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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 10:26
 
 
Réponse ouverte à Monsieur René Schwob par Marcel Jouhandeau :

 

Les juifs ne nous oppriment pas seulement, ils nous haïssent…..

 

 

« écrivain – antisémite notoire auteur notamment de l’ouvrage «le péril Juif ». Participe au congrès européens des écrivains antisémites en novembre1941.  D'une misogynie quasie pathologique, il accusera sa femme après guerre (cité par Michel Leiris – le Monde 18 septembre 1992) de porter la responsabilité de ses dérives antisémites….

 

Pour moi, et Dieu sait, si j’ai été sensible à leurs charmes, dont j’ai dû me défendre par la violence, autant je serai disposé à leur faire escorte avec des palmes et des présents , s’ils se décidaient à regagner la Palestine, autant je fais vœu ici de les signaler à la vindicte de mon peuple, tout le temps qu’il en restera un seul en France, qui ne soit soumis à un statut spécial….

 

De la bestialité flagrante des juifs

 

.... sans doute, me répondra quelqu'un, la bestialité de ce peuple est si flagrante qu'il faut beaucoup de patience avec lui sur cer­tains chapitres, mais le christianisme obtient merveille de son cœur sinon de sa chair : voyez plutôt M. Schwob qui, à son dire, n'est plus Juif, puisqu'il est chrétien et qui, dès qu'on attaque la juiverie, se réveille Juif tout d'un coup et en oublie l'Evangile, au point de répondre à une polémique violente, mais correcte, par des injures dont on pou­vait penser que la caste réservait la spécialité à son célèbre ordurier, Bernard Lecache*.

 

Ils font de la Vierge Marie une petite juive de la rue des Rosiers

 

Mais, le plus beau n'est pas dit, c'est quand par une amplification oratoire de mauvais aloi, M. Schwob diminue à plaisir la Vierge Marie pour en faire une petite Juive de la rue des Rosiers qu'il m'accuse de vouloir bouter dehors la première. Non, M. Schwob, non, on peut refuser d'être l'ilote de vos congénères, sans offenser Dieu, Dieu merci. J'en appelle à Saint Jean Chrysostome et à Saint Jean de Capistran, à notre Saint Louis qui chassa les Juifs, sans tenir aucunement rigueur, je pense, à Notre-Dame de ses origines. Et c'est justement pour la garder, Notre-Dame, que nous vous chasserons, car ceux qui la chassent en vérité du cœur de ce pays et de l'aveu même de vos frères Darmesteter et B. Lazare, ce sont les magnats d'Israël, falsificateurs de notre histoire. fabricateurs de notre opinion ....

 

Langage toujours actuel :

 

 la vocation de ce peuple est de détruire.

 

M. Maritain y affirme, lui qu'on ne peut être antisémite et intelligent ; " que depuis les décrets du saint-office de 1928 on ne peut plus être antisémite et catholique. De ces deux excommunications, la première est gratuite ; quant à la seconde, de la part d'un homme qui sent le fagot à quinze pas, elle est comique. Le livre se ferme sur un extrait de M. Claudel et ce qui est piquant, c'est que cet extrait qui veut être la conclusion du livre pourrait, avec un peu de bonne volonté, servir d'apologie aussi bien à Bela Kun qu'à M. Blum, en même temps que par une ironie assez magnifique il se termine lui-même et permet au livre entier de se terminer symboli­quement sur le mot « détruire » qui résume si bien la vocation actuelle de ce peuple, successivement béni et maudit.

 

De la nécessité de reconduire tous les Juifs en Palestine

 

Mais dans le cours de ma lecture, je me suis heurté à une page qui m'est destinée personnellement. C'est à elle que je veux répondre : M. Schwob, René (?) écrit : « L'ami « chrétien » (c'est de moi qu'il s'agit). — Chrétien ? sans doute, mais pourquoi chrétien ? C'est « goï » qu'on attendait. Chrétien ? Je n'ai jamais écrit ce mot sur mon chapeau, moi, et je n'ai jamais tenu épicerie de mon christianisme. Il m'est si naturel, je l'ai respiré avec l’air du pays jusque dans les veines de, mes ancêtres.

