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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 13:36


 

URSS -La justice des camarades...

Le retentissant procès qui s'est déroulé dernièrement à Moscou et où des places avaient été obligeamment réservées, au banc des accusés, à M. Poincaré, au ma­réchal Pétain et autres personnalités, a attiré l'attention sur la justice en U.R.S.S.

Ce qui donna la victoire aux bolchevis­tes sur le gouvernement provisoire, c'est qu'ils avaient un programme, tandis que Kerensky n'en avait pas et flottait au gré des courants.

 

L’ URSS innove !

Application des nouvelles théories économiques et politiques

 

Mais si les nouveaux maî­tres de la Russie appliquèrent leurs théo­ries économiques et politiques avec une obstination, une ténacité de maniaques, ils se trouvèrent fort embarrassés pour régler une question qu'ils n'avaient pas prévue : celle de la Justice.

 

La conception matérialiste de Karl Marx, ce messie du socialisme, ne reconnaît pas, on le sait, l'existence d'idées, de principes abstraits :

 Justice, Droit, Religion, autant d'attrape-nigauds, ou, selon l'expression consa­crée : de superstructures sur les fonda­tions économiques. Que le système écono­mique change, et ces édifices en carton-pâte s'écroulent aussitôt. Après avoir ba­foué la justice « bourgeoise », cette arme servant à opprimer le prolétariat, les bol­chevistes, une fois au pouvoir, se virent obligés de faire face aux devoirs qui in­combent à tout gouvernement, à tout pou­voir, fût-il celui des camarades.

 

le bonheur marxiste, oui mais il n’a pas supprimer pour autant  les différents,  le vol, les rapines et le meurtre,

 

Malgré les formidables bouleversements politiques qui s'étaient succédé depuis huit mois, la vie suivait son cours, avec ses joies, ses peines, ses misères ; on naissait et on mourait, on se mariait et on divorçait, on volait et on assassinait. Il fallait donc protéger les uns, punir les autres, tran­cher des différends, bref, exercer la jus­tice. Situation difficile, paradoxale même pour des marxistes bon teint ! On en dis­cuta à perte d'haleine, l'idée de « sauver la face », de supprimer toute justice, tous juges, tous tribunaux, fut même sérieusement agitée dans la presse soviétique. Pourtant, Lénine et ses acolytes se rési­gnèrent finalement à donner une entorse au marxisme ; on en avait donné bien d'autres !

 

Tribunaux du peuple, tribunaux révolutionnaires

 

Ainsi, c'est la loi des suspects dans  tout son sanglant cynisme. Point n'est be­soin de commettre un crime, c'est-à-dire de ne pas payer ses impôts à temps, de déblatérer contre les Soviets, de refuser à entrer dans un « Kolkhoz », d'écrire une lettre à un ami à l'étranger ; il suffit d'être soupçonné de pouvoir accomplir un de ces forfaits pour être collé au mur.

 

Tous égaux devant la justice soviétique

 

Et, ne l'oublions pas, ce code de sang est également applicable dans toutes ses dispositions aux étrangers qui ont prudence de se fourrer dans le guêpier soviétique : les articles 70 et 71 le spéci­fient expressément. Un Français, un An­glais, un Italien, voyageant en Russie pour ses affaires ou son plaisir, peut être coffré, condamné et fusillé, non seulement pour avoir correspondu avec ses amis de Paris, Londres ou Rome, mais simplement pour avoir été soupçonné de pouvoir le faire. Et aucun recours n'est possible aux ressortissants des puissances qui ont re­connu les Soviets et, par conséquent, toute leur législation ; aucune chance ne leur reste d'échapper aux bourreaux bolchevis­tes, si ce n'est la fuite, comme l'a fait, il y a quelques jours, cet ingénieur anglais qu'on a trouvé agrippé à l'essieu d'un wa­gon du train venant de Moscou.

 

 

 

URSS - Cinéma et propagande

S’il existe une spécialité ou les bolcheviks sont passés maître, c’est bien la propagande. La parole, la presse, la peinture, le théâtre, la littérature tout est mobilisé en URSS pour répandre la bonne parole marxiste.

En parlant du cinéma soviétique, il se­rait injuste de passer sous silence les re­marquables films documentaires, réalisés dernièrement. Des hommes de talent, dé­voués à leur art, ont réussi à saisir la vie mystérieuse de la Taïga sibérienne (Le long de l'Altaï du Nord) ; à fixer les moeurs des peuplades inconnues (Une peu­plade perdue, film sur la Karagassia), à montrer ce que l'homme peut obtenir, dans sa lutte contre la forêt (Tac jnik), et dans l'élevage des animaux de l'Extrême- Nord (Le Renne, l'Elevage du Renne). Parfois, le sujet est légèrement romanti­sé, dans l'esprit de « Tchang » ou de « Moana » ; et alors, nous avons le beau film d'lgdenbou, joué par les naturels de l'Extrême-Orient sibérien. On ne peut s'empêcher de s'incliner devant le courage de ces metteurs en scène, obligés de tra­vailler sous la férule des camarades, dans des conditions matérielles et morales les plus pénibles.

 

Le film soviétique souffre certainement des défauts communs à toute l'industrie socialisée : désordre, bureaucratie, mau­vais rendement, exploitation déficitaire. Des négatifs de nouveaux films disparais­sent mystérieusement, perdus dans les innombrables bureaux du Soïouzkino; des metteurs en scène reçoivent des tronçons de pellicules qu'ils n'ont jamais tournées et dont on est obligé de rechercher les propriétaires par voie, des journaux ; il se produit un gâchis, une perte de métrage, des dépenses inutiles que les journaux soviétiques ne cessent de dénoncer. Et pourtant, reconnaissons-le, même dans ces conditions désastreuses, certains résultats, obtenus en, Russie dans l’industrie cinématographique, sont des fils intéressants.

Que restera-t-il du film soviétique lorsque la sanglante tyrannie bolchevique ne sera plus qu’un mauvais rêve ? Quelques pellicules de propagande que l’on montrera encore dans une centaine d’années, à titre de curiosité historique.....

 

Textes choisis et aménagés par Jean Aikhenbaum

 

Sources : Je suis partout 1931

 

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 18:23

DEPORTATIONS ET ARRESTATIONS

 

Note de service du 18 juillet 1942 (sur laquelle est apposée la mention CONFIDENTIEL)

 

Cette note adressée aux commissaires stipule que les 19, 20, 21 et 22 juillet 1942 deux mille israélites (hommes, femmes et enfants) seront transférés du Vélodrome d’hiver dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Il ne sera pas établi de liste.

 

 

 

Note de service du 18 juillet 1942 (sur laquelle est apposée la mention CONFIDENTIEL)

 

Dimanche 19 juillet 1942, un train emmenant 1000 israélites partira à 8 heures 55 de la Gare de Bourget-Drancy à destination de la frontière...

 

 

 

Note de service du commissaire général aux Questions juives - 9 septembre 1942

 

                   Le commissaire général a remarqué que dans la correspondance de certains services, les juifs étaient dénommés « israélites ». Au commissariat général aux Questions juives, un juif doit être appelé un juif, et on ne doit pas écrire M. Lévy ou M. Dreyfus, mais le Juif Lévy ou le Juif Dreyfus. Le terme israélite ne sera employé que du point de vue religieux....

 

 

Consignes pour les équipes chargées des arrestations - 11 septembre 1942 (sur cette note figure la mention secret).

 

1°) Les gardiens après avoir vérifié l’identité des juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’auront pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux.

..........Seul le Commissaire de la Voie Publique est qualifié pour examiner les situations......

2°) Ils n’auront pas à discuter sur l’état de santé[1]. Tout juif arrêté devra être conduit au poste de police....

3°) Les agents chargés de l’arrestation s’assureront, lorsque tous les occupants du logement sont à emmener que les compteurs.....Les animaux seront confiés au concierge.

6°) Les enfants vivant avec la ou les personnes arrêtées seront emmenés en même temps[2], si aucun membre de la famille ne reste dans le logement

7°) Les gardiens seront responsables de l’exécution. Les opérations devront être effectuées avec le maximum de rapidité, sans parole inutile et sans aucun commentaire.

 

 

transfèrement des détenus juifs  note du 3 novembre 1942 réf : 1er Bureau n° 1613/B

 

Les 4, 6 et 9 novembre 1942, à 8 heures 55, un train de 1000 juifs partira de la gare du Bourget-Drancy. L’embarquement de ces juifs aura lieu la veille des départs, c’est-à-dire les 3, 5 et 8 novembre entre 14 heures et 17 heures[3],

 

M. le Cre divisionnaire, chef de la 3ème division, assisté d’un Cre de V.P et d’une Cre de Banlieue (si besoin est) de la Division assurera les transfèrements et embarquements de ces juifs. A cet effet, il disposera à la gare une surveillance ainsi qu’aux abords du Camp, afin d’éviter toute évasion.

.....

Il s’assurera que les wagons couverts auront été fermés et plombés par la S.N.C.F ...... (signé Hennequin)

 

 

Loi N° 879 du 9 novembre 1942 relative au séjour et à la circulation des Juifs étrangers.

 

Art. 1 - par mesure de sécurité intérieure tout étranger autorisé à séjourner en France, considéré comme Juif. (...) est astreint à résidence sur le territoire de sa commune...

 

 

 

Loi N° 1077 du 11 décembre 1942 relative à l’apposition de la mention «Juif» sur les titres d’identité délivrés aux Israélites français et étrangers.

....

Art.1- Toute personne de race juive aux termes de la loi du 2 juin 1941 est tenue de se présenter, dans un délai d’un mois à compter de la promulgation de la présente loi, au commissariat de police de sa résidence ou à défaut à la brigade de gendarmerie pour faire apposer la mention «Juif» sur sa carte d’identité(...) et sur la carte individuelle d’alimentation.

etc[4].

 

 

 


Conséquences et séquelles des persécutions raciales sur les enfants rescapés

 

 

 

L’homme est un produit fort singulier du processus évolutif. Il reçoit et transmet non pas une mais deux hérédités, l’une biologique, l’autre culturelle. Théodosius Dobzhinski

 

De nombreux travaux ont été faits depuis la fin de la dernière guerre sur les séquelles et les problèmes qui découlent des persécutions. Aujourd’hui, de nombreuses publications scientifiques en font état. Les juifs, tziganes et autres rescapés persécutés au cours de la seconde guerre ont du faire face à des difficultés existentielles handicapantes tout au long de leur existence. Les enfants Juifs ont connu à travers leur clandestinité un destin tragique, où le stress et l’angoisse étaient très souvent leur lot quotidien. Celui-ci a, à plus d’un titre, affecté leur comportement et marqué leur adolescence et leur vie d’adulte. Les problèmes rencontrés ainsi que nous allons le voir ci-dessous sont de plusieurs ordres.

 

 

 

Les travaux d’après-guerre

 

Le Dr Minkowski, psychopathologiste, qui a examiné dans les années d’après guerre de nombreux rescapés,  rapporte  «que nous pouvons considérer comme acquis, qu’il existe une pathologie spécifique des anciens déportés et victimes des persécutions. Cela se comprend du reste, compte tenu des épreuves auxquelles ont été soumis pendant des années, tant sur le plan somatique que physique et moral, l’organisme et la personnalité humaine. (...) La spécificité des troubles neuro-psychopathiques consécutifs aux persécutions se traduit par un syndrome particulier(...) ».

 

Ce même médecin souligne que ce type d’épreuves débouche immanquablement sur des psychopathologies bien spécifiques. Dans son rapport présenté à la 5èmeassemblée des médecins en Israël  en août 1961 à Haïfa, il rapporte que les survivants qui ont vécu dans la clandestinité sont atteints de divers troubles :

 

-                                                         anxiété permanente

-                                                         dysfonctionnement des glandes endocrines

-                                                         anesthésie affective

-                                                         prédisposition à la dystonie neurovégétative et aux psychoses endogènes etc.

 

Ce qu’il est également intéressant de noter, c’est que ce travail fait ressortir, que les victimes n’entrent pas dans les conceptions, critères définis  par la psychiatrie habituelle. Ce qui a eu pour effet de remettre en cause les diagnostics formulés jusqu’alors.

 

D’un point de vue concret, les troubles vécus par les survivants sont divers. Le docteur Minkowski parle de «dépression réactionnelle chronique ». Ces termes sont de son avis schématiques, négligent les détails et c’est justement dans ces détails que résident l’aspect le plus important des troubles. Il note également «que l’irritabilité extrêmement accusée  chez les anciennes victimes de persécutions, se manifeste à tout bout de champ, pour un rien, vient perturber sérieusement leur vie de famille, de même que leurs relations journalières avec leurs semblables(...) ». Dans ce même texte nous trouvons un peu plus loin, «Non pas tant agressivité, qu’une excitabilité extrême de la réactivité générale du système nerveux, échappant ainsi au contrôle de la personne(...) nous nous trouvons en présence d’une modification, d’une détérioration de la personne humaine(...) mais, si on se penche humainement sur cette souffrance, elle devient à tel point proche et compréhensible que, pour ma part, je l’avoue, j’éprouve quelque résistance à la coiffer d’un terme clinique...

 

L’anxiété,  quant à elle est  constante, elle s’accompagne de peurs et d’inquiétudes immotivées, sentiment d’insécurité(...) anxiété à la vue d’hommes en uniformes(...) pour compléter le tableau clinique, énumérons les symptômes suivants de nature plus banale : impressionnabilité au moindre bruit, des pas entendus dans l’escalier qui déterminent l’image d’une arrestation, troubles de la série neurovégétative au sens strict du terme, palpitations, sentiments d’étouffement, transpiration, tremblements, états nauséeux, troubles digestifs, céphalées etc.   ; dysmnésie marquée de fixation et d’évocation, trous de mémoire, oublis, distractions, déficience de la faculté de concentration ; on n’est pas à ce que l’on fait ; en cours d’accomplissement d’une action ;oubli de ce à quoi elle était destinée, etc. ;lassitude, affaissement général, fatigabilité physique et intellectuelle. Tel est dans des grandes lignes le syndrome des victimes du nazisme avec les particularités qui lui sont propres, qui font aussi que les cadres de la  clinique courante ne lui conviennent point  ». 

