique­ment. En quelques années, Joseph avait mis la main sur l'Egypte tout entière. Par un habile chantage à la famine, il avait d'abord eu l'ar­gent, puis les troupeaux, puis les terres, puis il avait réduit en escla­vage toute la population. Que de­mander, de plus ? Et pourtant Joseph était insatisfait. Car sa famille n'é­tait pas là pour jouir de sa prodi­gieuse réussite. Alors Joseph, qui avait pourtant de bonnes raisons d'en vouloir à ses frères — mais ses frères étaient avant tout des fils d'Israël — les pria de venir s'é­tablir en Egypte. Ils accoururent aussitôt, eux et leurs femmes et leurs enfants et leurs cousins et les cousins de leurs cousins, reni­flant voluptueusement la grande curée.

 

 Joseph donna à son père et a ses frères une possession dans le meilleur endroit du pays... Or Jo­seph mourut... Et les enfants d'Is­raël s'accrurent et foisonnèrent et se multiplièrent et devinrent très puissants, et le pays en fut rem­pli(1).

 

Alors il arriva ce qui devait arri­ver, ce qui ne pouvait pas ne pas arriver. Un beau jour, les Egyptiens s'aperçurent qu'il y avait un pro­blème juif. Il y avait un problème juif parce que, jadis, un seul Juif, un esclave, un petit bougre sans importance avait humblement pé­nétré en Egypte sans que personne y prit garde. Et ce seul petit Juif avait suffi pour que tout le pays fût contaminé et livré en pâture aux Juifs. Alors, les Egyptiens com­prirent que s'ils voulaient vivre, il leur fallait d'abord résoudre le pro­blème juif. Ils adoptèrent une solu­tion qui s'est révélée bien insuffi­sante : le massacre des nouveau-nés.

 

 

 

 

 

(1) Les passages en italique sont copiés dans la Genèse et l'Exode, livres dont il est malaisé de dire qu'ils furent inspirés par la propa­gande nationale-socialiste.

 

 

 

- texte sélectionné par Jean Aikhenbaum

 

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 18:24
Esther de Racine vue par P.A Cousteau – article paru dans le n° 581  de « Je Suis Partout » le 18 septembre 1942.

 

 

Cousteau s’exprimait ainsi, quant à la façon dont il envisageait la résolution du problème juif :

J'ignore quelle solution sera donnée après la guerre au pro­blème juif. Mais je sais qu'on pourrait lui donner une solu­tion provisoire qui rétablirait sans attendre un peu d'équité dans cette France à l'envers où la Révolution nationale n'est pas encore esquissée... Après la signature de la paix, mais seulement après le retour de nos derniers prisonniers, on pourrait envisager une libération progressive de nos ennemis (les juifs)et leur exportation massive vers d’autres terres... D’ailleurs les Juifs qui envisagèrent de faire massacrer des millions de Français devraient s’estimer heureux de s’en tirer à si bon compte. Il vaut mieux après tout, remuer de la terre dix heures par jour que d’avoir six pieds de terre sur le ventre comme les victimes de la guerre juive.

Evidemment, si l’on réalisait ce projet dont je n’hésite pas à dire qu’il est plein de modération et d’humanité, la conscience universelle, si indifférente aux malheurs des Aryens pousserait des hurlements horrifiés.

Est-il besoin de dire, que nous nous fichons éperdument de la Conscience universelle ?

 

Rien de bien nouveau sous le soleil !

 Quant à Céline, dans un courrier qu'il adresse à Karl Epting, il affirme que Racine est juif : Depuis longtemps dit-il, je m'intéresse et pour cause, aux antécédents de Racine - en telle faveur suspecte à son sens chez les juifs  - dont le théâtre n'est qu'une fougeuse apologie de la juiverie - on joue rarement du Corneille au "Fançais" et presque toujours du Racine, comme cela est suspect. Or je rerouve quelques phrases précieuses dans un livre d'Elie Faure (juif et maçon) au sujet de Racine-  issu d'une ascendance champenoise et d'une ascendance allemande... La mère de Racine, Jeanne Sconin, les Sconin, violents, brutaux, de race franque et peut-être scandinave.....Ce Sconin me laisse tout à fait rêveur, est-ce juif ? Germain,? la question est posée.... (cité par Philippe Alméras - )Les idées de Céline - Pensée Politique et Sciences sociales - Berg International  p.177) 
Voilà la manière dont Cousteau  évoquait, 3 mois seulement après la rafle du vel d’hiv l’histoire d’Esther en prenant pour référence la tragédie de Racine. Ce texte est suffisamment évocateur pour se passer de commentaires. Un petit détail, Cousteau comme bon nombre d’antisémites virulents, proche des nazis et de la milice  avait transité avant la guerrre, par les mouvements pacifistes et de l’extrême gauche.(voir notamment Un paradoxe français – Simon Epstein – éditions Albin Michel)    

Rappelons  que P.A Cousteau, était le frère du célèbre commandant océanographe.

 

 

Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains-  P.A Cousteau

L’Esther de Racine

Il ne s’agit point ici du génie poétique des écrivains. On aime ou on aime pas les grandes machines de douze pieds, les draperies gréco-romaines et les confidents à noms pharmaceutiques. Peu importe mes goûts barbares. Je veux bien que la jeunesse continue de déclamer des alexandrins et à démontrer dans les boites à bachots que Corneille peint les hommes tels qu’ils sont et Racine tels qu’ils devraient être. Mais je voudrais que l’on ne continuât pas à mettre entre les mains des enfants un petit livre qui est tout simplement abominable : l’Esther de Racine.

Qui est Esther ? Une petite garce juive qui couche avec un monarque persan pour assurer la sauvegarde de ses frères de race et faire octroyer à Israël toutes les places, tout de suite.  Racine écrivit cette histoire pour l’édification des jeunes filles nobles de Saint-Cyr. Singulier exemple à donner à ces adolescentes, singulière apologie de la prostitution...

Notez qu’il y a dans Esther tous les éléments d’un assez joli réquisitoire contre les Hébreux. Pour peu qu’on y réfléchisse, l’héroïne est, Malgré Racine, parfaitement odieuse. Jamais elle ne cède à un mouvement désintéressé, elle calcule ses moindres gestes, et elle n’a même pas besoin de dominer les entraînements de la passion, car manifestement, elle n’a pas plus de cœur que de sens. Assuérus, son époux, lui est indifférent. A aucun moment on nous dit qu’elle l’aime ou qu’elle est tentée de l’aimer. On devine par contre, qu’elle le méprise exactement comme une grue méprise le miché qui règle l’addition et réserve toute sa tendresse au coquin qui ramasse la monnaie. Le coquin d’Esther, c’est son oncle Mardochée, une sorte de vieil Horace israélite. Un sombre fanatique « du triste état des Juifs, jour et nuit agité ». Ce Mardoché a préparé son coup de longue date. Il a manifestement élevé sa nièce pour la jeter dans le lit d’Assuérus et de s’introduire, grâce à elle, dans les conseils du gouvernement. Esther se prête de bonne grâce à ces machinations. Et même elle s’en vante :

 

Il me fit d’un empire accepter l’espérance.

A ses desseins secrets, tremblante, j’obéis.

Je vins, mais je cachais, ma race et mon pays

.

Comme l’étoile jaune n’est pas inventée, Assuérus se laisse prendre au piège. Il épouse cette fille qu’il prend pour une aryenne. Dès qu’elle est en place, Esther fait ce que font en pareilles circonstances les Juifs de tous les pays. Elle se hâte de faire venir en masse compacte, les petites copines :

 

Cependant mon amour pour votre nation

A rempli ce Palais des filles de Sion

... Mais à tous les persans je cache leurs familles.

 

Ces filles d’Israël sans étoiles s’entassent à chaque acte sur le devant de la scène, pour assourdir le spectateur de leurs lamentations, sur ce ton geignard qu’affectionne la conscience universelle :

 

Pleurons gémissons mes fidèles compagnes

A nos sanglots donnons libre cours.

..... Faibles agneaux, livrés à des loups furieux,

Nos soupirs sont nos seules armes etc.

 

Quant à Esther, comblée par la fortune et placée au faite d’un immense Empire, il ne lui vient pas à l’idée, un seul instant de s’assimiler, d’adopter les coutumes de ses sujets, d’éprouver pour eux la moindre solidarité. Elle irréductiblement une étrangère, une étrangère hostile. Elle trouve spontanément les accents d’un Léon Blum lançant au Français son fameux « je vous hais ». Dans sa prière au D.ieu des Juifs, elle s’écrie :

Pour moi que tu retiens parmi ces infidèles

Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles...

Cette conspiration permanente des Juifs contre l’Etat et le peuple persan n’échappe pas au premier ministre Aman. Celui-ci, (Racine, en fait une sorte de brute) tient au monarque un langage plein de sagesse et de clairvoyance. Il dénonce courageusement les Juifs :

 

Jusqu’à quand souffre-t-on que ce peuple respire

Et d’un culte profane infecte notre Empire ?

Etrangers dans la Perse, à nos lois opposés

Du reste des humains, il semble divisés

N’aspirant qu’à troubler le repos où nous sommes,

Et, détestés partout, détestent tous les hommes

Prévenez, punissez leurs insolents efforts,

De leurs dépouilles, enfin, grossissez vos trésors...

.

Assuérus, qui n’avait jusque là que des idées confuses sur le problème racial, perçoit le danger et donne l’ordre d’éliminer complètement les Juifs de son Empire. C’est alors qu’interviennent Mardochée et Esther. Le vieux juif entre dans les bonnes grâce de la police en dénonçant un soi-disant complot tramé contre Assuérus. Et la favorite, de son côté joue le grand jeu. Maintenant elle tient le monarque (par les sens, sans aucun doute). Elle ne risque plus grand chose à lui révéler la vérité. Elle avoue qu’elle est Juive. Assuérus, il y a de quoi en est assommé :

 

Ah, de quel coup vous me percez le cœur !

Vous, la fille d’un Juif ! et quoi ce que j’aime,

Cette Esther, l’innocence et la sagesse même,

Que je croyais du ciel, les plus chères amours,

Dans cette source impure aurait puisé ses  jours !

 

Esther riposte par une interminable tirade, par une apologie de la juiverie. On croirait entendre du Bernard Lacache ou du Benda.

Assuérus est touché par ces arguments ? Racine feint de la croire. En réalité le monarque persan que taquine le démon de midi est tellement épris de la petite garce, qu’il en oublie ses devoirs d’Etat. Et il accorde sans se faire prier, la tête du ministre antisémite :

 

Qu’à ce monstre à l’instant, l’âme soit arrachée,

 

Aman, se voyant perdu implore la clémence d’Esther. En vain, quand Israël se venge (rappelez-vous Trotski, Bela Kuhn ou Mandel). Il est tout à fait inutile de faire appel à ses sentiments d’humanité. Le Juif est aussi impitoyable dans le triomphe, qu’il est pleurnichard dans l’infortune. Esther repousse le malheureux :

 

... Va traître, laisse-moi,

Les Juifs n’attendent rien, d’un méchant tel que toi...

 

Ils attendent cependant quelque chose : son héritage. Car la tête d’Aman ne leur suffit pas. Il leur faut aussi des bénéfices matériels. De plus en plus girouette, de plus en plus enjuivé, Assuérus charge Mardochée de former le nouveau ministère....

Je te donne d’Aman, les biens et la puissance

L’histoire est belle. Opportunément commentée, elle pourrait servir dans les lycées et les collèges à illustrer le péril juif. Le maître expliquerait pourquoi Racine a donné le beau rôle aux Hébreux. Pour lui l’aventure d’Esther n’était qu’un thème antique comme un autre. Il ne pouvait comprendre ni soupçonner la question juive (qui ne se posait en aucune façon, malgré le financier Samuel Bernard) dans une France dont le premier ministre s’appelait Colbert et non Blum... dont les écrivains s’appelaient Corneille, Pascal, La Fontaine, Molière et non Benda, Bernstein, Bloch, Hertzog, dans une France où aucun citoyen n’envisageait de s’allier aux Juifs....

Ayant accordé les circonstances atténuantes à Racine, le maître, insisterait textes à l’appui sur la malfaisance juive qui éclate à chaque ligne d’Esther, en dépit de toutes les persécutions oratoires de l’auteur. Ce pourrait être une leçon hautement profitable. Malheureusement, le corps enseignant ne paraît pas être suffisamment imprégné de l’esprit fasciste pour que l’on puisse lui confier cette tâche en toute tranquillité...

Le mieux est de bannir purement et simplement Esther des programmes scolaires. Plus tard, lorsque la Révolution nationale sera entrée dans les mœurs on pourra reconsidérer la question.

 

Texte sélectionné et mis en forme par Jean Aikhenbaum

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:59

 

 

Comment la science récupère les expérimentations criminelles de scientifiques nazis ?

 

 

Expérimentations et scientifiques nazis.

 

 

Les sujets que nous allons aborder, qui ont  rapport à la dernière guerre mondiale sont différents de ceux que vous avez l'habitude de voir traiter et. Si nous avons choisi de faire un travail sur ce sujet, c'est pour des raisons bien précises. La première d'entre elles, c'est que ces faits sont la plupart du temps totalement ignorés du grand public et que seuls quelques spécialistes leur consacre ou leur on consacré du temps. A tel point comme vous pourrez vous en apercevoir des choses primordiales n'ont fait l'objet que de peu de recherches. Ces lacunes, sont en partie explicable pour les raisons que les chercheurs ont besoin de crédits pour poursuivre leur travail. Sans crédit, pas de recherches, sans recherches pas de connaissance, sans connaissance, des faits importants du passé, qui conditionnent notre présent, tombent dans l'oubli.

 

Ce petit préambule pour vous dire que nous allons vous parler de sujets bien différents qui traits à le 2ème guerre mondiale. Ils ont en commun « la science » et d’avoir fait partie de travaux de recherche de scientifiques nazis.

 

 

 

Expérimentations faites sur les déportés et internés

 

Les deux premiers sont dramatiques, puisqu'ils touchent à des expérimentations faites sur les déportés, et internés par les scientifiques du 3ème Reich qui n'avaient pas plus que les communs des nazis, d'états d'âme particuliers. Ils étaient là pour une tâche bien précise et en fonctionnaires rigoureux l'ont effectué en mettant en œuvre toutes leurs compétences et leur savoir.

 

Tous les scientifiques allemands ne se conduisirent pas de la sorte, quelques uns  quittèrent l'Allemagne. Les savants nazis retardèrent-ils leurs  travaux sur la bombe atomique, pour ne pas la mettre entre les mains d'Hitler, rien n'est moins évident. On sait qu'en 1941, Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922, qui était directeur de l'Institut de physique théorique de Copenhague rencontra Heisenberg physicien allemand qui avait été son élève. Heisenberg aux dires de certains, aurait tenté de faire passer aux scientifiques alliés, qu’il connaissait bien,  un  message afin de mettre un frein à leur travail respectif sur la fission nucléaire. Cette thèse est peu  crédible, puisque les nazis continuèrent leur recherche sur l’atome. Bohr,  quitta le Danemark en 1943 pour se joindre à l'effort de guerre des alliés. L'histoire ensuite on la connaît, les Américains les premiers disposèrent et utilisèrent l'arme nucléaire.

 

Mais, même si quelques rares scientifiques allemands eurent quelques scrupules à contribuer à l'effort de guerre nazi, ce ne fut pas le cas de la majorité d'entre eux. Nombreux,  avides de gloire, ou de tranquillité  contribuèrent activement et se montrèrent très coopératifs avec le  pouvoir.

 

Il nous semble ici intéressant de faire une distinction, même si dans l'horreur ces travaux sont inadmissibles, condamnables indignes d'hommes qui se veulent ou se croient civilisés, il n'en reste pas moins des travaux de recherches qui reposent sur des bases indiscutablement scientifiques, ou l'horreur et l’ignominie dans leurs objectifs certes, ne peut être écarté mais qui néanmoins débouchent sur des faits mesurables et qui restent des travaux scientifiques au sens propre du terme.

 

Il en va tout différemment pour les faits que nous allons vous exposer dans la troisième partie de notre exposé, (voir Aurochs, le retour…d’une supercherie scientifique nazie – Daszkiewicz Piotr – Aikhenbaum Jean – HSTES Paris – l’ensemble du dossier est consultable sur http://www.hstes.com/article-aurochs-le-retour-d-une-supercherie-nazie-1ere-partie-70765674.html qui concernent la mise en place et l'exploitation  d'une supercherie nazie dont l'origine  remonte aux années 20 et qui s'est poursuivie jusqu'à la signature de l'armistice.

 

Nous voulons également vous dire, que nous avons publié sur ces différents sujets plusieurs articles  deux dans Actualités Juives, dans une   version grand public, et un plus spécifiquement destiné à des spécialistes dans le Courrier de l'Environnement de l'Institut National  de la Recherche Agronomique.

 

Ce travail est dédié  aux victimes, mais également aux témoins qui nous les ont fait connaître à savoir :

 

à Monsieur le Professeur T.CHROSCIELEWSKI, dont nous parlerons

 

à Monsieur le Professeur W.SKURATOWICZ officier de la résistance polonaise et déporté dans le camp de concentration de Majdanek,  Professeur de zoologie de l’Université de Poznan, a qui nous devons avoir eu connaissance de travaux de Heck.

 

A Monsieur le Professeur Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv, qui nous a permis de réaliser le travail sur le Dieffenbacchia

 

à Madame le Professeur Christina DASZKIEWICZ, professeur de droit pénal à l'Université de Poznan, spécialiste des crimes de guerre. Officier dans l'armée clandestine polonaise A.K et auteurs de plusieurs ouvrages.

 

Ces articles paraîtront également dans les prochains numéros du journal que publie l'association des Enfants cachés.

 

 

 

La récupération des expérimentations criminelles nazies par la science actuelle

 

            Ce n'est qu'avec un retard de plusieurs mois que nous avons appris avec tristesse le décès  de M. le professeur T. Chroscielewski. Il était Chercheur à la Faculté de Médecine de Poznan en Pologne. C'était l'un des personnages  clé de la vie intellectuelle de la Pologne de l'après guerre. Il avait été officier de A.K. (l’armée clandestine polonaise), et avait été déporté au camp concentration d'Auchwitz. Le professeur T. Chroscielewski était  fortement attaché aux valeurs démocratiques. A plusieurs reprises, il prendra courageusement position   pour  s'opposer au pouvoir communiste en place. C'était également un médecin légiste  réputé,  il fut par exemple l'initiateur de la contre-expertise médico-légale dans l'affaire de l'assassinat par la police politique communiste du père Popieluszko. Nous avons eu la chance de le rencontrer au cours de notre dernier voyage en Pologne. Le sujet de notre conversation était lié à l'ouvrage (que nous sommes en train de préparer) sur les "récupérations d’expérimentations criminelles nazies contre l'humanité" par la science et les techniques actuelles. Le professeur Chroscielewski pendant plusieurs années mena un combat difficile, contre l'utilisation par les étudiants de  manuels d'anatomie et de physiologie faits à partir d'expérimentations  sur les "cobayes humains" par les médecins et scientifiques nazis.

 

            La ville de Poznan a été l'une de premières villes polonaises occupées par l'armée allemande en 1939. Les répressions contre la population civile furent particulièrement féroces, la ville fut déclarée allemande et la grande majorité de la population polonaise "déplacée". Dès leur  retour dans la ville en 1945, les chercheurs de la Faculté de la Médecine firent  une macabre  découverte. Les sous-sols du bâtiment universitaire du Collegium Anatomicum recélaient une quantité importante  de cadavres. Une certaine partie d’entre eux, dont ceux de quelques soldats de la résistance furent identifiés.  Mais la grande majorité demeure toujours à ce jour anonyme. La ville avait été libérée trop rapidement pour que les "scientifiques" allemands réussissent à détruire toutes les preuves de leur horrible besogne. La documentation abandonnée, l'analyse des nombreux organes humains conservés dans le formol, les interrogatoires du personnel allemand subalterne arrêté juste après la libération ne laissent planer aucun doute. Il s'agissait d’expériences faites sur des "cobayes humains" et la grande collection anatomique[1] trouvée résultait de l'assassinat de prisonniers et d'internés. Ces documents révèlent  que plusieurs exécutions furent spécialement commandées par des chercheurs-medecins aux fins d'obtenir un matériel "intéressant". Ces derniers surveillèrent  personnellement les exécutions ils expliquèrent soigneusement au bourreau comment assassiner proprement, pour que "le matériel obtenu" soit "utilisable scientifiquement".