« L'ami chrétien » (donc) dont je parlais, écrit M. René Schwob, et qui fit depuis nos premières rencontres des déclarations si viles (c'est moi qui souligne) qu'elles réussiraient à me rendre aimables les défauts d'Israël, exigeait qu'on reconduisît en Palestine tous les Juifs. La présence d'un Juif sur le terri­toire français lui semblait une offense. Il aspirait avec lâcheté (c'est moi qui souligne) au plus facile. Il aspirait à la tranquillité des bonnes digestions. Qu'appelle-t-on vil ? un acte méprisable qui ne vous a coûté aucun sacrifice et vous a rapporté » quelques profits honteux.

 

Nous vous chasserons

 

Je pense à Notre-Dame et à ses origines et c’est justement pour la garder, Notre-Dame, que nous vous chasserons, car ceux qui la chassent en vérité du cœur de ce pays et de l'aveu même de vos frères Darmesteter et B. Lazare, ce sont les magnats d'Israël, falsificateurs de notre histoire, fabricateurs de notre opinion par le moyen des journaux, grands maîtres de la franc-maçonnerie, ministres, ministres à notre honte de l'éducation nationale française, des Juifs ! Pour ma part, je sais bien que l'instruction que l'on m'a donnée au lycée, sous leur inspiration, m'a conduit maintes fois au bord de l'incrédulité et m'a maintenu pendant ma jeunesse dans la plus grande indifférence à l'égard de la patrie. Heureuse­ment, dans ce royaume qui est le lieu de ses temples sublimes et préférés que le Juif Benda considère comme les derniers vestiges de la barbarie, personne n'ignore jamais tout à fait que Marie est d'abord la Mère de Dieu.

 

Marcel JOUHANDEAU

 

Dans son admirable Vie de saint Louis, Le Nain de Tillemont donne quatre raisons à l'ordre d'expulsion des Juifs lancé de Terre Sainte par le saint roi en 1253

 1) le reproche que les Sarrazins lui avaient fait de souffrir parmi ses sujets ceux qui avaient crucifié son Dieu;

2) l'appauvrissement du pays au bénéfice du Juif usurier ;

3) le grand tort moral que faisait courir aux chrétiens le commerce de cette nation impure et perfide 

4) la part que les Juifs avaient pris en 1251 à la révolte des pastoureaux. — Les trois derniers griefs sont de la dernière actualité commode le mieux du monde depuis un siècle et demi.

Industrielle commerçante, bancaire elle devait trouver dans les traits éternels d'Israël les caractéristiques de son visage moderne….

 

Mis en forme par Jean Aikhenbaum

 

* écrivain et journaliste fondateur de la LICA

Sources  :

Je suis partout n° 373 du 14.01.38

Simon Epstein – Un paradoxe français – antiracistes dans la Collaboration – antisémites dans la résistance – Albin     Michel Bibliothèque histoire 

P.A Taguieff  - L’antisémitisme de plume de 1940 à 1944  - Berg international

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 10:41

   

« allocution du 10 octobre 2007 suite à l’intervention de Mr. Piotr M.A CYWINSKI Directeur du Musée d’Auschwitz-Birkenau  sur le thème de (Musée d’Auschwitz-Birkenau Lieu de Mémoire l’histoire et l’avenir)

 

 

LA SOLUTION FINALE

« en finir avec la question juive »

 

 

 « C’est le temps des vacances et malgré la guerre, maman travaillant, je dois aller à la campagne pour trouver une nourrice pour mon frère et ma sœur. Je profite donc du 14 juillet. Hélas ! Quand je reviens les Allemands sont venus très tôt. Je devrais dire les  Français : la police et 1 civil. Et ils les ont emmenés en pyjama. Je cours partout, d’abord à la mairie. Puis au Vel d’Hiv. Je rôde autour, mais la police est là, on ne peut pas approcher, je n’ai pas de papiers en règle. Je ne porte pas l’Etoile. Je me renseigne partout où je peux. J’apprends qu’on doit les emmener vers Pithiviers dans le Loiret.

Je décide d’y aller leur porter nourriture et vêtements. Sans argent à cette période ce n’était pas facile. J’arrive dans cette petite ville. Les volets étaient clos ; dans un café  j’entends dire que c’est à cause des femmes du camp, qui le matin hurlaient de désespoir parce qu’on leur arrachait leurs enfants. Que les petits étaient restés au camp.

Avec bien des précautions, j’y arrive, il y a une ligne de chemin de fer. Je me cache dans les herbes. Une dame se dirige vers le camp, je lui demande en pleurant d’essayer si elle ne peut pas se renseigner pour moi. Je donne leurs noms : Marguerite 11 ans, Claude 7 ans. Elle me dit qu’ils ont des numéros...De loin j’aperçois ma sœur seule.

