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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 18:18

Piotr Daszkiewicz

Jean Aikhenbaum

 

Aurochs

le retour...d’une supercherie nazie

 

 

Ce modeste travail est dédié aux naturalistes victimes de Heck et aux victimes du nazisme.

Les auteurs.

 

© Histoire, Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société (H.S.T.E.S) association loi 1901

113, rue de Montreuil 75011Paris

 

 

Cet ouvrage doit être référencé comme suit :

Daszkiewicz P., Aikhenbaum J., 1999. Aurochs le retour d’une supercherie nazie. (H.S.T.E.S.), 160 pages.

This book must be refered  to as follows :

Daszkiewicz P., Aikhenbaum J., 1999. Aurochs, le retour d’une supercherie nazie. (H.S.T.E.S.), 160 pages.

 

 

 

 Leurs cris déchiraient nos jours, et la honte de mes silences me poursuit encore...

(témoignage d’une rescapée de Rawensbrück).

 

Toutes les preuves rapportées des camps allemands, n'auraient-elles servi à rien?

Roger Hem

 

Remerciements

(nous avons choisi de présenter cette liste par ordre chronologique)

Nous tenons à remercier les médias et les personnes suivantes:

ùActualités Juives et Mme Claude Meyer, cet hebdomadaire a été le premier à nous publier ;

ùLe groupe de juristes et professeurs de l’Université Poznan (Pologne), ainsi que le groupe de juristes de l’Institut de Droit de l’Académie Polonaise des Sciences, pour leur expertise juridique sur les crimes de Heck ;

ùMonsieur le Rédacteur en Chef de la revue Kultura Jerzy Giedroyc, Directeur et Fondateur de l’Institut Littéraire, pour ses encouragements et son soutien ;

ùLa revue Esprit, pour sa lettre d’encouragement et ses félicitations ;

ùLe Courrier de l’Environnement de l’INRA et Mr Alain Fraval ;

ùMonsieur Thierry Lecomte, pour son courrier et nous avoir permis de consulter ses observations sur cet animal ;

ùFrance Info, qui a  diffusé sur sa fréquence l’histoire du faux aurochs de Heck ;

ùCultivar les Enjeux et mademoiselle Yamina Area,  pour son article ;

ùMonsieur Henri Batner, de l’Association Culture et Judaïsme, qui nous a invité dans le cadre des activités de l’association à faire un exposé  sur le faux aurochs de Heck ;

ùMonsieur le Président de Bison Specialist Group SCC/IUCN,  Professeur Dr Zdzislaw Pucek de Mammal Research Institute  of Polish Academy of Sciences, pour l’intérêt qu’il  porte à cette affaire ;

ùDeutsches Historisches Institut de Paris, pour leur précieux concours dans nos recherches bibliographiques ;

ù Monsieur Georges Jacknovitz, Monsieur David Gurfein pour leurs judicieux conseils ;

ùMonsieur Liam Gavin, mademoiselle Stéphanie Aikhenbaum, pour leur précieux concours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est  important de souligner à nos lecteurs que le travail que nous avons fait, n’a bénéficié d’aucun concours privé ou public. Il a été réalisé à la manière d’une enquête. Nous y avons consacré énormément de temps, nous avons lu, analysé et comparé de nombreux documents. Nous avons interrogé de nombreux spécialistes dans des disciplines diverses.

 

Notre préoccupation a été de retracer  l’histoire authentique de la création de ce "faux-aurochs", qui est sans conteste l'une des plus grandes supercheries scientifiques du vingtième siècle. Cette aberration, consiste à présenter et à commercialiser en tant "qu’aurochs",  ou comme "une espèce reconstruite" ou encore comme "aurochs de Heck", un bovin ordinaire. Ce tour de passe-passe, qui tente de nous faire croire que nous sommes devant  une avancée scientifique extraordinaire, "la reconstruction d'une espèce disparue il y a quelques siècles"...n’est que le croisement banal de quelques races bovines.

Il n’est pas rare de rencontrer   dans la zoologie et dans les sciences en général, des fraudes et des supercheries. Le naturaliste britannique Peter Dance[1] a publié un excellent ouvrage sur  ce sujet. Pourtant la supercherie qui nous intéresse aujourd’hui et à laquelle nous avons consacré ce travail est bien particulière et unique en son genre...tellement elle est grossière et scandaleuse sur le plan éthique. On pourrait croire que toutes les falsifications historiques, les théories des nazis mises en place pour justifier leur politique raciale et le génocide prirent fin, avec  la victoire des alliés. C’est une erreur, certaines perdurent, ainsi que nous allons le voir. On peut se demander, comment une telle affaire a pu réapparaître dans un pays tel que la France.  Ce  qui aurait dû éveiller quelques soupçons,  c'est son origine, puisque cette histoire vient en droite ligne de la propagande nazie. C’est aussi l’un des points qui la différencie des "falsifications ordinaires". Plus de cinquante ans après le 8 mai 1945, ce "triste héritage du 3ème Reich" a pris un nouvel élan, dans une indifférence quasi générale.

Aujourd'hui en France, la commercialisation de cette mystification concoure à la réhabilitation de l’un de ses promoteurs, criminel de guerre, haut dignitaire nazi, membre des S.S,  proche collaborateur d’Hitler et responsable de crimes commis dans les pays occupés!

 Autre aspect surprenant de cette scandaleuse affaire ; cette fraude scientifique est accompagnée et commercialisée à l’aide de documents qui montrent que des fonctionnaires de l’Etat et divers organismes publics accréditent ce type de pratique. C’est la première fois dans l'histoire des sciences à notre connaissance, que les institutions publiques d'un état démocratique ainsi que des fonctionnaires apportent leurs concours à une telle supercherie !