 

 

 

Des criminels nazis identifiés et nullement inquiétés

 

            Les noms des  responsables de toutes ces atrocités sont bien connus:

 

On y trouve notamment le professeur Hermann Voss. Après la guerre Hermann Voss fut récupéré par la RDA, il n'a nullement été inquiété  et  devint même l'un des "mandarins" de la médecine de l’Allemagne Communiste.  Il continua à travailler et à enseigner  pour   diverses universités de RDA. Sa position importante le tiendra hors de portée de la justice polonaise qui était  totalement contrôlée à cette époque par les communistes. Dans la version "officielle" de l'historiographie marxiste tous les criminels de guerre étaient jugés et condamnés.  S’ils ne l’étaient pas, c’est qu’ils se trouvaient en R.F.A, ou éventuellement en Amérique du Sud, mais ne pouvaient faire partie  des  autorités scientifiques de RDA. On voit à travers cet exemple, ce qu’il en était réellement.

 

            Le Professeur T. Chroscielewski avec une petit équipe de chercheurs réussit à conserver la documentation faites par les nazis sur ces crimes et plus particulièrement celles qui avaient trait aux activités de Voss. Lui-même scientifique et pathomorphologiste il constata avec effroi,  que plusieurs publications scientifiques de Voss publiées après la  guerre étaient...basées sur ses recherches effectuées sur les internés et prisonniers durant la guerre. Bien évidement, Voss avait pris soin de modifier  les dates et les lieux, mais il n'y avait pas le moindre doute. Les résultats publiés étaient identiques en tous points  à ceux   effectués sur les prisonniers de guerre. Mieux encore, certain de son impunité, Voss ne prit même pas soin de modifier ses communiqués.  La documentation retrouvée en 1945 à Poznan,  était reproduite la plupart du temps mot pour mot. Comme dans l'horreur la limite n'existe pas, ces recherches criminelles sont  à l’origine  d'un manuel d'anatomie destiné aux étudiants. Ce manuel eu un grand succès international. Il fut, ce que l'on peut appeler un best seller. On compte pas moins de 15 éditions en langue allemande et trois en langue espagnole dont une destinée à l’Argentine.

 

Nous avons pu consulter une édition de 1979. D’après M. Chroscielewski, il y  eu  d'autres  éditions postérieures de cet ouvrage, dont nous pouvons vous fournir les référence.  (Taschenbuch der Anatomie, Hermann Voss, Robert Herlinger Edition Veb Gustav Fischer  Verlag Jena 1979).

 

Mais le véritable choc s’est produit,  quand M. le professeur  Chroscielewski apprit que le manuel avait été vendu à un éditeur polonais, dans le but de l’utiliser pour les cours d'anatomie. L'intervention de groupes de chercheurs polonais fut immédiate, le manuel fut retiré de la vente et interdit. De plus,  d'après le professeur Chroscielewski il existe disponible des manuels de qualité supérieure anglais ou américain dont la rédaction ne porte aucune ambiguïté éthique, mais dont apparemment les droits  d'édition sont plus chers. Les chercheurs polonais firent  à la suite de cette affaire un dossier sur cet "ouvrage" et sur l'activité de Voss et l’adressèrent à plusieurs organismes internationaux de médecins. Hermann.  Voss osa  prétendre que "les chercheurs  Polonais avaient falsifié son curriculum vitae" et que les recherches faites à Poznan pendant l'occupation de la Pologne étaient utiles et "servaient toujours  l'humanité". Il a fallut attendre  l'unification allemande et l’action de journalistes berlinois pour que le manuel disparaisse (seulement en partie) des programmes universitaires.  Mais, rassurez-vous,  personne n'a jamais puni   Voss,  personne n’a songé non plus à retirer les titres de "Docteur Honoris Causa" que détient "ce grand savant allemand". Malgré son autorité scientifique incontestable le Professeur T. Chroscielewski n'a jamais réussi changer cette situation.

 

 

 

 

 

Piotr Daszkiewicz – Dr es-Sciences - Historien des Sciences - biologiste

 

Jean Aikhenbaum - H.S.T.E.S Paris

 

 

 

 

 



[1]L'assassinat massif de prisonniers pour "enrichir les collections anatomiques" était un crime commis plus souvent que nous pouvons le supposer. Ce particularisme de l'histoire  est moins étudié que l'expérimentation mais il existe d'autres exemples bien connus,  comme celui de la collection de squelettes du "professeur" Hirt de Strasbourg, qui afin de   "faire des études  d’anatomie comparative entre les Juifs et "d’autres races",   fit      assassiner 170 personnes et leur corps furent mis à la disposition de cette "collection" (dans cette collection, on répertorie 129 Juifs, 2 Polonais, 4 Asiatiques et 35 victimes d’origines incertaines).

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 16:25

Dieffenbachia seguine,

 plante symbole des crimes contre l'humanité ?

 

 On s'est aperçu qu'un cancer bien spécifique  touchait des survivants des camps de concentration, il a  la particularité de    se manifester chez certains d'entre eux,  avec quelques 60 ans de retard !  cette référence provient d'un journal scientifique spécialisé. (ref.Urology 48 (6) 1996).

Pour les spécialistes américains, ces cancers sont le résultat de l’expérimentation criminelle de scientifique nazis sur les déportés et sur des prisonniers. Les chercheurs se sont posés et se posent encore des questions afin de connaître quel est le type de substance injecté qui en porte la responsabilité. Il faut savoir que ces substances ont été administrées à des fins de stérilisation. La réponse a cette question  est d’autant plus difficile à mettre en évidence, que les victimes sont dans l’incapacité de pouvoir apporter de quelconques  précisions sur  les expérimentations qu’elles ont subies.

 

Un mystère difficile à élucider

Jusqu’à ce jour, ce mystère perdure, et n’est toujours pas élucider malgré de nombreuses recherches   effectuées dont celles patronnées par le Musée de l’Holocauste en Israël.

Ceci nous fait penser à une  expérience nazie méconnue du public et on peut ajouter de la plupart des  spécialistes. 

Vous avez très certainement rencontrées et peut être en avez vous même chez vous, des espèces du genre Dieffenbachia.  Ce sont des plantes ornementales qui entrent  souvent dans les décors de nos appartements. Elle sont très populaires. On les trouve très facilement  chez tous les fleuristes, pépiniéristes  et même dans les supermarchés. Elles émettent des substances volatiles intéressantes pour nos organismes que l'on appelle phytoncides. Le Dieffenbachia seguine jouit depuis longtemps d’une réputation particulière. C’est  "le curare de la Haute Amazonie", les indiens l'utilisent pour empoisonner leurs flèches. The Gardner's and Botanist's Dictionnary  dans sa version publiée par Philippe Miller en 1807,  relate qu’il était utilisé dans les Caraïbes pour châtier les esclaves récalcitrants. A cette fin, on introduisait dans  la bouche des victimes, des feuilles ou du jus de Dieffenbachia seguine.  Les indigènes l’utilisaient également à faibles doses comme contraceptif et à plus fortes doses pour stériliser  leurs ennemis.

En 1940, G. Madaus et R. Koch, deux chercheurs publièrent en Allemagne un article sur les stérilisations d’animaux de laboratoire obtenues à l’aide du Dieffenbachia seguine. Un médecin allemand, le Dr Adolf Pokorny  considéra que  cette découverte était "primordiale pour l'intérêt politique du Troisième Reich". Il adressa une note personnelle au chef des S.S. Heinrich Himmler, pour lui proposer cette plante afin de stériliser "les ennemis du peuple allemand  ” : quelques millions de prisonniers de guerre, des détenus politiques, des prêtres et des juifs. Le Dr. Pokorny suggéra de garder secrètes  toutes les recherches et d’entreprendre la  culture intensive du Dieffenbacchia dans des serres prévues à cet effet.

Himmler fut extrêmement intéressé par le communiqué de Pokarny. Il  approuva  cette proposition et la trouva "de la plus haute importance" pour les nazis. La réalisation d’une  politique massive  de stérilisation des citoyens des pays occupés, était désormais possible, il fallait l'entreprendre au plus tôt.

Pohl, responsable S.S. des camps de concentration fut chargé de fournir toute l'infrastucture et la logistique pour  la production et les premières expérimentations  du Dieffenbacchia seguine sur les humains. Les Tziganes détenus dans le camp de concentration de Lakenbach ont éte les premiers cobayes.

La culture en serre du Dieffenbachia seguine ne donna pas  les résultats préalablement escomptés par les nazis. Pris par le temps, et désireux de mener à bien leur projet les responsables de cette expérimentation  décidèrent alors d’importer massivement la plante d’Amérique du Sud, d'où elle est originaire. Mais en 1942,  fort heureusement, le Brésil déclara la guerre à l'Allemagne et les sous-marins alliés assurèrent un  blocus efficace qui ralentirent notablement l'application industrielle à grande échelle  de ce projet. Ils n'en demeurent pas moins exact, que cette expérimentation a pu se faire tout de même à un échelon que l’on peut qualifier de plus artisanal.

L’utilisation du Dieffenbachia seguine  à des fins criminelles a fait  l'objet d'enquêtes du  Tribunal International de Nurenberg. Ce qu'il faut savoir, c'est que cette tâche a été particulièrement ardue pour les enquêteurs par le  fait que la majorité des documents avaient été détruits dans les derniers jours de la guerre par les nazis. Ceci on le comprend bien afin de laisser le moins de traces possibles disponibles.

 Des recherches qui ont fonctionné jusqu’en 1945

 Les enquêteurs réussirent néanmoins à découvrir que l'Institut mis en place pour cette expérience  a fonctionné  jusqu'en avril 1945. Le Tribunal de Nurenberg n'a toutefois jamais réussi à définir l’endroit précis des cultures. Ils en conclurent  qu'elles devaient se situer "à proximité d'un des camps de concentration".

Lorsque l'on interrogea les botanistes allemands qui  participèrent   à ce projet, il  prétendirent ne pas connaître la finalité et l'objectif de leurs recherches. Le Dr A. Pokorny soutint même que "son travail sur le Dieffenbachia seguine avait pour but de saboter  les projets d’Himmler. De son avis cette plante n'avait aucune action stérilisante, et son application sur les humains était impossible". Parmi les officiers S.S. jugés comme criminels de guerre, quelques-uns se montrèrent plus coopératifs et dénoncèrent  ou plus exactement se déchargèrent sur leurs complices scientifiques. Ainsi, R.Brandt reconnut que : "grâce à la proposition du Dr Pokorny, des expériences avaient bien été faites sur des détenus des camps de concentrations et que celles-ci avaient pour but de tester l’efficacité de cette plante.”

M. Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv consacra plusieurs années de sa vie, afin de  tenter d’élucider l'énigme sur les recherches secrètes faites par les botanistes nazis. Il retrouva plusieurs témoins et de nombreux nouveaux documents. Il localisa même les terrains de cultures qui étaient situés à proximité du camp de concentration de Dachau*.

Il nous semble d’autant plus important de rappeler que cette plante est étroitement liée et directement impliquée dans le génocide,  que les protagonistes de ces crimes n’ont jamais été punis ni même inquiétés. Mieux encore,  ces derniers  réussirent à semer le doute dans l’esprit des juges et il fallut plusieurs années de recherches au professeur  Dvorjeski et aux historiens des sciences anglais pour convaincre le public, les médias et démonter les thèses négationnistes qui avaient trait à  ce sujet. 

 

 

Piotr Daszkiewicz - Historien des Sciences – biologiste – Dr es-sciences

Jean Aikhenbaum - HSTES Paris

* Cet article est fait à partir des publications et communiqués du professeur Dvorjetski.

 

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 16:19

 

Szymon Tenenbaum
Une collection entomologique dans le ghetto de Varsovie- un épisode méconnu de l’histoire de Shoah et des Sciences naturelles.

 

 

 

Introduction

 

Une collection entomologique faite dans le ghetto de Varsovie ? Il est certain que cet événement peu connu de l’histoire du ghetto est également un fait sans précédant dans l’histoire des sciences naturelles. La valeur des collections naturalistes ne se limite pas uniquement à leur importance pour les recherches professionnelles (types de description, représentation de la faune et la flore pour les études, etc.) ou encore à leur rôle muséographique. De plus en plus souvent les collections dites « historiques » sont considérées comme des éléments importants du patrimoine culturel. Leur rôle est bien plus grand que celui d’un simple objet matériel ; elles témoignent de certaines étapes dans l’histoire des sciences.  L’importance qui accompagne la présentation de l’herbier de Jean-Jacques Rousseau ou la collection des papillons de Vladimir Nabokov montre bien cette nouvelle approche sociale pour des collections naturalistes. Dans ce contexte, il est difficile de comprendre que l’histoire de la collection entomologique du ghetto de Varsovie demeure inconnue même des spécialistes. Même s’il ne reste aucune trace matérielle de cette collection, il est important  de rappeler son existence. Rappeler la dernière œuvre d’un grand zoologiste c’est également une façon de rendre hommage à sa mémoire et à ses recherches. C’est aussi restaurer la mémoire et le souvenir d’un grand naturaliste, que les évènements condamnèrent non seulement à une  mort mais également injustement  à l’oubli.

 

Szymon Tenenbaum - courte notice biographique

 

Szymon Tenenbaum (1892-1941) n’est pas uniquement l’une des innombrables victimes inconnues et anonymes, disparues  dans la destruction du ghetto de Varsovie. De par  sa notoriété professionnelle dans le domaine de l’entomologie, c’est un personnage dont les travaux comptent dans l’histoire des sciences naturelles,  nous disposons de plusieurs notices biographiques ainsi que de mémoires de ses proches. Un important article lui a été consacré par Jan Prüffer (1890-1958), qui a été l’un de ses amis, directeur de sa thèse et Jan Wolski (1890-1959), l’un de ses collègues et collaborateurs (Prüffer & Wolski, 1964).   Les informations sont néanmoins dispersées dans les publications de l’histoire des sciences biologiques (par exemple dans le Dictionnaire des Biologistes polonais, Feliksiak, 1987), zoologiques (articles parus dans les revues zoologiques, Smreczynski 1960). De plus ces informations sont majoritairement publiées en polonais. Il est donc important de rappeler ici les principaux faits, contenus dans ces notices biographiques.

Szymon Tenenbaum, est né à Varsovie,c’est également dans cette ville que s’est achevée sa vie. Il étudia dans  le prestigieux Lycée de Kreczmar (qui comptait parmi ses élèves une grande partie de l’intelligentsia varsovienne, à titre de curiosité signalons que Romain Gary fréquenta également ce même lycée). En  1911, il commença des études de sciences naturelles à l’Université Jagellonne de Cracovie. Il prépara son travail de spécialisation dans le laboratoire de Henryk Hoyer (1864-1947), éminent spécialiste dans le domaine de l’anatomie et de l’embryologie. En 1913, Szymon Tenenbaum passa quatre mois aux  Iles Baléares.  Le but de son voyage, à son origine, était d’effectuer un  séjour thérapeutique dans un climat méridional. Le traitement médical auquel il était sensé s’astreindre, fut très vite écourté, et il consacra la majorité de son temps à étudier la nature de ces îles. Ce séjour donna lieu à  cinq publications sur la faune de cette région. Passionné par l’entomologie, il publia en 1915 la Faune des coléoptères des Iles des Baléares [Fauna koleopterologiczna Wysp Balearskich] avec un inventaire naturaliste de 1677 espèces (dont 352 nouvelles pour cette région). Il présenta une caractéristique des divers biotopes et remarqua l’endémisme des coléoptères et des vertébrés de ces îles.

Il publia environ 20 publications sur la faune de Pologne et décrivit plusieurs nouvelles espèces. Il fut également grand spécialiste de l’entomofaune exotique. Il organisa et participa à diverses expéditions scientifiques : au Brésil (1923), Mexique (1926 avec T. Wolski), Palestine (1927). Il soutint en 1932 une thèse de doctorat. Ajoutons que cette immense activité scientifique n’était que secondaire, puisque Szymon Tenenbaum occupait le poste de directeur du Lycée Juif de Varsovie.  Il fut le collaborateur et correspondant de la Commission Physiographique de l’Académie Polonaise des Sciences et des Lettres [Komisja Fizjograficzna PAU] de la Société Savante de Varsovie et du Musée National de Zoologie.

Szymon Tenenbaum a été l’un des pionniers sur les recherches consacrée à la faune urbaine en Europe. Il est coauteur du Guide zoologique des environs de Varsovie [Przewodnik zoologiczny po okolicach Warszawy], un ouvrage, aujourd’hui d’autant plus important, puisqu’il y décrit les habitats qui bien souvent n’existent plus. Il a également eu le grand mérite de travailler sur les faunes régionales de Pologne. Ses collections et ses recherches sont toujours citées comme référence dans ce domaine.

Un patrimoine scientifique perdu

Szymon Tenenbaum est mort le 29 novembre 1941. Prüffer et Wolski (1964) soulignent dans la notice biographique qui lui est consacrée : « qu’une grave maladie a été la cause directe de sa mort et qu’il aurait pu être soigné  et guéri. Ce sont la guerre et la barbarie hitlérienne qui lui ont interdit  l’accès aux soins que nécessitait son état de santé. Tenenbaum est une victime directe de la guerre, il ne voulait pas capituler devant l’ennemi et jusqu’au dernier moment se considérait comme « soldat polonais ». Les auteurs et collègues de Tenenbaum ont dressé la liste de ses publications (au total 31 titres) dont quatre sont restés en l’état de manuscrit et ont malheureusement été détruites durant  l’insurrection de Varsovie en 1944. Parmi ces manuscrits brûlés, se trouvent :  Les coléoptères des environs de Varsovie, résultat d’un travail de 25 années de recherches (environ 1000 pages, le financement de la publication de cette monographie faisait partie du programme éditorial de la ville de Varsovie, l’occupation en interrompit l’édition),  La faune des coléoptères de Podolie (résultat de huit années de recherches, en collaboration avec Roman Kuntze), La faune des coléoptères de Palestine (résultat de deux années de recherches), La faune des coléoptères de Pieniny. Jusqu’à ce jour, personne n’a publié un tel travail sur les coléoptères des environs de Varsovie, ceci montre bien le préjudice que porta à la science la destruction du travail de Szymon Tenenbaum. Il est également probable qu’une partie de ses travaux demeure inconnue. La mort de ses proches collaborateurs et coauteurs de ses publications  est la cause d’une perte irréversible d’informations à ce sujet. Stanisław Sumiński (1893-1943), coauteur de Guide zoologique des environs de Varsovie, fut arrêté par gestapo le 10 novembre 1942, durant l’action entreprise par les nazis destinée à l’élimination de l’intelligentsia polonaise. Il fut ensuite assassiné à Majdanek, le 11 mars1943. Roman Kuntze (1902-1944), qui travaillait avec Tenenbaum sur la faune de Podolie, fut fusillé par les soldats allemands, le 21 août1944, avec sa femme sur le perron de l’immeuble dans lequel il habitait.

Les collections entomologiques exotiques de Szymon Tenenbaum ont survécu à la guerre, déposés chez Jan Żabiński (1897-1974) ainsi que sa bibliothèque cachée chez un avocat, ami de la famille, maître Poppof. Après la guerre elles furent offertes par Mme Eleonora Tenenbaum-Krajewska au Musée Zoologique de Varsovie, qui réalisa ainsi le vœu de son mari.

 

Le témoignage d’Antonina Żabińska sur les derniers jours de Szymon Tenenbaum

 

Le livre d’Antonina Żabińska Ludzie i zwierzęta [Les hommes et les animaux] est sans doute le témoignage plus important publié sur les derniers jours de Szymon Tenenbaum. L’auteur était la femme de Jan Żabiński, directeur de ZOO de Varsovie. Le ZOO a été liquidé juste après la prise de la ville par les allemands. Lutz Heck – de sinistre mémoire – (voir notamment notre travail – Aurochs, le retour… d’une supercherie nazie – P. Daszkiewicz – J.Aikhenbaum HSTES Paris)  à l’époque directeur du ZOO de Berlin et haut dignitaire nazi sélectionna les animaux qu’il considérait comme  intéressant et les vola, les animaux qui ne présentaient pour lui aucun intérêt furent éliminés.  Sur les terrains du ZOO les allemands installèrent un élevage porcin. Żabiński, l’ami de la famille de Tenenbaum, fut également  officier de A.K. (l’Armée du Pays et la plus importante organisation de résistance, dépendant du gouvernement polonais en exil à Londres). Il cacha avec sa femme des Juifs et d’autres personnes recherchées dont les soldats de la résistance qui participait aux attentats. Il organisa l’enseignement clandestin (toutes les universités polonaises et les écoles supérieures et secondaires étaient  fermées et interdites), il participa personnellement aux combats. Dans de telles circonstances, il est bien évident que lors de chaque passage des allemands dans l’ancien ZOO, Żabiński, risquait ainsi que tous les membres de sa famille la mort. Dans son livre, Antonina Żabińska relate qu’un dimanche d’été 1941 elle remarqua devant sa maison une limousine allemande, dans de telles circonstances, on peut aisément comprendre qu’elle prit peur.  Un allemand en civil, descendit du véhicule, se présenta comme étant Ziegler, directeur de l’arbeitsamt du ghetto, déclara être entomologiste et « avoir la permission du docteur Tenenbaum » de regarder ses collections entomologiques, cachées chez Żabiński. Ziegler proposa à Żabiński de l’amener rendre visite au « docteur Tenenbaum ». Le zoologiste polonais utilisa cette opportunité non seulement pour voir son ami mais aussi pour établir avec la résistance un plan d’évasion. Szymon Tenenbaum, malade et épuisé refusa de s’évader. Quelques semaines plus tard Ziegler annonça que Tenenbaum était mort des suites d’une hémorragie interne. L’action organisée et menée par Żabiński sauva la vie de sa femme et de sa fille et de plusieurs autres personnes (Jan Żabiński a été distingué après la guerre par le titre de juste parmi les Nations).