Elle me fait comprendre que mon frère est parti se faire raser, sur l’instant je ne comprends pas.. Je demande et maman ? Elle est partie ce matin. Loin. Qu’avez-vous besoin ? « à manger »...La semaine d’après, je suis revenue avec un colis, bien modeste. Le camp était vide. Où étaient-ils ? A qui demander ? Les gens du pays ne répondaient à aucune question.. Et j’ai attendu...attendu...A la fin de la guerre, j’étais devant l’Hôtel Lutétia. Les déportés arrivaient. Mais les miens ne sont jamais revenus. »

 

ce témoignage, un parmi tant d’autres, est celui de la sœur de Marguerite et Claude Jankélévitch. Marguerite avait 12 ans et son frère Claude avait 8 ans. Il ont été arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv avec leur mère déportée avant eux, convoi n° 21 le 19 août 1942 destination AUSCHWITZ aucun d’eux n’a survécu.

 

Le premier mouvement antisémite d’envergure qui a précédé la Shoah, a eu lieu en Allemagne et à commencé le 1er avril 1933[1]par le boycott des commerces juifs. Des lois et mesures anti-juives officielles ont été promulguées en 1935,  dont la célèbre loi de Nuremberg du 15 septembre 1935, destinée à protéger « le sang et l’honneur allemand ». Cette mesure pour les nazis était nécessaire  par le fait que le juif est impur, et que, de plus, tout ce qui lui appartient est souillé et devient source de contamination. Il était donc primordial que la race des seigneurs se protège efficacement de  toute souillure.

 

L’enchaînement devenait alors inéluctable. Goëring déclare qu’il fallait en finir avec la question juive (octobre 38), les Juifs doivent disparaître de l’économie allemande (novembre 38)[2]. Les exactions contre la population juive allemande prennent de l’ampleur : les biens juifs sont pillés, les magasins, habitations, synagogues dévastés et incendiés. Les pogromes s’institutionnalisent dans une indifférence générale et, entre  le 10 et 13 novembre de cette même année, les premières déportations commencent avec l’envoi de  10 454 juifs allemands  vers le camp de Buchenwald.

 

Le grand dessein des nazis, qui consistait à exploiter et à éliminer les sous-hommes que sont les Juifs, les Tziganes, les Polonais, les Russes, les Tchèques et autres dégénérés pouvait enfin commencer.  L’édification du 3ème Reich millénaire éternel et la souveraineté de la race supérieure germanique passaient par ces conditions.

 

Objectif : l’élimination de 30 millions de personnes.

 

C’est dans cette continuité que se sont inscrites les mesures prises dans les pays occupés. En France, c’est avec l’armistice et l’invasion allemande que les premières dispositions officielles font leur apparition. Une certaine  littérature et la presse antisémite avaient préparé l’opinion publique à la politique discriminatoire et d’extermination qui va être menée contre les juifs[3]. Les citations où  juifs, métèques et étrangers sont accusés de tous les maux, de toutes les tares, abondent. Les quolibets, les injures et les propos menaçants sont regardés avec bienveillance  par les pouvoirs publics de cette époque ou pour le moins dans une totale indifférence.

 

Dès la mise en place du nouveau régime de Vichy, des journaux tels que l’Action Française, le Matin, l’Œuvre, le Cri du Peuple, la Gerbe, Je suis partout... deviennent des inconditionnels du pouvoir en place.

 

Maurras adhère à ces idées : il entretient avec Pétain des échanges et la radio le cite quotidiennement. Adversaire farouche de la devise « Liberté - Egalité - Fraternité », il se félicite de la voir remplacer par le célèbre slogan « Travail - Famille - Patrie ». La loi du 17 juillet 40 répond pleinement à ses attentes : elle écarte les métèques de la fonction publique et des postes de dirigeants. Celle du 21 juillet 40 va également dans le bon sens, puisqu’elle remet en cause les naturalisations. Maurras écrit : « Les Français recommencent à être chez eux en France ».  Parallèlement, une Cour Suprême de Justice est instaurée afin de juger les ministres responsables de la défaite.