 

Si nous avons choisi de nous référer à un travail fait il y a une quarantaine d’années, c’est tout d’abord pour rendre hommage au docteur Minkowski. Celui-ci a été l’un des premiers à démontrer la spécificité des traumatismes des victimes des persécutions nazies. Le particularisme  de son dossier, déjà à cette époque, faisait ressortir que  les conséquences risquaient de toucher également les enfants des rescapés, notamment lorsqu’il cite  les propos de l’un de ses patients : « tout va à nouveau recommencer, mes enfants n’échapperont pas au sort qui fut le mien ».

 

Ces problèmes préoccupaient d’autres spécialistes. « L’union Mondiale O.S.E » tenait  les 20 et 21 juin 1961 un colloque sur les « Conséquences pathologiques tardives chez les victimes juives du nazisme ».

 

Parmi les sujets traités par d’éminents spécialistes nous trouvons :

 

-                                                         Influences des traumatismes, des intempéries et des carences d’apport alimentaire comme cause déclenchante ou aggravante des maladies ostéo-articulaires et vertébrales » (Prof. S. de Sèze).

-                                                         Système nerveux et ulcère gastro-duodénal (Prof. R. Cattan)

-                                                         Les expertises chez les victimes juives du nazisme (Dr.I. Simon)

-                                                         Incidence et évolution des affections allergiques chez les anciennes victimes des déportations et des persécutions raciales (Prof. B. Halpern)

-                                                         Séquelles tardives de la pathologie respiratoire (Prof. B. Kreis)

-                                                         Considérations sur les séquelles tardives cardio-vasculaires chez les victimes juives du nazisme.

-                                                         Les séquelles tardives des troubles hormonaux chez les victimes juives du nazisme (Mme F. Kreis de Mayo)

-                                                         Les séquelles oto-rhino-laryngologiste des persécutions raciales (Dr P.L Klots)

-                                                         Les fonctions génitales et les équilibres neuro-endocriniens génitaux et para-génitaux chez les victimes du nazisme. (Prof. M. Mayer)

-                                                         Carences vitaminiques et séquelles oculaires chez les victimes juives du nazisme (Dr J. Mawas)

-                                                         Les syndromes psychopathologiques chez les victimes des persécutions de la dernière guerre (Prof. H. Baruk)

-                                                         Les troubles neurovégétatifs  réactionnels chez les victimes juives du nazisme. (Dr. I. Simon)

 

 

Etat des recherches actuelles

 

Les travaux faits aujourd’hui par de nombreuses équipes de recherche indépendantes confirment les observations faites dans les années d’après-guerre. De plus, les observations se sont affinées et ont  permis de souligner divers paramètres non pris en compte à l’époque, en raison du manque de recul. Ainsi, aujourd’hui l’accent est mis non seulement sur les séquelles directes qui frappent les victimes, mais également sur les conséquences qui touchent les première, seconde et troisième générations11.

 

Les facteurs qui multiplient les risques de voir se développer des séquelles liées aux événements traumatisants de la seconde guerre, font désormais l’objet d’une appellation spécifique. Les spécialistes codifient ce type de pathologie sous le sigle PTSD (posttraumatic stress disorder). Cette étude fait ressortir que la vulnérabilité au PTSD, touche également la famille, les enfants et d’une manière générale  les proches des victimes12.

 

Une autre étude publiée par Psychoanalytic review13 : fait apparaître, que non seulement les victimes directes des agissements criminels en subissent tout au long de leur vie les conséquences, mais que celles-ci se transmettent à leurs enfants. Pour résumé la situation, cet auteur s’exprime ainsi :

 

« Les jeunes des 2ème et 3èmegénérations  sont à la recherche d’un équilibre qui tient  compte de leur éducation. Ils tentent de régler leur problème en fonction de leur propre personnalité et à travers les épreuves  subies par leurs parents de façonner leur identité. Le dilemme dans lequel se trouvent ces générations consiste à tourner autour de la souffrance de leurs parents et les pousse à tenter de rechercher un compromis,  qui consiste à approcher cette souffrance  tout en l’évitant ».

 

Les 2èmeet 3ème générations sont également plus préoccupées que les groupes témoins (Juifs et non Juifs) par les injustices sociales et politiques. Ainsi, cet auteur fait remarquer  « que pour les jeunes de la 3èmegénération,  l’identité juive et la réussite de leur vie passe par le legs de l’Holocauste»14.

 

Les personnes qui étaient enfants pendant la période de l’Holocauste et qui ont été confrontées à des persécutions ont subi des traumatismes graves. L’origine est   d’avoir ressenti la fragilité de leur existence et de celle de leurs proches.  Ces victimes font une « intériorisation conflictuelle » qui conditionne leur existence ou l’idée de la mort est omniprésente. 

 

Les auteurs de cet article soulignent  que  ces perturbations sont permanentes et font  partie de leur personnalité. Pendant trois années, des survivants ont participé à des thérapies de groupe. Leurs perturbations s’exprimaient de différentes façons : par des prédispositions à des tentatives de suicide, des difficultés à assumer leur présence au sein du groupe et par des manifestations de colère violentes contre les thérapeutes. Ces problèmes ont perduré malgré et au delà de la thérapie. Le syndrome  appelé  « Countertransference » est un autre symptôme observé par ces auteurs, il est en liaison directe avec l’Holocauste. Il se manifeste par de l’anxiété,  des crises de colère, par le rejet de la thérapie de groupe, le refus et  l’incapacité d’exprimer le mal être. Malgré leurs difficultés à mener à bien les séances de thérapie, les auteurs pensent que ce type de traitement doit être proposé dans les pathologies traumatiques d’origine humaine.

 

Comme le démontre cette dernière étude, de nombreux enfants Juifs rescapés ont, après-guerre, occulté cette période, à tel point que bon nombre d’entre eux,  même devenus adultes, ne l’évoquent qu’avec beaucoup de réticence, (les spécialistes parlent d’amnésie de protection). Chez les adultes, les phénomènes inverses s’observent, les victimes évoquent fréquemment leur passé douloureux avec un souci exagéré du détail (hypermnésie).

 

Les traumatismes laissés par ces épreuves sont gérés tant bien que mal de façon individuelle. Pour survivre, les enfants Juifs  pourchassés ont dû, par obligation changer de nom, de prénom. Chez les survivants Juifs de la première génération après-guerre, le rejet de l’identité juive a continué à se manifester.  On a pu constater de nombreux abandons de patronyme que plus rien ne justifiait. Vouloir passer inaperçu, devenir anonyme, refuser « le fardeau » d’une identité culturelle pesante, abandonner les traditions religieuses, ne plus être identifiable en tant que Juif, sont autant de moyens employés par les survivants de la Shoah pour fuir  leur passé douloureux. La guerre a non seulement laissé des traumatismes physiques et psychologiques, mais a également spolié la première génération au moins en partie,  des valeurs du judaïsme.

 

 

 

Ce dossier a été réalisé par Jean Aikhenbaum

avec le concours de Messieurs Gilbert Schwarcz, Piotr Daszkiewicz

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

 

 

Archives du Musée de la Préfecture de Police de Paris

 

CENTRE HISTORIQUE DES ARCHIVES NATIONALES

 

Community healing for children traumatized by war –  Ayalon-Ofra - International-Review-of-Psychiatry.Aug. ;1998 10 (3) 224-233

 

Daszkiewicz P. - Aikhenbaum J. « Aurochs, le retour...d’une supercherie nazie » Histoire Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société

 

Journaux Officiels

 

Klarsfeld Serge : «  La France et la question juive  1940 – 1944 » C.D.J.C

 

Les Cahiers de la médecine hébraïque

 

MEDLINE Bases de données

 

Poliakov L. « Bréviaire de la haine - le 3ème Reich et les Juifs » - Agora Editions Calmann-Lévy

 

Quelien Jean, « La France et l’attitude des Français sous l’Occupation », conférence du 15/03/1998

 

Saigh Philip A ; Fazirbank John A ;Yasik Anastasia E « War-related posttraumatic stress disorder among children and adolescents », International Universities Press Stress and Health series Monograph ;

 

Thuillier P. Les passions du savoir - essais sur les dimensions culturelles de la science - Fayard

 

Weisberg Richard, - « B Vichy Law and the Holocaust in France »

 

WinockMichel - « Le Siècle des Intellectuels » - Points Editions du Seuil

 



[1] L’Administration prend les devants et enlève toute possibilité aux fonctionnaires de police chargés des basses besognes d’interpréter les textes de manière à ce qu’ils exécutent les ordres sans discussion possible. Cette note précise : Seul le Commissaire de la Voie Publique est qualifié pour examiner les situations.

[2] Souligné par J. Aikhenbaum - A la lecture de cette note, nous constatons que les chiens, chats et autres poissons rouge faisaient l’objet de plus d’égards de la part du Directeur Adjoint de la Police Municipale, signataire de cette mesure, que les enfants juifs. 

[3] Soit 15 à 19 heures avant le départ du train.  Cette note ne précise pas le lieu de destination de ce convoi.

[4] Les Italiens, alliés d’Hitler se sont toujours fortement opposés à ces mesures.

11Signal JJ. Psychoanalytic review. 85(4) :579-85, 1998 aug.

12 Yehuda R. Canadian Journal of Psychiatry - Revue canadienne de psychiatrie. 44(1) :34-9 199 Feb.

13 Trauma of identity through two generations of the Holocaust. Hogman F. 85(4) :551-78, 1998 Aug.

14 Countertransference             and life-and-death issues in group psychotherapy with child Holocaust survivors (source Am.J Psychoter. 52(3) :301-12, 1998 Summer.)

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 18:16

 

 

 

(dossier réalisé par Jean Aikhenbaum avec le concours de Messieurs Gilbert Schwarcz et Piotr Daszkiewicz)

 

ANNEE 1941

 

Circulaire n° 296 du 7 février 1941

Ministère de l’Intérieur- 7ème bureau.

Un communiqué invite les juifs français et étrangers changeant de domicile à en faire la déclaration dans les commissariats de leur nouvelle demeure.[1]

N° 1450- loi du 29 mars 1941 créant un commissariat général aux questions juives

J.O du 31 mars 1941

 

Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - Il est créé, pour l’ensemble du territoire national, un commissariat général aux question juives.

 

Art. 2 - Le commissaire général aux questions juives à pour mission :

 

1.      De préparer et de proposer au chef de l’Etat toutes mesures législatives relatives à l’état des juifs et à leur capacité politique, à leur aptitude juridique à exercer des fonctions, des emplois des professions.

2.      De fixer en tenant compte des besoins de l’économie nationale, la date de la liquidation des biens juifs.....

3.      De désigner les administrateurs séquestres et de contrôler leur activité...

 

Fait à Vichy le 29 mars 1941

 

N° 1594 - Loi du 11 avril 1941 modifiant et complétant la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs

 

Art. 2 .................

« Les fonctionnaires juifs visés aux articles 2 et 3 et actuellement prisonniers de guerre ou servant dans un poste outre-mer cesseront d’exercer leurs fonctions deux mois après leur date d’arrivée en France non occupée »...

 

N° 1490 - Loi du 3 avril 1941

 

Modifiant ou complétant les lois du 17 juillet 1940  concernant les magistrats, fonctionnaires et agents civils ou militaires relevés de leurs fonctions, du 13 août 1940 fixant la limite d’âge des agents des services extérieurs du ministère des affaires étrangères, du 12 septembre 1940 portant abaissement des limites d’âge des agents des services extérieurs...portant statut des juifs 11 octobre 1940 sur le travail féminin...

 

Art. 3 - l’article 7 .... « Les fonctionnaires juifs visés aux articles 2 et 3 cesseront d’exercer leurs fonctions dans les 2 mois qui suivront la promulgation de la présente loi....

Les agents mariés de sexe féminin...dont le mari subvient aux besoins du ménage, pourront être mis en position de congé sans solde.... »

 

N° 2469 - Loi du 19 mai 1941 modifiant l’article 2 de la loi du 29 mars 1941 créant un commissariat général aux questions juives

 

 Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - L’article 2 de la loi est modifié du 29 mars 1941 est modifié comme suit :

 

1°- Proposer au gouvernement toutes dispositions législatives.... relativement à l’état des juifs, à leur capacité civile et politique, à leur aptitude juridique à exercer des fonctions, des emplois, des professions ; ............

2°- Pourvoir, en tenant compte des besoins de l’économie nationale à la gestion et à la liquidation des biens juifs....

3°- Désigner les agents chargés...

4°- Provoquer éventuellement à l’égard des juifs, et dans les limites fixées par les lois en vigueur, toutes les mesures de police commandées par l’intérêt national.... 

 

N° 2392 - Loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940, portant statut des juifs.

 

Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - Est regardé comme juif :

 

1.      Celui ou celle, appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint est  lui-même issu de deux grands-parents de race juive.

 

Art. 2 - L’accès et l’exercice des fonctions publics et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs : Chef d’Etat, ...membres de corps d’Etat, de tribunaux, administrateurs, officiers, ambassadeurs,  membres du corps enseignants, préfets, sous préfets, fonctionnaires de police...

 

Art. 5 - Sont interdites aux juifs les professions....


 

- la circulaire n° 364 de la Direction de la Police Judiciaire rappelle que l’ordonnance des autorités occupantes du 26 avril 1941, interdit aux juifs l’exercice de toutes professions les mettant en rapport avec le public.

- Le 21 juin 1941 (J.O du 24.06.41 page 2628) le numerus clausus dans l’enseignement supérieur, limite à 3% les étudiants juifs.

- Le décret du 16 juillet 1941 limite à 2% le nombre d’avocats  juifs.[2]

- Le décret du 18 juillet 1941 porte sur le recensement des juifs d’Algérie.

- Le J.O du 6 septembre 1941 (page 3787) publie le décret qui réglemente la profession des médecins juifs : l’élimination des médecins juifs en exercice à la date de la publication du présent décret, qui seront en surnombre sera prononcée dans les conditions prévues aux articles.... Des mesures similaires étaient également prises pour limiter le nombre de juifs, dans l’exercice des professions de dentistes, architectes, sage-femme, pharmaciens  etc.

- Le Décret du 14 août 1941 limitant à 14 % les élèves juifs dans l’enseignement primaire et secondaire en Algérie. Celui-ci est modifié en octobre 42 et porte à 7% ce chiffre.

 

Commissariat général aux questions juives

N° 3188 - Décret du 28 juillet 1941 portant règlement d’administration publique pour l’application de l’article 5 de la loi du 2 juin 1941 remplaçant celle du 3 octobre 1940 portant statut des juifs.