Comment une fraude aussi énorme a-t-elle pu ainsi perdurer ?  Nous nous sommes efforcés d’apporter des éléments de réponse objectifs à cette question.

Il ne peut y avoir de débat sur une réalité : l’animal en question n’est pas un "aurochs" et cette expérience a bien pour origine une manipulation nazie.

Le discours sur le statut de cet animal, est sans fondement, cet animal n’est qu’un quelconque bovin.

Nous n'avons jamais eu la prétention d’avoir découvert quelque chose de particulier, toutes nos sources sont connues ou devraient l’être de tous les spécialistes, puisqu’elles ont été publiées.

Lors de sa parution notre article fut bien accueilli par une partie des spécialistes alors que d’autres, ont tenté de le minimiser, et d’occulter l’évidence ou plus exactement de placer le débat à un autre niveau. Ainsi que nous allons le voir, le fond de notre travail n’a jamais été contesté. L’organisme qui commercialise le "pseudo-aurochs", s’est limité dans un courrier non publié, à manifester son étonnement qu’un travail sur ce sujet puisse paraître...sans qu’il en soit avisé et que celui-ci est "très polémique et fort peu scientifique". Dans un chapitre consacré à ces courriers nous répondrons, à ce type d’appréciations.

Comme les actuels " reconstructeurs du pseudo-aurochs", n’ont guère d’arguments à nous opposer, leur réponse tient en quelques mots, ainsi que vous pourrez le constater. Leur ambition est de promouvoir un animal dont les qualités de rusticité sont indéniables, et non de raviver les plaies de la dernière guerre. Nous verrons pour quelles raisons cette réponse est loin de nous satisfaire.

Mais revenons au début de cette affaire. Voici les circonstances qui nous ont amenées au printemps de 1997, à nous occuper de ce soi-disant "aurochs-reconstitué". Nous avons été contactés par un de nos amis, qui vit en région nantaise. Il n'est ni naturaliste, ni spécialiste en zootechnie, mais il connaît l'histoire de la disparition des derniers spécimens d'aurochs au dix-septième siècle en Pologne. L’une de ses enfants au retour d'une excursion pédagogique scolaire, lui raconte avoir vu "un aurochs" dans la nature. Cette petite fille de huit ans fournit à son père de nombreuses explications, et lui déclare même avoir contemplé et admiré "l'ancêtre de nos vaches". Notre ami a tout d’abord pensé à une fantaisie et une naïveté enfantine. Tous les jeunes enfants, qui avaient participé à cette journée éducative insistaient et affirmaient tous, avoir bien vu "des aurochs vivants". L’institutrice "confirma bien" l'histoire racontée par les enfants. Grand amateur de films de Steven Spielberg, notre ami alla sur place contempler à son tour "les aurochs". Passionné de sciences, "la reconstruction d’une espèce disparue" était désormais une évidence qui lui avait échappé ; ce parc[2] exposait "une révolution scientifique comparable à celle que peut offrir la physique quantique, ou la découverte de la structure de l'ADN ou au moins à quelque chose d’équivalent au vol d'Apollo11 sur la lune". Sa déception fut vive, et pour cause quelques vaches ordinaires broutaient tranquillement dans le parc. Fort mécontent, notre ami qui avait payé pour voir des "aurochs" que la publicité lui avait vanté et non "des vaches", réclama le remboursement de ses billets d'entrée. En guise de réponse, il n’eût droit qu’à des sarcasmes et a quelques remarques désobligeantes à propos de son...incompétence et de son ignorance....

Notre ami connaissait l’intérêt que nous portions à l’histoire des sciences naturelles et de la zoologie en Pologne[3] et à ce qui se rapporte à la protection de la nature. Il nous a demandé de lui apporter une explication cohérente.

 Nous connaissions l'affaire de la pseudo-reconstruction de l'aurochs qui s’était déroulée  en Allemagne nazie, "les activités" de Heck en Pologne et en Biélorussie sous l'occupation. Toutefois, nous étions persuadés qu'il n’y avait aucun lien et qu’il s'agissait d'un autre animal. Qui pourrait prétendre encore, malgré les excellents travaux des naturalistes des années trente et quarante discuter le statut de l'animal issu de cette supercherie ?  Qui pourrait encore avoir l’outrecuidance de dire qu’il s'agissait d'un aurochs ou d’un aurochs-reconstitué ? Qui pourrait de nos jours parler encore sérieusement de la "reconstruction d'une espèce disparue" ? Qui, enfin, pourrait avoir le désir de rendre hommage à Heck, haut fonctionnaire nazi, qui organisa et a été personnellement responsable de répressions féroces contre des naturalistes en Allemagne, de crimes et de vols des collections naturalistes dans les pays occupés  ?

Au fur et à mesure que nous avancions sur ce dossier, nous nous sommes aperçus que nous avions été aussi naïfs que les enfants de notre collègue. Quelques jours de recherches bibliographiques nous ont fait découvrir l'existence d'une vaste campagne de désinformation qui accompagne la commercialisation de nos jours du "faux-aurochs". Nous avons donc décidé de réagir, d’écrire un court article destiné aux journaux grand public et d’envoyer un dossier plus détaillé pour informer les professionnels.

 

Vous trouverez dans cet ouvrage une sélection d’articles qui ont été publiés, les réponses que nous avons reçues, nos commentaires, ainsi que le résultat de nos dernières recherches sur ce sujet.

 

 

 



[1] Dance P. 1976, Animal Fakes and Fraudes, London Ed. Sampson Low.

[2]Il n’est pas nécessaire que nous vous donnions le nom de ce parc, une mésaventure comparable peut vous arriver dans plusieurs dizaines de parcs en France et dans quelques autres pays européens (voir le chapitre qui est consacré à la géographie de la supercherie).