 

Conclusion

Les révélations d’Antonina Żabińska confirment que même dans les horribles conditions de vie, qui étaient les siennes, dans le ghetto Tenenbaum collecta des insectes jusqu’à ses derniers instants de vie. La notice du Dictionnaire des Biologistes Polonais informe que la collection d’insectes du ghetto (principalement en provenance du cimetière) fait partie des œuvres de Szymon Tenenbaum détruite durant la guerre. Ce court mémoire résume ce  que nous savons de cette collection et du destin de Szymon Tenenbaum.

 

Bibliographie

 

Feliksiak S. (réd.), 1987. Dictionnaire des Biologistes Polonais. Warszawa - Państwowe Wydawnictwo Naukowe. 617 p.

 

Prüffer J. & Wolski J., 1964. On the scientific activity of Dr Szymon Tenenbaum. Przegląd Zoologiczny vol. 8. pp. 5-9.

 

Smreczynski S., 1960 http://apps.isiknowledge.com/OneClickSearch.do?product=ZOOREC&search_mode=OneClickSearch&doc=3&db_id=&SID=V2@3jckENmhJ28cOC1F&field=SD&value=ZoologyNotes on Tenenbaum collection of Curculionidae; partial revision (spp. deleted from Polish list; corrected distribution). Fragm. faun., Warsaw Volume: 8 Pp: 423-430

 

Sumiński S.M & Tenenbaum S., 1921 Przewodnik zoologiczny po okolicach Warszawy. M. Arct Warszawa. 58 p.

 

Tenenbaum S., 1915 Fauna koleopterologiczna wysp Balearskich. Varsovie - Gebethner i Wolff. 150 p.

 

Żabińska A., 1968  Ludzie i Zwierzęta. Czytelnik Warszawa.

 

Dossier réalisé par :

Piotr Daszkiewicz, Service du Patrimoine Naturel Muséum national d'Histoire naturelle, 61 Rue Buffon Paris 75005 Cedex piotrdas@mnhn.fr

 

Jean Aikhenbaum, H.S.T.E.S,  Paris jean.aikhenbaum@wanadoo.fr

 

Avec participation de

 

Monika Junkiewicz, Archives Scientifiques de l’Académie Polonaise des Sciences (PAN) et de l’Académie Polonaise des Sciences et Lettres (PAU), ul. St. Jana, 26, 31-018 Kraków Pologne

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:51

Heck,bouffon pitoyable et sanguinaire

 

 

Lorsqu’en 1996 nous avons commencé à nous intéresser à la vache de Heck, il nous a été rapporté que nous n’arriverions pas à prouver que ce sinistre personnage était un criminel de guerre nazi directement impliqué dans les persécutions de populations civiles. Et pour cause, lors de l’avancée des armées alliées, Heck avait pris soin de détruire les archives qui auraient pu le compromettre. Or, ce qu’apparemment les admirateurs actuels de Heck ignoraient, c’est qu’une partie des archives a échappé à la destruction. Depuis la parution de notre travail, Heck intéresse de plus en plus de chercheurs aux USA, en Allemagne, en Pologne, Russie... et même en France. 

Nous avons ainsi appris :

1. Que le brillant professeur Heck, s’est vu refusé par trois fois son doctorat. Il ne l’a obtenu que grâce aux relations que son père entretenait avec le pouvoir. En 1934, dans un article paru dans Terre et Vie (édité par la société d’acclimatation de France) sont relatées les fameuses expériences de Heck dont Goering était si fier et qui consistait à recréer le bison d’Europe en le croisant avec le bison du Canada[1], de Pologne et du Caucase. Bien entendu et déjà à cette époque les expériences de Heck était non seulement considérées par les spécialistes comme ridicules mais également comme dangereuses puisqu’elles pouvaient mettre en péril la sauvegarde du bison européen.

2. Qu’en 1943, sous la tutelle de Heck grand défenseur des droits des animaux et écologiste notoire, les nazis ont « relâchés » trois ours à  Bialowieza. Nous avons mis relâché entre parenthèses parce que ces animaux n’étaient pas originaires de cette région. Les ours avaient été « confisqués » à des gitans roumains montreurs d’ours, avant leur départ vers les camps de la mort. Ni les hommes, ni les ours n’ont résisté au traitement du professeur Heck.

 

3. Au cours de cette même période Heck afin d’asseoir son autorité et de pouvoir mener à bien ses opérations de pillage a été l’instigateur de plusieurs centaines d’exécutions faites parmi les populations civiles. Celles-ci ce sont déroulées dans le Parc Askania Nova en Ukraine. Ces exécutions lui ont permis d’éliminer bon nombre d’opposants afin de pouvoir voler tranquillement les chevaux de Przewalski. C'est en raison de ces exécutions qu’il a été recherché par les pays de l’Est en tant que criminel de guerre. Comme on le voit, Heck n’était pas uniquement un théoricien, chargé de démontrer avec son pseudo aurochs la supériorité de la science allemande et de justifier les théories raciales nazies. C’était également un criminel directement impliqué dans la déportation de populations et l’exécution systématique d’opposants.

 

4. Lors de l’avancée des troupes alliées et afin de laisser le moins de trace possible, Heck a été l’un des responsables chargés de détruire les documents du ZOO de Berlin. Ceux-ci répertoriaient les animaux volés par les nazis dans les pays occupés.

 

 

 

(les 2 dernières informations proviennent d’un article consacrés aux derniers jours du ZOO de Varsovie -Gazeta Stoleczna nr 155, (Warszawa)993/07/06, page nr. 6

 

Les premières réactions que nous avons constaté, c’est que chez admirateurs de ce bovin, le H. qui désigne Heck dans le sigle de l’association SIERDA(H) a disparu. Le nom de Heck est apparemment moins employé.

Il nous a été également rapporté que notre travail a porté préjudice à ce bovin (à sa commercialisation probablement).

Il nous semble important de préciser :

que nous n’avons rien contre cette vache, ni même contre les promoteurs de ce que nous appelons une fumisterie nazie, dont le but était de participer à la justification de la solution finale (déportation des juifs, tsiganes, slaves, homosexuels ainsi que l’éliminations des handicapés). En revanche, il nous est insupportable de voir un bovin domestique présenter au grand public sous l’appellation mensongère d’aurochs, en omettant de dire que celui-ci est porteur d’IBR (voir notre dossier) et sans rappeler les raisons de sa création par les nazis.

Nous insistons spécialement sur le fait que dissimuler volontairement des informations essentielles sur cet animal constitue un mensonge par omission (puisque tous les spécialistes ou éleveurs de ces animaux ont eu connaissance de notre travail et que personne à ce jour n’a contesté son bien fondé). Il est également insupportable de voir les admirateurs des frères Heck glorifier leur passé en occultant leur implication directe dans l’appareil nazi, ainsi que les raisons et le contexte dans lesquels se sont déroulés ces pseudo-reconstructions, ces omissions volontaires constituent ipso facto une forme particulièrement pernicieuse de révisionnisme historique puisqu’elle est indécelable par la majorité de nos concitoyens.

 

 

 

 

 

 

                                            Faux aurochs de Heck

 

                                    Questions sans réponse  à ce jour 

 

 

 

 

 

1°) Le SIERDAH, tente de se justifier en disant qu’il n’est pas dans ses objectifs de faire l’éloge du nazisme et des frères Heck nazis notoires, dans ce cas :

 

-  pour quelles raisons, utilise-t-il dans ses nombreuses communications, pour présenter cet animal, le nom de Heck ? (voir internet, le site de l’école vétérinaire de Nantes et celui du SIERDAH).

 

Le sigle de cet organisme, est sans ambiguïté, il ne laisse planer aucun doute ni sur les objectifs recherchés, ni sur les motivations, (syndicat international pour l’élevage et la réintroduction de l’aurochs de Heck). Cet organisme se propose de « réintroduire »(sic) un animal qui n’a jamais existé et qui n’est qu’un bovin obtenu à partir de métissages récents. Aujourd’hui, le SIERDAH a modifié son intitulé en français, il s’annonce comme syndicat international pour l’élevage la reconnaissance et le développement de l’aurochs-reconstitué. En anglais et en allemand la définition reste toujours la même.

 

 

 

2°) Cet organisme dispose, d’après nos correspondants étrangers de moyens financiers importants puisqu’il a été fait état lors des négociations pour l’introduction de ce  bovin en Pologne de sommes de l’ordre de plusieurs millions de dollars. L’élevage de ces bovins* ne peut générer de profits de cet ordre :

 

- quelles sont les origines de ces fonds ?

 

 

 

3°)  Pour quelles raisons, lorsque les promoteurs associent cet animal à Heck, occultent-ils toujours :

 

a - le passé nazi de Heck et les fonctions importantes qu’il occupait dans l’appareillage            politique du 3ème Reich ? (rappelons que celui-ci était considéré comme le führer de la nature !).

 

b - les raisons et les circonstances qui ont amené les frères Heck à faire ce métissage ? 

 

 

 

4°) Quelles sont les réponses qu’apportent cet organisme aux graves accusations formulées par les instances politiques et professionnelles polonaises ? à savoir :

 

a)  le Ministère de la Protection de la Nature et des Ressources Naturelles de la République Polonaise a jugé ridicule le projet d’introduction du faux aurochs  (souligné par P.D et J.A) en Pologne.

 

 b) Le Conseil National de la Protection de la Nature de la République Polonaise dans un communiqué signé de son Président M. le professeur Zbigniew Glowacinski, qui s’est appuyé sur les opinions de ses experts dont parmi eux celle de M. le professeur Z. Pucek de l'Institut des Etudes de Mammifères, membre de l'Académie Polonaise des Sciences, Président du Bison Specialist Group SCC/IUCN et du Dr. J. Raczynski de l'Université de Bialystok, dans son communiqué celui-ci a donné un avis défavorable sur le :

 

"projet d'élevage et croisement de bovins au nord-est de la Pologne sous la dénomination malhonnêtede  réintroduction d'aurochs" (souligné par P.D. et J.A.).  Pour justifier les raisons de sa décision la commission a souligné :

 

Le caractère malhonnête de cette opération, puisqu’au regard de nos connaissances actuelles de la génétique, il est  impossible de reconstituer une espèce disparue, dans ce cas de figure, il s’agit bien évidemment d'une nouvelle race bovine et non d'aurochs.

 

c) La Commission  a également évoqué les dangers  que comportaient ce projet dans une zone de restitution de bisons (parmi ceux-ci, la possibilité de transmission d’épizooties bovines vers la faune sauvage ne peut être écartée P.D. et J.A), l'incompétence professionnelle des institutions qui ont été désignées pour exécuter ce projet, l’absence d'un programme scientifique et le risque écologique que peuvent présenter des introductions irresponsables d’animaux dans la nature. Les experts ont souligné également que  les buts et les moyens de ces élevages demeurent obscurs (souligné par P.D. et J.A.).

 

d) Quelles explications donnent le SIERDAH, sur la mort prématurée et mystérieuse d’animaux qui a été constatée ? Pour quelles raisons cette information n’apparaît-elle pas ni dans la présentation de cet animal,  ni dans "l'offre" faite à la Pologne (ceci est particulièrement grave puisqu’il est impossible d’exclure des risques épidémiologiques. Ceci nous fait dire dans un courrier adressé à Monsieur le Ministre de l’Agriculture :

 

Nous savons que la population de ce bovin est porteuse de rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Pour cette raison le Conseil de l’Europe a fait la recommandation suivante : Exclude the Heck cattle from the regulations aiming to declare the Dutch livestock free from IBR (cow fever). Les recherches actuelles démontrent que cette maladie virale est facilement transmissible (par les tiques, voir l’article de Taylor et all in Science) par l’intermédiaire de diverses autres espèces : les putois, les furets (Smith P.C. 1978), les buffles  (Hedger et all, les yaks (Zhang-Huixue 1987), les cervidés, les lapins (Lupton et all. 1979). Cette information de première importance était absente dans la documentation du projet destinée à l’exportation et au relâchement de ces vaches dans la nature en Pologne. Pourtant, ce projet irresponsable (terme utilisé par les experts polonais du Conseil National  de la Protection de la Nature), fort heureusement a été rejeté par les autorités polonaises. Celui-ci entre autres  présentait de graves risques sanitaires à savoir la transmission de l'IBR vers la faune sauvage et la création de « nouveaux réservoirs » de virus. La population de cette race bovine est actuellement porteuse d’une maladie virale grave sans qu’il en soit fait état sur les sites de présentation de ce faux-aurochs (comme à Rambouillet). Nous trouvons cette dissimulation d’informations essentielles pour le moins surprenante émanant de personnes titulaires d’un diplôme en sciences vétérinaires.

 

 

 

Que répond le Sierdah, à l’analyse que fait Monsieur le Professeur Zbigniew Glowacinski de l’Académie des Sciences de Pologne, qui s’exprime ainsi sur cet animal dans une lettre qu’il nous adresse :

 

Avec M. le Professeur Pucek, nous nous sommes opposés très fortement aux idées malades, (traduction littérale) qui consistaient à vouloir développer en Pologne de telles expériences commerciales, qui viennent en droite ligne des expériences de Heck. Nous vous rappelons que celles-ci auraient pu mettre en péril la restitution du Bison d’Europe (souligné par P.D et J.A).

 

Je sais que le Ministère en s’appuyant sur notre opinion à rejeté ce projet.

 

Je vous remercie vivement pour votre livre, qui relate cette histoire du « retour de l’Aurochs de Heck » et de la démagogie qui en ressort aujourd’hui. Votre livre messieurs, est sans aucun doute un commentaire de grande valeur, et nous vous devons pour votre travail toute notre estime.

 

- Que devons-nous penser des contradictions évidentes dans les propos du Ministre de l’Agriculture (courrier du 3 août 2000)

 

Le 16 décembre 1996, le Syndicat international pour l’élevage, la réintroduction et le développement de l’Aurochs de Heck (SIERDAH) dépose un dossier pour la reconnaissance officielle, en tant que race bovine, de l’Aurochs de Heck.

 

Le 1er juin 1997, vous informez le ministère de l’agriculture et de la pêche du passé nazi des frères Heck.

 

Le 29 décembre 1997, après avis de la Commission nationale d’amélioration génétique (CNAG), le bureau de la génétique animale informe Monsieur Guintard, Président du SIERDAH, que l’appellation d’Aurochs de Heck pose deux problèmes :

 

« - un problème de rigueur scientifique, dans la mesure où ces animaux ne sont pas des Aurochs, qui ont disparu au 17ème siècle.

 

- un problème possible d’éthique, puisque selon Messieurs Daszkiewicz et Aikhenbaum les frères Heck auraient joué un rôle important dans les milieux scientifiques nazis ».

 

En réponse, le 12 janvier 1998, Monsieur Guintard propose l’appellation « d’Aurochs-reconstitué » ; cette proposition est acceptée par la CNAG en tant race bovine....

 

Cette réponse appelle quelques commentaires :

 

Le Ministre reconnaît que ces animaux ne sont pas des aurochs, la CNAG a néanmoins donné son accord pour l’appellation « aurochs-reconstitué », comment cet organisme qui dépend du Ministère de l’Agriculture concilie-t-il les problèmes de rigueur scientifique avec l’utilisation de ce nom ?

 

Quant aux problèmes d’éthique, comment les services du ministère de l’agriculture expliquent-ils avoir accepter comme interlocuteur un organisme dont l’objectif est de réhabiliter un criminel de guerre nazi, qui fait de surcroît la promotion d’une supercherie scientifique nazie ?

 

- dans ce même courrier monsieur Glavany nous dit :

 

 qu’en 1999, après avoir recueilli l’avis de la CNAG autorité compétente, le ministère de l’agriculture et de la pêche a refusé de reconnaître le SIERDAH comme organisme tenant un livre généalogique, au motif que, dans cet acronyme le « H »  signifiait Heck.

 

Or, nous pouvons voir en consultant en consultant le site internet  www.brg.prd.fr/brg/pages/rga/bovins/6_som :

 

que le SIERDAH tient effectivement l’arbre généalogique de cet animal et de plus cette race bovine (issue de bovins domestiques) est considérée comme sauvage.

 



* 2000 en Europe en se rapportant à un reportage fait par la presse, chiffre certainement exagéré, les américains parlent quant à eux de 300 animaux. Il est fort probable que le chiffre réel oscille aux alentours de 500. En France d’après les données qui nous ont été transmises l’effectif total se situerait entre 173 et 202 animaux.

 



[1] Toutes ces expérimentations entraient directement dans le cadre de l’institution du national socialisme prônant l’amélioration et la diffusion de la race aryenne, celles-ci consistaient entre autres à l’extermination des porteurs de mauvais gènes et à la reproduction de tous les porteurs du sang pur aryen. De ce discours découle la nécessité par les nazis « race supérieure » de sauver l’humanité de la dégénérescence et de la guider vers la voie du progrès. E.Fisher- Le problème de la race et la législation raciale allemande ; Etat et Santé. Cahier de l’Institut allemand 1942 n°4. Fernand Sorlot.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:46

Histoire, Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société (H.S.T.E.S)

association loi 1901

Aurochs, le retour...d’une supercherie nazie                                  

Les réactions que nous avons reçues :

 (enregistrées par ordre d’arrivée)

 

Je vous remercie pour votre ouvrage et vous félicite pour votre travail.

Professeur-Dr. Jacek Oleysyn  spécialiste en écologie forestière - University of Minosota

 

Merci de nous avoir adressé une copie de votre publication, nous la référençons dans le Zoological record : 

Title [Aurochs. The return... of a Nazi hoax.]- Original Title - Aurochs. Le retour... d'une supercherie nazie
 Descriptors : Bos primigenius; HISTORY OF ZOOLOGY; PHILOSOPHY AND ETHICS; PALAEARCTIC REGION; Europe; GERMANY; Nazi exploitation of biological
reconstitution - Systematics.
MAMMALIA.. ARTIODACTYLA... BOVIDAE; Bos primigenius
 Supertaxa : Chordates; Vertebrates; Mammals
 Accession Number : 13602003480

Je vous remercie de m’avoir adressé votre ouvrage. J’ai déjà informé notre Ministère de la protection de l’Environnement et l’Institut de Protection de la Nature, dont le siège se trouve à Cracovie. J’ai suggéré également d’en faire une version en langue polonaise.

Prof. Zdzislaw Pucek  - Mamal Research Institute

Polish Academy of Sciences  - PI 17-230 BIALOWEZA (Pologne)

 

Merci beaucoup de m’avoir adresser un exemplaire de votre ouvrage : Aurochs, le retour d’une supercherie nazie. Il est bien présenté et intéressant. J’y retrouve des noms qui me sont familiers...

Dr Ute Deichmann - Historienne des Sciences, spécialiste de l’histoire de la biologie sous le nazisme Professeur de Génétique à l’Université de Cologne - Professeur à Haward

Couronnée par l’Université de Jérusalem.

 

Ce travail fort documenté, a conforté l’impression ou l’intuition que j’avais sur ce sujet depuis une dizaine d’années en particulier sur le caractère « glauque » de ce retour à la race pure à cette époque et dans ce pays.

Votre travail, s’il dérange un peu, nous permet de remettre un peu d’ordre et de rigueur dans nos idées en resituant les contextes idéologiques, politiques et scientifiques du moment....

Thierry Lecomte  - Parc Naturel Régional de Brotonne.

 

L’exemplaire de votre récent ouvrage Aurochs, le retour...d’une supercherie nazie, que vous avez eu l’amabilité de m’adresser il y a quelques semaines, m’est bien parvenu....je tiens à vous remercier vivement de cet envoi très instructif.

Liliane Bodson

Université de Liège - Séminaire d’Histoire des connaissances zoologiques

 

Je vous remercie vivement pour votre livre, qui relate cette histoire du « retour de l’Aurochs de Heck » et de la démagogie qui en ressort aujourd’hui. Avec M. le Professeur Pucek, nous nous sommes opposés très fortement aux idées malades, qui consistent à vouloir développer en Pologne de telles expériences commerciales, qui viennent en droite ligne des expériences de Heck (traduction littérale). Nous vous rappelons que celles-ci auraient pu mettre en péril la restitution du Bison d’Europe.