.........

Art. 2 - Les juifs exerçant une profession interdite par l’article 5 de la loi du 2 juin 1941...titulaires d’une carte d’identité professionnelle, doivent remettre cette carte dans le délai prévu à l’article 3, soit à la préfecture de police...

 

Art. 5 - Lesdits biens qui, à l’expiration du délai prévu à l’article 3 ci-dessus, n’ont pas été réalisés par les intéressés, seront pourvus d’un administrateur provisoire...

 

Ordonnance du 13 août 1941

une note de l’occupant porte sur la confiscation de poste de TSF  qui appartiennent aux juifs. (Les contrevenants s’exposent à des peines d’emprisonnement et d’amendes).

N° 3591 - Loi du 1er septembre 1941 portant modification de la loi du 29 mars 1941, créant un commissariat général aux questions juives


Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - Il est créé pour l’ensemble du territoire national un commissariat général aux questions juives, rattaché au secrétariat de l’Etat intérieur...

 

N°4428 Décret du 20 octobre 1941 modifiant le décret du 19 juin 1941 organisant les services du Commissariat général aux questions juives

 

Nous Maréchal ....

Décrétons :

 

Art.1 - Sont placés sous l’autorité du commissaire général aux questions juives les services suivants : ......

3° La direction de l’aryanisation économique ;........

 

 

 

N° 4864 - Loi du 17 novembre 1941 réglementant l’accès des juifs à la propriété foncière...

 

 

Commissariat général aux questions juives

 

N°5062 - Décret du 19 novembre 1941 relatif aux personnels en service outre-mer visés par l’article 7 de la loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs[3]

 

.........Les fonctionnaires et agents juifs en service outre-mer, visés par l’article....sont considérés comme ayant cessé d’exercer leurs fonctions ou d’occuper leur emploi à la date du 20 décembre 1940.....

 

N°5047 Loi du 29 novembre 1941 instituant une union générale des Israélites de France.

 

 

 

ANNEE 1942

 

Algérie - Décret n° 783 du 15 mars 1942 étendant à l’Algérie la loi du 17 novembre 1941, relative à l’accès des juifs à la propriété foncière.

 

En mars 42, le couvre feu est instauré pour les juifs de la zone occupée de 20 heures à 6 heures.

 

 

 

L’ETOILE JAUNE

Huitième ordonnance, du 29 mai 1942, concernant les mesures contre les Juifs[4]

 

En vertu des plein pouvoirs qui m’ont été conférés par le Fürer und Oberster Bejhlshaber der Wehrmacht, j’ordonne ce qui suit :

 

Signe distinctif pour les Juifs

 

I- Il est interdit aux Juifs, dès l’âge de 6 ans révolus, de paraître en public sans porter l’étoile juive.

II - L’étoile juive est une étoile à 6 pointes ayant les dimensions d’une paume de la main et les contours noirs. Elle est en tissu jaune et porte, en caractères noirs, l’inscription « Juif ». Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement.

 

 

Dispositions pénales

 

Les infractions à la présente ordonnance seront punies d’emprisonnement et d’amende.... des mesures de police telles que l’internement dans un camp de juifs, pourront s’ajouter ou être substituées à ces peines.

 

Avis : Les Juifs soumis à l’obligation.... devront se présenter au Commissariat de Police...chaque Juif recevra 3 insignes et devra donner en échange un point de sa carte de textile.

Une ordonnance de juillet 42, interdit aux juifs l’accès aux théâtres, cinémas, lieux publics etc.

 

Circulaire n° 140 - 42 du 6 juin 1942

 

Le Directeur de la Police Judiciaire et Le Directeur de la Police Municipale  à Messieurs les Commissaires ....

 

 

instructions de l’autorité allemande

 

L’autorité allemande prescrit que l’application de l’ordonnance concernant le port de l’insigne des juifs soit poursuivie rigoureusement, sans aucune exception.

 

Toutes manifestations, qui pourraient présenter le caractère d’une protestation contre l’Ordonnance du Militärbefhlshaber, devront être réprimées sévèrement. Il ne sera pas toléré que celle-ci soit ridiculisée. Plusieurs cas sont susceptibles de se présenter :

 

 

1.      Manifestations par les juifs eux-mêmes qui porteraient plusieurs insignes.

2.      Manifestations par des juifs groupés, dont les rassemblements constitueraient une protestation.

3.      Aryens portant indûment l’insigne juif.

4.      Salut adressé ostensiblement au porteur de l’insigne ce qui constituerait nettement une critique.

5.      Port d’un insigne fantaisiste qui par sa couleur et la forme tournerait en dérision l’insigne réglementaire (mot juif remplacé par le mot swing...).

 

L’autorité allemande attache une importance exceptionnelle à l’exécution de ces prescriptions  et des policiers allemands en civil s’assureront que les services de Police font correctement leur devoir.

 

Signé le Directeur de la Police Judiciaire TANGUY  - le Directeur de la Police Municipale HENNEQUIN[5]

 

Circulaire n° 157 - 42 du 19 juin 1942

 

Cette note précise :

 

1.      Juifs et non juifs qui ont commis des infractions à l’ordonnance sur l’étoile des juifs devront être transférés au camp de Drancy....

 

Une autre circulaire (signée par Hennequin) précisait que les hommes enfreignant ces dispositions après être passés par le dépôt étaient envoyés au camp de Drancy, alors que les femmes étaient envoyées au Camp des Tourelles.

 



[1] Le 2 mai 1941, les autorités allemandes limitent le déplacement des juifs à l’intérieur de la commune ou du département suivant le cas.

[2] Dans sa réponse au courrier qu’il adresse le 13 septembre 1941 à l’ordre des avocats, le commandant du département de la série EM d’administration (pol. V.2/327.01) dit ceci :

Je refuse l’autorisation de recevoir des visites demandées par l’ordre des avocats...pour les 41 avocats internés au camp de Drancy, en vue de leur permettre d’exercer leur métier. Par contre, j’autorise....3 lettres en plus du contingent normal.

[3] Une lettre en date du 19 novembre 1941 qui émane de la Direction de l’Administration Générale de la Préfecture de Police précise : Il résulte d’une conversation que j’ai eu ce matin avec Monsieur Vallat, que les caraïsmes (caraïtes) et les Georgiens (ces derniers étaient considérés comme étant de religion mosaïque, mais non de race juive) sont des juifs et qu’il y a lieu de les soumettre à la loi du 2 juin 1941.(signé François).

[4]Nous avons scrupuleusement recopié le mot juif employé par les auteurs des circulaires ou lois  et mis une minuscule ou une majuscule suivant le cas.

[5] Les noms de ces fonctionnaires reviennent fréquemment, dans les dispositions prises par la police, des mesures disciplinaires ont été prises à leur encontre à la libération.

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 17:53

 

 

 

Extrait du livre blanc publié en 1995 –

 

Ce dossier a été réalisé par Jean Aikhenbaum

avec le concours de Messieurs Gilbert Schwarcz, Piotr Daszkiewicz

 

 

 

 

 

Préparation et mise en place de mesures discriminatoires contre les juifs de France

 

 

 

 

Rappel de quelques grandes  lois, décrets parus au Journal Officiel

sous le régime de Vichy, et de mesures discriminatoires prises à l’encontre des juifs.

 

 

 

 

Conséquences et séquelles des persécutions raciales sur les enfants rescapés.

 

 

 

                                                     

 

 

SOMMAIRE

La montée de l’antisémitisme _________________________________________________ 

Préparation et mises en place des mesures discriminatoires contre les juifs de France____

Rappel de quelques grandes lois de Vichy, et de quelques mesures discriminatoires_____

ANNEE 1940__________________________________________________________________

Loi portant statut des juifs. ___________________________________________________________

Bulletin municipal du 7 octobre 1940___________________________________________________ 

Loi sur les ressortissants étrangers de race juive__________________________________________

ANNEE 1941

N° 1450- loi du 29 mars 1941 créant un commissariat général aux questions juives            

N° 1594 - Loi du 11 avril 1941 modifiant et complétant la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs        

            N° 1490 - Loi du 3 avril 1941   

N° 2469 - Loi du 19 mai 1941 modifiant l’article 2 de la loi du 29 mars 1941 créant un commissariat général aux questions juives            

N° 2392 - Loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940, portant statut des juifs.

N° 3188 - Décret du 28 juillet 1941 portant règlement d’administration publique pour l’application de l’article 5 de la loi du 2 juin 1941 remplaçant celle du 3 octobre 1940 portant statut des juifs.       

N° 3591 - Loi du 1er septembre 1941 portant modification de la loi du 29 mars 1941, créant un commissariat général aux questions juives            

 N°4428 Décret du 20 octobre 1941 modifiant le décret du 19 juin 1941

N°5062 - Décret du 19 novembre 1941 relatif aux personnels en service outre-mer visés par l’article 7 de la loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs        

N°5047 Loi du 29 novembre 1941 instituant une union générale des Israélites de France.          

ANNEE 1942                       

Algérie - Décret n° 783 du 15 mars 1942 étendant à l’Algérie la loi du 17 novembre 1941, relative à l’accès des juifs à la propriété foncière.        

L’ETOILE JAUNE            

Huitième ordonnance, du 29 mai 1942, concernant les mesures contre les juifs_________________             Circulaire n° 140 -42 du 6 juin 1942, instructions de l’autorité allemande ____________________              Circulaire n° 157 - 42 du 19 juin 1942,  infractions au port de l’étoile jaune____________________

DEPORTATIONS ET ARRESTATIONS_________________________________________              Notes de service du 18 juillet 1942 ____________________________________________________ 

            Note de service du 9 septembre 1942_________________________________________

            Consignes pour les équipes chargées des arrestations ______________________________________ 

Loi N° 879 du 9 novembre 1942 relative au séjour et à la circulation des juifs étrangers

Loi N° 1077 du 11 décembre 1942 relative à l’apposition de la mention « juif » sur les titres d’identité délivrés aux Israélites français et étrangers.     

Conséquences et séquelles des persécutions raciales sur les enfants rescapés       

Les travaux d’après-guerre

Etat des recherches actuelles       

Bibliographie                     

 

 

 

 

 

 

 

 

La montée de l’antisémitisme

 

 

 

 

Le premier mouvement antisémite d’envergure qui a précédé la Shoah, s’est manifesté en Allemagne par le boycott des commerces juifs le 1er avril 1933[1]. Des lois et mesures anti-juives officielles ont été promulguées en 1935,  dont la célèbre loi de Nuremberg du 15 septembre 1935, destinée à protéger « le sang et l’honneur allemand ». Cette mesure pour les nazis était nécessaire  par le fait que le juif est impur, et que, de plus, tout ce qui lui appartient est souillé et devient source de contamination. Il était donc primordial que la race des seigneurs se protège efficacement de  toute souillure.

 

L’enchaînement devenait alors inéluctable. Goëring déclare qu’il fallait en finir avec la question juive (octobre 38), les Juifs doivent disparaître de l’économie allemande (novembre 38)[2]. Les exactions contre la population juive allemande prennent de l’ampleur : les biens juifs sont pillés, les magasins, habitations, synagogues dévastés et incendiés. Les pogromes s’institutionnalisent dans une indifférence générale et, entre  le 10 et 13 novembre de cette même année, les premières déportations commencent avec l’envoi de  10 454 juifs allemands  au camp de Buchenwald.

 

Le grand dessein des nazis, qui consistait à exploiter et à éliminer les sous-hommes que sont les juifs, les tziganes, les polonais, les russes, les tchèques et autres dégénérés pouvait commencer.  L’édification du 3ème Reich millénaire éternel et la souveraineté de la race supérieure germanique étaient à ces conditions.

 


Préparation et mises en place des mesures discriminatoires contre les juifs de France

 

 

 

 

C’est dans cette continuité que se sont inscrites les mesures prises dans les pays occupés. En France, c’est avec l’armistice et l’invasion allemande que les premières dispositions officielles font leur apparition. Une certaine  littérature et la presse antisémite avaient préparé l’opinion publique à la politique discriminatoire et d’extermination qui va être menée contre les juifs[3]. Les citations où  juifs, métèques et étrangers sont accusés de tous les maux, de toutes les tares, abondent. Les quolibets, les injures et les propos menaçants sont regardés avec bienveillance  par les pouvoirs publics de cette époque ou pour le moins avec indifférence.

 

Dès la mise en place du nouveau régime de Vichy, des journaux tels que l’Action Française, le Matin, l’Œuvre , le Cri du Peuple, la Gerbe, Je suis partout... deviennent des inconditionnels du pouvoir en place.

 

Maurras adhère à ces idées : il entretient avec Pétain des échanges et la radio le cite quotidiennement. Adversaire farouche de la devise « Liberté - Egalité - Fraternité », il se félicite de la voir remplacer par le célèbre slogan « Travail - Famille - Patrie ». La loi du 17 juillet 40 répond pleinement à ses attentes : elle écarte les métèques de la fonction publique et des postes de dirigeants. Celle du 21 juillet 40 va également dans le bon sens, puisqu’elle remet en cause les naturalisations. Maurras écrit : « Les Français recommencent à être chez eux en France ».  Parallèlement, une Cour Suprême de Justice est instaurée afin de juger les ministres responsables de la défaite.

 

Pour Maurras, le Statut des juifs, l’instauration d’un Commissariat aux questions juives est « un monument consacré à la défaite de l’Ennemi intérieur ». Il vitupère, dénonce les ennemis de la Révolution nationale, ceux qui sont partis pour Londres ont abandonné la terre de la patrie... Il considère que la résistance est un mal absurde qu’il faut combattre. Les arrestations, les camps de concentration font les trois quarts de la besogne. Il est indispensable d’en finir avec les métèques et les juifs qui tirent les ficelles. En conséquence, on doit désarmer les juifs et leur retirer leur argent. L’Ennemi, finalement, n’est qu’un. Gaullistes, juifs, communistes, francs-maçons, métèques autant d’Etats confédérés qui ont juré la perte de l’unité française.

 

Lorsque le processus de la déportation commence, Maurras applaudit : juifs bêtes traquées, il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’ils ont de tout, payent rubis sur l’ongle avec un bel argent somme toute assez rare chez les Français.

 

 

Drieu de la Rochelle, quant à lui, pense que la France doit s’orienter vers un nationalisme européen. L’Allemagne se doit de délivrer la France des juifs, car une victoire des Anglais et des Français amènera le triomphe définitif de la pourriture. Les juifs maîtres de l’Europe.