 

Pour Maurras, le Statut des juifs, l’instauration d’un Commissariat aux questions juives est « un monument consacré à la défaite de l’Ennemi intérieur ». Il vitupère, dénonce les ennemis de la Révolution nationale, ceux qui sont partis pour Londres ont abandonné la terre de la patrie... Il considère que la résistance est un mal absurde qu’il faut combattre. Les arrestations, les camps de concentration font les trois quarts de la besogne. Il est indispensable d’en finir avec les métèques et les juifs qui tirent les ficelles. En conséquence, on doit désarmer les juifs et leur retirer leur argent. L’Ennemi, finalement, n’est qu’un. Gaullistes, juifs, communistes, francs-maçons, métèques autant d’Etats confédérés qui ont juré la perte de l’unité française.

 

 Paul Ferdonnet, dans La guerre juive op.cit avant propos pp 9-10 – cité par Pierre André Taguieff, Prêcheurs de haine p.497 juge ainsi la situation :

Ces parasites, ces étrangers, ces ennemis intérieurs, ces maîtres tyranniques et ces spéculateurs impudents, qui ont misé, en septembre 1938, sur la guerre, sur leur guerre de vengeance et de profit, sur la guerre d’enfer de leur rêve messianique, ces bellicistes furieux. Il faut avoir l’audace de se dresser sur leur passage pour les démasquer ; et, lorsqu’on les a enfin reconnus, il faut avoir le courage de les désigner par leur nom : ce sont les juifs,

 

Lorsque le processus de la déportation commence, Maurras applaudit : juifs bêtes traquées, il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte qu’ils ont de tout, payent rubis sur l’ongle avec un bel argent somme toute assez rare chez les Français.

 

 

Drieu la Rochelle, quant à lui, pense que la France doit s’orienter vers un nationalisme européen. L’Allemagne se doit de délivrer la France des juifs, car une victoire des Anglais et des Français amènera le triomphe définitif de la pourriture. Les juifs maîtres de l’Europe.

 

Le gouvernement de Vichy coopère pleinement avec les autorités allemandes. Vallat, jugé trop laxiste est remplacé par Darquier de Pellepoix antisémite notoire, qui se fait un devoir d’imposer les directives de l’occupant. Il prend des initiatives et donne aux mesures prises contre les juifs, une spécificité bien française. Ce triste personnage restera en poste jusqu’au mois de février 44.

 

 

Ce court préambule nous permet de mieux comprendre le climat qui régnait durant cette période et de voir pourquoi les mesures anti-juives n’ont guère suscité lors de leur promulgation de mouvements réellement réprobateurs.

 

Auschwitz... au delà de la compréhension. 

 

Il est des questions auxquelles nous sommes confrontées et qui ne peuvent trouver réponse. Pourquoi Auschwitz ? question dérangeante et la seule évocation nous laisse désemparé.

Devons-nous trouver une explication aux atrocités nazies ?

 

Poliakoff dans « Bréviaire de la haine » dans le chapitre consacré à la psychologie des exécuteurs relate que :

Les rapports des commandos,... étaient rédigés dans les termes laconiques et précis du langage militaire. On peut relever l’aspect bureaucratique et mécanisé des fonctionnaires hitlériens, s’acquittant consciencieusement de leur tâche... et cherchant à améliorer leur rendement dans la mesure de leurs moyens.....

Nous sommes en présence de besogneux, d’hommes et de femmes, parfaits fonctionnaires, soucieux de la bonne exécution et de la nécessité de leur tâche, harassés par la surcharge de travail qu’ils ont à supporter, bons pères de famille, puisque nous trouvons un peu plus loin, une lettre de l’un de ces fonctionnaire discipliné et consciencieux, qui se plaint à l’un de ses supérieurs d’être éloigné de sa famille et de ses enfants. Il est convaincu de l’utilité de son travail. Il ne pose pas de question à Auschwitz, on ne pose pas et on ne se pose pas de question. La survie est aussi à ce prix.

 

Imré Kertesz dans Etre sans destin (éditions Acte Sud) s’exprime quant à lui ainsi, pour tenter de décrire l’horreur qu’il a vécu au quotidien :

Je peux affirmer qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration. ... Je puis affirmer qu’après tant d’efforts.... de tentatives, de fatigues inutiles avec le temps, j’avais trouvé la paix, la quiétude, le soulagement. Certaines choses, par exemple, auxquelles j’accordais auparavant une signification immense, autant dire inconcevable, avaient perdues à mes yeux  toute leur importance. Ainsi par exemple durant l’appel, quand j’étais fatigué, je prenais place, sans vérifier s’il y avait de la boue ou une flaque, je m’asseyais et restais comme ça jusqu’à ce que les voisins me lèvent de force. Le froid, l’humidité, le vent ou la pluie ne me gênait plus : ils n’arrivaient pas jusqu’à moi, je ne les ressentais pas. Même ma faim avait passé... Le travail ? je ne tâchais plus de faire semblant . Si cela ne leur plaisait pas, eh bien, tout au plus ils me battaient, ils ne pouvaient pas vraiment me faire mal.....