Je sais que le Ministère en s’appuyant sur notre opinion à rejeté ce projet. Votre livre messieurs, est sans aucun doute un commentaire de grande valeur, et nous vous devons pour votre travail toute notre estime.

Professeur Zbigniew Glowacinski

Académie des Sciences de Pologne

 

L’histoire d’une supercherie scientifique, des institutions d’Etat, l’Office National des Forêts, la Bergerie Nationale, l’Ecole vétérinaire de Nantes sont mêlés à une véritable tromperie scientifique. Elles font l’objet d’une promotion d’un animal, faussement appelé aurochs et créé de toutes pièces par des savants nazis, les frères Heck.... un Jurassic Park nazi...une bouffonnerie... une esbrouffe totale...une supercherie sur fonds public...

Fabrice Nicolineau - Politis n° 578 du 9 décembre 1999 (article disponible - 8 pages)

 

Voici un magnifique travail de recherche qui voit le jour grâce aux encouragements d’Actualité Juive, premier journal à avoir mentionné, sous la plume de Claude Meyer, l’effort de démystification des supercheries pseudo scientifiques nazies...

Actualités Juives n° 637 du  23 décembre 1999

 

Aurochs : se méfier des imitations, Cet animal à longues cornes qu’on présente dans certains zoos comme l’ancêtre de nos bovins domestiques n’est que la « reconstitution » approximative d’une bête sauvage dont la race est éteinte. Une « reconstitution » opérée par des scientifiques nazis...

Fabien Gruhier le Nouvel Observateur  13 - 19 janvier 2000

 

Je tiens à vous remercier vivement de m’avoir adressé votre dernier ouvrage.

Je suis persuadé qu’il contribuera à la lutte contre la résurgence des idées néo-nazies et alertera ceux qui de bonne foi, accorderaient crédit aux pseudo-théories scientifiques que vous dénoncez à juste titre...

Georges SARRE - Ancien Ministre,

Député de Paris 

 

Je vous félicite pour votre travail de recherche historique et scientifique qui prouve de manière irréfutable, une fois de plus que les thèses nazies n’étaient que des assertions controuvées et manipulatrices au service d’une idéologie d’intolérance et de domination.

Le dossier circonstancié que vous avez joint à votre lettre donne une information détaillée sur vos investigations…votre étude est un exemple significatif des pièges dans lesquels un esprit non averti peut tomber. Le travail de recherche que vous avez mené montre combien il est important de rester vigilant et d’exercer son esprit critique sur les informations que nous recevons….

Nicole Fontaine,

Présidente du Parlement Européen

 

Votre publication figure désormais  dans la bibliographie Nationale Israélienne. Celle-ci pourra être consultée désormais par toutes librairies à travers le monde qui dispose d’un rayon judaïca.

Nous vous remercions pour cet ouvrage qui présente un grand intérêt.

Yael Hacohen - Directrice des référencements

Université Hébraïque de Jérusalem

 

C’est une escroquerie scientifique, comme l’homme de PILTDOWN en anthropologie...cette bouffonnerie avec implantation possible dans les forêts européennes - De quoi laisser pantois. Encore bravo, pour ce livre que j’attendais depuis longtemps, alors que je m’apprêtais à faire un article en ce sens dans la revue « TOROS », je ne manquerai pas de commenter votre livre. Oui, c’est scandaleux même seulement sur le plan scientifique. Toutes mes félicitations ....

Docteur J.P FABARON

auteur de l’ouvrage « La Grande Famille du Taureau ».

 

Je tenais à vous exprimer mes plus vifs remerciements pour l’envoi de votre travail consacré à « aurochs - le retour...d’une supercherie nazie...c’est une œuvre, remarquablement documentée et multiple, dont l’originalité et la totale indépendance ont frappé immédiatement l’œil du juriste (et de l’universitaire..) que je suis...votre ouvrage constituera à cet égard un outil rare et précieux, particulièrement pour les jeunes étudiants et pour les chercheurs qui fréquentent notre Centre. Il est d’ores et déjà à leur disposition dans notre bibliothèque.

..... votre travail rappelle au moins les vertus de la vérité (au milieu des faussaires, manipulateurs et « révisionnistes » en tous genres), de la mémoire, et de la résistance...la minutieuse et rigoureuse entreprise d’investigation scientifique que vous avez menée à bien force le respect. Elle est au service de l’intérêt général et des valeurs que nous partageons....

Jérôme BENZIMRA-HAZAN- Ingénieur d’études en droit public

Secrétaire Général du Centre de Recherche sur les Droits de l’Homme et le Droit Humanitaire

Université Panthéon-Assas Paris II

 

Aurochs. Le sous titre « Le retour d’une supercherie nazie » rend bien le sens du travail de nos auteurs. « Nos », car le Courrier a publié en mai 98 en son n° 33, Aurochs, animal préhistorique ou retour d’une supercherie nazie ?...dans cet ouvrage, on trouvera détaillé le pourquoi et le comment de la création d’un « aurochs » par Lutz Heck, dans l’esprit du national-socialisme...

Le Courrier de l’Environnement de l’INRA, nov.99 - n° 38

 

Cet ouvrage est une source d’informations exceptionnelles. J’ai découvert que de nombreuses universités en Allemagne étudient la possibilité de gérer des espaces naturels avec de grands herbivores. L’intérêt semble se concentrer autour du bœuf de Heck. J’ai trouvé un rapport de WWF, qui propose de lancer un programme de « réintroduction de l’aurochs » dans la nature. J’ai écrit, afin de dire que je ne trouvais pas correct d’utiliser l’argent du contribuable ou de réunir des fonds privés pour encourager « un jouet zoologique », que je compare à une escroquerie. Cet argent devrait plutôt être utilisé à sauver les espèces en danger. Le bison européen qui est de fait un animal forestier effectuerait bien mieux le travail de conservation des espaces naturels qu’un vulgaire bovin. ... votre livre est un bon support au développement de mes théories.

Kristian Wendt  - Bison-info (Suède)

 

J’ai lu avec un grand intérêt votre ouvrage ‘Aurochs, le retour d’une supercherie nazie’. Permettez-moi de saluer ce travail exemplaire, riche d’informations. .....merci de votre courrier qui va nous donner l’occasion de préciser notre information sur cette supercherie....

Alain Raveneau - Rédacteur en chef adjoint

Rustica Hebdo

 

Merci de m’avoir adresser votre ouvrage, outre qu’il me permettra de perfectionner mon français, je trouve qu’il est particulièrement intéressant.

Dr Anna Lee Pauls, Université de Princeton

 

Je vous remercie, votre ouvrage est réellement très intéressant. J’avais déjà entendu parler de ce faux aurochs. Cela me fait penser à la tentative de Max von Stephanowitz qui voulait recréer l’original du  chien germain. Je termine en ce moment un ouvrage intitulé :  « Les animaux dans le 3ème reich, animaux familiers, boucs émissaires et  holocauste ».  Je parlerai de votre ouvrage dont l’intérêt mérite qu’il connaisse auprès du public un grand  retentissement.

Dr Boria Sax Université de New York

 

Le retour de la vache d’Hitler, article publié par Gazeta Magazyn - les auteurs actuels de cette fumisterie, sont dénoncés dans aucune complaisance : des charlatans ressuscitent une supercherie nazie... un impact écologique dangereux... le risque épidémiologique d’une telle introduction de vaches est réellement présent.. Adam Wajrak 30 mars 2000 (article de 10 pages en langue polonaise - disponible sur demande)

 

Je veux vous dire mon intérêt pour votre travail sur « les aurochs, le retour d’une supercherie nazie ». Vous démontrez magistralement que ces théories n’ont de scientifiques que le nom, et qu’elles participent d’une propagande intolérable.

Jack Lang - Ministre de l’éducation nationale.

 

La "vache d’Hitler" est de retour, ... une écologie fondée sur la pureté des races... un véritable danger pour la biodiversité... derrière la réapparition du faux aurochs se cache un organisme bizarre mais très puissant qui porte le nom de SIERDAH, ...un vulgaire croisement de vaches.... (condensé en français de l’article paru dans Gazeta Magazyn) – photocopie disponible sur demande.

Courrier International n° 499 du 25 au 31 mai 2000

 

Il a toujours été clair que cet animal est un bovin et doit être considéré comme tel....je comprends vos inquiétudes et votre vigilance et je tiens à vous assurer que je partage votre préoccupations de bannir toute démarche qui pourrait s’apparenter à une tentative de réhabilitation des frères Heck.....Des consignes très strictes ont dores et déjà été données aux établissements qui détiennent ces animaux concernant la communication à destination du public.

Jean Glavany, Ministre de l’Agriculture

 

Aurochs idéologique, illusion génétique,

peut-on reconstituer le patrimoine génétique d’un animal sauvage par hybridation de races domestiques ? certains y ont cru, pour servir l’idéologie nazie de pureté des races. Ce fut le cas de Lutz Heck. Une race bovine que l’on persiste à désigner comme l’aurochs de Heck rappelle cet épisode peu glorieux de la zoologie...

Sciences et Avenir, juillet août 2000, hors série 123

 

La fédération nationale de la Libre Pensée m’a transmis votre livre « Aurochs - le retour d’une supercherie », ce dont je vous remercie. Je ne connaissais pas cette falsification au service de la promotion d’un dignitaire nazi. Je ne manquerai pas d’écrire une note de lecture pour notre mensuel La Raison.

Jean Dubessy animateur de la Commission Sciences de la Libre Pensée. 

 

Toutes mes félicitations, pour la publication de votre 'Aurochs' et vos révélations sur la connerie nazie. Je prépare l'édition d'un livre destiné principalement à mes étudiants du cycle  'Histoire des Idées en Biologie'. Puis-je me servir de vos illustrations ?  Bien à vous.

Professeur Carlos Almaça - Zoologiste, Historien des Sciences, Université de Lisbonne.

 

Mille mercis, votre livre m’a vivement intéressée et me concerne....je tâcherai de faire connaître votre aurochs...

Professeur Elisabeth Ardouin-Fugier

 

 ....Je dois vous dire aussi que votre travail de dépistage dans l'affaire "faux aurochs" est très bien accueilli en Pologne et que votre  livre suscite un intérêt considérable.

Professeur Zygmunt Vétulani

 

....votre dossier est convaincant et inquiétant. Il ne faudrait pas en effet que la louable écologie d’aujourd’hui serve à la reviviscence de tristes manipulations. Je ne sais si l’affaire de la « vache de Hitler » va se trouver en évidence du fait de toutes les inquiétudes actuelles.

Professeur Alain Corbin - Centre de Recherches en Histoire du XIX° siècle

 

Il est regrettable que les organisateurs de la manifestation n’aient pas eu vent des éléments que vous relevez dans votre lettre et dans votre ouvrage. J’ai informé ce jour M.Deiss, qui vous remercie de nous avoir contactés.

Je tiens toutefois à vous rendre attentifs au fait que la demande de patronage qui nous fut soumise) l’époque ne nous permettait en aucune façon de déceler une éventuelle irrégularité "technique". Contrairement aux organisateurs et aux autres membres du comité d’honneur, le ministre des affaires étrangères, invité en tant que Fribourgeois, n’est d’ailleurs pas un connaisseur averti des questions animales.

Alexandre Mossu, Collaborateur personnel du Chef du Département des Affaires Etrangères (Suisse)

 

J’ai l’avantage d’accuser réception au nom de M. Pascal Couchepin, Conseiller Fédéral, de votre envoi du 10 janvier dernier. Le Chef du Département fédéral de l’économie a pris connaissance avec beaucoup d’attention de vos remarques et commentaires relatifs à l’idéologie qui accompagne la reconstitution de l’Aurochs de Heck. Il vous remercie de l’avoir informé sur cette problématique importante et sur les abus qui peuvent en découler.

Raphaël Saborit, Collaborateur Personnel du Chef du Département Fédéral de l’Economie (Suisse)

En ma qualité de directeur d’un établissement public national, je me dois d’être attentif à d’éventuelles tentatives insidieuses de développement d’idéologies intolérables au sein de notre démocratie. Compte tenu de la dimension de ce dossier, je compte le soumettre pour suite à donner, à mon autorité de tutelle, en l’occurrence le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Je vous tiendrai informé des éventuelles suites que mon administration souhaitera donner à cette affaire.

Professeur Gilbert Bonnes, Directeur par intérim de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse.

 

Je viens tout juste de terminer la lecture de votre ouvrage et qui révèle qu’il ne s’agit pas uniquement d’une fraude scientifique, mais montre l’échec et la trahison de ceux qui prétendent être des intellectuels. C’est l’époque de la trahison des clercs, quel siècle! Nous devons préserver la mémoire, tout comme Sakharov. Bravo encore pour votre ouvrage. En fonction de vos informations, je vais pouvoir mettre de l’ordre dans mes idées, je prépare un article sur ce sujet. Vous ne pouviez pas mieux tomber.

Professeur Franck Fox - Historien, chercheur, auteur de nombreuses publications, couronné pour ses travaux par de nombreuses universités ; publié par Washington State University, Harper/Collins, etc.

 

Merci beaucoup pour votre livre sur les "aurochs". Je n'avais jamais rien lu auparavant sur ce sujet. Ce sujet est tellement passionnant que je l’ai lu d’une traite. Dommage que le ZOO a Barcelone n'expose pas cet animal, j’aurais pu faire un article pour dénoncer cette supercherie. Cette histoire est incroyable. Votre travail est bien documenté.
Miquel Molina - "La Vanguardia" a Barcelone

 

J’ignorais tout de cette supercherie concernant les faux aurochs et vous remercie très vivement de m’avoir informée. En ce temps de négationismes fréquents et de négation de la réalité, il est bon que des organismes comme le vôtre rétablisse des vérités.

Corinne Lepage Ancien Ministre de l’Environnement.

 

Merci d’avoir bien voulu me faire parvenir votre ouvrage. J’ignorais tout de cette histoire d’aurochs, laquelle s’apparente à tant d’autres fables pseudo-scientifiques nazies, inventées ou, comme dans le cas de l’Atantide par exemple, adaptées à la cause brune. Je vous remercie aussi de votre vigilance. Il faut traquer la bête, bien réelle celle-là, partout où elle se terre. Croyez bien, Messieurs à mes sentiments très cordiaux.

Elie Barnavie - Ambassadeur d’Israël en France.

 

Je vous accuse bonne réception du livre : Aurochs le retour.... d’une supercherie nazie, dont je viens de terminer la lecture, ainsi que des documents annexés. Je vous remercie de me l’avoir adressé. Comme beaucoup de biologistes et paléontologues, j’avais entendu parler de la tentative de « reconstitution » des aurochs, du caractère à bien des égards « sulfureux » de cette tentative et de son contexte, mais n’étant pas du tout spécialiste de ces questions, je n’y avais pas attaché grande importance et croyais l’affaire terminée depuis longtemps. A cet égard, votre travail m’a éclairé. Il cite une bibliographie pratiquement inconnue en Europe occidentale (sauf peut être de quelques rares spécialistes) et dévoile la poursuite actuelle d’une tentative bien discutable à divers point de vue....  Tel qui est, je crois qu’il constitue une tentative de démystification fondée sur un effort de probité intellectuelle qu’il faut saluer....

A.  de Ricqlès - Professeur au Collège de France, Chaire de Biologie historique et Evolutionnisme

 

  

Suite à votre courrier concernant l'"auroch", j'ai procédé derechef à la modification dans notre site sur le papier concernant le domaine du Ciran. Comme vous pourrez le lire en vous rendant sur le site, j'ai donc remplacé le terme "auroch" par "une vache issue d'un croisement de quelques races bovines".

Je vous remercie pour votre courrier qui m'a permis d'apprendre une chose que j'ignorais concernant cette supercherie et qui m'a fort intéressé.

En espérant avoir ainsi répondu votre attente.

 Marc Vassal, Conseil Général du Loiret

 

Vous avez eu l’obligeance d’informer Luc Ferry de l’action conduite par l’association H.S.T.E.S pour démystifier l’escroquerie scientifique que constitue la re-création par le criminel de guerre nazi Heck de l’espèce disparue des aurochs et pour dénoncer l’utilisation qui en est faite aujourd’hui dans le domaine éducatif, laquelle s’avère d’autant plus regrettable qu’elle contribue à valoriser le concepteur de cette supercherie.

Monsieur le Ministre me charge de vous remercier de l’envoi de ce dossier qui a retenu toute son attention, il en a prescrit l’examen approfondi et l’étude des mesures qui s’avèrent nécessaires….

Agnès Evren - Chef de Cabinet, Ministère de la Jeunesse – Education Recherche

 

Jallon, Emmanuelle, 2002, Aurochs, l'éternel retour... Patrimoine, tourisme et controverse à la Ferme de l'Aurochs, Université de Besançon, mémoire de maîtrise.

 

Merci pour cette lecture fort instructive. Un petit tour sur le Net montre qu'il y a encore du chemin à faire mais que vous avez bien avancé depuis la publication du livre. Bien cordialement,
 Georges Métailié  Directeur de Rcherches au CNRS.

 

Actuellement au monde il n'y a plus d'aurochs et une espèce disparue ne peut pas être reconstituée même par des croisements aléatoires...L'aurochs reconstitué est une simple vache …

C'est un Bos taurus et non primigenius. Ils ne possèdent pas les critères de différenciation: taille, morphologie des cornes, dimorphisme sexuel... J'ai fouillé pas mal de grottes avec de vrais aurochs....

 Ces aurochs dit reconstitués proviennent de croisements d'espèces domestiques dans les années 30  par les frères Heck, criminels de guerre nazi Après avoir lu plusieurs articles sur les néo-aurochs et suite aux doc que vous m'avez parvenir (vous constaterez que je n'ai rien inventé et que je me suis fortement inspiré de vos textes), j'ai réagi par les 2 textes en doc. attaché. Théoriquement je dois intervenir  en juin prochain aux journées de la préhistoire de Valflaunès... les faunes anciennes qui existent encore....bref Merci encore pour votre doc et très cordialement vôtre

Jean-Yves Crochet - Université de Montpellier 2 - Gestionnaire de RNR

Paléontologue et membre de la Commission Patrimoine Géologique de RNF...

  

l’ouvrage est référencé dans de nombreux catalogues universitaires notamment par :

- le catalogue on line du British Museum

- ISIS (importante revue américaine consacrée à l’histoire des sciences)

- persoonlijke mededelingen P.63   

- par la prestigieuse revue de la Station Zoologique de Naples : History and Philosophy of the Life Science (vol 22 nr 1 - 2000).) - Cet ouvrage est également mis à la disposition des chercheurs,
- par The Natural History Museum

- la Bibliothèque de l'Institut d'ethnologie et du Musée d'ethnographie de Neuchâtel (Suisse) etc.

- Database – 2951436408 - http://www.pitbossannie.com/rps-s-national-socialism-and-science.html

Cattle Breeding Europe /Urus Reintroduction Europe./ Fraud in science./ National socialism and science.

 

Nos premiers résultats ... !

- malgré les pressions exercées par l’organisme falsificateur, la médiatisation de cette supercherie a pu se faire avec le concours de nombreux médias, tant professionnels que grand public. 

- Après avoir eu connaissance de notre travail :

le Ministère de la Protection de la Nature et des Ressources Naturelles de la République Polonaise a jugé ridicule le projet d’introduction du faux aurochs  (souligné par P.D et J.A) en Pologne,. Le Conseil National de la Protection de la Nature de la République Polonaise dans un communiqué signé de son président M. le professeur Zbigniew Glowacinski, qui s’est appuyé sur les opinions de ses experts dont parmi eux M. le professeur Z. Pucek de l'Institut des Etudes de Mammifères de l'Académie Polonaise des Sciences et Président du Bison Specialist Group SCC/IUCN et du Dr. J. Raczynski de l'Université de Bialystok a donné un avis défavorable sur le :

"projet d'élevage et croisement de bovins au nord-est de la Pologne sous la dénomination malhonnête de  réintroduction d'aurochs" (souligné par P.D. et J.A.).  Pour justifier les raisons de sa décision la commission a souligné :

- Le caractère malhonnête de cette opération, puisqu’au regard de nos connaissances actuelles de la génétique, il est  impossible de reconstituer une espèce disparue, dans ce cas de figure, il s’agit bien évidemment d'une nouvelle race bovine et non d'aurochs.

- La Commission  a également évoqué les dangers  que comportaient ce projet dans une zone de restitution de bisons (parmi ceux-ci, la possibilité de transmission des épizooties bovines vers la faune sauvage ne peut être écartée P.D. et J.A), l'incompétence professionnelle des institutions qui ont été désignées pour exécuter ce projet, l’absence d'un programme scientifique et le risque écologique que peuvent présenter des introductions irresponsables d’animaux dans la nature. Les experts ont souligné également que  les buts et les moyens de ces élevages demeurent obscurs (souligné par P.D. et J.A.).