 

Le gouvernement de Vichy coopère pleinement avec les autorités allemandes. Vallat, jugé trop laxiste est remplacé par Darquier de Pellepoix antisémite notoire, qui se fait un devoir d’imposer les directives de l’occupant. Il prend des initiatives et donne aux mesures prises contre les juifs, une spécificité bien française. Ce triste personnage restera en poste jusqu’au mois de février 44.

 

Ce court préambule nous permet de mieux comprendre le climat qui régnait durant cette période et de voir pourquoi les mesures anti-juives n’ont guère suscité lors de leur promulgation de mouvements réellement réprobateurs.

 


Rappel de quelques unes des grandes lois de Vichy, et de quelques mesures discriminatoires

 

ANNEE 1940[4]

- Le Décret du 16 juillet 1940 (J.O du 17.07.40 page.4554) porte sur la procédure de déchéance de la naturalisation française et abroge  la loi du 10 août 1929.

- Le Décret du 27 août 1940 abroge celui du 21 avril 1939, qui interdisait les injures et les diffamations envers les juifs.

- Le Décret du  20 novembre 1940, vu la loi du 7 octobre 1940 abroge le décret Crémieux du 24 octobre 1870 accordant la nationalité française aux juifs d’Algérie.

- le 1er décembre 1940 le Ministère de l’Intérieur 7ème bureau dans une note confidentielle, donne des instructions relatives aux différents mode de Retrait de la nationalité Française.

Loi portant statut des juifs.  J.O du 18 octobre 1940

Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - Est regardé comme juif, pour l’application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif.

Art. 2 - L’accès et l’exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs : (suit un certain nombre de fonctions qui vont du Chef de l’Etat (sic) à des postes dans les entreprises d’intérêt général, en passant par ceux d’inspecteurs généraux, de police, membres du corps enseignements, officiers, …)

Art. 3 - L’accès et l’exercice de toutes les fonctions  publiques autres que celles énumérées....[5]

Art. 5 : Les juifs ne pourront sans condition ni réserve, exercer l’une quelconque des professions suivantes : profession libérale, commerciale, industrielle ou artisanale, agent immobilier, banquier, éditeur, rédacteur ....à l’exception des publications de caractère  strictement scientifique ou confessionnel[6]....etc.

Fait à Vichy, le 3 octobre 1940

Ph. Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert etc.[7]

 

Bulletin municipal du 7 octobre 1940

Entreprises Juives - ref P.P.82-2

 

La Préfecture de Police communique :

 

L’ordonnance du chef de l’Administration militaire en France, en date du 27 septembre, prescrit que tout commerce dont le propriétaire ou le détenteur est juif devra être désigné par une affiche.

 

Cette désignation doit être faite au moyen d’une pancarte affichée à l’intérieur des entreprises ou des vitrines extérieures par une affiche spéciale.

 

Elle doit avoir 20 centimètres sur 40 centimètres et porter, en caractères noirs sur fond jaune, l’inscription suivante :

 

« JUDISCHES GESHAFT »

« ENTREPRISE JUIVE »....[8]

                  

Décret du 9 octobre 1940(J.O du 11 octobre 1940 page 5.267)

relatif à la commission d’examen des cas de déchéance de la nationalité française

 

Loi sur les ressortissants étrangers de race juive

J.O du 18 octobre 1940

 

Nous, Maréchal de France, chef de l’Etat français,

Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

 

Art. 1er - Les ressortissants étrangers de race juive pourront, à dater de la promulgation de la présente loi, être internés dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence...

 

Art. 3 - les ressortissants étrangers de race juive pourront en tout temps se voir assigner une résidence forcée par le préfet de leur résidence...

 

Fait à Vichy le 4 octobre 1940



[1] Des moyens de pression pour infléchir la politique allemande, avaient été mis en place en France, sans grand succès. La Préfecture de Police dans une note du Directeur des Renseignements généraux fait état qu’un Comité de défense des Juifs persécutés en Allemagne, vient de faire apposer, sur les murs de la Capitale une affiche intitulée « Français, 700.000 hommes, femmes et enfants sont mis au ban de la nation allemande ». Il y est écrit notamment, que dans les mesures prises à l’égard des Juifs en Allemagne, par le gouvernement hitlérien, - arrestations massives, déportations dans des camps de représailles, expéditions punitives etc. (note du 3 avril 1933 ref. 241 - 155 - 1)

Le 20 février 1934, lors d’une Réunion organisée par la Commission d’Enquête Internationale sur les atrocités hitlériennes, M° Campinchi, rapporte  qu’il est stupéfait de constater l’indifférence montrée à l’égard des atrocités hitlériennes par la presse française "qui semble obéir à un mot d’ordre". Au cours de cette réunion un député communiste allemand Bemler Hans, viendra témoigner et dira : que sa femme est emprisonnée en Allemagne, que son fils âgé de 13 ans a été arrêté et enfermé dans une maison de correction, tous deux à titre d’otages parce qu’il a réussi à s’échapper, à la suite de son arrestation.

[2] Les scientifiques nazis, qui avaient souvent eu pour professeurs des juifs, n’en défendaient pas moins des théories par lesquelles les juifs avaient corrompu la science allemande. Ainsi Philipp Lenard, prix Nobel de physique en 1905, était l’un des promoteurs de la physique aryenne. L’une des  difficultés  de son discours consistait à expliquer comment les « Juifs malgré leur infériorité » étaient arrivés à faire des découvertes intéressantes. Stark également Nobel de physique (1919) et nazi convaincu, réussi la prouesse à faire admettre la conception raciste de la science.

[3] - on peut trouver en consultant les écrits antisémites du début du siècle des textes tels que celui publié dans Pilori, sous le titre « Videz le Juif » : Décousez le Juif, a dit Edouard Drumont dans son beau livre, et, après lui, tous ceux qu’inquiète la misère croissante diront : Décousez le Juif. Et quand de ses flancs éventrés s’échapperont les liards, les écus, et les millions qu’il nous a pris, puisons à même la cascade pour les crève-faim Aryens, pour nos classes pauvres, pour ce dessous social qui nous mangera un jour si nous ne le satisfaisons.

Ce n’est là ni pillage, ni spoliation ; c’est une légitime revanche, une juste récupération.

[4] Le 5 août 1939, suite au décret du 20 juillet 1939 une note promulgue le dénombrement des étrangers. Ils sont en outre astreints à des restrictions dans l’exercice de leur profession, à l’obligation de remplir des fiches individuelle et signalétique (note du 7ème bureau du Ministère de l’Intérieur).

[5]L’interdiction d’exercer certaines fonctions étaient appliquées avec zèle par certaines entreprises, ainsi la S.T.C.R.P, faisait signer à chaque employé une feuille sous serment où il était écrit que pour travailler dans l’entreprise, il ne fallait être ni juif, ni communiste, ni francs maçon et être français de vieille souche, s’engager à ne pas faire de propagande subversive, c’est à dire de propagande anti-nazie (témoignage de Louis Gallois, déporté résistant). Thèse de Pascal Fitzner, mémoire de Maîtrise d’Histoire, « la S.T.C.R.P pendant la seconde guerre mondiale » Université Paris 1 Centre de Recherches d’Histoire des Mouvements Sociaux et du Syndicalisme- 92/93

[6] Art.9 les contrevenants (tout juif qui aura soustrait ou aura tenté de se soustraire...) s’exposaient à des peines d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans et à des amendes de 500 francs à 20.000 francs. On peut constater toutefois que le gouvernement de Vichy savait ménager ses intérêts, puisque les publications des scientifiques juifs n’étaient pas visées par ces mesures.

[7] Cette loi a été remplacée et modifiée par celle du 2 juin 1941, on y trouve :

Est regardé comme étant de race juive ....celui ou celle qui appartient à la religion juive ou y appartenant le 25 juin 1940, et qui est issu de deux grands-parents de race juive.

[8] A la suite de cette mesure, on a pu assister à des manifestations d’affichage de réclames antisémites ; comme par exemple Lissac n’est pas Isaac, Ici café auvergnat 100 % etc.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 18:23

 

 

Quand nous voudrons créer notre grand Reich allemand dans son ampleur définitive nous aurons le devoir d’éliminer les peuples de race étrangère…

C’est seulement quand nous aurons la volonté et le pouvoir d’atteindre ce but que je serai prêt à prendre la responsabilité de sacrifier toute une génération de la jeunesse allemande. Même si tel doit être le prix, je n’hésiterai pas à une seconde à charger ma conscience de la mort de 2 ou 3 millions d’allemands, en pleine connaissance du poids de ce sacrifice... Il ne s’agit pas de supprimer l’inégalité entre les hommes, mais au contraire de l’amplifier. ...la création n’est pas terminée du moins en ce qui concerne l’homme. Du point de vue biologique, l’homme arrive à une métamorphose . Une nouvelle variété d’hommes commence à s’esquisser, dans les sens scientifique et naturel d’une mutation. L’ancienne espèce humaine est déjà entrée dans le stade du dépérissement et de la survivance. Les deux variétés évolueront rapidement en divergeant dans des directions opposées. L’une disparaîtra, tandis que l’autre s’épanouira et dépassera de loin l’homme actuel... sur l’objection de Rauschning que jusqu’ici l’éleveur n’a pas réussi de mutations. Hitler répond triomphant : L’homme nouveau, vit au milieu de nous, il est là, je vais vous dire un secret, j’ai vu l’homme nouveau. Il est intrépide et cruel.

Tout ce qui vient d’être dit, doit rester strictement secret... le programme qui vient d’être esquissé , dépasse la compréhension d’un bon nombre de nos camarades.... Et Rauschning note qu’en prononçant ces mots étranges Hitler tremblait d’une ardeur extatique. Aucun doute, l’homme nouveau pour Hitler, c’était Hitler lui-même.(Hitler m’a dit Rauschning)

 

 

Interviewer Hitler en 1931

 

Parmi les nombreux reportages publiés ré­cemment sur l'Allemagne, le lecteur curieux chercherait en vain une interview d'Hitler, le grand chef du parti national-socialiste alle­mand, personnage quasi-légendaire qui s'en­toure à dessein d'un mystère artificiel.

Aussi, le reportage sur Hitler et sur son état-major, que publie, dans le Pesti-Naplo, un des plus brillants journalistes hongrois, M. Gustave Rab, suscite-t-il en Europe centrale un très vif intérêt. En effet, ce reporter habile a réussi, non seulement à s'introduire dans l'état-major du parti raciste allemand, sur lequel il publie de véritables révélations, mais encore il a pu obtenir une entrevue avec le « bel Adolphe », coqueluche des Gretchen 1931 et suprême défenseur de « la pureté de la race germanique ».

Voici quelques passages marquants de. cette série d'articles à tous les égards remarquables.

 

L'état-major des Racistes

 

Je pénètre dans une pièce du deuxième étage de l'hôtel Parlov, siège de l'état-major des nazis, situé à Munich. Un grand homme à la carrure athlétique et aux sourcils broussail­leux me reçoit. C'est le lieutenant Hesse, du secrétariat d'Hitler, qui est, en outre, le garde de corps du chef. Je lui passe ma carte de visite. Il l'examine scrupuleusement. Puis il me demande une pièce d'identité. Je présente ma carte de journaliste. Il la regarde d'un air soucieux. Ensuite, poliment, mais avec fer­meté :

— Vous êtes sans doute en possession d'une pièce portant d'autres mentions, celle de vo­tre religion, par exemple ?

Le passeport hongrois indiquant la religion du porteur, je lui tends le mien, qui semble le rassurer. Ce n'est pas tout, cependant. Mon interlocuteur téléphone, tour à tour, à mon hôtel — pour vérifier l'exactitude de mes ren­seignements — et aux deux personnages con­nus dont je me suis recommandé. Ce n'est qu'après avoir obtenu les précisions désirées que sa figure se fait plus affable et qu'il me promet de faire tout son possible pour m'obte­nir une entrevue avec Hitler...

 

Toutefois, si les fervents d'Hitler suivent l'exemple de leur chef, on peut douter que les théories de ce dernier triomphent avant long­temps. M. Rab, ayant su s'introduire dans son entourage immédiat, a recueilli quelques précisions qui ne manquent pas de saveur….

 

Alfred Rosenberg, diplômé des universités moscovites et théoricien du nazisme  !

 

Ainsi, l'immense majorité du public sera sans doute étonnée d'apprendre que le princi­pal lieutenant d'Hitler, rédacteur en chef de son journal, est un nommé Alfred Rosenberg ancien citoyen de d'origine rien moins que germanique. Diplômé à l’université rouge de Moscou, ne trouvant pas à s'employer chez les Soviets, il émigra en Allemagne, où il s'introduisit dans la rédaction du journal d'Hi­tler, alors à ses débuts.

 

Hitler, apôtre de la race pure et réfractaire au mariage

 

Hitler lui-même, bien qu'apôtre de la thèse qui veut que la perpétuation d'une race pure soit un devoir patriotique, est réfractaire au mariage.. néanmoins ce n'est plus un se­cret depuis une dizaine d'années, il a voué une amitié des plus fidèles à une princesse roumaine de la célèbre famille des Cantactu­zènes. Cette prédilection du champion de la pureté, des races apparaît comme peu conforme à ses théories. La princesse est une femme  aux yeux noirs, aux cheveux bruns et crépus, à la taille féline, de type latin prononcé, alors qu'Hitler, lourd, osseux, les yeux glauques, s'apparente plutôt au type germanique. Cette amitié ne serait pas devenue aussi profonde, dit-on, si la princesse n'avait prouvé, que son admiration pour Hitler pouvait aller jusqu'au sacrifice. .....elle sera con­damnée par les tribunaux allemands pour ma­nifestations trop véhémentes de ses sentiments hitlériens….. Peu après, elle  commandite le journal des nazis. Depuis ce temps- là, le sentiment de l'irrésistible Adolphe pour la princesse ne connaît plus de bornes. Elle jouit de son entière confiance.....

 

Une attirance toute passagère pour la femme d’un marchand de pianos.

Elle s’appelait  Madame Bechstein, elle était la femme d’un marchand de piano qui avait une vingtaine d’années de plus que lui. Des scènes de cette relation sont relatées par divers témoins, qui racontent: « dans l’intimité, ou devant de rares amis, il s’asseyait aux pieds de l’imposante maîtresse de maison, appuyait sa tête contre son opulente poitrine et fermait les yeux ».