[3]L'un des auteurs de ce document est à l'origine de la mise  en valeur d'un document inédit de Georges Cuvier sur les "vrais aurochs" (Daszkiewicz Piotr Nieznany list Baltazara Hacqueta do Georges Cuvier, Kwartalnik Historii Nauki i Techniki R. 42 n° 3-4 p. 139-141 Un unknown Balthasar Hacquet's letter to Georges Cuvier Quarterly Jornal of the History of Science and Technology, Institute of History of Science and Technology, Polish Academy of Science)

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 18:15

les mythes de la science moderne 

 

 

La vache folle, Tchernobyl, Fukushima et autre catastrophes passées et à venir

 

          L'affaire de la vache folle est particulièrement intéressante pour un historien des sciences, car elle  souligne   l'existence et l'importance de plusieurs mythes et rêves que véhiculent notre société sur la science contemporaine. Quels sont ces mythes ? Quelles peuvent être les conséquences de ce regard irrationnel  sur les problèmes de santé que nous pouvons rencontrer ?

Mythe n° 1

          La science contemporaine  est si performante qu'elle pourra résoudre tous nos problèmes. Il faut seulement lui laisser un peu plus de temps et lui donner un peu plus de moyens. Cette pensée naïve qui donne  à la science le rôle de  religion et aux chercheurs leur attribue celui de prêtres peut être très dangereuse, car elle déresponsabilise la société, ses dirigeants et les individus qui la compose. La science providence peut nous permettre de faire tout et  n'importe quoi. En fonction de ce mythe elle  est, et sera toujours en mesure de nous fournir les moyens nécessaires pour faire face et réparer les dommages  causés par nos comportements irresponsables.

          Pourtant l'histoire de "l'affaire de la vache folle" démontre bien les lacunes  de notre savoir même dans des domaines  étudiés depuis des décennies, la maladie de Creutzfeld-Jakob a été  décrite en 1920  pour la première fois et la tremblante du mouton  est  connue depuis au moins le dix-huitième siècle. Déjà, en 1936 les chercheurs français Cuillet et Chelle parlaient "d'un pathogène non conventionnel" de la tremblante. Ces deux chercheurs ont réussi à démontrer la possibilité de  transmission de cette maladie entre des espèces différentes (des moutons vers des chèvres). Jusqu'à ce jour, malgré des années passées et les énormes moyens financiers mis en oeuvre les scientifiques sont  totalement incapables d’apporter une réponse aux questions de base. Il existe par exemple 9 théories sur le caractère de ce mystérieux agent pathogène (virus, rétrovirus, prions etc.). On connaît très peu de choses ou presque rien sur les conditions du déclenchement de la virulence du prion-protéine, de la transmission sans ADN décelable, ainsi que l’influence que joue  les facteurs environnementaux et génétiques.

Mythe n° 2

          Un fait établit scientifiquement permet l’application rapide d'une technique efficace sur le terrain. Pourtant d'après  une  enquête menée par la BBC, malgré le dépistage obligatoire par  l’une des plus performantes équipe technique  biochimique du monde, pour l'abattage de 140.000 bêtes chaque semaine, on constate néanmoins  qu’au moins 600 bovins malades se retrouvent  dans  les assiettes des consommateurs. La raison est simple : avant que la maladie ne se manifeste il est très difficile, voire impossible de  détecter la présence d’agents  pathogènes. Enfin, jusqu'à ce jour toutes  nos techniques s’avèrent   impuissantes  face à ce micro-organisme qui peut survivre 24 h à une  température de 160°, qui résiste  aux radiations ionisantes,  aux  UV et qui peut sans dommage rester au moins trois mois enfoui dans  le sol.

Mythe n° 3

          La position sociale et le crédit accordés aux  experts  scientifiques ont une telle importance qu'il est impossible de nier et de remettre en cause les faits qu’ils décrivent  et publient.    Pourtant en mars 1989 le plus prestigieux journal de science Nature dans  un article  soulignait  les risques  de transmission de la tremblante du mouton à l'homme. Pendant sept ans les pouvoirs publics ont passé sous silence cette information et sont restés  totalement sans réaction, d’autres articles publiés par la presse scientifique faisaient  état  et confirmaient  ces découvertes. Les autorités britanniques et européennes ont même démenti des données existantes et disponibles, qui soulignaient  la possibilité de transmission verticale de la maladie de la  vache à son  veau. Le mythe de la puissance politique qui accompagne  la science permet de faire croire aux individus  que les résultats scientifiques ont des répercussions immédiates dans la vie courante et sur le plan  administratif. En  1988 l'équipe de chercheurs de Weybridge mettait en évidence que les farines animales étaient responsables  de l'épidémie. Rappelons que les premières mesures qui visaient  à interdire le  commerce de ces produits n’ont été  prises qu’en 1990.

Mythe n° 4

          Les chercheurs sont toujours honnêtes et le seul but de la recherche  est de trouver  la vérité, la science de par son caractère est éthique. Malheureusement les divers "experts", comme dans le cas du nuage de Tchernobyl, ont fourni aux décideurs politiques un alibi pour justifier leur inertie et leur absence de mesure  pour faire face  à la gravité du  problème.