Le paradoxe est tel que victimes et bourreaux se rejoignent dans leur déshumanisation. L’un effectue sa besogne parce qu’on l’a conditionné à le faire, l’autre la subit parce qu’il en a été décidé ainsi et finit par docilement accepter son sort et lui non plus ne se pose plus de question.

Ces propos trouvent résonance chez Primo Lévi :

De même que ce que nous appelons faim ne correspond en rien à la sensation de faim qu’on peut avoir quand on a sauté un repas, de même notre façon d’avoir froid mériterait un nom particulier. Nous disons faim, nous disons fatigue, peur et douleur, nous disons hiver et en disant cela nous disons autre chose, des choses que ne peuvent exprimer des mots libres, créés par et pour des hommes libres qui vivent dans leur maison.

Et lorsqu’il dit :  que le journal de Höss, commandant d’Auschwitz est instructif et terrifiant : et que  pourtant son auteur n’est ni un sadique, ni un sanguinaire, ni un fanatique plein de haine, mais un homme vide, un idiot tranquille et empressé qui s’efforce d’accomplir avec le plus de soin possible les initiatives bestiales qu’on lui a confiées et qui semble trouver dans cette obéissance un total assouvissement de ses doutes et de ses inquiétudes cela ne peut être interprété que comme le constat de la folie d’un petit nombre avec le consentement stupide du plus grand nombre.

 

Peut-on encore parler aujourd’hui d’Auschwitz – parler, c’est relater, mais c’est également tenter de comprendre de trouver des explications. Faire l’effort de compréhension, comme l’écrit l’un de mes amis ; ne présente pas grande utilité,  puisque d’emblée, cette démarche est vouée à l’échec, à moins bien entendu d’entrer dans la logique du bourreau. Nous devons accepter, nous résigner de ne pouvoir comprendre l’incompréhensible et de ne pouvoir l’exprimer, puisque nos mots deviennent superflus, inutiles, vides de sens.

Kertesz a probablement raison lorsqu’il dit « qu’il y a des notions que nous ne pouvons comprendre totalement que dans un camp de concentration ». Seul le refuge dans le silence dans lequel se sont résignés bon nombre de rescapés, a pu leur faire croire un moment qu’il était possible de se débarrasser de ce lourd fardeau véhiculé par leur passé. Il y aurait donc des vécus intransmissibles parce qu’ils se placent hors de l’entendement humain. Ils sont hors normes, inaccessibles donc incompréhensibles.

 

 

Et pourtant ultime paradoxe, il est nécessaire  que les survivants se soient exprimés, que ceux encore vivants continuent à le faire, qu’ils sortent de leur silence, bousculent les mots,  pour que nous sachions... et que vainement nous tentions de comprendre.

 

J.Aikhenbaum oct. 07

 

 


[1] Des moyens de pression pour infléchir la politique allemande, avaient été mis en place en France, sans grand succès. La Préfecture de Police dans une note du Directeur des Renseignements généraux fait état qu’un Comité de défense des Juifs persécutés en Allemagne, vient de faire apposer, sur les murs de la Capitale une affiche intitulée « Français, 700.000 hommes, femmes et enfants sont mis au ban de la nation allemande ». Il y est écrit notamment, que dans les mesures prises à l’égard des Juifs en Allemagne, par le gouvernement hitlérien, - arrestations massives, déportations dans des camps de représailles, expéditions punitives etc. (note du 3 avril 1933 ref. 241 - 155 - 1)

Le 20 février 1934, lors d’une Réunion organisée par la Commission d’Enquête Internationale sur les atrocités hitlériennes, M° Campinchi, rapporte  qu’il est stupéfait de constater l’indifférence montrée à l’égard des atrocités hitlériennes par la presse française "qui semble obéir à un mot d’ordre". Au cours de cette réunion un député communiste allemand Bemler Hans, viendra témoigner et dira : que sa femme est emprisonnée en Allemagne, que son fils âgé de 13 ans a été arrêté et enfermé dans une maison de correction, tous deux à titre d’otages parce qu’il a réussi à s’échapper, à la suite de son arrestation.