Ce projet malhonnête et irresponsable, et nous ne pouvons que nous en féliciter a échoué en Pologne en partie grâce à notre travail. Nous sommes particulièrement étonnés, qu’aucune sanction à notre connaissance, n’ait encore été prise à l’encontre des fonctionnaires qui ont montés et couvrent encore cette supercherie. Nous trouvons également scandaleux, que malgré notre mise en garde une chaîne de télévision telle que M.6, se soit associée en toute connaissance de cause à la médiatisation de cette sulfureuse arnaque. 

En conclusion, nous pouvons dire que :

le faux aurochs de Heck est un bovin ordinaire. Il est porteur d’une maladie virale grave, transmissible. Les objectifs recherchés par les actuels « reconstructeurs » bien qu’ils s’en défendent consistent à promouvoir une supercherie scientifique destinée à réhabiliter le nazi Heck ».

 

 

L’ensemble du dossier est consultable sur demande.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:35

           Quelles auraient été  les peines encourues par Heck, s’il avait été jugé ?

 

Afin de répondre à cette question, nous avons consulté deux spécialistes :

- un professeur de droit pénal à l'Université de Poznan, auteur de plusieurs ouvrages sur la responsabilité juridique des criminels nazis ;

- un  professeur de droit pénal de l'Institut de Droit de PAN, l’Académie Polonaise des Sciences.

     Pour ces juristes, cette question doit être analysée en fonction  de trois actes législatifs différents, ceci en raison  de la situation compliquée dans laquelle se trouvait la Pologne après la guerre.

 

1.) au regard  du code pénal de la République Polonaise de 1932 ;

2.) au regard des décrets du Président de la République Polonaise en exil ;

3.) au regard de la loi de la République Populaire de Pologne, particulièrement à partir du décret de 1944 sur la responsabilité des criminels, qui pendant l'occupation hitlérienne de  Pologne, ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

    

 

     La peine qu’aurait encourue  Heck pour ses crimes, en se référant au  code pénal de 1932 (article 259), vu le décret présidentiel spécifique à l'état de guerre (Décret du 1/09/1939) et vu le décret présidentiel du 19/03/1928 était la peine capitale en l’absence de circonstances atténuantes. Cette peine pour être appliquée aurait dû être prononcée à l'unanimité.

 

     En se référant aux  décrets du Président de la République Polonaise en exil (et plus particulièrement au décret du 31/03/1943 art. 6) Heck était passible de   la peine capitale ou de la peine de prison à perpétuité.

 

     En se référant au décret du 31/08/1944 (Art. 2) Heck pour ses agissements était passible d’une   peine qui ne pouvait être inférieure à trois ans de prison ferme et pouvait aller  jusqu’à la peine capitale en passant par la peine de prison à perpétuité.

 

Les crimes commis en Pologne par  Heck ne sont pas ses seuls agissements criminels. Son engagement nazi, dans les  plus hautes sphères de la propagande et son rôle clé dans l'appareil administratif, n’ont jamais fait l'objet d'une quelconque enquête ou instruction judiciaire. L’exemple du physicien Philippe Lenard, chantre de la physique aryenne, auteur du Deutsche Physik (livre qui tente de démontrer la conception raciste de la science), condamné à quatre ans de travaux forcés est significatif. Lenard, contrairement à Heck n’était qu’un simple théoricien et n’a à aucun moment participé à la concrétisation de ses projets. Malheureusement, le rôle des intellectuels dans les crimes de crimes de guerre et contre l’humanité sont toujours occultés. Les rares ouvrages sur ce sujet restent pratiquement inconnus en Europe[1].

Heck, pour seule conséquence de ses crimes, a été après guerre   écarté de toutes fonctions dans les organismes internationaux de protection de la nature,  et  n’a plus jamais occupé de poste important dans la fonction publique dans l’Allemagne dénazifiée.

 

                                                     Chapitre 7

                 L'affaire du "faux-aurochs" face à l'éthique scientifique

 

On le sait assez, l'intérêt des savants n'est pas toujours d’accord avec l'intérêt des sciences.

 

Lamarck

 

La vérité, en effet, ne transige pas : celui qui la recherche doit faire preuve de la plus grande probité morale ; s'il n'en est pas ainsi, il est vite démasqué.

 

François Prevet[2]

 

 

L’éthique dans les recherches scientifiques est, l’une des préoccupations  de la communauté scientifique, mais est aussi celle des médias. Les fraudes semblent être plus fréquentes qu’on ne le pensait auparavant[3]. Quelques pays ont créé des organismes pour surveiller les dérives éventuelles au niveau des recherches et des pratiques scientifiques[4]. A ce titre l'affaire du "faux-aurochs" est particulièrement intéressante. Rarement dans l'histoire des sciences, il n’a été possible de rencontrer  une telle  situation dans laquelle tant de principes de l’éthique scientifique ont été bafoués.

 

Nomenclature naturaliste et éthique

 

Mme Aline Raynal-Roques, professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle fait remarquer[5] que  le nom d'une espèce "doit être utilisé pour l'espèce à laquelle il s'applique, quelles que soient la nature et la signification de ce nom. On ne peut que conseiller d'éviter à tout prix la mode passagère, le bizarre et le ridicule lorsque l'on a à nommer une plante"[6]. Comme exemple  de "nom bizarre" l'auteur de ce livre mentionne le  nom d'une plante (Kalanchoë salazari) dédié au dictateur portugais. Certes dans le cas du "faux-aurochs" il ne s'agit pas du nom d'une espèce mais seulement de la dénomination d'une race bovine. Dans ce cas précis, il existe des règles de  bonnes moeurs scientifiques à respecter. En baptisant sa vache  "aurochs de Heck", le SIERDAH a enfreint trois de ces principes essentiels.

 

Manipulation de données historiques

 

Dans la présentation de ce "faux-aurochs" les auteurs du SIERDAH, font  souvent appel à des données historiques. Fort curieusement, leurs textes contiennent des  informations sur les (vrais) aurochs, par ailleurs très intéressantes et bien connues, comme celle de la protection des aurochs par l'administration royale  de Pologne, ou aux notes prises par des voyageurs naturalistes sur les derniers aurochs ou bien encore donnent un aperçu de textes anciens.  Le seul problème est qu’aucune de  ces données n’a de près ou de loin, de rapport réel avec l'histoire de la "vache de Heck". Le rapprochement n’est fait,  bien évidemment que pour  crédibiliser cette supercherie, ce qui constitue manifestement une manipulation de données historiques.

Ce qui est encore plus frappant, c’est la façon dont est faite la présentation des informations qui sont abondantes sur les vrais aurochs. En revanche, nous ne trouvons rien  qui se rapporte aux  faux-aurochs, cette histoire n’existe pas pour ces auteurs ! Il est impossible  dans ces publications d’en trouver trace, malgré la profusion de sources bibliographiques qui sont disponibles  sur la supercherie du "faux-aurochs". Le premier que nous pouvons prendre et qui est significatif : dans les articles publiés et cités par le SIERDAH nous ne trouvons nulle part d’informations qui rappellent le contexte dans lequel se sont déroulées les "expériences de Heck". Pas une seule parmi toutes les abondantes citations à "la gloire du 3ème  Reich" présentes dans les travaux originaux de Heck, ne figure dans le travail du SIERDAH. Le nom du Reichmarechal Goering personnage clé, n’apparaît nulle part. Pourtant sans sa participation active, l'introduction de ce "faux-aurochs" dans la nature aurait été totalement impossible. Comment ne pas mentionner  (occulter) un personnage aussi célèbre ? C’est au Reichmarechal Goering que revient tout le mérite de cette introduction, puisque cette opération a été considérée comme une affaire d’état et a fait l’objet d'un décret spécial qu’il a signé personnellement[7]. Sans ce concours providentiel, la vache de Heck serait restée ce qu’elle est réellement un bovin ordinaire, et sans lui aujourd’hui, cette vache serait à sa juste place dans les poubelles de l’histoire[8].

Heck était très reconnaissant au Reichmarechal Goering pour tout l'intérêt que celui-ci portait aux "faux-aurochs". Il le considérait  comme un "grand protecteur de la nature". Nous ne savons pas pourquoi dans les bibliographies sur les "faux-aurochs" n'apparaît jamais une publication fondamentale de Heck. Il s’agit d’un article crucial qui décrit  la pseudo-reconstruction de l’aurochs, intitulé "Hermann Goering, der Schützer des deutschen Urwildes" publié par Heck en 1943 à Munich dans Wild und Hund. Cette  revue nazie destinée aux  chasseurs a fait paraître dans ses colonnes  plusieurs articles sur les "faux-aurochs". Toutes ces références bibliographiques sont également absentes dans les publications du SIERDAH.

La manipulation des sources historiques ne s'arrête pas à l’association abusive entre la "vache de Goering" et l’aurochs, ni même à occulter les circonstances et les sources historiques qui démontrent la relation étroite entre le nazisme et cette supercherie. Dans les articles qui accompagnent la commercialisation du "faux-aurochs" nous ne trouvons jamais non plus les moindres traces de la discussion des naturalistes au sujet du statut de cet animal.  Depuis les années trente le statut du "faux-aurochs" ne fait plus aucun doute pour les spécialistes.

Le verdict ne laissait planer aucun doute, l’animal en question était une race bovine récente. Mais chose curieuse, ces travaux ne figurent pas non plus dans les publications que nous proposent le SIERDAH.

Mieux encore parfois les textes sont utilisés, mais les passages  qui ne vont pas dans le sens qu’en attendent les vendeurs du "faux-aurochs" sont censurés. A titre d’exemple nous pouvons citer le travail de M. Karol Lukaszewicz. A plusieurs reprises dans les publications faites par les auteurs du SIERDAH, les informations sur les circonstances de la disparition des derniers spécimens d'aurochs dans la forêt de Jakotorow en Pologne en 1627, sont relatées. Ces informations ont pour origine les travaux de K. Lukaszewicz. Ce naturaliste prépara une thèse sur la disparition des derniers spécimens d'aurochs. Cette thèse a été publiée[9] et jusqu'à ce jour,  c'est la principale source qui traite de  ce sujet, elle fait office de référence. Depuis le travail de K Lukaszewicz a été cité plusieurs centaines de fois, par quasiment la totalité des auteurs qui ont travaillé sur la disparition de l'aurochs. Le SIERDAH a repris et cite les faits établis dans la thèse de cet auteur. La thèse de K Lukaszewicz se termine par quelques phrases au sujet de la "pseudo reconstruction d'aurochs". Cet éminent spécialiste écrit que l'animal dont il est question n'a rien à voir avec l'aurochs, qu'il s'agit d'une nouvelle race bovine. C'est d’ailleurs M. Karol Lukaszewicz qui est l'auteur de cette excellente métaphore,  ou il explique que le "faux-aurochs est à l’aurochs ce que le berger allemand est au loup". Il est étonnant que cette partie très intéressante de sa thèse (pourtant par ailleurs largement utilisée et citée) n'est jamais prise en considération ni même mentionnée dans les publications qui accompagnent  la commercialisation  de ce  "faux-aurochs". Citer une source historique et reprendre  uniquement la partie qui "convient à l'auteur" et occulter le reste est considéré être une manipulation de l'information. D’une manière générale, toutes les instances s’accordent à dire, que ce type de démarche disqualifie un chercheur.

 

Un cas flagrant de  falsification d’une donnée scientifique.

 

Parfois, hélas très rarement, il arrive que des naturalistes retrouvent une espèce considérée comme disparue. Ces informations sont particulièrement importantes et relèvent pratiquement toujours du sensationnel. Cela a été dernièrement le cas pour le faisan d'Edwards retrouvé au Vietnam grâce à l'action de WWF et, il y a quelques dizaines d'années pour celle du kangourou Parnaba wallaby[10], retrouvé dans une des îles australiennes. Ces deux espèces étaient considérées éteintes depuis longtemps. Dans des situations semblables, la simple déclaration des naturalistes sur leurs observations est suffisante, jusqu'à la confirmation des données pour publier l'information sur l'espèce "disparue", retrouvée. Bien évidemment une photo est une preuve qui confirme l'observation, et en plus elle est considérée être d’une  grande valeur scientifique.

Si quelqu'un arrivait à retrouver un aurochs (espèce éteinte en 1627) ou mieux  encore si il était possible de voir des spécimens en captivité, cela  serait sans aucun doute l’une des plus sensationnelles communication scientifique du vingtième siècle. Même la simple publication de la photo d'un aurochs serait un événement historique sans précédent. Malheureusement ceci n'est plus possible cette espèce a totalement disparue.

Nous avons constaté avec  étonnement que durant ces quelques dernières années plusieurs photos d'un animal ont été publiées[11]avec comme description aurochs. Bien évidemment l'animal représenté sur la photo ne saurait être un aurochs. Nous nous trouvons donc devant un cas flagrant de falsification d'une donnée scientifique!!!

Nous avons voulu savoir ce qui se passe habituellement dans une falsification de ce type. Pour répondre à cette question nous avons consulté des documents, qui touchent à la fraude scientifique, publiés par des institutions considérées par la communauté scientifique internationale comme des références. "Procedure in case of suspected scientific misconduct", règles adoptées par le Sénat de Max-Planck-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften en novembre 1997, rapporte que  la manipulation d'une représentation ou d'une illustration (un trucage ou la manipulation d’une photo ou une fausse description qui accompagne un document ou une photo) est citée comme un exemple de  falsification de données scientifiques. La découverte de ce type de comportement de la part d'un chercheur donne obligatoirement lieu à une enquête officielle destinée à démasquer la manipulation  scientifique.

A toutes fins utiles, nous signalons que la réglementation "anti-fraude" de cette prestigieuse société savante prévoit des sanctions contre les auteurs de  fraude et  contre les personnes qui ont participé  d’une façon active dans  ce qui est défini comme une  mauvaise conduite scientifique[12]. Sont compris  dans cette catégorie, les tentatives faites par des supérieurs pour couvrir les fraudes d'un chercheur. La participation passive est également repréhensible.

Plusieurs sanctions sont prévues pour l’utilisation  de données falsifiées[13], ou la publication de ce type d’information. Elles consistent en premier lieu  à destituer les fraudeurs  de leurs diplômes ou à les priver de leurs  licences professionnelles jusqu'à ce que l’instruction des plaintes fassent l’objet d’une poursuite pénale.

Nous avons consulté la réglementation et les pratiques de l’Office of Reserach Integrity, cette institution  surveille du point de vue de l’éthique les scientifiques américains. Dans des cas semblables (description fausse d'une photo) la sentence prononcée interdit pratiquement toujours aux  chercheurs qui ont truqué des données de travailler pour des institutions publiques américaines.   D’autres sanctions disciplinaires accompagnent habituellement cette interdiction, elles sont très variables, mais généralement plus sévères que les mesures qui frappent les chercheurs européens indélicats.

 

Le révisionnisme historique et la réhabilitation du nazisme

 

Dédier le  nom d'un animal à la mémoire d'un naturaliste est considéré dans le monde scientifique comme l’un des plus grands honneurs que l’on puisse lui décerner. Vouloir honorer ainsi une personne responsable de crimes commis, tant en Allemagne que  dans les pays occupés est révoltant et inexcusable. Nous avions tout d’abord pensé que les personnes qui font l’éloge de Heck et le "sortent des poubelles de l'histoire" en accréditant ses supercheries  ignoraient tout de ses "activités" en Pologne et en Biélorussie sous l'occupation. Nous pensions que le fait que ce criminel avait été l’un des plus proches conseillers d'Hitler, leur avait échappé. Pourtant, nous avons vite été convaincus du contraire. Les institutions et les personnes qui commercialisent  les "faux-aurochs" sont indiscutablement des professionnels et ils citent les travaux de Heck très souvent dans leurs publications. Ce dernier n'a jamais caché ses "sympathies" ni la fierté qu’il éprouvait, parce que "le Reichmarechal s’était personnellement impliqué dans l'introduction de ces vaches dans la Pologne occupée". Il n’a jamais dissimulé que l’un de ses principaux buts était "la gloire et la pérennité du 3ème Reich". Dans les travaux des naturalistes originaires des pays occupés on retrouve de nombreuses notes sur Heck, qui rapportent notamment le vol des collections et la description de "sa brillante carrière" au sein de l'appareil administratif nazi. Comment des spécialistes qui, par la force des choses ont été obligés de lire ces travaux, auraient-ils pu  ignorer ces  faits ? Nous leur laissions le bénéfice du doute. Mais leurs courriers adressés au Courrier de l'environnement de l'INRA ont bien confirmé   que ces "admirateurs de Heck", connaissaient ces faits. Dans les réponses qu’ils formulent,  ils écrivent que notre article n'apporte aucun fait nouveau. Ceci est exact, puisque nous avions alors travaillé sur des données connues[14]. Par cette déclaration ils reconnaissent implicitement, qu’ils avaient connaissance des pratiques de Heck en Pologne entre 1941 et 1944 et de son comportement en Allemagne nazie.

L’éloge de Heck dépasse largement le cadre "d'un révisionnisme ordinaire". Les révisionnistes déclarent que les atrocités des nazis et l’Holocauste n’ont jamais existé. Dans le cas de la "vache de Heck", les auteurs par leur réponse laissent entendre qu’ils savent que Heck est responsable de crimes commis dans les pays occupés et en Allemagne,  et que l’hommage qu’ils lui rendent ne doit pas tenir compte de  son passé de criminel, mais a uniquement pour but de valoriser une supercherie scientifique élaborée dans une des périodes les plus sombres de l’histoire humaine.

Traditionnellement dans certains corps de métiers,  il existe une règle de solidarité professionnelle entre ceux qui vivent  dans des pays démocratiques et jouissent de liberté et ceux qui n’ont pas cette chance et qui vivent  dans des systèmes totalitaires. Ainsi les journalistes occidentaux s'organisent et défendent leurs confrères persécutés pour des raisons politiques dans diverses parties du monde. Dans le monde scientifique cette solidarité est considérée être une partie particulièrement importante de l'éthique professionnelle. Dans tous les pays occidentaux, la liberté est une condition de bon fonctionnement de la science, les scientifiques ont devoir non seulement de rechercher la vérité mais aussi de la défendre. C’est pour cette raison que des chercheurs du monde entier ont fait pression sur les autorités soviétiques pour obtenir la libération  d’Andrei Sachkarov. Tout ceux  qui portent un intérêt à l'histoire des sciences naturelles des années trente et quarante connaissent le sort tragique qu’ont subi les naturalistes et chercheurs des pays occupés[15].

Il suffit de lire quelques publications de cette époque[16] pour savoir que plusieurs grands naturalistes ont été victimes du nazisme. Les professeurs de l'Université de Cracovie ont tous été déportés dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Parmi eux se trouvait M. Siedlecki,  grand zoologiste et pionnier de la protection de la nature. Les professeurs de l'Université de Lvov ont été exécutés juste après la prise de cette ville par l'armée allemande. Joseph Paczoski, pionnier de la phytosociologie, directeur de la réserve d'Ascania Nova[17] qui a été  le premier directeur du Parc National de Bialowieza est mort des suites "d’un interrogatoire" de la gestapo. Roman Kuntze, spécialiste de renommée internationale dans le domaine de la zoologie forestière a été fusillé avec sa femme, les premiers jours de l'Insurrection de Varsovie en août 1944. Plusieurs zoologistes connus pour leurs travaux sur les aurochs (les véritables) ont courageusement combattu le nazisme, il suffit de citer Karol Lukaszewicz, membre actif de la résistance et organisateur de l'enseignement clandestin. Jan Zabinski[18], spécialiste du bison d'Europe, officier de la résistance  six fois médaillé pour son courage[19]. Il est pour nous incompréhensible que l’on puisse aujourd’hui choisir de faire  l’éloge au criminel nazi Heck et non à ces naturalistes importants, qui ont été ses victimes. Ceci est contradictoire à la tradition de solidarité professionnelle (mais aussi de solidarité humaine tout simplement)[20].

     Il nous est difficile d’accepter cette version de l'histoire qui fait que Heck est présenté en tant que victime de guerre[21]. Dans  la publication de M. Guintard[22] on peut lire que "l'expérience de remise en liberté (des faux-aurochs PD et J.A) fut par la suite stoppée par la seconde guerre mondiale". Nous allons presque plaindre ce "pauvre Heck" de n’avoir pu continuer de travailler à Bialowieza à cause de  ...la fin des hostilités.

Voilà encore une façon  pour le moins très étrange "d’interpréter l’histoire".

La seconde guerre mondiale a plutôt "offert" à Heck des opportunités inespérées. Non seulement celles de voler les collections naturalistes, de s’approprier les résultats de travaux d’autres scientifiques, mais également celle de relâcher ses faux-aurochs dans la Forêt de Bialowieza. Cela aurait été irréalisable en temps de paix  du fait que cette forêt était protégée par l'administration polonaise (une grande partie avait déjà le statut de Parc National).  Cela aurait été impossible également, parce que les naturalistes polonais étaient très réservés quant aux  introductions de nouvelles espèces dans la nature. La dernière des raisons est que pour tous les naturalistes qualifiés, cet animal n’a jamais été un aurochs et que cette vache ordinaire  ne présentait  aucun intérêt particulier.