Mythe n° 5

          C'est un mythe réductionniste.  On pense qu'un phénomène naturel et très complexe peut être réduit à une seule cause et expliqué par un seul facteur et remédié par la modification  de ce seul facteur. Ainsi, suivant la tradition  pasteurienne on pense qu'il suffit de déterminer et d’isoler le micro-organisme incriminé pour pouvoir trouver la solution (antibiotique vaccin etc.). C'est un mythe extrêmement  pernicieux, car il est responsable d'une croyance erronée, qui laisse supposer que grâce aux techniques scientifiques il est possible et même facile de trouver une solution rapide pour  résoudre des problèmes très complexes. De plus en choisissant cette option et en restant toujours  optimiste on peut rejeter même les évidences. Dans le  fait de la contamination à caractère alimentaire il suffit donc  au regard de ce mythe, d’abattre les animaux présumés malades et d’interdire l'usage de la farine animale pour que la maladie disparaisse  toute  seule. On a même donné comme  date la  fin de ce siècle. Comme par hasard (phénomène facilement explicable par la psychologie) on préfère aussi  longtemps que possible  ne pas prendre en compte les informations de  possibilité de contamination verticale, la possibilité de survie de ce pathogène pendant plusieurs années dans le sol, la possibilité de contamination par simple contact, l'existence de divers "réservoirs" naturels pour ce virus (prion?),  comme chez certains animaux (et chez l'homme) domestiques et sauvages (les premiers cas d'encéphalopathie ont été  découverts chez un bovidé africain le Nyala et des populations sauvages de bovidés et de cervidés en Afrique et en Amérique sont parfois très  atteintes par l'épidémie). Ainsi on a proposé comme moyen miracle tout simple de ne pas manger de viande bovine en oubliant que la maladie  à comme origine le  mouton, qu'elle touche les chèvres, les animaux à fourrure (visons), les chats (recherches de Wyatt sur le chat domestique) et que cette  maladie est présente chez les oiseaux (les recherches de Schoone en Allemagne ont démontré que la  maladie touchait également  les autruches).

          Enfin le réductionnisme permet de croire  qu'on peut négliger les facteurs environnementaux dans  le déclenchement de la maladie. On oublie que la sauvegarde de la bio-diversité (des formes sauvages mais aussi domestiques) est la seule garantie pour  limiter  l'avalanche des maladies virales qui frappent les pays industrialisés depuis  ces dernières années. En condamnant et en laissant  disparaître des races domestiques on se prive des génomes qui naturellement résistent  aux maladies et on liquide les barrières naturelles qui limitent  la propagation des pathogènes ( les expériences démontrent  que parmi  les animaux artificiellement contaminés 78% de moutons de la race Herdwick développent  la maladie, mais 0% de race Dorset Downs). Enfin on oublie  de faire le rapprochement  gênant entre  les épidémies de grippe d'origine asiatique qui frappent de plus en plus l'Europe  et l'élevage industriel de canards  en Chine.

Mythe n° 6

          Les techniques développées par la science sont toujours bienfaisantes, dans la médecine elles nous sauvent la vie. Les effets secondaires ainsi que les maladies iatrogènes (causées directement ou indirectement par un acte médical), même si elles existent n'ont pas d'importance en comparaison des bénéfices que nous en tirons. Il est donc préférable  de ne pas penser à ces   conséquences. Notre science est si efficace qu'elle permet de prévoir et de prévenir tous les dégâts éventuels. Pourtant la maladie de Creutzfeld-Jakob semble montrer l'importance de ces "insignifiants effets secondaires". Les experts sont quant à eux beaucoup plus prudents que les médias et le grand public. Par exemple, la première piste étudiée par la commission d'enquête dans l'affaire de la vache folle a été la contamination par des vaccins (par analogie avec une des épidémies de la tremblante causée par le vaccin contre le looping-ill).

          Depuis  1985, il est  prouvé que la maladie de Creutzfeld-Jakob est l’une des plus importantes maladies iatrogènes. Que plusieurs personnes ont été contaminées suite à une opération chirurgicale (greffes) ou par traitement  avec une hormone de croissance d'origine humaine  (en France 20 cas en 1993 et 34 cas en 1995).

          Plusieurs  autres  données semblent être également très inquiétantes. Citons, les risques transfusionnels. Les cas de contamination par le sang (provenant de femmes donatrices  qui par le passé ont reçu des  gonadotropines) ont été  démontrés dernièrement en Australie. On parle également des cas de  transmission de la  maladie par des appareillages  qui servent à établir des  diagnostics (notamment des électrodes utilisés pour diagnostiquer  l'épilepsie). Enfin, la contamination du personnel médical et paramédical est de plus en plus préoccupant (en 1994,  33 cas dont par exemple celui d’un chercheur travaillant sur les greffes de dures mères de moutons  et de l'homme). La contamination par simple contact est-elle possible ? Malheureusement, il est impossible encore d’exclure cette hypothèse.

          Nous savons qu'il  est difficile de parler  d’être entendu et de convaincre des lecteurs  ou un auditoire sur le caractère mythologique de certaines démarches "scientifiques". Mettre en cause "l'objectivité" de la science (déjà démontrée par les recherches de Ludwick Fleck et Karl Popper) c'est détruire un rêve sur le progrès et le bonheur. Mais nous pensons qu'il est préférable  de se réveiller avant que le rêve ne se transforme en cauchemar.

 

Perception du mythe  scientifique

 La perception  du monde vivant aujourd'hui telle que la reçoit nos contemporains, pour reprendre un terme à la mode peut être qualifié de virtuelle. Or, l'une des particularités du vivant se caractérise par les diverses mutations et transformations qui s'opèrent et qui sont en corrélation et en interaction avec les autres organismes  vivants.  De nombreuses techniques ont ceci de commun entre autres, tenter de s'opposer à cette évolution, refuser l'impact du temps en voulant masquer ou retarder les transformations.