Et pour une adolescente

 

Cet amour tout platonique ne devait pas satisfaire pleinement le bel Adolf, puisqu’il fit la connaissance d’une ravissante adolescente pleine de charme... fille du photographe Hofmann, d’une rare beauté, blonde transparente au corps d’éphèbe... le père apprit cette liaison, celle-ci tourna court, bien qu’à cette époque Hitler fut déjà un personnage bien en vue. Cette aventure sans lendemain, se solda néanmoins par l’enrichissement du photographe Hofmann, puisque celui-ci obtint en dédommagement du « déshonneur causé à sa fille » les droits photographiques d’Hitler pour le monde entier. Devenu Chancelier, il ne garda pas rancune à la belle de cette rupture, puisqu’il nomma plus tard son mari chef de la jeunesse allemande.

 

Allemagne - Coups de revolver dans la nuit.

 

Dans la banlieue de Hambourg, l'autre nuit, trois revolvers nationaux-socialistes ont  « descendu » un député communiste.

Ces coups de feu ont tué un homme, mais il en ont réveillé beaucoup d'autres qui commençaient à s'endormir sur des lauriers trop aisément conquis, Dans un demi-silen­ce, on effet, on parlait volontiers, depuis quelques semaines, d'un tassement dans la masse hitlérienne. On croyait même, certains jours, enregistrer les symptômes d'un premier recul de la croix gammée. Outré par les insultes racistes, scandalisé en son rigorisme catholique par la démagogie ra­dicale, le chancelier Brüning, après avoir maintes fois cédé, avait brusquement fait face aux nazis et s'était adressé en termes sévères au peuple d'Allemagne. Et Brüning n'était pas tombé ; au contraire, son crédit intérieur et extérieur avait augmenté. D'au­tre part, la Bannière du Reich, la puissante association de militants républicains et so­cialistes, s'était mise sur le pied de guerre.

 

Chemises brunes et troupes de choc défiées

 

A grand renfort de tambour et... de  discours de son président Hörsing, qui n'enfilait cer­tes pas ses gants pour défier les fameuses S.A (troupes de choc) d'Hitler et annoncer leur prochaine défaite. Enfin, le gouvernement socialiste de Prusse ne se laissait nul­lement intimider par la menace du plébis­cite de dissolution, et sa police continuait à maintenir à peu près l'ordre sur la ma­jeure partie du territoire du Reich, interdisant même plusieurs réunions national-so­cialistes au profit des républicains. Le Reichstag lui-même, suivant le chancelier dans son offensive, votait de nouveaux rè­glements destinés à entraver le plus possible les fantaisies tumultueuses des extré­mistes.

Outrés à leur tour, les 107 « chemises brunes » quittaient l'assemblée, entraînant avec eux les nationaux-allemands......

 

Trois coups de revolver et  un cadavre

 

...aussi les causes de cette insensibilité dans une certaine brutalité naturelle et surtout dans la logique totale qui, inspirant des ré­volutionnaires sincères et réels, leur fait considérer l'assassinat comme un moyen normal d'action politique.

Cette fois-ci, cependant, des organes tels que le Berliner Tagebtatt s'émeuvent sur plus de colonnes qu'il n'est d'usage: En trois éditions, quatre articles de fond sur ce su­jet. Le premier pour rappeler que deux jours auparavant, dans la même ville, un agent de police raciste réprimandé tirait sur un conseiller à la Cour ; le second pour montrer à la bourgeoisie nationale d'Ham­bourg qu'en pactisant avec les extrémistes de droite elle arrivait fatalement à cette situation ; le troisième pour s'en prendre au pauvre M. Wirtb, que l'on estime « trop mou depuis longtemps » ; le dernier pour mettre les partis nationalistes d'Hugenberg et aussi les populistes en présence de la res­ponsabilité qu'ils assument à être les amis des nazis... Mais, il y a trois, cinq, huit jours, on consacrait généreusement dix li­gnes à la mort violente, dans une bagarre quelconque, d'un citoyen raciste, socialiste ou communiste... Il faut vraiment que, cette fois-ci, l'opinion ait été frappée.

Qu'il l'ait voulu ou non, à tort ou à rai­son, avec ces trois coups de revolver et ce cadavre, Hitler apparaît à nouveau comme le seigneur de la guerre.

Jean Aikhenbaum

 

Sources sélectives :

Je suis partout 1931 – articles de presse

Hitler m’a dit – Hermann Rauschning

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 09:30

 Une déclaration qui fait beaucoup de bruit

On a fait beaucoup de bruit, ces derniers temps, autour d'une déclaration émanée des Allemands de Lodz et qui tendrait à poser, sous un jour nouveau et assez inattendu, le pro­blème de la minorité allemande en Pologne. Dans cette déclaration, adressée au Président de la République, au maréchal Pilsudski et au président du Conseil par l'Association cultu­relle et économique allemande de la grande cité industrielle, s'exprime a l'égard de la commune patrie polonaise ; un loyalisme qui ne semble pas de commande et qui paraît, à première vue, fort sincère. D'autant que les Allemands de Lodz ne laissent pas de condam­ner avec énergie les « menées révisionnistes de leurs congénères de Berlin et de Munich. L'irritante question des minorités nationales, si graves pour l'avenir de l'Est de l'Europe et de l'Europe, en général, serait-elle, au moins sur un point, en Voie de liquidation ? …..

 

Pour la pacification des esprits

 

 

 N'a-t-on point entendu récemment un Allemand de Bohème, ministre du gouvernement de Prague prêcher publiquement la pacification des esprits et la réconciliation des deux éléments, tchèque et germanique, pour le bien supérieur du pays qui, disait-il, est aussi notre pays ? On songera encore que le seul fait que ces minorités allemandes, riches, puissantes, fortement organisées, accep­tent de se plier à la domination de peuples slaves — on sait le mépris que professe tout authentique Allemand a l'égard de la race slave — est un gage assez rassurant de la consolidation du statut politique et territorial créé par tes traités de 1919 en ces contrée où les antagonismes de race risquent à tout ins­tant de mettre le feu aux poudres. Il faut, ce­pendant, y regarder de près...

 

La déclaration vient d'un groupe d'Allemands, puissant à vrai dire, mais isolé au sein d'une ville authentiquement polonaise. …...

 

Le commerce et l'industrie germaniques ont pu, il est vrai, s'y créer une position de premier plan, le pays n'en demeure pas moins indiscutablement polonais et, de fait, ni Treviranus ni les idéologues hitlériens ne l'ont fait, jusqu'à présent, figurer sur la liste de leurs revendications. Lodz, avant la guerre, appar­tenait à la Russie, dont elle était l'une des places fortes industrielles. De sorte que le dé­veloppement économique de la grande cité tex­tile n'est aucunement orienté vers l'Allemagne ; il est plutôt tourné vers l’Est, vers l'intérieur de la Pologne et le monde slave.

 

Un ssemblant de coopération qui s’instaure tant bien que mal

 

Et il n'est aucunement étonnant que les Allemands qui l'habitent, se montrent disposés à ratifier une situation qui est, somme toute, favorable à leurs intérêts. Ils ne sont pas, du reste, les seuls en Pologne à se trouver dans ce cas. La Galicie, elle  aussi, a sa minorité allemande. Ce sont des colons introduits au XVIIIème  siècle en ces régions par Joseph Il et qui, ayant maintenu intact pendant deux cents ans leur, caractère racial, vivent aujourd'hui encore dans des villages à eux, où l'on ne parle que l’allemand et où la tradition du Deutschturn est tou­jours en honneur. Mais, de ce côté non plus, nul irrédentisme. Une collaboration s'est de­puis longtemps instituée avec l'élément polo­nais, qui ne laisse aucune prise aux idéologies nationalistes de l'Allemagne revancharde d'au­jourd'hui.

 

des cas excep­tionnels ;

 

et il s'en faut que les Allemands de Lodz expriment au vrai le sentiment des autres minorités allemandes de Pologne. ….. Les deux peuples, Allemand et Polonais, sont toujours l'un en face de l'autre, dans une hostilité menaçante que n'amortit qu'à peine la communauté des inté­rêts. Ici encore, comme à Lodz, c'est entre les mains des Allemands que se trouve la majeure partie de l'industrie, richesse du pays. Mais la situation est autre. La Haute-Silésie a trop longtemps gravité dans l'orbite du Reich dont elle faisait l'une des sources principales de prospérité.....

 

Autre question épineuse : les Ruthènes de Galicie orientale. Des efforts avaient été tentés, ces dernières semaines, pour aboutir à un ac­cord. Ces tentatives ont échoué, les représen­tants des partis ukrainiens ayant refusé d'ac­cepter les conditions posées par les Polonais ; c'est à savoir : premièrement, une déclaration solennelle de loyalisme faite à la Diète par les députés ruthènes ; deuxièmement et surtout, le retrait des plaintes déposées à Genève par la représentation parlementaire ukrainienne à la suite de la répression des troubles de l'été der­nier en Petite Pologne. La question reste donc pendante. Toutefois, les Polonais viennent d'enregistrer un succès moral considérable. L'évêque uniate de Przemysl, Mgr Lhomiszyn, dans un mandement retentissant, vient de con­damner avec vigueur les menées séparatistes des nationalistes ukrainiens. « L'intérêt de l'Ukraine, a-t-il déclaré en propres termes, est une Pologne forte, un Etat polonais puissant, mais, ajouté, juste... » Cette initiative a eu, il est vrai, pour résultat de déchaîner contre l'évêque les journaux nationalistes ru­thènes. Mais l'influence de l'Eglise uniate est grande parmi les masses ukrainiennes de Ga­licie reste à espérer, pour la paix de l'Europe, que les paroles de l'évêque de Przemysl seront entendues.

 

L’épineuse question de  Dantzig

 

Il n'est point, pour la politique polono-alle­mande, de question plus épineuse que celle de Dantzig. On connaît le sort fait par les traités à ce port, constitué, avec sa banlieue, en Etat libre, sous l'égide de la S.D.N. Ville de popu­lation allemande, encore qu'elle abonde de souvenirs polonais, Dantzig tire de la Pologne le plus clair de son activité et de ses ressour­ces ; elle est, pour ainsi dire, l'exutoire naturel de l'immense pays qui s'étend de la »Baltique aux Carpathes et aux confins de l'Ukraine.

La S.D.N. et la Pologne sont représentées chacune par un haut-commissaire, auprès du Sénat de la ville. Mais elle a, en ce qui con­cerne son administration intérieure, toutes les prérogatives d'un Etat indépendant. Situation assez ambiguë, unique en Europe, et qui ne va pas, bien entendu, sans provoquer des conflits sans cesse renouvelés.

Les griefs de Dantzig à l'égard de la « na­tion protectrice » sont nombreux, sinon justi­fiés. Dès avant la guerre, l'activité du part s'était de beaucoup ralentie. La création d'une Pologne libre n'a pas remédié à cette situation; et ce n'est pas sans amertume que les dantzi­kois ont assisté à la création, par le nouvel Etat et sur le golfe même de Dantzig, du port militaire et marchand à la fois de Gdynia. Ce port, creusé et équipé de toutes pièces en quel­ques années, ne va-t-il pas aggraver enclore la situation économique déjà précaire de la Ville Libre ?

 

 La construction d'une ligne de chemin de fer : une concurrence qui porte ombrage

La conclusion d’un emprunt destiné de permettre la construction d’une ligne de chemin de fer qui reliera Gydnia, et donner à coup sûr, un nouvel essor, on multiplie les alarmes des dantzikois. Cette concurrence leur porte ombrage, qui est, à entendre leur presse, parfaitement déloyale et, ajoutent-ils, totalement contraire à l'esprit du traité de Versailles. De deux choses l'une argumentent les feuilles nationalistes de la Ville Libre : ou là Pologne doit se contenter de Dantzig, ou il n'y a plus de raison à  mainte­nir Dantzig dans cet état de séparation avec le Reich que lui ont imposé les traités.

Telle est l'argumentation de la presse dant­zikoise. Mais il s'en faut, à vrai dire, que tout se borne à argumenter. Séparée du reste de l'Allemagne, Dantzig n'en est peut-être  pas moins la ville allemande où le chauvinisme teu­ton est le plus développé et le plus ombrageux. Les dernières élections, qui ont eu lieu en octo­bre dernier, ont envoyé au Sénat une majorité compacte de rationalistes, dont un fort contingent d'hitlériens. M. Ziehm, président du Sé­nat, est représenté par la presse polonaise comme un ennemi juré de la Pologne et de tout ce qui est polonais. De fait, l'un des pre­miers actes du nouveau Sénat a été d'avertir Varsovie que le port de la Ville Libre serait, désormais, fermé aux navires de guerre polonais, Gdydnia, disait la note du Sénat, étant en mesure de leur servir de base et de port d’attache.

 

Brimades et exactions

 

..... Bien entendu, les éléments nationalistes de la Ville Libre, n’épargnent aucune brimade. Il ne se passe presque pas de jour que de nouveaux sévices ne lui soient infligés...

Le premier est l'affaire d'un certain Gen­gierski, de nom polonais, mais de nationalité allemande, qui, ayant à se plaindre d'une com­pagnie de navigation, et déçu de voir ses réclamations sans-résultat, assassina l'employé à qui il attribuait son échec. Cet employé était polonais. Arrêté, Gengiérski déclara qu'il avait tué l'employé, non pour des raisons person­nelles, mais parce que son interlocuteur, au cours de leur altercation, avait, blessé ses sen­timents patriotiques ; cette méthode de défense produisit le résultat qu'il attendait. Gengierski fut acquitté.

Le deuxième incident est dû aux hitlériens. Certain soir du mois de mars, un groupe de racistes, en « tournée » sur le port, aperçut, sur le pont du navire polonais Copernic, un matelot,  nommé Styrbick, qu'ils attirèrent à terre, battirent jusqu'à ce qu'il perdît connais­sance et qu'ils abandonnèrent sur la place. Le malheureux Styrbick fut transporté à l'hô­pital, pansé, guéri, et il se disposait à regagner son bord, quand un policier se présenta, lui mit la main au collet et le conduisit séance tenante en prison, sous l'inculpation d'avoir... troublé la paix publique.