Il est invraisemblable de croire que Heck aurait eu la possibilité de relâcher ses "faux-aurochs" dans un site aussi prestigieux que celui de la Forêt de Bialowieza, sans  l'envahissement de ce pays par l'armée allemande (ni même ailleurs en Pologne, les relations avec l'Allemagne étaient très tendues longtemps avant la guerre). La guerre n'a donc pas stoppée "ces expériences" mais bien au contraire,  elle les a rendues possibles. Certes l’histoire peut se prêter à  diverses interprétations. Il y a toutefois des limites que nous impose la vérité historique. Considérer que de telles circonstances soient responsables de la  "fin d'une remise en liberté " (sic!) ne mérite aucun  commentaire.

 

Quelques autres questions éthiques

 

L'affaire de ce "faux-aurochs" est intéressante également pour d’autres raisons. C’est  l'éthique professionnelle des "gestionnaires des espaces naturels" qui se trouve en cause. La gestion écologique est un métier difficile qui justifie une responsabilité spécifique. Une action irresponsable ou l'usage de fausses données peut avoir des conséquences tragiques et aller jusqu'à provoquer une catastrophe écologique irréversible.

"Les spécialistes ont ainsi montré que les actions de réintroduction (sensu stricto) et de translocations étaient des opérations coûteuses et qu’elles ne devraient être mises en place que lorsqu’elles constituaient la seule solution possible pour le maintien ou le retour de l’espèce concernée. Ces actions doivent de toute façon être soigneusement raisonnées et préparées en s’inspirant de directives techniques et déontologiques élaborées par les instances compétentes : recommandations du Conseil de l’Europe, Guideline de l’UICN, Chartres déontologiques  nationales à l’image de celles qui ont été proposées en France pour la loutre et pour la flore etc. D’une manière générale ces opérations devraient être limitées au cas des espèces les plus rares et les plus menacées dont on ne connaît qu’un petit nombre de populations naturelles et dont l’habitat est lui-même menacé. Il faut noter cependant qu’il peut parfois y avoir une opportunité à réintroduire une espèce qui n’est pas forcément très rare ou menacée, mais qui peut être considéré comme un "phare", car porteuse localement d’une symbolique particulière".[23]

Quelle place faut-il accorder au projet de l’introduction  du faux aurochs ? Il ne s’agit pas de réintroduction, ni de retour d’un animal dans son habitat naturel. Le bœuf domestique n’est nullement menacé de disparition. Le seul symbole qui s’attache à ce faux aurochs, est celui du 3ème Reich.

Le  métier  "d’écologue gestionnaire" est relativement récent et son code professionnel n'est pas encore bien défini. Il a des similitudes avec celui des médecins,l’une des premières règles que se doivent d’observer les professionnels est  primum non nocere. Leur premier devoir est d’évaluer quelles peuvent être les conséquences de la  publicité faite autour de ce "faux-aurochs", qui visent à  l'usage de ces animaux sans aucune nécessité réelle (entre autre dans le projet de son introduction en Pologne) et sans études préliminaires. En agissant ainsi, on court le risque d'endommager  irrémédiablement des  zones de grandes valeurs naturalistes, qu’il est impératif de protéger.

Il nous faut examiner la responsabilité qui découle de la vulgarisation des connaissances scientifiques. Dans  le monde des spécialistes l'accord est unanime, cet  animal n'est pas un  aurochs, mais bien un bovin ordinaire. En revanche, personne à notre connaissance jusqu'à ce jour ne s’est offusqué de voir  le  terme "aurochs" utilisé en tant que nom vernaculaire, dans les publications destinées au grand public. Doit-on considérer que les  auteurs qui sciemment utilisent le nom d’aurochs pour désigner  la "vache de Goering" divisent la population en deux catégories: les spécialistes (qui connaissent le statut réel de l'animal) et les autres qui ne disposent pas de connaissance suffisantes. Ceux-ci s’en remettent à des professionnels qui les  trompent, et qui les font payer pour voir un aurochs, alors qu’ils sont en présence de vaches ordinaires, qu’ils pourraient  voir gratuitement dans n’importe quel pré. L’une des premières règles qu’un chercheur qui désire vulgariser des connaissances scientifiques se doit d’observer est un minimum de principes éthiques et ne pas véhiculer de fausses connaissances. Cette supercherie est proposée à des écoliers dans le cadre d’excursions éducatives. Est-on en droit d’enseigner à des jeunes comme "une réussite scientifique" ce qui n’est qu’une supercherie nazie, et de leur faire croire  qu’une "vache" est un  "aurochs" ? Comment comprendre et admettre, que   la réhabilitation d’un criminel de guerre entre dans un  programme d'éducation destiné à  la jeunesse d’un pays démocratique ?

 

"L'Aurochs reconstitué

aujourd'hui : quel statut, quelles perspectives ?".

Le SIERDAH, dans la lettre qu’il adressait au Courrier de l’Environnement de L’INRA, proposait ce titre en réponse à notre article. Ainsi que nous l’avons démontré, ce titre est à lui seul un non sens : Il n’y a pas d’aurochs, il ne peut y avoir de reconstitution. Cet animal ne peut avoir le statut (celui d’aurochs) sur lequel lorgnent ses actuels "reconstructeurs", et parler de perspectives relève de la fantaisie. Tout discours de ce type, crédibilise une supercherie nazie et participe à la réhabilitation d’un criminel de guerre.  Cet animal est un bovin, qui n’offre aucune particularité, il concurrence les races rustiques et les projets écologiques sérieux. Il  est le symbole de la pureté raciale nazie et de la gloire du 3ème Reich, la seule place qui est la sienne et qui lui revienne de droit est de retourner ainsi que son créateur dans les poubelles de l’histoire.

 

Abstract

 

 

The story of the false aurochs is undoubtedly one of the greatest examples of scientific misinformation in the twentieth century. In some European countries the products of recent inter-breeding of fully domesticated cattle are presented and sold as aurochs, regenerated aurochs, or Heck's aurochs. An ordinary artificial selection is presented as the reconstruction of an extinct species. The introduction of these bovines is presented as the reintroduction of the auroch in Europe. This work analyses the history of this scientific skulduggery. The authors recount the story of the Heck brothers' experiments with bovine breeding and their announcement that they had reconstituted aurochs, a species that became extinct in the seventeenth century. They exame the debate caused by the Heck brothers' declaration in the 1930s.

The concept of the reconstituted auroch was initially invented and exploited to the full by the Nazi propaganda machine. Heck was a high-ranking officer in the Third Reich, a member of the SS and one of Hitler's most trusted advisors. The ideological purpose of the reconstituted auroch was to prove the superiority of Nazi science and to herald the return of ancient German and Aryan values. Hermann Göering was personally in charge of organising the "auroch return to nature". The authors of this work had access to little-known documents concerning Heck's experiments, but also to the fact that he organised the pillaging of naturalist collections in German-occupied countries: he personally commanded and supervised the theft of herds of small primitive horses from the Bialowieza National Park in Poland, and repeated this act by stealing the European bison from various zoological gardens in Poland, and the herds of Przewalski horses from Askania Nova in the Ukraine. The authors devote a special chapter to the Nazi idea of environmental protection, the lamentable results of which are evident for all in Bialowieza National Park. They go on to analyse the second life of this example of Nazi propaganda: the falsification of the biological and ecological status of "Heck's cattle", as they are known today, and the manipulation of historical sources. The publication by the INRA of an article on the "true story of the false aurochs" gave rise to a scientific debate in France on the question of ethics in zoological research. The authors provide a summary of this debate and comment on the issues at stake.



[1]Weinreich M. 1946,  Hitler's professors. The Part of Scholarship In Germany's Crimes Against The Jewish People. New York,

[2]dont Morale et  métier. La Recherche scientifique Ed. du Recueil,  Sirey Paris

[3]voir le dossier Science comes to terms with the lessons of fraud publié par Nature (vol. 398/ 4 mars 1999)

[4]comme  l’Office of Research Integrity aux Etats-Unis ou Committee on Scientific Dishonesty au Dannemark

[5]La botanique redécouverte Ed. Belin et INRA Editions

[6]ceci est bien évidemment valable pour les animaux (P.D. et J.A)

[7] cité par Heck

[8] le nom de "vache de Goering" convient parfaitement à cet animal, bien  plus que "aurochs" "aurochs reconstitué" ou même "aurochs de Heck", puisqu’il est évident que Goering joua dans cette fumisterie un rôle aussi important que Heck.

[9]Ochrona Przyrody n°20/1954

[10] Fleming C. et Bull P.1988 Kazimierz Antoni z Granowa Wodzicki 1900-1987 Proceedings of the royal society of New Zeland 116.

[11]Voir les photos sur la page 184- dans Aurochs le Retour , aurochs, vaches et autres bovins de la préhistoire à nos jours.

[12] "scientific misconduct"

[13]comme par exemple la photo d'une vache avec comme  inscription "aurochs"

[14] en revanche, pour la réalisation ce cet ouvrage, nous avons consulté des travaux peu connus.

[15]Il est intéressant de rappeler que le monde scientifique se mobilisa déjà avant la guerre pour défendre les chercheurs victimes du nazisme et condamner les nazis. Le microbiologiste américain, prix  Nobel, Selman Waksman retira son nom de la rédaction des périodiques scientifiques allemands et refusa d'organiser un congrès international des sciences du sol, en Allemagne. Ce scientifique s’exprimait ainsi  "Je condamnais en termes non équivoques, non seulement le gouvernement nazi et tous ceux qui le servent, mais aussi ceux qui sont disposés à accepter ses faveurs, comme par exemple, l'invitation en question, et à servir ainsi d'instruments de propagande nazie. Réunir le congrès en Allemagne, dans les conditions actuelles, ce serait porter atteinte à la science elle-même et rabaisser sa renommée dans le monde" (Selman A. Waksman Ma vie avec les microbes Ed. française Albin Michel 1964)

[16] pour les spécialistes du bison d'Europe et de l’aurochs c'est une nécessité professionnelle en raison de  l'importance qu’ont encore aujourd'hui ces travaux.

[17]les travaux faits dans cette réserve sont considérés comme "classiques" pour l'écologie mais aussi pour la biologie de grands herbivores.

[18] ces travaux on été également publiés en anglais, font mention des activités "politiques" de Heck

[19]indépendamment  de diverses médailles militaires polonaises,  il a été distingué également par Akdal Yad Washem (l’une des distinctions suprêmes israélienne accordée aux justes parmi les nations).

[20]le SIERDAH n'est pas unique à faire ce type de  démarche. Le "révisionnisme historique" et l'insulte à la mémoire des victimes figurent parfois dans certains titres de la presse naturaliste. Dans  un article d'Auguste Francotte "Ernst Jünger ou l'entomologiste écrivain (Lambillionea N° spécial 1998); consacré à un  naturaliste allemand, vous pouvez trouver des révélations du genre ce naturaliste "refusa aux facilités de l'exil" (nous n'avons jamais pensé que Thomas Mann qui a fui les bourreaux nazi a choisi "la facilité de l'exil" sic!) ou encore "il a vu sa patrie  (l’Allemagne)..., à partir de 1943, livrée à la fureur aveugle d'ennemis, qui on le sait aujourd'hui , étaient à peine moins criminels" . Puis le texte est suivi par un éloge aux soldats nazi "victimes des alliés". Nous pouvons apprendre également que ce naturaliste était  en 1942 "en mission d'inspection sur le front du Caucase". Nous apprenons également que les officiers alliés chargés de la dénazification  n'étaient que des "imbéciles moins perspicaces que leurs homologues  nationaux-socialistes" (sic!). L'auteur nous apprend aussi que "Churchil et Roosvelt ont prolongé la guerre d'un an et demi, sinon d'avantage"!. Toutes ces révélations sont publiées dans un journal naturaliste, censé ne s'occuper que de coléoptères, apparemment publié dans le seul souci d'instruire  de "jeunes lecteurs qui n’ont connaissance de l'histoire que par quelques films de cinéma". Nous signalons ces cas graves de falsifications historiques, car contrairement aux publications littéraires, ou politiques ces revues naturalistes ne font l’objet d'aucune  sanction.  Pourtant elles sont lues par plusieurs milliers personnes. Il est facile ainsi de promouvoir des idées révisionnistes dans des revues qui apparemment ne sont pas censées  de s'occuper d’histoire ou de politique.

[21]Présenter les scientifiques allemands responsables de crimes comme "des victimes" n'est pas un démarche nouvelle. La thèse d'après laquelle le régime nazi était anti-intellectuel et persécutait "tous les scientifiques" même si  ce type de discours est contraire à la vérité est souvent utilisé par des  auteurs qui veulent  réhabiliter ou minimiser l'importance de l'engagement volontaire de nombreux scientifiques allemands dans les crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Dernièrement la célèbre revue scientifique Nature signale ce type de pratique et polémique avec cette "vision de l'histoire" (voir Quirin Schiermeier Dispute erupts over Nazi research claims Nature vol 398 de 25 mars 1999

[22] Bull. Soc. Sc. Nat. Ouest de la France, nouvelle serie tome 18 (1) 1996)

[23] Maurin H et Olivier L. 96 - Aspects historiques  Naturopa 82

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:20

"L’aurochs de Heck" ou comment est réhabilité et couvert d’éloges un criminel de guerre nazi.

                            

 

Lorsque SIERDAH, affuble sa vache du nom "aurochs de Heck", cet organisme falsifie non seulement le statut de l'animal, mais rend également hommage à Heck[1]. Nous pensons que les activités criminelles de Heck durant cette période, auraient dû faire l’objet d’un procès et que lui faire un quelconque éloge constitue une insulte à la mémoire de ses victimes. Aujourd’hui, il est trop tard pour que justice soit rendue aux victimes du nazisme et de Heck. Nous pensons que relater les circonstances qui ont permis l’élaboration de cette sombre supercherie, est le seul moyen de ne pas oublier la véritable histoire de ce "faux-aurochs", c’est aussi notre devoir de mémoire. Contrairement à Monsieur le Président du SIERDAH, nous ne pensons pas que relater les crimes perpétrés par les nazis est un "débat d'un autre âge"[2]. Ici, n'est pas la seule divergence entre nous et le SIERDAH. La pratique qui consiste à crédibiliser une supercherie scientifique nazie quel qu’en soit l’objectif ne peut avoir notre assentiment, et ceci un demi-siècle après l’Holocauste.

Heck a bénéficié au cours de son existence, d’une chance peu commune qui perdure jusqu'à aujourd’hui, puisque certains en affublant cette vache du nom d’aurochs de Heck, considèrent devoir faire ainsi son éloge. 

Haut fonctionnaire de l'appareil administratif et politique nazi, il a exercé des fonctions criminelles dans une région où la résistance était très forte. Tout au long des hostilités, plusieurs de "ses acolytes" responsables de crimes furent exécutés par les partisans, lui échappa à toutes les actions de la résistance. Des concours exceptionnels de circonstances lui ont permis de jouir tout au long de "sa carrière" de ses crimes et de ses forfaits  :

- Lors de la défaite de l’armée allemande, tant en Ukraine qu’en Pologne il a pu fuir et éviter de tomber dans les mains des soldats de l'armée soviétique. Ces derniers étaient sans pitié pour les fonctionnaires nazis même d’un rang inférieur à celui de Heck.

- Il n’a jamais été arrêté et confronté à la justice des pays dont les citoyens ont été victimes de ses agissements. Le rideau de fer et les dissensions entre l’est et l’ouest ont servi pleinement ses intérêts et de plus l’ont mis à l’abri de représailles.

- Il a joui d'une impunité totale et a profité des fruits de ses crimes, sans être le moins du monde inquiété et ce jusqu'à fin de sa vie, qui s’est achevée à Wiesbaden en 1983.

Il a eu la chance de commettre ses actes délictueux dans un système où le nombre de responsables de crimes était trop important. Il a échappé à la justice, par le fait qu’après la victoire des alliés, les instances internationales submergées, étaient dans l’incapacité de récupérer tous les dossiers et de les instruire. Les pièces compromettantes avaient disparu ou avaient été détruites avant la libération des territoires occupés.

Ce concours exceptionnel de circonstances que nous avons évoqué, lui épargnèrent comme à tant d’autres toutes poursuites judiciaires. Aujourd’hui, après avoir fait le rapprochement entre les différents témoignages, nous pouvons affirmer que ses crimes ne sont connus que partiellement[3]. Nous ne saurons probablement jamais qu’elles étaient ses responsabilités exactes dans les exécutions massives qui eurent lieu dans la région de Bialowieza et quels étaient leurs liens avec les introductions des faux-aurochs.

Ce qui est certain, c’est que sans son concours actif, cette introduction n’aurait pu avoir lieu. Il en a été l’organisateur, le promoteur et son implication criminelle était totale. Cette supercherie d’Etat par les retombées qu’elle devait avoir, était de "première importance pour les intérêts du 3ème Reich" et placée sous la haute protection et surveillance de la Wermacht et des SS.

La situation politique de l’après-guerre était si paradoxale, que les victimes spoliées par Heck eurent des difficultés à récupérer les biens volés. Cela a été le cas du professeur Tadeusz Vetulani qui n'a pu obtenir les autorisations nécessaires[4] pour se rendre dans la zone allemande placée sous contrôle américain. Il ne lui a pas été possible de faire de déposition devant les tribunaux, ni de participer de façon effective à la recherche des chevaux d'élevage "konik Polski" volés à Bialowieza (cette expérience avait été organisée et dirigée avant la guerre par Vetulani). Il n’a pu effectuer des recherches pour récupérer toute la documentation scientifique utilisée impunément après la guerre par Heck.

Une partie des agissements criminels de Heck, sont bien connus et ont fait l’objet de travaux. Les "activités" de ce sombre personnage, haut fonctionnaire du Reich et proche conseiller d'Adolphe Hitler, ami et protégé de Goering sont décrites  dans de nombreuses publications naturalistes publiées après la seconde guerre. C'est entre autre, l’une des raisons pour laquelle nous ne pouvons admettre que le SIERDAH[5], qui ne peut ignorer ces faits, en affublant sa vache du nom "d’aurochs de Heck" considère que ce criminel est digne d’éloge. Nous sommes scandalisés qu’il soit possible de dissimuler des crimes de guerre sous l’euphémisme d’une "polémique sur les frères Heck"[6].

Heck pendant la seconde guerre ne s’est pas limité à organiser des chasses ou des orgies avec ses "parteigenoses" (ses acolytes du NSDAP). Lorsque l’on examine les responsabilités qui lui étaient confiées, il est facile de comprendre comment a pu évoluer "la brillante carrière" de ce "führer de la protection de la nature". Les dirigeants nazis étaient obnubilés par la justification de leurs théories raciales. Leurs "recherches" sur la pureté et l’origine des races, étaient fondamentales, elles devaient légitimer "scientifiquement" le bien fondé de leur politique raciste. Heck avait donc pour charge de crédibiliser cette théorie, c’est ce qui a influencé de manière décisive, sa position au sein de l'appareil de propagande et d'administration du Reich. "Le national-socialisme, c'est la biologie appliquée à la politique" se plaisait à dire Hans Schemm, ministre bavarois national-socialiste[7]. On comprend mieux ainsi, la logique dans laquelle s’inscrivaient les nazis, et le rôle-clé des "recherches" de Heck qui allaient justifier le génocide. Sa carrière exceptionnelle, n’a pu avoir une telle ascension, que parce que ce personnage était corps et âme dévoué au Führer et au Reich, de plus, il bénéficiait de l'amitié et de la protection personnelle du Reichmarechal Goering.

 

                                                     Chapitre 6

Faits et méfaits ou :

l’irrésistible ascension de Lutz Heick

 

1. Les étroites relations de Heck avec les nationalistes et l’extrême droite allemande ont débuté bien avant l’arrivée d'Hitler au pouvoir. Il était d'ailleurs très fier de son "engagement politique"[8]. Ces appuis lui ont facilité grandement la tâche, à tel point que pendant les années économiquement très difficiles pour l'Allemagne, Heck trouvera toujours facilement d’énormes moyens pour mener à bien "ses travaux". Dans les années trente, il évince ses concurrents éventuels et devient l'un des plus importants fonctionnaires du 3ème Reich. Avant le début des hostilités, il organise des répressions contre les autres naturalistes allemands. Ces répressions avaient plusieurs objectifs, tout d’abord écarter de leurs fonctions les naturalistes qui ne jouissaient pas de la confiance du NSDAP, de ne pas gêner son ascension, et lui assurer l'exclusivité des "recherches" dans des domaines considérés cruciaux par les idéologues nazis. Parmi les victimes se trouvaient des naturalistes de renommée internationale comme le Dr Kurt Priemel, qui fut obligé de démissionner de son poste de Président de l’International Society for the Protection of the European bison. Grâce à l'intervention personnelle d'Herman Goering, Heck fut imposé à un poste important dans ce prestigieux organisme international. Mme Erna Mohr dont les travaux servent jusqu'à nos jours de référence dans le domaine de la biologie et de l'histoire du Bison d'Europe fut écartée de ses fonctions à la direction du the Pedigree Books. Heck confia cette tâche importante et prestigieuse à l'un de ses jeunes assistants, peu qualifié mais, contrairement à Mme Mohr, qui lui était dévoué et était un nazi bon teint.