De la perception du mythe scientifique et des progrès applicables qu’elle génère, découle généralement 4 formes de pensées :

 

1°) La science et la technique sont bienfaisantes.  Elles concourent à améliorer la situation matérielle des individus et participent à accroître  leur bien  être. Les progrès nous sont indispensables et nous ne pouvons imaginer de vie sans eux. Ils seront à même de résoudre ainsi que nous l’avons dit tous les problèmes qui se poseront aux hommes et le bonheur de l'humanité en dépend et en est l'aboutissement. La justification des actions humaines trouvent leur explication dans l'hostilité environnementale qui représente le chaos originel, ou encore le désordre suprême. Vouloir ne serait ce qu’en discuter, c’est vouloir revenir au pire à l’homme des cavernes et au mieux au moyen âge. La science dans ce cas de figure est synonyme de vie. Le discours de nos hommes politiques de quelque bord qu’ils soient, entre dans cette logique, seuls les termes de croissance et de productivité sont censés pouvoir répondre  aux attentes des citoyens et régler les problèmes de chômage, mal être etc. La seule différence que l’on peut noter entre les différents courants, c’est la manière dont ils les appréhendent. On peut être surpris ainsi que nous l'avons dit, de telles prises de positions, qui ne tiennent aucun compte des expériences même issues d'un passé récent. Les seules solutions préconisées sont le développement et l'accroissement des techniques qui ont conduit et participé aux situations dans lesquelles nous nous trouvons.

Dans cette optique sont évidemment occultées ou repoussées toutes objections dissonantes.

 

2°) La science et la technique qui en découlent sont nuisibles. C’est donc l’antithèse de la précédente, si la première a eu ses chantres avec Saint Simon, Auguste Comte, Marx, et les tenants du capitalisme libéral triomphant etc. Peu de philosophes se sont attaqués de front à la science et à ses applications. Même aujourd’hui,  ses détracteurs les plus virulents ne la remettent pas en cause en tant que telle, mais s’attaquent uniquement  au  choix de certaines de ses applications. La science est donc  bonne, mais seul le choix technologique est à revoir dans certains cas.

 

3°) La science et les techniques sont bonnes et mauvaises à la fois. Cette optique diffère des deux autres, bien qu’elle se rapproche de la première. Schématiquement ont peut la résumer ainsi, de chaque application issue des techniques découlent des effets positifs, qui eux mêmes engendrent des effets pervers. Toutefois,  les premiers sont supérieurs aux seconds, les compensent largement et sont capables de faire face et de pallier les éventuelles nuisances.

 

4°) La science et les techniques sont bonnes ou mauvaises en fonction de l’emploi qu’on en fait. C’est l’opinion   la  plus fréquemment répandue.  L’énergie nucléaire est bonne pour ses applications civiles dans ce cas elle est au service du bien ou comme outil dissuasif. Elle est mauvaise ou au service du mal, lorsqu’on s’en sert a des fins de destruction.  Cette option entre  dans la logique que l’homme a la possibilité de choisir la voie du bien ou du mal. Elle est aussi le point de jonction contemporain entre les religions monothéistes avec sous-jacent la notion de péché originel ici, la remise en question des progrès technologiques possibles (pour éviter les mauvais choix) et le scientisme (bon choix) nouvelle religion de l’homo technicus, qui regroupe tous les individus des sociétés industrialisées. Il est à noter que  c’est le seul courant de pensée qui fasse l’unanimité.

Dans l’esprit du public, seuls les progrès issus des technologies sont censés être salutaires.  L’un des paradoxes de ce système, et ils sont nombreux, c’est que les applications techniques arrivent à tant d’efficacité, qu’elles en deviennent parfois inutilisables. Quant aux expériences que nous pourrions tirer des erreurs du passé, celles-ci sont systématiquement occultées. La crise de la vache folle en est l’exemple frappant, nous savons que les farines contaminées sont pour partie tout au moins responsables*, ce qui ne nous empêche nullement de nous préparer à donner aux animaux destinés à l’alimentation humaine, du soja et du maïs manipulés génétiquement. Dans cette démarche, et personne n’est dupe c’est que primo rien n’indique de manière absolue que ces manipulations ne présentent aucun risque, et ce que les seuls à en tirer profit certain seront les laboratoires   qui vont commercialisés ces produits manipulés.

 L’autre exemple que l’on peut prendre, est celui des possibilités qu’offrent  l’informatique, lorsqu’un  utilisateur se sert d’un programme, il n’en utilise qu’une partie, les autres possibilités   lui font perdre du temps lorsqu’il tente occasionnellement de s’en servir,  tant et si bien qu’il finit par les  ignorer.  La  machine destinée à faciliter le travail, finit très souvent par le compliquer et ce phénomène s’amplifie au fur et à mesure des avancées faites par les  nouvelles technologies.

La profusion d’informations que nous percevons  de manière irréelle par le biais des médias, nous font vivre des événements dans lesquels nous ne sommes par directement impliqués, ce qui  nous prive de la relation à la réalité. Ce truchement  a également la particularité  outre qu’il nous désolidarise du vécu, d’émousser notre sensibilité. Nous nous trouvons donc placé dans des situations telles que les événements dramatiques qui secouent la planète parfois à quelques heures d’avion arrivent à nous laisser totalement indifférents. Si, pour des personnes  d’un certain âge l’appréciation à leur juste mesure des drames, conflits catastrophes est encore possible (pour les plus critiques d’entre elles), parce qu’elles ne sont que depuis peu confrontées aux techniques modernes de communication ; il n’en va pas de même pour les jeunes générations qui sont soumises de manière intensive à des images virtuelles, qui fait qu’il leur est difficile  de discerner la réalité de la fiction. Le seul moment ou il leur est possible de le faire, c’est lorsqu’un événement  porte directement atteinte  à leur intégrité physique ou psychique.