Ces événements ont motivé la démission de M. Strassburger, haut-commissaire de la Pologne à Dantzig. Dans la lettre qu'il a adressée au, Sénat, M. Strassburger proteste contre la situation faite aux Polonais dans la Ville Li­bre, et, constatant son impuissance à y porter remède, devant le mauvais vouloir des auto­rités, il déclare renoncer à une mission qu'il n'a pas-les moyens de remplir.

 

Textes sélectionnés et mis en forme par Jean Aikhenbaum

 

Sources sélectives ;

Je suis partout 1931

archives personnelles

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 16:16

 

 

Sur le programme raciste qu’il comptait mettre en oeuvre, Hitler a toujours été sans ambiguïté.

« Celui qui le matin, lit un journal juif et n’y trouve pas une accusation contre lui, peut se reprocher son temps la veille ; dans le cas contraire, en effet, il serait sali et injurié par les Juifs. Celui qui se dresse avec force contre ces ennemis mortels de notre nation et de notre race aryenne à le droit d’espérer la haine et les persécutions de cette tribu. »

 

« Ce qui me donna bientôt le plus à réfléchir ce fut le genre d'activité des Juifs dans certains domaines, dont j'arrivai peu à peu à pénétrer le mystère.
« Car était-il une saleté quelconque, une infamie sous quelque forme que ce fût, surtout dans la vie sociale, à laquelle un Juif au moins n'avait pas participé ?
 sitôt qu'on portait le scalpel dans un abcès de cette sorte, on découvrait, comme un ver dans un corps en putréfaction, un petit youtre ébloui par cette lumière subite.... » (Adolf Hitler)

 

Le message d’Hitler pour 1931

Le Volkischer Beobachter, organe cen­tral du parti national socialiste, a publié le 2 janvier un grand message d'Adolf Hitler à ses troupes pour l'année nouvelle.

La onzième année du combat mené par le mouvement national-socialiste est ter­minée. Un groupe obscur de sept indivi­dus est devenu un parti de huit millions d'hommes. Quelques-uns seulement sa­vent quel travail représente ce progrès formidable, et quels sacrifices ! Le destin ne nous a rien épargné et rien n'a été obtenu sans amertume. Onze années du­rant, le mouvement a couru de danger en danger ; un jour assailli par la haine, le lendemain tourné en dérision ; bientôt accablé sous le silence ou, au contraire, sous les mensonges et les calomnies ; in­terdit, dissous, puis renaissant pour sur­gir à la fin de chaque année plus vail­lant et plus fort.

Le mouvement national socialiste a fait én. Allemagne le point pour les esprits. Si aujourd'hui, à l'époque de notre pire abaissement, des millions d'hommes sou­levés par notre foi relèvent fièrement la tête, c'est que brille à leurs yeux le sym­bole que notre aigle tient dans ses serres : la croix gammée domine l'étoile soviéti­que.

Auparavant, dans la presse, dans la vie publique au Parlement, partout régnaient le bolchevisme juif et les ennemis de la Nation.

 

 Le travailleur allemand, mésesti­mé par la bourgeoisie, devenait irrémédia­blement la proie des marxistes dupeurs du peuple. Aujourd'hui, il y a huit millions d'hommes derrière la pure pensée allemande, qui disposent du parti le plus ma­gnifiquement organisé. Contre les crimi­nels marxistes, marche dorénavant le fa­natisme national. Ce dont on se moquait hier est redouté aujourd'hui.

Et tout cela, partisans, hommes et femmes est notre œuvre, votre œuvre.

 

............A tous ceux qui ont combattu et saigné dans nos combats, nous ne pouvons don­ner en guise de « merci » que cette assu­rance :

VOUS AVEZ MARCHÉ POUR LA NATION ET POUR LE PAYS ALLEMANDS ; NOUS CON­TINUERONS A MARCHER POUR LA NATION ET LE PAYS ALLEMANDS, MAINTENANT, DEMAIN, ET TOUJOURS DANS L'AVENIR, AUSSI LONG­TEMPS QUE LE SEIGNEUR NOUS LAISSERA EN VIE. NOUS SERVIRONS TOUJOURS L'ÉTEN­DARD QU'UN JOUR NOUS AVONS CHOISI COM­ME NOTRE SYMBOLE. SIGNE DU REICH QUI VIENT, IL VOUS A ENVELOPPÉS, VOUS QUE LE DUR DESTIN A ÉLOIGNÉS DE NOUS ; A L'HEU­RE DERNIÈRE A LAQUELLE LE DESTIN NOUS APPELLERA A NOTRE TOUR, NOUS VOU­DRONS AUSSI NE PAS AVOIR D'AUTRE PAVIL­LON QUE CELUI DU RELÈVEMENT DE L'ALLE­MAGNE ! NOTRE DRAPEAU, NOTRE BAN­NIÈRE ! »

La douzième année de lutte commence pour notre mouvement.

Nous sommes tous persuadés que le cycle de la passion allemande s'achèvera cette année.

Nous savons tous que la liberté com­me don gratuit n'existe pas. Depuis tou­jours, le bonheur est lié aux larmes, et Béni celui qui a souffert éprouve la suprême jouissance. Le mouvement national socialiste  engage un combat difficile....

 

Là où est le National-socialisme, là est l’Allemagne

 

C’est pourquoi notre premier acte sera une proposition de dissolution pour tout le Reischtag comme pour le Landstag de Prusse... Là où est le National-socialisme, là est l’Allemagne, que tout allemand ait bien cela dans son cœur et dans sa tête. Fin 31, la question qui se pose  en Allemagne, est de savoir quand Hitler prendra le pouvoir. Les allemands sont convaincus, qu’il le prendra quand il le voudra. Il attend théoriquement les élections prussiennes de février 1932, afin de succéder normalement au gouvernement affaibli et rendu impopulaire par ses ordonnances et ses restrictions.

 

Une révolution spécifiquement allemande !

 

Comment ce nouveau régime allait-il se comporter avec la France et pourrons-nous continuer à vivre en paix ? un journaliste témoin de cette époque a été chercher réponse à cette question à Munich, fief du mouvement nazi. J’ai cru raconte-t-il à la possibilité d’un rapprochement (avec les nazis non-encore au pouvoir) :

-               que voulez-vous demande-t-il à l’un dirigeants.

-               Nous voulons faire la révolution, une révolution spécifiquement allemande. Notre mouvement est avant tout un mouvement raciste, fondé sur la race allemande. Nous sommes contre les Juifs et contre les Nègres. Je répliquai que ces idées ne préoccupaient pas spécialement les français, que là-dessus nous n’avions qu’indifférence.

L’on m’expliqua ensuite que le national-socialisme était l’adversaire du bolchévisme et du capitalisme.

 

      Et la France ?

 

La réponse fut nette et brutale, : La France ne nous intéresse pas… tout d’abord, nous voulons la fin des réparations 14 ans après la guerre ça suffit, ensuite la restitution de la Sarre et de l’Alsace Lorraine…. (Je suis partout n° 62 – 30 janvier 1932).

 À l'élection présidentielle de mars 1932, Hitler met le maréchal Hindenburg en ballottage, mais son parti demeure encore minoritaire.

En juin 1932, les nazis auront 230 députés, pourtant personne ne croit, tant en Allemagne qu’à l’étranger à l’avenir d’Hitler et du National-socialisme. On peut lire, dans l’Hebdomadaire d’extrême droite « je suis partout », fervent défenseur du traité de Versailles non encore collaborationniste : Adolphe Hitler à l’étrange fortune de fournir à ses contemporains d’innombrables clichés aussi ridicules que péjoratifs. Le malheur - le danger aussi -  est que trop souvent, en France comme dans certains milieux démocratiques du Reich, on se contente de ces pauvres choses pour décrire et analyser la personnalité du premier des Nazis. « Un lamentable peintre en bâtiment, un déserteur autrichien... le peintre en bâtiment, même costumé en landjäger, c’est à dire en gendarme régional, demeure pourtant, tous les railleurs d’abord, tremblent d’effroi à certains moments...  La description classique d’Hitler ouvre, en effet, assez mal les voies à l’épopée. Il est au premier coup d’œil, le type même du serveur de brasserie bavarois... on ajoute même que si le bel Adolphe à perdu son prestige auprès de maints bourgeois de Munich, n’a pas cessé d’être la coqueluche des boniches et des blanchisseuses... et puis il n’est pas allemand, l’est devenu par choix, il est autrichien.... Ce qui n’empêche nullement ce journal de s’opposer avec virulence à la politique du « socialiste Blum ». Cet hebdomadaire, deviendra l’un des fleurons et la référence de la presse collaborationniste.

 

Un caporal bohémien

 

Franz von Papen et les conservateurs pensaient pouvoir obtenir la  participation de Hitler à un gouvernement, de récupérer sa force politique croissante, tout restreignant son champ d’action.

 Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg décide, après bien des réticences — après avoir traité Hitler de «caporal bohémien» —, il le nomme à la chancellerie du Reich, à la tête d'un gouvernement qui ne comprend que deux nazis, Göring et Frick. Une fois au pouvoir, Hitler déjoue tous les plans des conservateurs et instaure très rapidement un régime dictatorial.
 

 

 

Jean Aikhenbaum

 

 

Sources :

Je suis partout 1931

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 08:15

 

« Mon but, a-t-il écrit un jour, est mon  peuple, son pain, sa liberté, son honneur. Je remplace le simulacre de patriotisme bourgeois par la fermeté nationale de mon parti, et le simulacre du socialisme marxisme par la justice sociale du même parti. Tandis qu’une Allemagne parlementaire tombe en ruine. Une Allemagne nouvelle naît. Guidé par de nouveaux étendards et de nouvelles idées conduit par des têtes froides et des cœurs chauds, le peuple allemand se lève pour remplir sa mission qui sera celle du XX°siècle »

    adolf Hitler

« De l’article IV à l’article X, le programme esquisse la forme et les conditions du nouvel Etat La question du droit d’être citoyen est nettement posée sur le terrain antisémitique. Ne peuvent être citoyens, que ceux qui sont concitoyens. Ne sont concitoyens que les hommes de sang allemand, et ceci en dehors de toute considération confessionnelle. Les Juifs n’étant pas de sang allemand, ne sont pas concitoyens » (article IV).

 

 

 

L’ Allemagne en 1931 un glissement vers la droite populiste ? 

 

 

Allemagne :Evolution des partis la presse s’interroge et constate :

Glissement à droite. La majorité Brüning compromise.

Le 8 novembre (1930) à, Hanovre, après un impor­tant débat, le Parti Démocratique a cessé offi­ciellement d'exister. Il a lui-même prononcé sa propre dissolution pour procéder immédia­tement à, la constitution définitive du Parti d'Etat dans lequel il a pris place.

L'opinion et la presse apprécient de très di­verses façons cet événement qui aura peut-être des conséquences graves dans la vie poli­tique du Reich et qui, en tout cas, est très si­gnificatif à plusieurs égards. Le Parti Démo­cratique représentait jusqu'aux dernières élec­tions la seule fraction parlementaire absolu­ment républicaine, en dehors de la sociale-dé­mocratie, on lui accordait une grande impor­tance du point de vue international.

 

A la veille de la consultation électorale, la majorité de ses chefs décidèrent d'aller à la bataille non plus seuls, mais en formant une union avec diverses autres organisations dont la principale était l'Ordre des Jeunes Allemands. Chaque association gardait provisoirement son autonomie mais entrait dans une liste commune intitulée liste des Partis d'Etat. On avait pensé dans les milieux de la bourgeoisie républicaine s'opposer ainsi avec plus de chances de succès à la double vague de« radicalisme » qui était dans l'air et que l'on pressentait ; on pensait garder de cette façon une partie des électeurs ...

 

Selon le Nouvel Observateur du 1er juin (2011), l'humoriste Dieudonné a trouvé ses producteurs en Iran pour financer son prochain film. Intitulé L'Anti-sémite, il est adapté d'une pièce de théâtre, qui "entend mettre en lumière le rôle du sionisme dans l'esclavage en Europe". Dans le Tehran Times, le producteur Mohsen Ali-Akbari (directeur de l'Haft Aseman Cinematic Company) a affirmé qu' "en raison de mes croyances anti-sionistes, j'ai accepté de produire le film". (source l’Express)

 

http://extremecentre.org/2011/06/29/%c2%ab-l%e2%80%99antisemite-%c2%bb-dieudonne-le-zombi-l%e2%80%99esclave-ou-la-catin-des-mollahs-c%e2%80%99est-selon-tourne-%c2%ab-la-premiere-comedie-populaire-%c2%bb-sur-la-shoah/

 

en 1930,

A l'Ouest, rien de nouveau était interdit en Allemagne

La première représentation du film de Remarque au Mozart-Saal, un grand ci­néma de Berlin, s'était passée dans le plus grand calme. Mais le lendemain, M. Goeb­bels, un des lieutenants de Hitler, qui était assis au premier rang, se leva et commença une harangue. Du balcon, ses troupes lancèrent dans la salle des boules puantes et, pour ef­frayer les dames... des souris blanches. Ce fut le signal d'un chahut formidable.

Cette intervention bruyante des nationaux-socialistes ne surprendra pas à première vue. Elle constitue cependant une nouveauté à Ber­lin. La capitale du Reich pouvait se vanter depuis quelques années d'un libéralisme excep­tionnel en matière de spectacles On y a joué de nombreuses pièces politiques d'une tendance très osée, sans que les partis adverses fissent entendre des protestations. On a pu y voir pen­dant des mois des films révolutionnaires russes, comme le célèbre Croiseur Potemkim : jamais le public ne manifesta. Mais depuis les élec­tions du 14 septembre, les nationalistes, eni­vrés par leur succès, affectent de ne plus to­lérer les spectacles qui leur déplaisent. En vain, la société de film Universal Pictures fait précéder sa production d'une annonce disant qu'on a voulu montrer sur l'écran la réalité de la guerre, sans aucune tendance. La Reichs­wehr, avant la première représentation, s'ef­force de faire interdire le film de Remarque et une grande partie de la presse l'attaque vio­lemment. Ces adversaires ne sont pas seule­ment dans le camp de Hitler et de Hugenberg ; des journaux modérés, jadis plus tolérants, dé­clarent que ce film est une chose indigne, qu'il insulte au patriotisme et à l'honneur du peuple allemand.