 

2. Les nazis étaient dans une position critique au niveau international, leur politique ne trouvait guère d’ouverture à l’extérieur et l’armée allemande n’était pas encore prête pour entreprendre une guerre et "partir à la conquête" du monde. L'opinion publique internationale, qui a connaissance des menaces qu’ils font peser sur les pays voisins, des répressions antisémites et de l’assassinat des opposants politiques en Allemagne leur est profondément hostile. Plusieurs scientifiques et hommes de lettres, combattent ouvertement le système nazi et appellent au boycott de l’Allemagne, parmi eux se trouvent Albert Einstein, Salomon Waksman et Thomas Mann. Les idéologues et les politiciens nazis comprennent le danger que représente l'isolement politique de l'Allemagne qui va de pair avec la consolidation du mouvement antifasciste à l'étranger. Il leur faut à tout prix, mobiliser tous les moyens pour minimiser la "mauvaise image" du Reich et crédibiliser sa politique. Heck, est l’homme providentiel, puisqu’il est capable par "ses travaux" de cautionner ses collègues du NSDAP. Démontrer le savoir faire et les mérites de l'Allemagne nazie dans le domaine de la protection de la nature est un atout indispensable pour légitimer ce régime. Mais Heck, dans l'orchestration de la propagande pro nazie destinée à l'étranger va encore beaucoup plus loin. Il tentera de "prouver" que grâce à Hitler la protection de la nature n’est plus un vain mot et que dorénavant, elle est effective. Il s'engage dans une série de campagnes de manipulations sans précédent, qui ont pour premier objectif la désinformation et la falsification de données scientifiques et historiques. Il préparera le Nazi Pedigree Book[9] des Bisons d'Europe ou tout le mérite de la sauvegarde du bison d'Europe, contrairement à la réalité historique, doit être attribué à l'Allemagne et plus précisément à Hitler[10]. C'est le début de guerre qui va retarder l’élaboration de ce livre. Les dirigeants du Reich se souciaient alors peu de leur image et ils attribuaient beaucoup moins d'importance à ce travail. La victoire des alliés mettra définitivement fin au Nazi Pedigree Book contrairement aux autres supercheries de Heck, comme celle du faux-aurochs qui perdure.

 

3. Redorer le blason des nazis  à l'étranger n'était pas la seule préoccupation de Heck. Il rendra d’importants services à la propagande qui voulait justifier auprès du peuple  allemand sa politique de répressions. Le pangermanisme et surtout l'idéologie du "retour vers les sources" en ont été la clé de voûte. Le pouvoir totalitaire nazi,  avait besoin de l’assentiment de la population. Ce n'étaient évidemment pas la liberté d’expression,  les élections,  ou les droits de l'homme qui étaient à même de justifier le nouvel ordre établi. Les théories raciales justifiaient l’élimination des "races inférieures" ou "des races dégénérées". Seuls quelques individus devaient être épargnés et réduits en esclavage au service de  "la race supérieure".

Heck a travaillé de façon intensive sur les deux aspects qui concourraient à démontrer la "supériorité germanique". Comme zoologiste, c’est l’un des plus importants scientifiques nazis qui s’impliqua dans la justification des théories racistes (voir ses préoccupations sur la conception de la dégénérescence des races et des espèces). Son autre scoop, a été de ressusciter une espèce disparue, omniprésente dans la mythologie et dans l'histoire germanique. "Modestement", à plusieurs reprises, il déclarera que ressusciter ce "descendant au sang pur des antiques habitants des forêts germaniques" n'a été possible que grâce à la bienveillance et à l’intérêt que portait personnellement à son travail, le führer Adolphe Hitler et le Reichmarechal Herman Goering. 

Les activités de Heck durant cette période, étaient bien connues des spécialistes et elles furent vivement critiquées après la guerre. Une seule phrase publiée (en anglais) de Jan Zabinski [11] est significative, "l'intention de Heck a été de convaincre  la nation, que sous la tutelle  du Führer, toutes les anciennes valeurs germaniques y compris celles qui englobent la nature vont être régénérées".

 

4.   Après l'invasion de la Pologne par la Wermacht,  Heck, se rendit immédiatement dans ce pays pour  imposer  "l’ordre nouveau" et  "les anciennes valeurs germaniques". Sa vache, avait pour mission de jouer le rôle de l'aurochs qui "ressuscite" à Bialowieza, grâce à la victoire de la Wermacht et à la "politique éclairée du Führer". Accompagné de l'appareil de propagande, protégé par unités de SS en raison du risque que faisait courir les "polnische banditen"[12] sur "le retour de l'aurochs", Heck  introduisit  quelques unes de ses vaches dans la nature[13]. La mascarade idéologique que constituait la  supercherie de la réintroduction de ces faux-aurochs, n'était pas la seule raison de sa "venue" en Pologne. Il préparera soigneusement, organisera et surveillera le pillage des prestigieuses collections naturalistes, d’animaux rares en provenance des élevages et des résultats de recherches scientifiques. Il connaissait bien les travaux des zoologistes polonais faits avant la seconde guerre, sur l’élevage des chevaux primitifs[14], des bisons d'Europe, ainsi que les recherches sur les véritables  aurochs. Dans ces domaines, les chercheurs polonais jouissaient d’une renommée internationale. Sans le moindre scrupule, il s’appropriera  leurs collections et leurs travaux. Ces vols programmés et  organisés ne peuvent être considérés comme un pillage ordinaire de biens, ni même comme  un simple de vol de recherches scientifiques. Dans le programme politique des nazis, la  Pologne devait cesser  d’exister. Heinrich Himmler demandera à un groupe de "scientifiques" allemands de préparer un plan   d'occupation de l'espace situé à l'Est du "Stabshauptamt Planung und Boden". Cet objectif  passait par l’élimination systématique des slaves, cette extermination était programmée avec précision et devait intervenir immédiatement  après celle de la population juive. L’élimination physique des habitants du territoire polonais était indispensable, pour assurer le lebensraum "espace vital" nécessaire à la "race supérieure". La destruction de toutes  traces de la culture polonaise et l’élimination de l'intelligentsia étaient le premier pas, qui devait mener à bien,  la réalisation de cette politique. Les prémices commencèrent en septembre 1939, à la  suite de (l’) operatzionen sonderkommando A,  les professeurs de l'Université de Cracovie furent déportés à Sachsenchausen, les professeurs de l'Université de Lvov, exécutés juste après la prise de la ville par l'armée allemande. La destruction des institutions scientifiques (y compris des collections naturalistes) et la falsification des sources historiques faisaient partie de ce même programme. Tous ces éléments doivent être pris en compte pour  avoir un aperçu de l’étendue des activités criminelles du nazi  Heck[15].

 

Le point de la recherche allemande sur le passé nazi de Heck et sur  l'histoire du "faux-aurochs"

 

     Le passé nazi de Heck n’a  jamais été un mystère. Tout ceux qui  s’intéressent à l'histoire de la zoologie de cette période connaissent le véritable caractère de ses "recherches". Il existe un travail remarquable, publié dans Der Bär von Berlin, revue berlinoise, consacré au travail de ce personnage au sein du parti  nazi. L'article de M. Kai Artingen s’intitule : Lutz Heck: Der "Vater der Rominter Ure" Einige Bemerkungen zum wissenschaftlichen Leiter des Berliner Zoos im Nationalsozialismus et est paru dans le n°43 en 1994. Il est répertorié sur différentes bases de données et figure également dans des bibliographies scientifiques (dont celle de la prestigieuse revue ISIS). Cette revue, est facilement accessible en France. Le travail fait par M. Kai Artingen est connu des spécialistes. L'auteur a pris soin d'analyser les publications de Heck dans la presse nazie. Il a également effectué des recherches dans les archives allemandes. Nous sommes surpris que cette étude ait échappée aux spécialistes qui travaillent aujourd’hui sur "l’aurochs de Heck". Ce travail fourmille d’indications très utiles, ainsi M. Kai Artingen a enquêté auprès des zoologistes et des institutions qui furent les victimes des vols organisés par Heck. L'article est accompagné d’une  photo de Heck en compagnie de son ami et collègue du  NSDAP, le reichmarechal Hermann Goering, ce cliché a été  pris au cours d’une rencontre de hauts fonctionnaires nazis sur le terrain. L'autre photo représente la page d'une revue nazie Völkischer Beobachter (du 13 mars 1940) ou dans un article Nationalparks für Grossdeutschland,  Heck explique son credo politique sur le nazisme et la protection de la nature.

                       Qu'apprenons-nous de l'étude de M. Kai Artingen?

1. Les relations des frères Heck ainsi que celles de leur  père Ludwig Heck avec les nazis étaient très étroites et de longue date. Dans la recommandation qu’il fait, Ludwig Heck, souligne que son fils est un "jeune nazi exemplaire". A plusieurs reprises les hautes autorités nazies décernèrent des distinctions aux trois membres de la famille Heck. Plusieurs documents des archives nazies montrent que les frères Heck, Hermann Goering et même Adolphe Hitler entretenaient des liens d’amitié étroits. Ces documents apportent la preuve  que ces relations sont à l'origine de la "carrière scientifique fulgurante" de Heck.

 

2. Lutz Heck était membre des SS depuis au moins 1933, (avant cette date  l’organisation était semi-secrète,  on ne peut que supposer  sa présence au sein des SS avant cette date)[16].  Il était membre de diverses organisations nazies comme "Deutschen Arbeitsfront",  "NS-Volkswolhart", "Volksbundes f.d. Deutschtum i. Ausland", "Reichskulturkammer "Reichsluftschutzes" et "Kolonialbund(es)", dans cette dernière, il était très actif, et fervent partisan du  "retour" à l'Allemagne des colonies. Son appartenance à cette organisation remet en question le  but officiel de ses voyages en Afrique : celui d’effectuer  des observations faunistiques. Nous avons tout lieu de supposer que ces voyages dissimulaient des missions de renseignements destinés aux services secrets nazis (P.D. et J.A.). Le voyage qu’il a effectué dans les années trente au Canada avait été organisé sur ordre personnel de Hermann Goering. Heck était également proche collaborateur de H. Himmler. Il était son conseiller politique  pour les pays d’Europe Centrale et Orientale occupés par l’Allemagne nazie.

 

3. Une partie des "recherches de Heck" (dont celles sur le "faux-aurochs")  ont été  organisées à la demande des SS et financées par les fonds spéciaux.

 

4. Le faux-aurochs  était l’animal symbolique du 3ème  Reich. Il était  lié au culte nazi qui prônait le retour des anciennes valeurs germaniques. Là, était la principale raison de la création de cette nouvelle race et de son introduction dans la nature[17].

 

5. Heck a travaillé pour des périodiques de  propagande nazie et pour des journaux   SS comme "Freude am Leben-Bilderzeitschrift des Reichsbundes für Biologie", "Das Schwarze Kops" . A plusieurs reprises, il publiera ses "articles scientifiques" dans les revues destinées à la formation des cadres des S.S. 

 

6. L’objectif de Heck était de valoriser par la propagande les idées nazies. Le parc zoologique était également utilisé à ces fins, les installations pour   animaux servaient de support aux croix gammées et aux insignes nazis. Plusieurs manifestations nazies, notamment  pendant les jeux olympiques de Berlin ont été organisées dans ce parc zoologique. Celui-ci était devenu non seulement "un parc zoologique nazi  modèle" mais également l’un des plus importants centres de propagande de "la guerre idéologique". La présentation des animaux devait également entrer dans la logique "germanique nationale soxialiste", et sortir du cadre de la "zoologie classique".

 

 

8. Heck programma et organisa des vols d’animaux et de collections non seulement à Bialowieza et dans les Parcs Polonais, mais également dans divers autres pays occupés. Il fit main basse sur la  réserve  d’Askania-Nova en Ukraine où il vola une grande partie des animaux dont le troupeau de chevaux de Przewalski. Le Parc Zoologique de Kiev n’échappa pas lui non plus à ses pillages.

 

9. Heck était un personnage d’une telle importance,  qu'au moment de la  défaite de l'armée allemande, il fut  évacué en priorité afin de ne pas être fait  prisonnier par l'armée russe.



[1]Par ailleurs, il faut signaler que l'usage de ce nom est même illégal en France car le nom "aurochs de Heck" n’a pas été fort heureusement  retenu par la Commission Nationale d'Amélioration Génétique (CNAG) pour la dénomination de cette race bovine récente. Nous avons tout lieu de supposer,  que le nom aurochs de Heick a été écarté à la suite d’un courrier que nous avions adressé au Ministère de l’Agriculture.

[2]voir Guintard C. "L'aurochs-reconstitué ; réflexions, travaux, actions, perspectives" dans On en parle encore Courrier de l'environnement de l'INRA n°34 -1998

[3]même aujourd'hui il est très difficile d’avoir accès aux archives sur les scientifiques criminels nazis. Victor Farias dans son excellent ouvrage Heidegger et le nazisme (Ed. Verdier 1987) rend compte de ces difficultés. Il ne lui a pas été possible de   consulter les manuscrits qui se trouvaient à la Deutsche Literatur Archiv de Marbourg. L'usage de ces manuscrits à des fins scientifiques n'est pas autorisé. Cet auteur n'a également pas réussi à consulter les documents relatant les interrogatoires de Heideger par les militaires français juste après la guerre. De nombreux documents qui concernent  les activités de Heck ne commencent seulement maintenant à être connus voir Deichmann U. 1994. Biology under National Socialism: Archives in Germany and Poland.Mendel. Newslett /4

[4]voir par exemple Vetulani T., 1948 O regeneracji tarpana lesnego w Puszczy Bialowskiej (Sur la régénération du tarpan forestier dans la forêt de Bialowieza). Roczniki Nauk Rolniczych i Lesnych (Annales des sciences agronomiques et forestières) Poznan.

[5]  Rappelons que cet organisme utilise toujours le nom "aurochs de Heck" dans diverses publications, dans les plaquettes distribuées et sur son site Web et que son sigle est l’abréviation de Syndicat International pour l’Elevage, la Réintroduction et le Développement de l’Aurochs de Heck.

[6]voir Guintard C. L'aurochs en Pologne : disparition et "réintroduction" dans Animaux perdus, animaux retrouvés: réapparition ou réintroduction en Europe occidentale d'espèces disparues de leur milieu d'origine, Colloques d'histoire des connaissances zoologiques n°10, Liège 1999

[7]Cité d'après Biologie et "doctrine de la race" dans Science et politique sous le Troisième Reich Serge Guérot ed. Ellipses. Voir également Stein, G. 1988 Biological Science and the roots of the nazism. Amer. Scient. N°76;  Bäumer-Schleinkofer, A. 1995 Nazi biology and schools. Frankfurt.; Bütner M. 1992 Wissenschaft und Musik unter dem Einfluss einer sich änderen Geisteshaltung.  Brockmeyer. Macrakis K. 1993 The survival of Basic Biological Research in National Socialist Germany. Journal of the History of Biology 26/3 et  Deichmann, U. 1992 Biologen unter Hitler, Vertreibung, Karrieren Forschung. Campis Verlag Francfort/ New York

[8]voir Falz-Fein Waldemar von 1930 Askania Nova, Ed. J. Neumann-Neudamm Berlin. Heck est valorisé non seulement dans  les pages de ce livre, mais il est également l’auteur de la  préface de cet ouvrage qui se préoccupe plus de la  gloire de l'armée allemande que de  la réserve d'Ascania Nova.

[9]le faux-aurochs et le faux-tarpan ne sont pas les seules fraudes scientifiques de Heck

[10]Bien que l'action de restauration de la population des bisons a été d’ampleur internationale, elle se déroula en Pologne grâce à l'initiative de naturalistes polonais, qui se sont servis de  l'expérience américaine dans le domaine d'élevage de bisons.  Les naturalistes allemands ont joué  un rôle très important dans la restauration de la population des bisons d'Europe,  rappelons que cette opération s’est déroulée  longtemps avant que les nazis ne prennent le pouvoir. De plus les personnages clés dans la participation allemande ont été  comme Kurt Priemel et Erna Mohr persécutés par Heck et écartés de leurs fonctions.

[11]Heck's purpose was to persuade the nation that under the Führer all ancient Germanic features regenerate, including nature. Zabinski Jan 1960 The European bison. Stade Council for Conservation of Nature, Poland, Varsovie.

[12]c’est ainsi que les organes de propagande  allemande décrivait la résistance

[13]Nous n'avons pas réussi comprendre comment ces faits peuvent être ainsi décrits: "Lutz Heck envoya des représentants de son troupeau dans les forêts  de l'Est de l'Allemagne, en Pologne" (Guintard C. Aurochs reconstitué, un descendant du Bos primegenius ? dans Aurochs, Le retour, aurochs, vaches et autres bovins de la préhistoire à nos jours Ouvrage collectif Lons-le-Saunier, 1994

[14]L'équipe du professeur Vetulani a réussi avant la guerre à sélectionner parmi les chevaux primitifs des individus qui mutent et avec des pelages qui blanchissent en hiver. Ce caractère était considéré comme atavique et comme une qualité "sauvage". Heck n’est jamais parvenu  à obtenir ce résultat. Il les donc volés en abusant de sa position dans le système nazi lors de l’occupation de la Pologne.

[15] Il règne chez des auteurs  une "amnésie" qui touche à certaines des activités dérangeantes de Heck. Ce phénomène est caractéristique chez plusieurs d’entre eux. Dans les biographies et les notes élogieuses  qui sont consacrées à ce nazi,  il existe systématiquement un "étrange" trou au sujet de ses activités  pendant la deuxième guerre mondiale (voir Zoll Alfred Lutz Heck sen. 75 jahre in Nachrichten aus des saugetierforschung 1967). Plusieurs auteurs préfèrent "oublier" le nom de Heck, qui fut directeur du parc zoologique de Berlin. Il est totalement absent  dans la grande monographie consacrée à l'histoire du Parc Zoologique du Berlin Der Grosse Tiergarten in Berlin: Folkwin Wendland seine Geschichte und Entwickling in fünf Jahrehunderten 1993 Berlin Gebr. Mann 1993. Les autres auteurs nous informent : Dathé (dans son Manuel d'élevage de l'aurochs) nous indique, qu'après la dernière guerre, l'influence des frères Heck sur les zoos allemands diminua et que nombre d'entre eux ne produisirent plus de "nouveaux aurochs", allant même jusqu'à retirer leurs effectifs. " (Guintard C. Aurochs reconstitué, un descendant du Bos primegenius ? dans Aurochs, Le retour, aurochs, vaches et autres bovins de la préhistoire à nos jours Ouvrage collectif Lons-le-Saunier, 1994).Ce n'est que tout récemment que les activités de Heck commencent a intéresser les historiens voir,  Artingen K., Heck Lutz: Der "Vater der Rominter Ure": Einige Bemerkungen zum wissenschaftlichen Leiter des Berliner Zoos im Nationalsozialismus. Bär von Berlin 43/1994.

[16]Heinz Heck était également l'homme de confiance des hautes autorités des SS.

[17] M. Kai Artigen est coauteur de l'ouvrage Tierdarstellung im Imperialismus.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 14:16

Chapitre 5

Jurassic Heck !

Le faux aurochs, un ramassis d’absurdités génétiques

 

Entre les deux guerres, ont savait déjà que les expériences de Heck étaient un "non-sens génétique". Heck était totalement conscient de l'absurdité de ses expériences du point de vue de la génétique. Il écrivait même que "ses plus farouches adversaires étaient justement les spécialistes qui s'occupaient des questions de l'hérédité"[1]. Pourtant, il fit l’impossible pour tenter de "rallier" à cette supercherie Eugen Fischer. Ce dernier, qui était "généticien" au service des SS et tout comme lui appartenait au NSDAP, déclina l’offre de Heck, il trouvait ses supercheries trop grossières même pour les besoins des "conceptions biologiques" du 3ème Reich. Fisher dans un communiqué, dira que "même si l'animal a plus de qualités que l’aurochs, il ne sera jamais pour autant un aurochs". Heck tenta donc de "convaincre" un autre généticien nazi Erwin Baur, qui lui non plus ne trouva pas nécessaire de "crédibiliser" les expériences de Heck, sa réponse est une fin de non-recevoir : "il a fallu plus de six mille ans pour arriver au boeuf d'aujourd'hui, vous devrez attendre le même laps de temps pour avoir un résultat. Si vous procédez de cette façon, j'approuverai votre projet!". 