 

Il devient impératif d’avoir un autre regard sur les sciences et leurs applications technologiques. Nous ne pouvons plus dans nos argumentations nous en tenir aux  définitions  habituelles par lesquelles nous formulons des appréciations qui ne prennent en compte que le profit immédiat. Nous sommes obligés de constater,  que la science et ce que nous appelons « progrès » visent à créer un ordre limité dans le temps à valeur humaine, dans un espace que nous aménageons de manière artificielle, en fonction de besoins artificiels passagers.  Ceux-ci ne prennent jamais en compte, ni les leçons du passé, ni les besoins des générations futures. Nos techniques projettent sur l’ensemble des systèmes un désordre global, qui modifie les paramètres du vivant, dont les conséquences pour les générations à venir risque d’être catastrophique. Ce que nous percevons comme désordre et que nous modifions en un ordre justifié et limité, nécessaire à la satisfaction de nos besoins, n'est que la création d’un  déséquilibre qui vise à perturber et à rompre les fragiles équilibres des différents écosystèmes. D’un point de vue social, il accroît les disparités entre pays riches et pauvres, aliène les individus,  conforte les inégalités et détruits les liens sociaux. Les nuisances ainsi créées ne sont mesurables, la plupart du temps que par le constat.  Ils ne sont fonction que de nos méthodes d’évaluation, qui sont elles même tributaires de nos savoirs technologiques. Ces méthodes sont obligatoirement arbitraires, puisqu'elles font appel à des techniques d’investigations évolutives. Ce qui fait qu'une substance ou un produit en fonction de nos analyses, peut être considéré anodin aujourd'hui... et dans 5 - 10 ou 20 ans reconnu  toxique ou dangereux.

 

Nous  sommes obligés de constater qu'en dépit de nos moyens actuels, nous sommes dans l'incapacité comme le démontre la crise de la vache folle et les différents problèmes  auxquels l'humanité est confrontée,  de mesurer les processus irréversibles et inattendus que provoquent nos activités industrielles et les modifications qu’elles entraînent  au sein du système vivant. Ceci est d'autant plus préoccupant que les catastrophes (comme Tchernobyl par exemple) sont toujours d'un genre nouveau et par ce fait même imprévisibles. 

Jean Aikhenbaum

Piotr Daszkiewicz



* il existe bon nombre d’autres hypothèses actuellement, vaccinations, répercussions de diverses pollutions, moyens utilisés pour l’éradication du varron  parasite des bovins (organochlorés associés aux organophosphorés) etc. 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 16:17

 

Quelques réflexions à l’intention des donneurs de leçon !

 

La réaction de Richard Prasquier m’interpelle. M. Prasquier est le Président du CRIF, la première question à posée est de savoir si le CRIF est représentatif de la population juive, ou si il s'est auto proclamé représentant de cette population. Pour ce qui me concerne, je me sens totalement étranger à toutes prises de positions du CRIF  et je ne saurais me conformer à de quelconques directives sur quelque sujet que ce soit, de cet organisme ou de tout autre d’ailleurs pour fonder mes opinions. J’ose espérer qu’il en est ainsi pour tous les autres membres de la communauté juive. Il est vrai également que tous les organismes juifs par le passé, censés chargés protéger leur population on eu des conceptions souvent bien particulières de leur mission (voir notamment le travail de Raul Hilberg « la destruction des juifs d’Europe » Folio histoire, qui soit dit en passant devrait être dans toutes les bibliothèque de ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’antisémitisme. 

Radio J. fait son travail. Ses journalistes sont des professionnels, je ne comprends pas pour quelle raison Marine Le Pen n’aurait pas droit de s’exprimer sur une radio juive, alors que les sondages lui donnent 25 % d’opinions favorables. Monsieur Prasquier, veut s’ériger en censeur et ne pas écouter le quart de la population française (dont laquelle on trouve probablement de nombreux juifs) qui reconnaît en Marine Le Pen l’ambassadrice de leur mécontentement. Le pays à la fièvre et il veut casser le thermomètre !

 Il est fort regrettable que M. Prasquier ne se pose pas la question de savoir pourquoi le quart de nos concitoyens (et peut être davantage) se tournent vers elle. M. Prasquier, ne  voit pas également qu’elle prend un risque, en s’exprimant sur une radio juive, elle risque de se mettre à dos à un électorat autrement plus significatif que celui de la communauté juive, qui d’autant plus ne lui est aucunement acquis d’avance.

Le dernier rapport sur l’antisémitisme en France  fait état de 466 actes antisémites en France en baisse par rapport à l’année précédente, année 2009 durant laquelle Israël a mené l’opération plomb durci. Une question également me vient à l’esprit, de combien d’actes antisémites sur les 466 répertoriés l’extrême droite est-elle responsable ?

 

Une extrême droite antisémite ?  

Certes, il y a eu une extrême droite antisémite notamment dans les années 30, elle militait pour l’exclusion des juifs, et certains de leurs idéologues réclamaient la création d’un foyer national juif !  et oui, n’en déplaise à certains, bon nombre d’antisémite à cette époque était sioniste,  durant la guerre 30 – 45, l’histoire est bien plus complexe, cet antisémitisme n’était pas monolithique et mettre toute l’extrême droite dans le même sac, et par la même occasion vouloir donner un total blanc seing à la gauche ne peut aujourd’hui être guère pris au sérieux. C’est également prendre des raccourcis hâtifs avec la vérité historique. Je voudrais rappeler également que de Gaulle à Londres lors de l’arrivée des premiers résistants, s’étonnait de ne compter parmi eux que des juifs…. et des antisémites. Et pour ceux qui veulent parfaire leur connaissance sur ce sujet, je leur conseille vivement la lecture de l’ouvrage de Simon Epstein «  Un paradoxe français  - Antiracistes dans la collaboration et antisémites dans la résistance – Editions Albin Michel – Bibliothèque de l’Histoire. Voilà de quoi faire grincer quelques dents.

 

Au fait, je n’ai pas parlé de moi, je vais avoir 77 ans… et j’ai porté l’étoile jaune.

 

M. Prasquier a réussi, Radio  J renonce à interviewer Marine Le Pen, Cette station va y perdre en audimat, Marine Le Pen au passage va y gagner en popularité, quant au CRIF, il va se décridibiliser un peu plus.