[2] Les scientifiques nazis, qui avaient souvent eu pour professeurs des juifs, n’en défendaient pas moins des théories par lesquelles les juifs avaient corrompu la science allemande. Ainsi Philipp Lenard, prix Nobel de physique en 1905, était l’un des promoteurs de la physique aryenne. L’une des  difficultés  de son discours consistait à expliquer comment les « Juifs malgré leur infériorité » étaient arrivés à faire des découvertes intéressantes. Stark également Nobel de physique (1919) et nazi convaincu, réussi la prouesse à faire admettre la conception raciste de la science.

[3] - on peut trouver en consultant les écrits antisémites du début du siècle des textes tels que celui publié dans Pilori, sous le titre « Videz le Juif » : Décousez le Juif, a dit Edouard Drumont dans son beau livre, et, après lui, tous ceux qu’inquiète la misère croissante diront : Décousez le Juif. Et quand de ses flancs éventrés s’échapperont les liards, les écus, et les millions qu’il nous a pris, puisons à même la cascade pour les crève-faim Aryens, pour nos classes pauvres, pour ce dessous social qui nous mangera un jour si nous ne le satisfaisons.

Ce n’est là ni pillage, ni spoliation ; c’est une légitime revanche, une juste récupération.

 

Comment la presse antisémite relatait les rafles

 

 

Article paru dans Je suis partout n° 557 du 04.04.42

 

Pithiviers les Juifs choses vues par Henri Poulin

Quand à l’aube de ce printemps on s’en va vers Pithiviers – menue locomotive,  petit trajet, long voyage – on se prend à penser d’abord qu’enclins à la fantaisie et aux préférences territoriales, les dieux semblent avoir une tendresse particulière pour le Département du Loiret. Parce que, n’est-ce pas ? en matière de bonneteau électoral, les électeurs du cru ne craignent personne ! Il s’était choisi un sénateur du nom de Roy, successeur désigné d’Albert Lebrun au cas où l’incapacité dudit n’eût pas complètement discrédité le métier de Président de la République, un Roy falot mais tout de même dignitaire de la Maçonnerie ; ils avaient distingué aussi Jean Zay, ministre, porte drapeau de la démocratie à sa manière et déserteur. Mais les dieux passent l’éponge. Point besoin non plus d’être expert en musardise pour se demander sur le quai de la gare, si à défaut de la langue des Juifs ne connaissaient pas le folklore fran­çais, car, sitôt débarqué à Paris le plus crasseux des youpins d'Europe Centrale pratiquait à l'égard de l’indigène une politi­que copiée du gentil refrain : Alouette, je te plumerai », occ­upation  qui ne finit point par des apothéoses, écrivait déjà Hugo en veine de pudeur, mais qui mène à la boucherie, pâtés et pâtée.

Or, à défaut de pâtés d'alouet­tes, à croire qu'ils se sont envo­lés, le destin offre à Pithiviers, en remplacement de ses fanto­ches politiciens, un camp de Juifs triés sur le volet parmi les plus indésirables. Autant dire le moyen d'étudier commodément la question, la science à portée de la main, l'instruction à domicile. Comment n'être pas cu­rieux de recueillir l'avis autorisé des Pithivériens ? D'autant que tout ça n'empêche pas les sentiments, car ici où Israël dans ses œuvres a été dénoncé aux jours triomphants du Front Popu, un voyage chez les Juifs au dressage ne s'entreprend point dans l'indifférence. L'allégresse sied, une allégresse toute raisonnable, et pas trop d'illusions.

 

La ballade des gendarmes

Je suis tenté de croire que le monde marchait mieux au siècle de Villon, les pendus ayant quel­que raison de gémissement, alors qu'aujourd'hui ce sont les gen­darmes qui geignent et soupirent. En gare d'Etampes, j'avais eu la bonne fortune d'apercevoir deux de ces représentants de la marée chaussée occupés à encadrer un délinquant dont la démarche de pied-plat était à cent mètres une révélation éclatante. Ainsi, deux heures durant, en bordure du Gâ­tinais et jusqu'aux premiers la­bours de Beauce, sur une ban­quette de bois d'un train des plus omnibus ; j'ai pu contempler un Juif qui « rejoignait ». Rien du tableau vengeur à la manière de la Justice poursuivant le Crime, et Bernard Lacache lui-même n'aurait pas trouvé là prétexte à faire photo de propagande anti­raciste.