 Depuis, nos connaissances ont fait d’énormes progrès dans des domaines tels que la génétique des populations, la cytogénétique, les mécanismes tels que le crossing-over, l'hérédité des qualités quantitatives. La génétique moléculaire mettra définitivement fin à des propos aussi désuets que la pseudo-reconstruction de l'aurochs. Aujourd'hui, à l’aide de nos connaissances de la structure de l'ADN, des méthodes et des mécanismes de la transcription de l'information, du code génétique, les expériences similaires à celles de Heck ne peuvent que faire sourire n’importe quel étudiant, qui à quelques notions de base de génétique moléculaire.

Le bovin Bos taurus est un descendant de l'aurochs Bos primigenius. Même s'il reste beaucoup de zones d’ombre quant à l’origine de l'histoire de la domestication de nos bovins. Il est incompréhensible que l’on puisse encore s’interroger pour savoir si le "faux-aurochs" est un descendant de l'aurochs Bos primigenius. Bien évidemment, nul ne le contestera, il l'est, au même titre que toutes les races bovines. Une partie du patrimoine génétique de l'aurochs est présent dans le génome des bovins Bos taurus, ceci est évident pour toutes les races bovines.

Nous sommes convaincus de longue date de la nécessité indispensable de   sauvegarder  les ressources génétiques, non seulement celles des espèces sauvages mais aussi celles des animaux et des plantes domestiques. Pour ce qui concerne plus spécifiquement les bovins, il en va de même, sauvegarder le patrimoine génétique des diverses races et plus particulièrement des races traditionnelles, souvent menacées de disparition pour des raisons de manque de rentabilité[2]. Nous ne comprenons pas quelle relation il peut y avoir, avec le "faux-aurochs", métissage très récent de quelques races bovines et qui ne peut prétendre à aucun titre être une race traditionnelle. Nous sommes étonnés par l'absurdité de certains arguments dits "phylogénétiques" épicés à l’aide d’ingrédients "écologiques". Nous lisons dans l'article de Monsieur le Président du SIERDAH[3] "il faut probablement s'attacher à la sauvegarde des gènes sauvages". Ceci doit-il être un argument pour justifier l'introduction de ce "faux-aurochs" ? A qui peut profiter et jusqu'où peut-on pousser ce type de raisonnement ? Peut-on dire, par exemple, lorsque nous achetons un chien, que nous participons à la "sauvegarde des gènes primitifs" du loup ? Tous les spécialistes de phylogénie le savent, les dinosaures sont de très proches parents des oiseaux[4],  ceci signifie-t-il pour autant qu'un éleveur de poulets, peut justifier une demande de subvention pour son élevage en évoquant qu’il participe à la "sauvegarde de gènes de dinosaures" ?

Quel intérêt, peut-il y avoir à comparer l'analyse génétique de l'ADN du "faux-aurochs"[5],  race récente de bovin Bos taurus à celle de l’aurochs Bos primigenius ?

Les différentes faiblesses d'une telle analyse[6] ne sont pas les seules raisons du manque d'intérêt de l'expertise comparative de l'ADN entre le faux-aurochs Bos taurus et le véritable aurochs Bos primigenius. Ces études sont inutiles, parce que tout simplement plus aucun spécialiste ne doute, ni sur le statut de cet animal, ni sur son origine. Cet animal est sans conteste possible un bovin. Diverses analyses de l'ADN de l'aurochs Bos primigenius et des bovin Bos taurus ont déjà été faites et publiées[7]. Ces analyses très intéressantes du point de   vue de l'histoire de la domestication, montrent entre autre la proche parenté génétique de l'aurochs et du bovin domestique. Pour souligner cette parenté au niveau moléculaire les auteurs de l'analyse n'utilisent jamais de "faux-aurochs" mais diverses races bovines véritablement anciennes.

 

Introduction et non réintroduction

 

Employer le terme de réintroduction s’inscrit dans la logique de la justification de la supercherie pour accréditer la thèse de la reconstruction. La réintroduction d’une espèce n’est possible, que lorsque celle-ci a déjà vécu dans la nature, ce qui n’est pas le cas de ce faux-aurochs. On ne peut non plus parler d'une réintroduction en le considérant en tant qu’animal d’élevage (comme la réhabilitation et l’encouragement à l'élevage d'une race traditionnelle), puisque ce "faux-aurochs" n'est pas une race traditionnelle. Cette race n’est reconnue que depuis un an seulement. Pour accréditer notre thèse, nous signalons qu'après la publication de notre article le président du SIERDAH reconnaissait que :

"Je suis le premier fautif pour avoir parlé de réintroduction alors qu'il s'agit en fait d'une introduction (...).  On considère que le Bos primigenius qui a disparu n'a pas eu de descendant et que l'on a introduit un autre animal issu d'élevage. Effectivement, l'aurochs reconstitué n'a rien , si ce n'est l'image qu'il en donne avec l'ancêtre aurochs."[8]

Si nous nous référons à la phrase suivante, nous nous apercevons que la confusion est savamment entretenue, en nous proposant un amalgame rapide :

"car c'est avant  tout la place du grand herbivore sauvage dans la chaîne écologique qui est envisagé"[9].

En se référant à la même logique et rigueur linguistique, nous pouvons parler de réintroduction d'aurochs en réintroduisant des éléphants en Afrique (l’éléphant est également un grand herbivore)!!

Toutes comparaisons faites avec les actions de réintroduction du bison d'Europe, du bison d'Amérique ou du cheval de Przewalski tendent à accréditer cette manipulation. Dans les cas du bison d'Europe et pour les deux autres espèces citées, il s'agit bien du vrai bison d'Europe et non d'un autre animal!! Comparer le "relâchement d’un vulgaire troupeau de vaches" à des actions telles que la réintroduction des bisons ou du cheval de Przewalski, opérations uniques en leur genre et menées par des spécialistes avec une extrême  rigueur scientifique, ne peut que dévaloriser le travail des naturalistes qui participent depuis des années à la sauvegarde d’espèces[10].

 

Animal domestique et non animal sauvage

 

     Il est évident qu'une race de bovin domestique Bos taurus (et plus encore un métissage récent de quelques races) est un animal domestique et non un animal sauvage. Nous désirons souligner cette évidence, présenter le "faux-aurochs" comme un animal sauvage est un autre moyen qui vise à la désinformation du grand public et à crédibiliser cette supercherie. Cette situation devient si grotesque que le "caractère sauvage" du "faux-aurochs" a besoin d’une confirmation administrative. Nous ne sommes pas les premiers à remarquer cette absurdité. M. Van Wijngaarden-Bakker[11] de l'Université d'Amsterdam écrit :

     Le "bovin de Heck" est souvent décrit dans la presse populaire comme "bovin sauvage". Le fait qu'il est le résultat d’un croisement de bovins domestiques est souvent ignoré. Parfois, ceci est admis même par les législateurs. La loi hollandaise considère le bovin de Heck comme un animal sauvage, il peut être chassé, et il est régit par la loi de la chasse. Le contrôle vétérinaire n'est pas obligatoire et ni la loi locale ni européenne sur l'élevage des bovins n’est applicable.

     Il est évident qu’il n’est pas du ressort de l’administration de décider si un animal est sauvage ou domestique. L'administration peut seulement définir et appliquer la loi sur les traitements à donner aux diverses espèces animales. Mais ni le statut taxinomique, ni le statut écologique ne dépendent d’une décision humaine. Il est particulièrement amusant de constater qu’en fonction des législations, un animal est "sauvage" au Pays-Bas, devient "domestique" en franchissant la frontière française ou vice versa. 

Présenter le "faux-aurochs" en tant qu’animal sauvage ou au moins qui redevient  sauvage était primordial pour Heck. Son imagination était telle qu’il prétendait même qu’au "centre de l'Afrique, des pionniers aventureux ont créé une ferme et importé des boeufs domestiques allemands. En raison d’un accident, la ferme dut être abandonnée. Le cheptel se dispersa, sans maître, dans la brousse et vivra la vie des animaux sauvages. Quelques années plus tard, on en retrouva la descendance; mais elle se serait muée en Aurochs, tant dans la forme que dans la cérébralité de l'ancêtre européen"[12]. Cette citation souligne une totale incohérence et un manque de logique dans les démarches de Heck. S'il suffit de laisser les vaches en liberté pour qu'elles "deviennent des aurochs",   le croisement entre différentes races devient de ce fait totalement superflu. Heck déclarera que les "faux-aurochs" relâchés dans la nature commençaient à avoir le comportement des animaux sauvages, un seul auteur semble croire aux affirmations de Heck, le professeur d'archéologie, spécialiste de l'histoire de la domestication des bovins F. E. Zeuner[13].

     Cet auteur répète les "informations" que donne Heck sur le troupeau de Bialowieza. Toujours selon Heck, ce troupeau, sur lequel il n'existe aucune information crédible devait même avoir "certaines caractéristiques de l’animal sauvage" notamment redevenir "méfiants" vis-à-vis de l'homme (sic).

 

La prétendue Méthode révolutionnaire de Heck, n’est qu’une sélection artificielle banale.

 

     Le procédé  de Heck n’a été rien d'autre qu'une banale sélection artificielle. Cette pratique consiste à croiser diverses races animales afin d'obtenir une race nouvelle avec certaines qualités qui sont prédéterminées. C’est une façon de procéder totalement banale, bien connue, qui n'a aucun caractère exceptionnel ni révolutionnaire. Utiliser d’autres dénominations pour ce type de sélection artificielle effectuée par les frères Heck n'est qu'une manipulation linguistique. Cette manipulation a bien évidemment pour but de faire croire qu'il s'agit d'une procédure exceptionnelle, nouvelle et que c’est une grande réussite scientifique. Cette manipulation a commencé avec le discours de Heck qui parla de méthode régressive "du retour à l'ancêtre". Après les déclarations de Heck quelques naturalistes, particulièrement naïfs crurent en de tels propos. Ils proposèrent de chercher une dénomination afin de nommer cette nouvelle pratique du "retour vers l'ancêtre". Ainsi, Paul Cordier-Goni[14] écrivait: l'essai palinbiogénésique a été commencé dans les Jardins Zoologiques de Berlin et de Munich. Le palingénésique reste une philosophie, l'expérience actuelle est un essai pratique vivant; nous devions marquer cette idée par un mot nouveau. Certains parlèrent même de la "sélection reverse". Il est bien évident que ces dénominations n'ont aucun sens, autant que parler de "reconstruction" ou "restitution". Il s'agit tout simplement d'une sélection artificielle ordinaire, le résultat est une nouvelle race de boeuf domestique. Ne cherchez pas ces dénominations farfelues, elles ne se trouvent dans aucun dictionnaire de génétique.

 

Non-sens linguistique et nomenclatural ou comment crédibiliser une supercherie à l’aide d’une manipulation linguistique

 

Il est évident que si cet animal est présenté sous son statut réel, ce est-à-dire comme une race bovine récente, il ne présente ni intérêt médiatique, ni commercial. La seule valorisation possible de cette vache, consiste obligatoirement à crédibiliser les supercheries expérimentales de Heck et à faire la "démonstration" du rapport (abusif et faux) entre cette race et l'aurochs. L’utilisation par les auteurs qui commercialisent cet animal, de noms tels que "aurochs de Heck", ou bien "aurochs reconstitué" (avec ou sans trait d’union) etc. va dans ce sens. Nous nous trouvons là, devant une évidente manipulation linguistique, qui est une transgression des règles admises par la communauté scientifique. Les objectifs recherchés sont évidents, susciter un impact médiatique en premier lieu et obtenir ensuite des répercussions.

Dans les diverses publications faites par les auteurs du SIERDAH, nous avons trouvé les dénominations suivantes utilisées à dessein pour entretenir la confusion sur ce faux-aurochs :

 

. aurochs (sans guillemets)

. aurochs (avec guillemets)

. aurochs reconstitué (sans trait d'union)

. aurochs-reconstitué (avec trait d'union)

. aurochs de Heck

. nouvel aurochs

. neoaurochs

. "aurochs" même reconstitué

.ferme de l’aurochs

. cousin du Bison (sic!) nous sommes émerveillés par ce type de dénomination digne d’un conte pour enfant, trouver ce qualificatif dans une publication qui a la prétention d’avoir un caractère scientifique, ne peut que laisser rêveur.

 

Par contre, nous n'avons trouvé nulle part les noms dont l'usage seraient convenables et qui sont justifiés par le statut réel de cet animal et qui font référence à sa véritable histoire par exemple:

 

. bovin ou vache de Heck ;

. métissage récent de quelques races bovines ;

. race bovine très récente et récemment reconnue ;

. bovin ou vache de Goering ;

. faux aurochs de Heck etc.

 

 

Cette manipulation linguistique n'a pour but que de valoriser la supercherie de Heck et attribuer à l'animal(surtout aux yeux du grand public) un statut d'aurochs et non son statut réel de race bovine récente. Cette vache, ne peut être la reconstruction de l'aurochs, elle n’est pas non plus une nouvelle espèce d'aurochs, dédiée à Heck .

Nous avons constaté que lorsque les auteurs publient en anglais ils prennent quelques distances en appelant leur vache cattle (bovin) et non aurochs (aurochs). Cette distinction figure dans les publications citées par les auteurs du SIERDAH (comme par exemple: Wijngaarden-Bakker L.H., van Aurochs and Heck cattle, dans Anthropozoologica 25-26 (1997). Mais mieux encore, nous avons constaté que dans certaines publications, l'article de Monsieur le Président du SIERDAH (Guintard Claude La remise en liberté de l'aurochs de Heck dans Bull. Soc. Nat. Ouest de la France, nouvelle série, tome 18 (1) 1996) la traduction du français vers l'anglais, l'animal se transforme miraculeusement de l'aurochs de Heck en bovin de Heck (Heck cattle). Nous sommes émerveillés par cette souplesse dans la traduction qui modifie ainsi le sens du texte (voir la crédibilisation de la phrase de Heck sur les "aurochs" qui survécurent à la guerre à Bialowieza). Nous laissons aux linguistes et aux sociologues qui travaillent sur les sciences de chercher l'explication de cet étrange phénomène.

 

1. Il est pour le moins "choquant, scandaleux et inadmissible", que l’on puisse encore de nos jours dédier le nom d'un animal à un criminel nazi et participer ainsi à sa réhabilitation. 

 

2. Le SIERDAH, ne peut utiliser le nom d'aurochs, puisque ce nom désigne une espèce : l’aurochs (Bos primigenius) et n’est de ce fait plus disponible et ne peut être attribué à un autre animal.

 

3. Cet animal est une race bovine. Pourtant le nom « aurochs de Heck » suggère et entretient volontairement la confusion, pour nous faire croire qu’il s’agit de la description "d’une véritable espèce", et non simplement de l’enregistrement d’un métissage récent de quelques races bovines (Bos taurus).

     Il est regrettable, que toutes ces manipulations trompeuses soient difficiles à modifier par le fait que la Commission de Nomenclature Zoologique par définition ne s'occupe ni de noms vernaculaires ni de nomenclature de races bovines. Ainsi, le choix d’un nom n'est limité que par l'honnêteté des auteurs et le respect des bonnes moeurs scientifiques, ce qui, pour cette affaire est loin d’être le cas.

 

 

Loup de Daszkiewicz, Loup d'Aikhenbaum, Loup reconstitué, Loup-reconstitué, Nouveau loup, Neo loup,

 

A partir de la logique du SIERDAH, nous avons réfléchi au statut à attribuer aux chiens qui vivent avec les membres de notre famille. Pourquoi ne pas considérer le chien issu du croisement du husky et du berger allemand de l'une de vos tantes comme "un loup reconstitué" (il suffit d’ajouter un tiret entre loup et reconstitué). Les toutous qui partagent notre vie sont-ils uniquement des chiens ? est-ce que nous sommes en droit de les considérer comme des "loups de Daszkiewicz" et des "loups d'Aikhenbaum" ? Cette question peut faire sourire notre lecteur...et pourtant, nous pouvons dire sans être dans l’obligation d’effectuer de grandes recherches, que n’importe quel spécialiste est à même de confirmer que le "loup-reconstitué" (c’est-à-dire le chien de votre tante, issu du croisement d’un husky et d’un berger allemand) est du point de vue de l'anatomie comparée et même de la génétique plus proche du véritable loup que le "faux-aurochs", ne l’est de l’aurochs. Comme Heck et le SIERDAH, nous pouvons affirmer que le loup ainsi reconstitué a retrouvé "ses qualités sauvages", non seulement il est devenu méfiant à l’approche des intrus, mais de plus, il a mordu la voisine !

Enfin pourquoi, se limite-t-on à utiliser les mots chiens errants et pour quelles raisons n'utiliserait-on pas les termes de "réintroduction, de loup reconstitué", pour désigner ce type de phénomène ? Nous serait-il possible de bénéficier de subventions et de soutiens pour mener à bien ces recherches importantes sur le "loup-reconstitué" ? Nous sommes tout disposé à effectuer avec les produits issus de notre travail de recherche, des comparaisons avec des loups, des loups de Mackenzie, ou encore avec ceux du Pléistocène ou de l’Holocène.[15] Nous pouvons faire des études sur les préférences alimentaires de ce "loup-reconstitué" (cette étude pourrait être parrainée par des producteurs de boites pour chiens). Le grand avantage que présente le "loup-reconstitué" est qu’il est particulièrement rustique et contrairement aux "faux-aurochs", une fois réintroduit dans la nature, il se débrouille très bien seul, il n’a besoin d’aucun soin extérieur pour survivre. Il se caractérise également par une grande "plasticité écologique" et peut vivre dans des milieux très variés (voir les chiens errants).

 



[1]Heck, L. 1942 Mes bêtes sauvages. (édition française 1955 Ed. Pierre Horay)

[2]A titre d'exemple Les vaches nantaises appartiennent à l’une des races locales de bovins parmi les plus menacées en France (110 reproductices seulement) d'après Bedel S. et Beaulieu F. de 1999 dans Avec nos sabots...Penn ar bed n°168

[3]Guintard C. et Rewerski J.  1999 Disparition de l'aurochs en Pologne au XVII siècle, et projet de "réintroduction" de l'aurochs-reconstitué en Mazurie dans Colloques d'histoire des connaissances zoologiques. Liège

[4]voir par exemple Thomas A.R. Are birds dinosaurs? dans Tree vol. 13 n 4 de avril 1998 et Benton M. Dinosaur fossils with soft parts dans Tree vol 13 de 8 avril 1998

[5]la question concernant cette  analyse a été  soulevée au cours de la discussion qui accompagne la présentation du projet de l'introduction du "faux-aurochs" en Pologne Guintard C. et Rewerski J.  1999 Disparition de l'aurochs en Pologne au XVII siècle, et projet de "réintroduction" de l'aurochs-reconstitué en Mazurie dans Colloques d'histoire des connaissances zoologiques. Liège

[6]voir Hoss M. O. Handt et S. Pääbo 1994 "Recreating the Past by PCR" in The Polymerase Chain Reaction K.B. Mullis, F. Ferré, R.A Gibbs. Ed. Birkhauser Boston

[7]voir Bailey J. et autres 1996 "Ancient DNA suggest a recent expansion of European cattle from a diverse wild progenitor species" dans Proc. R. Soc. Lond. n°263

[8]Cultivar les Enjeux n°4 - 1998 souligner par P.D. et J.A.

[9]Guintard C. et Rewerski J.  1999 Disparition de l'aurochs en Pologne au XVII siècle, et projet de "réintroduction" de l'aurochs-reconstitué en Mazurie dans Colloques d'histoire des connaissances zoologiques. Liège

[10] voir Boyd L.and Houpt K.  1994 Przewalski's Horse The history and biology of endangered species. State University of New York Press et Pucek Z. 1991, History of the European bison and problems of its protection and management dans B. Bobek, Perzanowski K., Regelin W. Global trends in wildlife management, Trans. 18th IUGB Congres Krakow  

[11]Van Wijngaarden-Bakker  1997 Aurochs and Heck cattle Anthropozoologica, 1997 n°25,26

[12]cité in extenso d'après  Cordier-Goni P. 1953. Essai de reconstitution des espèces animales éteintes. La methode regressive du retour à l'ancêtre. Riviera Scientifique, Bulletin de l'association des naturalistes de Nice et des Alpes-Maritimes.

[13]Zeuner  F. E. 1956 Domestic cattle and aurochs Oryx n°3. Ce auteur a utilisé les affabulations   de Heck comme  seule et unique source d’information sur le sujet du faux aurochs.

[14] Cordier-Goni P. 1938 Auroch de Germanie d'après le dr Lutz Heck Terre et Vie

[15]Nous trouvons particulièrement amusantes  des divagations telles que le "faux-aurochs" est plus proche de l’aurochs de l’Holocène ou du Pléistocène (voir par exemple l'article d’Alain Zecchini Vie et mort des espèces. Des animaux reconstitués Le courrier de la Nature n° 177 Mars-Avril 1999)

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