 

Jean Aikhenbaum

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 14:31

Histoire, Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société (H.S.T.E.S)

                                                                                                association loi 1901

H.S.T.E.S

 

....la génétique médicale est une science de l’aléatoire, moins performante

que la météorologie. Elle est condamnée à n’exprimer que le résultat de calculs

de probabilités, et les progrès de la génétique moléculaire ne feront que multiplier

de tels pronostics sans produire les certitudes que beaucoup en attendent.

Jacques Testart

 

ISOLEMENT  DU GENE DE LA CONNERIE

Nous avons réussi non seulement à découvrir le gène de la connerie (GC), mais également à l’identifier et à l’isoler. Notre mérite est d’autant plus grand que tous les travaux que nous avons effectués ont été faits avec nos propres moyens. Nous n’avons demandé aucune subvention, ni aide de l’Etat, il est évident que l’argent du contribuable doit nécessairement  aller vers des priorités encore  plus vitales.

 

Le méga programme Hugo (Human Genone Organisation) dispose d’un budget d’environ 3 milliards de dollars. Nous n’avons pas demandé à ce que cet organisme prenne une partie des frais occasionnés par nos recherches à leur charge; bien que d’après les promesses des scientifiques et des politiques, celui-ci permettra d’identifier et de localiser plus de 100 000 gènes du corps humain. Nous pourrons ainsi détecter (prévenir ou soigner) les gènes de la criminalité, de l’alcoolisme, de l’homosexualité, des chasseurs d’oiseaux (découverte récente des laboratoires américains), sans parler des cancers, sidas et autres pathologies.

Quant au célèbre gène «soviétique», découvert en 1990 par les scientifiques de l’Institut génétique de Moscou, il a porté à la connaissance du public l’existence du «gène caractéristique des habitants de l’ex-URSS», bien que les observations fussent  contradictoires. Il n’est pourtant  pas nécessaire d’être agrégé en biologie moléculaire pour savoir qu’un Chinois citoyen soviétique est plus proche d’un Chinois citoyen de la République de Chine que d’un Estonien... ! Cette découverte à néanmoins été utilisée par des politiciens pour démontrer l’absurdité des Pays Baltes à demander leur indépendance.

Semblable démonstration s’est renouvelée en Chine. Ainsi, la République populaire de Chine a réussi à prouver qu’elle était en  droit de réclamer le rattachement du territoire tibétain et de sa population !

En revanche, nous avons été particulièrement étonnés par le fait que le programme Hugo ne prévoyait pas de  recherche spécifique pour le gène de la connerie. Certaines mauvaises langues laissent entendre que la découverte et la thérapie de ce gène seraient susceptibles de couper court les sources de financement des promoteurs de Hugo, puisque d’après eux, il est difficilement imaginable qu’un non-porteur du GC puisse dilapider ainsi 3 milliards de dollars pour un tel projet.

 

Comment avons-nous réussi à détecter le gène de la connerie ?

 

Nos observations ont confirmé les assertions de la sagesse populaire, laissant supposer que la connerie pouvait se transmettre de génération en génération. Avant donc de découvrir le GC, nous avons émis l’hypothèse que la connerie pouvait avoir un caractère héréditaire. Il nous a donc fallu trouver une population représentative porteuse du GC. Nous avons rejeté les suppositions de certains chercheurs sexistes, qui ont d’abord proposé d’examiner les gènes localisés sur le chromosome X.  Nous avons pensé qu’il y avait autant de porteurs de GC parmi les hommes que parmi les femmes. Il faut dire que nous avons eu un grand choix de matériel pour nos recherches et nos expérimentations, car (comme nous le savons tous) la fréquence du GC est particulièrement élevée dans nos sociétés.

Après la détermination des porteurs présumés du GC, nous avons procédé à l’isolement de manière habituelle : découpage de l’ADN par les enzymes de restrictions, analyses électrophorétiques, synthèse des copies complémentaires de brins d’ADN. Ainsi, nous avons pu localiser et déterminer que le GC est situé sur le quatrième chromosome.

Comme toutes les découvertes, son isolement pose de très nombreux problèmes de nature éthique, politique et économique. Il offre des perspectives énormes à notre société. Tout d’abord, nous pouvons imaginer (dans un avenir proche) une thérapie génique du GC. Il sera facile alors  de remplacer le gène par l’allele (les allèles, sont les divers gènes responsables pour le codage de même qualité) non GC.

Cependant, si cette technique est trop risquée ou sujette à caution, nous pourrons toujours tenter de bloquer son expression par des produits de type antiviral, comme il en existe tant sur le marché.

Toutefois, nos moyens limités ne nous ont pas permis de savoir si le «gène non GC» donnait de l’intelligence. Nous laissons le soin à nos sociétés, qui ne sont pas connes de terminer ce travail et de le déterminer.

Enfin, nous savons également que les gènes codent la séquence des acides aminés des protéines. Il nous suffira donc de connaître les protéines codées par le GC pour proposer une thérapie viable. Le comprimé anti-connerie n’est-il pas l’ultime découverte qu’attend l’humanité ? On pourrait, par exemple, le recommander à titre préventif avant la signature d’un important contrat et aux participants de rencontres internationales dans lesquelles se jouent le sort de l’humanité.

Dans le domaine de l’agriculture, la découverte de ce gène nous offre aussi de nombreux avantages, entre autres, celle de produire des animaux porteurs du GC. Nous pourrons l’inoculer aux rongeurs (et aux insectes) : ils pourront ainsi s’auto-détruire.

 

La découverte du GC constitue-t-elle une menace pour nos libertés ?