 

Préparations des pogroms en 1930

Un appel à la jeunesse

On se moquait en Allemagne, il y a peu de temps encore, de la jeunesse des troupes hitlériennes. Dans la presse quotidienne et dans les hebdomadaires, ce n’était que haussement d’épaules, brocarts, photographies et caricatures tendant à ridiculiser le parti national-socialiste et à traiter ses manifestations non pas comme une affaire d’Etat, mais comme une affaire d’enfance. On oubliait pas tout à fait, cependant, le chiffre des voix abstenus par les racistes aux élections générales 6 millions et demi de voies, accrues encore lors des élections partielles ou municipales ! mais l’on soutenait que la moitié des électeurs hitlériens votaient par « jeunesse » et l’on se proposait en guise de remède, de relevé la première limite de l’âge électoral...

Le succès d'Hitler

L'article publié le même jour par le Ber­liner Tageblatt, « Jeunesse et national-so­cialisme », est un appel analogue, mais des­tiné, celui-là, à toucher non pas la jeunesse catholique, mais celle des milieux libéraux ou libres-penseurs, démocrates et républi­cains de gauche, qui paraît elle-même en danger d'abandonner les opinions pater­nelles.

En tout cas, le Berliner Tageblatt ne semble pas en douter. Le national-socialis­me a réussi…………..

 

Textes sélectionnés et aménagés par Jean Aikhenbaum

Sources : 

Je suis partout 1930-1931

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 10:23

 « texte de l'allocution du 10 octobre 2007 suite à l’intervention de Mr. Piotr M.A CYWINSKI Directeur du Musée d’Auschwitz-Birkenau  sur le thème de (Musée d’Auschwitz-Birkenau Lieu de Mémoire l’histoire et l’avenir) -Conférence au Centre de l’Académie Polonaise des Sciences.

 

 

LA SOLUTION FINALE

« en finir avec la question juive »

 

 

 « C’est le temps des vacances et malgré la guerre, maman travaillant, je dois aller à la campagne pour trouver une nourrice pour mon frère et ma sœur. Je profite donc du 14 juillet. Hélas ! Quand je reviens les Allemands sont venus très tôt. Je devrais dire les  Français : la police et 1 civil. Et ils les ont emmenés en pyjama. Je cours partout, d’abord à la mairie. Puis au Vel d’Hiv. Je rôde autour, mais la police est là, on ne peut pas approcher, je n’ai pas de papiers en règle. Je ne porte pas l’Etoile. Je me renseigne partout où je peux. J’apprends qu’on doit les emmener vers Pithiviers dans le Loiret.

Je décide d’y aller leur porter nourriture et vêtements. Sans argent à cette période ce n’était pas facile. J’arrive dans cette petite ville. Les volets étaient clos ; dans un café  j’entends dire que c’est à cause des femmes du camp, qui le matin hurlaient de désespoir parce qu’on leur arrachait leurs enfants. Que les petits étaient restés au camp.

Avec bien des précautions, j’y arrive, il y a une ligne de chemin de fer. Je me cache dans les herbes. Une dame se dirige vers le camp, je lui demande en pleurant d’essayer si elle ne peut pas se renseigner pour moi. Je donne leurs noms : Marguerite 11 ans, Claude 7 ans. Elle me dit qu’ils ont des numéros...De loin j’aperçois ma sœur seule.

Elle me fait comprendre que mon frère est parti se faire raser, sur l’instant je ne comprends pas.. Je demande et maman ? Elle est partie ce matin. Loin. Qu’avez-vous besoin ? « à manger »...La semaine d’après, je suis revenue avec un colis, bien modeste. Le camp était vide. Où étaient-ils ? A qui demander ? Les gens du pays ne répondaient à aucune question.. Et j’ai attendu...attendu...A la fin de la guerre, j’étais devant l’Hôtel Lutétia. Les déportés arrivaient. Mais les miens ne sont jamais revenus. »

 

ce témoignage, un parmi tant d’autres, est celui de la sœur de Marguerite et Claude Jankélévitch. Marguerite avait 12 ans et son frère Claude avait 8 ans. Il ont été arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv avec leur mère déportée avant eux, convoi n° 21 le 19 août 1942 destination AUSCHWITZ aucun d’eux n’a survécu.

 

Le premier mouvement antisémite d’envergure qui a précédé la Shoah, a eu lieu en Allemagne et à commencé le 1er avril 1933[1] par le boycott des commerces juifs. Des lois et mesures anti-juives officielles ont été promulguées en 1935,  dont la célèbre loi de Nuremberg du 15 septembre 1935, destinée à protéger « le sang et l’honneur allemand ». Cette mesure pour les nazis était nécessaire  par le fait que le juif est impur, et que, de plus, tout ce qui lui appartient est souillé et devient source de contamination. Il était donc primordial que la race des seigneurs se protège efficacement de  toute souillure.

 

L’enchaînement devenait alors inéluctable. Goëring déclare qu’il fallait en finir avec la question juive (octobre 38), les Juifs doivent disparaître de l’économie allemande (novembre 38)[2]. Les exactions contre la population juive allemande prennent de l’ampleur : les biens juifs sont pillés, les magasins, habitations, synagogues dévastés et incendiés. Les pogromes s’institutionnalisent dans une indifférence générale et, entre  le 10 et 13 novembre de cette même année, les premières déportations commencent avec l’envoi de  10 454 juifs allemands  vers le camp de Buchenwald.

 

Le grand dessein des nazis, qui consistait à exploiter et à éliminer les sous-hommes que sont les Juifs, les Tziganes, les Polonais, les Russes, les Tchèques et autres dégénérés pouvait enfin commencer.  L’édification du 3ème Reich millénaire éternel et la souveraineté de la race supérieure germanique passaient par ces conditions.

 

Objectif : l’élimination de 30 millions de personnes.

 

C’est dans cette continuité que se sont inscrites les mesures prises dans les pays occupés. En France, c’est avec l’armistice et l’invasion allemande que les premières dispositions officielles font leur apparition. Une certaine  littérature et la presse antisémite avaient préparé l’opinion publique à la politique discriminatoire et d’extermination qui va être menée contre les juifs[3]. Les citations où  juifs, métèques et étrangers sont accusés de tous les maux, de toutes les tares, abondent. Les quolibets, les injures et les propos menaçants sont regardés avec bienveillance  par les pouvoirs publics de cette époque ou pour le moins dans une totale indifférence.

 

Dès la mise en place du nouveau régime de Vichy, des journaux tels que l’Action Française, le Matin, l’Œuvre, le Cri du Peuple, la Gerbe, Je suis partout... deviennent des inconditionnels du pouvoir en place.

 

Maurras adhère à ces idées : il entretient avec Pétain des échanges et la radio le cite quotidiennement. Adversaire farouche de la devise « Liberté - Egalité - Fraternité », il se félicite de la voir remplacer par le célèbre slogan « Travail - Famille - Patrie ». La loi du 17 juillet 40 répond pleinement à ses attentes : elle écarte les métèques de la fonction publique et des postes de dirigeants. Celle du 21 juillet 40 va également dans le bon sens, puisqu’elle remet en cause les naturalisations. Maurras écrit : « Les Français recommencent à être chez eux en France ».  Parallèlement, une Cour Suprême de Justice est instaurée afin de juger les ministres responsables de la défaite.

 

Pour Maurras, le Statut des juifs, l’instauration d’un Commissariat aux questions juives est « un monument consacré à la défaite de l’Ennemi intérieur ». Il vitupère, dénonce les ennemis de la Révolution nationale, ceux qui sont partis pour Londres ont abandonné la terre de la patrie... Il considère que la résistance est un mal absurde qu’il faut combattre. Les arrestations, les camps de concentration font les trois quarts de la besogne. Il est indispensable d’en finir avec les métèques et les juifs qui tirent les ficelles. En conséquence, on doit désarmer les juifs et leur retirer leur argent. L’Ennemi, finalement, n’est qu’un. Gaullistes, juifs, communistes, francs-maçons, métèques autant d’Etats confédérés qui ont juré la perte de l’unité française.

 

 Paul Ferdonnet, dans La guerre juive op.cit avant propos pp 9-10 – cité par Pierre André Taguieff, Prêcheurs de haine p.497 juge ainsi la situation :

Ces parasites, ces étrangers, ces ennemis intérieurs, ces maîtres tyranniques et ces spéculateurs impudents, qui ont misé, en septembre 1938, sur la guerre, sur leur guerre de vengeance et de profit, sur la guerre d’enfer de leur rêve messianique, ces bellicistes furieux. Il faut avoir l’audace de se dresser sur leur passage pour les démasquer ; et, lorsqu’on les a enfin reconnus, il faut avoir le courage de les désigner par leur nom : ce sont les juifs,

 

Lorsque le processus de la déportation commence, Maurras applaudit : juifs bêtes traquées, il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’ils ont de tout, payent rubis sur l’ongle avec un bel argent somme toute assez rare chez les Français.

 

 

Drieu la Rochelle, quant à lui, pense que la France doit s’orienter vers un nationalisme européen. L’Allemagne se doit de délivrer la France des juifs, car une victoire des Anglais et des Français amènera le triomphe définitif de la pourriture. Les juifs maîtres de l’Europe.

 

Le gouvernement de Vichy coopère pleinement avec les autorités allemandes. Vallat, jugé trop laxiste est remplacé par Darquier de Pellepoix antisémite notoire, qui se fait un devoir d’imposer les directives de l’occupant. Il prend des initiatives et donne aux mesures prises contre les juifs, une spécificité bien française. Ce triste personnage restera en poste jusqu’au mois de février 44.

 

 

Ce court préambule nous permet de mieux comprendre le climat qui régnait durant cette période et de voir pourquoi les mesures anti-juives n’ont guère suscité lors de leur promulgation de mouvements réellement réprobateurs.

 

Auschwitz... au delà de la compréhension. 

 

Il est des questions auxquelles nous sommes confrontées et qui ne peuvent trouver réponse. Pourquoi Auschwitz ? question dérangeante et la seule évocation nous laisse désemparé.

Devons-nous trouver une explication aux atrocités nazies ?

 

Poliakoff dans « Bréviaire de la haine » dans le chapitre consacré à la psychologie des exécuteurs relate que :

Les rapports des commandos,... étaient rédigés dans les termes laconiques et précis du langage militaire. On peut relever l’aspect bureaucratique et mécanisé des fonctionnaires hitlériens, s’acquittant consciencieusement de leur tâche... et cherchant à améliorer leur rendement dans la mesure de leurs moyens.....

Nous sommes en présence de besogneux, d’hommes et de femmes, parfaits fonctionnaires, soucieux de la bonne exécution et de la nécessité de leur tâche, harassés par la surcharge de travail qu’ils ont à supporter, bons pères de famille, puisque nous trouvons un peu plus loin, une lettre de l’un de ces fonctionnaire discipliné et consciencieux, qui se plaint à l’un de ses supérieurs d’être éloigné de sa famille et de ses enfants. Il est convaincu de l’utilité de son travail. Il ne pose pas de question à Auschwitz, on ne pose pas et on ne se pose pas de question. La survie est aussi à ce prix.

 

Imré Kertesz dans Etre sans destin (éditions Acte Sud) s’exprime quant à lui ainsi, pour tenter de décrire l’horreur qu’il a vécu au quotidien :

Je peux affirmer qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration. ... Je puis affirmer qu’après tant d’efforts.... de tentatives, de fatigues inutiles avec le temps, j’avais trouvé la paix, la quiétude, le soulagement. Certaines choses, par exemple, auxquelles j’accordais auparavant une signification immense, autant dire inconcevable, avaient perdues à mes yeux  toute leur importance. Ainsi par exemple durant l’appel, quand j’étais fatigué, je prenais place, sans vérifier s’il y avait de la boue ou une flaque, je m’asseyais et restais comme ça jusqu’à ce que les voisins me lèvent de force. Le froid, l’humidité, le vent ou la pluie ne me gênait plus : ils n’arrivaient pas jusqu’à moi, je ne les ressentais pas. Même ma faim avait passé... Le travail ? je ne tâchais plus de faire semblant . Si cela ne leur plaisait pas, eh bien, tout au plus ils me battaient, ils ne pouvaient pas vraiment me faire mal.....

Le paradoxe est tel que victimes et bourreaux se rejoignent dans leur déshumanisation. L’un effectue sa besogne parce qu’on l’a conditionné à le faire, l’autre la subit parce qu’il en a été décidé ainsi et finit par docilement accepter son sort et lui non plus ne se pose plus de question.

Ces propos trouvent résonance chez Primo Lévi :

De même que ce que nous appelons faim ne correspond en rien à la sensation de faim qu’on peut avoir quand on a sauté un repas, de même notre façon d’avoir froid mériterait un nom particulier. Nous disons faim, nous disons fatigue, peur et douleur, nous disons hiver et en disant cela nous disons autre chose, des choses que ne peuvent exprimer des mots libres, créés par et pour des hommes libres qui vivent dans leur maison.

Et lorsqu’il dit :  que le journal de Höss, commandant d’Auschwitz est instructif et terrifiant : et que  pourtant son auteur n’est ni un sadique, ni un sanguinaire, ni un fanatique plein de haine, mais un homme vide, un idiot tranquille et empressé qui s’efforce d’accomplir avec le plus de soin possible les initiatives bestiales qu’on lui a confiées et qui semble trouver dans cette obéissance un total assouvissement de ses doutes et de ses inquiétudes cela ne peut être interprété que comme le constat de la folie d’un petit nombre avec le consentement stupide du plus grand nombre.

 

Peut-on encore parler aujourd’hui d’Auschwitz – parler, c’est relater, mais c’est également tenter de comprendre de trouver des explications. Faire l’effort de compréhension, comme l’écrit l’un de mes amis ; ne présente pas grande utilité,  puisque d’emblée, cette démarche est vouée à l’échec, à moins bien entendu d’entrer dans la logique du bourreau. Nous devons accepter, nous résigner de ne pouvoir comprendre l’incompréhensible et de ne pouvoir l’exprimer, puisque nos mots deviennent superflus, inutiles, vides de sens.

Kertesz a probablement raison lorsqu’il dit « qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration ». Seul le refuge dans le silence dans lequel se sont résignés bon nombre de rescapés, a pu leur faire croire un moment qu’il était possible de se débarrasser de ce lourd fardeau véhiculé par leur passé. Il y aurait donc des vécus intransmissibles parce qu’ils se placent hors de l’entendement humain. Ils sont hors normes, inaccessibles donc incompréhensibles.

 

 

Et pourtant ultime paradoxe, il est nécessaire  que les survivants se soient exprimés, que ceux encore vivants continuent à le faire, qu’ils sortent de leur silence, bousculent les mots,  pour que nous sachions... et que vainement nous tentions de comprendre.

 

 

Jean Aikhenbaum oct. 07

 

 

 

Bibliographie sélective:

 

AIKHENBAUM Jean.  « Le Livre Blanc » – AFVD et autres - correspondances.

Archives du Musée de la Préfecture de Police de Paris

CENTRE HISTORIQUE DES ARCHIVES NATIONALES

Daszkiewicz P. - Aikhenbaum J. « Aurochs, le retour...d’une supercherie nazie » Histoire Sciences, Totalitarisme, Ethique et Société

Journaux Officiels

KERTESZ IMRE « Etre sans destin »

Klarsfeld Serge : «  La France et la question juive  1940 – 1944 » C.D.J.C

Lévi  Primo: « Si c’est un homme » Julliard Pocket – « l’Asymétrie de la vie » 10-18 Robert Laffont

Poliakov L. « Bréviaire de la haine - le 3ème Reich et les Juifs » - Agora Editions Calmann-Lévy – « Auschwitz » Julliard Folio histoire

Quelien Jean, « La France et l’attitude des Français sous l’Occupation », conférence du 15/03/1998

TAGUIEFF Pierre-André «  Prêcheurs de Haine » essai Mille et une Nuits

Thuillier P. « Les passions du savoir - essais sur les dimensions culturelles de la science » - Fayard

 

 

 

 



[1] Des moyens de pression pour infléchir la politique allemande, avaient été mis en place en France, sans grand succès. La Préfecture de Police dans une note du Directeur des Renseignements généraux fait état qu’un Comité de défense des Juifs persécutés en Allemagne, vient de faire apposer, sur les murs de la Capitale une affiche intitulée « Français, 700.000 hommes, femmes et enfants sont mis au ban de la nation allemande ». Il y est écrit notamment, que dans les mesures prises à l’égard des Juifs en Allemagne, par le gouvernement hitlérien, - arrestations massives, déportations dans des camps de représailles, expéditions punitives etc. (note du 3 avril 1933 ref. 241 - 155 - 1)

Le 20 février 1934, lors d’une Réunion organisée par la Commission d’Enquête Internationale sur les atrocités hitlériennes, M° Campinchi, rapporte  qu’il est stupéfait de constater l’indifférence montrée à l’égard des atrocités hitlériennes par la presse française "qui semble obéir à un mot d’ordre". Au cours de cette réunion un député communiste allemand Bemler Hans, viendra témoigner et dira : que sa femme est emprisonnée en Allemagne, que son fils âgé de 13 ans a été arrêté et enfermé dans une maison de correction, tous deux à titre d’otages parce qu’il a réussi à s’échapper, à la suite de son arrestation.

[2] Les scientifiques nazis, qui avaient souvent eu pour professeurs des juifs, n’en défendaient pas moins des théories par lesquelles les juifs avaient corrompu la science allemande. Ainsi Philipp Lenard, prix Nobel de physique en 1905, était l’un des promoteurs de la physique aryenne. L’une des  difficultés  de son discours consistait à expliquer comment les « Juifs malgré leur infériorité » étaient arrivés à faire des découvertes intéressantes. Stark également Nobel de physique (1919) et nazi convaincu, réussi la prouesse à faire admettre la conception raciste de la science.

[3] - on peut trouver en consultant les écrits antisémites du début du siècle des textes tels que celui publié dans Pilori, sous le titre « Videz le Juif » : Décousez le Juif, a dit Edouard Drumont dans son beau livre, et, après lui, tous ceux qu’inquiète la misère croissante diront : Décousez le Juif. Et quand de ses flancs éventrés s’échapperont les liards, les écus, et les millions qu’il nous a pris, puisons à même la cascade pour les crève-faim Aryens, pour nos classes pauvres, pour ce dessous social qui nous mangera un jour si nous ne le satisfaisons.

Ce n’est là ni pillage, ni spoliation ; c’est une légitime revanche, une juste récupération.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:28

(article écrit en 1997)

 

Les paradis communistes existent encore, la preuve, j'en ai rencontré !

 

Découvrir…. 

L’un des derniers bastions du communisme : la Chine

 

Tiens, si tu veux rire un peu...

Le communiqué du Président de la Région Autonome du Tibet ferait rire... si la situation dans cette région du monde n’était pas aussi dramatique. Pour ce fonctionnaire, le Tibet a été libéré de manière pacifique de qui ? du totalitarisme archaïque, dans lequel le peuple était tenu par une poignée de moines. Tous les Tibétains ont bénéficié des profonds changements sociaux grâce à la réforme démocratique (sic). Dans ce document instructif, on apprend que le pays était dominé par un servage féodal et tout ça par la dictature conjointe des moines et des nobles. Toujours, pour ces grands libérateurs la quasi totalité de la population n’avait aucune liberté personnelle, les hommes pouvaient être vendus et pour couronner la description ...on peut voir que le Tibet était un pays beaucoup plus sombre et cruel, sauvage et réactionnaire que l’était  l’Europe du moyen âge.

 

Totalitaristes de tout bord, unissez-vous ! même combat.

 

S’ensuit, tout un discours, stéréotypé, à l’identique de celui dont nous ont habitué les dictatures communistes. Le Tibet libéré grâce au grand frère chinois est passé, selon ce remarquable auteur des ténèbres à la lumière, le peuple est devenu maître de son destin et jouit de la démocratie, de la liberté et sait maintenant ce que droits de l’Homme veulent dire. Stagnation et déclin ont fait place à l’essor. Toute une série de descriptions soulignent avec force de détails les « progrès » réalisés par la réforme démocratique au Tibet, transports aériens, routes, infrastructures, industrialisation etc. Les touristes affluent et peuvent de visu constater les activités florissantes de ce pays... sorti enfin de la misère et l’illétrisme qui y régnaient. Grâce au grand frère chinois, les instituts scientifiques se sont multipliés, on y apprend qu’il existe 22 centres de recherche, des milliers d’établissements chargés de l’enseignement etc. Ils ont tout pour être satisfait, ces Tibétains, ils possèdent même des services sociaux et médicaux. La pharmacopée et la médecine tibétaine ont connu un essor prodigieux.... et en conclusion, ce remarquable président dit le plus sérieusement du monde que  grâce à la libération pacifique le Tibet est passé du retard au progrès, de l’ignorance à la civilisation. Tout les autres propos que vous entendez sur les massacres au Tibet, ne sont que de vils mensonges véhiculés par d’exécrables impérialistes, qui refusent de reconnaître les bienfaits apportés par Mao et ses sbires.

 

L’éducation on vous dit, y’a que ça, à condition d’y mettre un peu de rééducation.

 

Touristes, lorsque vous allez en Chine n’oubliez pas que le gouvernement chinois a entrepris il y a plus de 50 ans la rééducation du peuple tibétain. Enlèvements, massacres, tortures, viols tel a été le lot de ce peuple rééduqué pour son plus grand bien. Les opposants sont emprisonnés, exécutés, les droits de l’homme inexistants, tous les monastères sont placés sous étroite surveillance. La priorité pour la politique chinoise consiste a éradiquer la culture de ce peuple séculaire, le bouddhisme, et faire en sorte que ses représentants officiels soient éliminés. S’opposer par tous les moyens à l’influence sur le peuple qu’exerce encore le chef spirituel des tibétains le Dalaï Lama dans son exil. C’est en 1950, que la Chine s’est emparée du Tibet. Le Dalaï-Lama, est obligé accompagné de quelques milliers de tibétains de s’exiler. Depuis la répression est monnaie courante, d es moines sont arrêtés au Népal, des personnes disparaissent au cours de cérémonies religieuses. On interne des religieux, qui distribuent des tracts, des militants des droits de l’homme. Les appels à la tolérance restent lettre morte, les violations des droits fondamentaux en Chine sont courantes, de nombreux tibétains en sont victimes. Pourtant, ce peuple pacifique continue à s’opposer et à lutter de manière pacifique. Lorsque des appels internationaux tentent d’intervenir en faveur d’une personne disparue ou emprisonnée, les autorités chinoises contestent, répondent que la personne est morte de tuberculose, de méningite, de fractures à la suite de chute, de tentatives d’évasion, de suicide etc. Bien entendu, tout ces décès sont confirmés par des actes médicaux authentiques....  chinois. La Chine et les territoires annexés sont donc pour les autorités chinoises des modèles pour les droits de l’homme.

 

Les dirigeant occidentaux protestent… mais silencieusement.

De temps à autre pour la forme, on entend vaguement quelques protestations de dirigeants occidentaux, rassurez-vous, elles sont faites du bout des lèvres et entre gens bien élevés, personne ne tape du poing sur la table. Il ne faut surtout pas brusquer et contrarier les dirigeants chinois. Pensez, plus d’un milliard d’éventuels consommateurs disposés à acheter des trucs dont on ne sait plus quoi foutre, un client de cet acabit, ça se respecte. Vendre le savoir faire occidental, ça vaut bien quelques sacrifices et de longs silences qualifiés de réprobateurs. Tous les pays occidentaux se font une âpre concurrence, pour avoir une part de ce marché qui se veut prometteur. Publié aux Editions « Actes sud » le moine tibétain Palden Gyatso relate dans l’ouvrage « Le feu sous la neige » de quelle manière pendant 33 ans, il a enduré d’innombrables tortures, emprisonnés dans les camps de travaux forcés chinois. Palden Gyatso a été libéré notamment grâce à l’intervention d’Amnesty International.

 

Violation des accord internationaux, des droits de l'homme et alors, y’ pas qu’en Chine !

 

Aujourd’hui, des centaines (des milliers ?) d’opposants sont encore emprisonnés et assassinés en Chine. Le peuple Tibétain se voit refuser le droit à son autodétermination. Les exactions chinoises visent également à détruire les monastères et à réprimer  toute référence à la vie culturelle Tibétaine. Sans le moindre scrupule le gouvernement chinois viole les accords internationaux fondamentaux auxquels il a adhéré.

Sur le plan écologique la situation dans cette partie du monde ne fait qu’empirer. La politique industrielle mise en œuvre pour l’exploitation des ressources naturelles, précipite la déforestation du territoire et l’érosion des sols.  L’apport de population en provenance d’autres régions de Chine met gravement en péril les ressources naturelles de ce pays. De plus, le Tibet sert de dépotoir à nos industries occidentales et des déchets toxiques et nucléaires trouvent là-bas, une place de choix. Tout l’écosystème dans cette région risque à court terme d’être irrémédiablement endommagé. Tout ça n’est rien, jamais les touristes ont été aussi nombreux à se rendre en Chine...

Je sais, je sais nos distingués hommes politiques ne s’arrêtent pas à ces sordides détails irresponsables pour entretenir des relations  et des partenariats avec les dictatures de quelque bord qu’elles soient.

 

 

 

Le sport international... caution des totalitarismes

 

La Chine pays de liberté... très surveillée

 

Les jeux olympiques de 2008, se sont déroulés en Chine. Le sport est apolitique, c’est bien connu, il est là pour rapprocher les peuples et nous l’avons vu par le passé, il n’a pas d’état d’âme et cautionne éventuellement les dictatures. Le CIO, après avoir choisi Berlin et le national socialisme, Staline et le stalinisme, continue sur la voie  qu’il s’est fixé. La Chine pays ou des millions d’individus ont été sacrifiés au grand timonier, où des milliers d’opposants sont encore emprisonnés ou la peine de mort est appliquée même pour non conformisme, a accueilli les prochaines olympiades. Les explications des politiques sont toujours les mêmes, calquées à l’identique à Pékin comme à Berlin. Il faut entretenir des relations, c’est le seul moyen d’aider les populations en souffrance et de pouvoir faire évoluer les situations. L’échec que ce soit aves Staline, Polpot, Hitler l’échec des diplomaties occidentales à toujours été au rendez-vous.
Droit de l’Homme, incarcérations arbitraires, tortures, circulez, y’a rien ç voir. Les cris ne parviennent pas jusqu’ici.

Pays de la peine de mort, et alors ? Ca permet la libre concurrence sur le marché de la vente d’organes.

 

Pays au top de la peine de mort, la Charia dans certain pays à côté, ne serait qu’un jeu pour adolescents attardés. La peine du mort pour avoir en sa possession un journal sexy ? Oui, c'est possible dans ce grand pays qu’est la Chine Populaire, l’un des derniers bastions communiste. En 1989 le parti communiste chinois a lancé un programme officiel contre les publications "roses" (en Chine elles sont appelées "jaunes", aux USA "bleues").  Pratiquement toutes les publications mais également les émissions de radio, de télévision, les jeux décrivant ou simplement faisant une allusion quelconque au comportement sexuel sont formellement interdites par la censure. Les éditeurs sont punis de peine d’emprisonnement. Vingt personnes ont déjà été condamnées  à la peine capitale et exécutées avec pour acte d’accusation la vente de publications dites sexy. Comme toujours pour les dirigeants communistes, l’explication et la justification de ces répressions féroces sont indispensables pour atteindre enfin le bonheur marxiste et protéger la population" du déviationnisme matérialiste capitaliste". Apparemment d'après les explications du P.C. chinois les publications sexy incitent les lecteurs à commettre des actes d’agressions sexuelles. Pour les observateurs étrangers l'explication est plus simple. Depuis quelques années on assiste en Chine a une véritable explosion dans la révolution des moeurs.  Le modèle occidental n’est plus pour la population, comme le voudrait encore les dirigeants chinois synonyme de la décadence bourgeoise, bien au contraire, une majeure partie de la population perçoit la littérature sexy comme un signe de liberté en provenance de l'Occident. Or, c'est plus ce symbole qui effraie les dirigeants communistes que les magazines où l’on voit exposées des femmes nues. La Chine, c’est pas que le Dalaï Lama et le Tibet ! Bon reconnaissons tout de même, la Chine s’est ouverte à la libre entreprise… depuis non seulement elle est peu regardante sur la qualité des produits (et la composition) qu’elle nous brade mais de plus, elle copie ouvertement nos produits industriels et luxueux et inonde les marchés occidentaux des faux…

 

   

Jean Aikhenbaum

Piotr Daszkiewicz Dr es-sciences, Biologiste et historien des sciences

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