 

Malheureusement, nous sommes obligés de répondre de manière affirmative à cette question. Il est hélas facile d’imaginer que le contrôle génétique de la population - et la discrimination honteuse qui s’en suivra pour les porteurs du GC - marginalisera les individus porteurs du gène. Nous pensons que priver quelqu’un en raison de son patrimoine génétique d’exercer un métier, une haute responsabilité est une pratique inadmissible. Toutes tentatives qui tenteraient d’écarter les porteurs du GC de la fonction publique, administrative, de l’armée (y compris dans le domaine du nucléaire) sont en contradiction avec nos valeurs républicaines.

Une interrogation demeure toutefois : les essais nucléaires accéléreront-ils et favoriseront-ils la mutation  du GC ?

L’étude génétique de la population nous a fourni les premiers résultats très intéressants. Nous avons  découvert que certains milieux professionnels favorisaient sa prolifération. Ainsi, à cause de la sélection darwinienne, nous savons qu’il existe des groupes professionnels à risque,  avec des taux de fréquence du GC beaucoup plus élevés que dans le groupe témoin. Il est évident que nous considérons que cette information relève du secret d’état, et qu’il nous est impossible de la divulguer dans ces colonnes •

 

Jean Aikhenbaum et Piotr Daszkiewicz

 

Dans le but de poursuivre nos recherches avec toute l’efficacité et le sérieux que demande un tel projet, nous faisons appel à toutes les bonnes volontés et acceptons toutes les suggestions. et vos dons évidemment, soyez généreux,  la science avance, et elle à grand besoin de votre argent.

A cet effet, nous sommes prêts a être patronnés par tous ceux et toutes celles qui veulent s’associer à nos recherches : scientifiques, chercheurs (trouveurs ou non),  célébrités du monde des arts, du spectacle, de la politique. N’hésitez pas, votre place est avec nous !

 

 

UN PROGRES ESSENTIEL POUR L’HUMANITE

 

Les gènes poussent comme des champignons. Tous les jours, les scientifiques (par le biais de la presse) nous en font découvrir de nouveaux. C’est la dernière mode. Grâce à ces géniales trouvailles, soyez en certains, nous allons  enfin résoudre les problèmes de l’humanité, et demain nous serons tous beaux, grands et intelligents.

L’un des tous derniers découvert est celui de l’obésité. Nous avons la chance de connaître désormais le gène responsable des rondeurs excessives des jolies dames, de leur cellulite si disgracieuse, des excès de poids des messieurs qui vous assurent qu’ils ne mangent presque rien ! Tout ça ne serait pas arrivé si ce foutu gène responsable de l’obésité n’existait pas !

On sait bien que dans certains pays les autochtones n’ont pas nos malheurs, et qu’ils sont épargnés. Quelle chance ont tous ces petits biafrais... et autres éthiopiens qui vivent dans des pays privilégiés ! Gageons que c’est le soleil qui empêche le développement du gène. Dans les camps de concentration ou les goulags il n’y avait pas d’obèses. Pas de gènes non plus ! Là, c’était probablement les conditions idéales de vie qui faisaient que leurs occupants ignoraient les surcharges pondérales.

 

Nos scientifiques font ce qu’ils peuvent avec les deniers publics. Ils ont des comptes à rendre. Sans ça, quelle serait leur utilité ? Pourquoi tout cet argent englouti ? Pour trouver des réponses et mettre en œuvre une «thérapie génique».

Le seul problème c’est que celle-ci est comme l’arlésienne : on en parle beaucoup - nous pouvons  même dire tout le temps -, mais on ne la voit jamais. Et il est probable qu’on ne la verra jamais, ou du moins pas tout de suite.

Il y a quelques années, des chercheurs américains ont tenté sur des patients volontaires la première opération de génie génétique. Six cents personnes ont été soumises à cette thérapie révolutionnaire qui permet de créer des méthodes de traitement que beaucoup considèrent comme étant le «fin du fin» en matière de recherche scientifique. Hélas, la thérapie génique, malgré les millions de dollars investis, continue à ne donner aucun résultat positif, et rien n’indique que cette médecine de demain s’avérera un jour opérationnelle. «Les thérapies géniques ont suscité d’immenses espoirs, même si, jusqu’à présent, aucun patient n’en a tiré un bénéfice quelconque. Théoriquement, cette technique évitera (quand ? on n’en sait rien... peut-être jamais) l’apparition de maladies héréditaires grâce à l’introduction de gènes correcteurs dans les cellules des patients. Une autre application thérapeutique consiste à modifier l’information génétique des cellules cancéreuses ou infectées par le virus HIV, de manière à ce qu’elles s’autodétruisent». Ce qui, en théorie, suscite un espoir sans borne, trébuche dans la pratique sur des obstacles insurmontables. Ainsi, les scientifiques s’aperçoivent que le corps humain rejette les cellules modifiées génétiquement.

En dépit des problèmes, de nombreux scientifiques ont créé des sociétés dont la raison sociale est de couvrir le développement des thérapies géniques. Mais d’autres scientifiques (non moins renommés), parmi lesquels on compte le Directeur national de la Santé des Etats-Unis, ont observé (avec une certaine inquiétude) la facilité avec laquelle étaient prescrites des substances expérimentales.

L’ambition des scientifiques et les intérêts commerciaux qui tournent autour des thérapies génétiques menacent la toute récente industrie de la biotechnologie. On dénombre de plus en plus d’études qui ne dégagent aucun résultat concluant, ou pis encore, des patients affectés par la thérapie qui était censée les soigner.

Toutefois, les critiques les plus acerbes admettent que la thérapie génique transformera la médecine, en résolvant la cause des problèmes, pour l’instant, c’est encore loin d’être le cas. Il est probable qu’il faille attendre de très nombreuses années avant de trouver des applications à ces techniques révolutionnaires. Et le gène de la connerie dans tout ça ? merci pour lui, il se porte à merveille et il a un avenir radieux devant lui.

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 13:05

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