Bien à l'aise dans un solide manteau de cuir, chaussures de ski aux pieds portant une valise et deux couvertures de laine « la victime » avait d’abord sagement pris place dans le  compartiment et joint les mains. A travers ses épais carreaux de myope, il détaillait l’un après l'autre ses compagnons de route, surtout les femmes,  d'un œil vert déteint presque recouvert par une graisse malsaine. Son sourire de traviole provocant, gardait l'espoir de revanches savantes dans la cruauté.

Cinq minutes plus tard. Le trio menait le jeu et régnait sur ces cochons de payants de troisième classe. Le sort, pensez donc, se montrait par trop injuste : ils étaient partis de Troyes de grand matin ; ils avaient supporté quatre heures d'attente à Paris ; Ils ne connaîtraient le repos pithivérien qu'au soleil couchant. Et un samedi ! dans un pays qui na­guère pratiquait  le blocage ra­tionnel des loisirs I

Un des pandores décrivait la servitude de son état, les étapes de vingt kilomètres par jour, le pinard rare au point qu'écœuré par la fadeur de l'eau, il agré­mentait l'onde pure d'un filet de vinaigre, vingt griefs de cet aca­bit dominés par l'écœurement de son âme « de devoir incarcé­rer des gens qui n'avaient rien fait ».

Un gendarme bucolique, en somme ! Dommage qu'ils aient eu moins de scrupules, au temps de Mandel : Alain Laubreaux, Charles Lesca, Thierry de Ludre abattu comme un chien sur les routes de l'exode, étaient enchaî­nés tels ..des condamnés à mort de droit commun. Du coup, le Juif retrouvait sa superbe, mul­tipliait les gestes des bras, posait sa dextre sur les genoux de ses gardes, et, dans un pathos tout parfumé de relents de ghetto, énumérait le cours des denrées rares et le tarif des wagons-res­taurants.

Ces premières plaintes rugies, il y eut une pause. L'un des gen­darmes succomba au sommeil, l'autre sortit de sa gibecière, non pas un code pénal ou des menot­tes, non pas le carnet à souches des contraventions ou le manuel mais deux œufs durs, un demi-camembert, du lard et une bouteille de rouge. Dès qu’il eut la bouche pleine le brigadier reprit l’exposé de sa pensée et le Juif tira des profondeurs de son cuir son litron individuel.

— Ni Laval ni personne du gouvernement n'a compris le problème proclamait l'idiot de Troyes en dodelinant du képi.

Heureusement que l'offensive anglaise à Saint-Nazaire prouve que ça mûrit, que ça est proche Remarquez. Saint-Nazaire, c’est pas leur plan : le vrai plan anglais, c'est via Ostende répétait-il finement, en stratège hu­maniste qui manie les sous-en­tendus.

Et pare ce qu'aujourd'hui les usagers du chemin de fer ont acquis quelque patience le monologue continua jusqu'à cette for­mule éblouissante du gendarme

— Une victoire de l'Allema­gne ça serait la ratification de ce qui se passe déjà, la suppres­sion définitive de toute espèce de liberté.

L'occasion était trop belle de lui couper le sifflet, mais un gendarme se venge en fermant les issues. Ainsi, portières closes, l’atmosphère devint lourde, pourtant personne ne posa au youpin réjoui la question de la reine d'Aragon au rabbin Zekhiel sur les raisons de la puanteur naturelle aux. Juifs.

Au terme du voyage, le gendarme  aida son client à descendre et. dans une bourrade amicale, jeta à la cantonade :

— Te voilà rendu, mon gars. C'est un mauvais moment à pas­ser. J'espère bien que ça ne durera pas et que tu reviendras nous voir à Troyes.

 

Il faut des volés satisfaits, des  cocus contents et, d'ailleurs, les Juifs comptent beaucoup sur la jobardise de l'indigène leur meilleure chance. Accuser le gendarme ? Vous ne trouvez pas qu'on abuse un peu du rôle de lampiste ? Laissons les généraux de Riom découvrir soudain que le coupable du désastre, c'est le sous-officier. Le pandore de Troyes tiendrait d'autres propos s'il sentait la poigne de ses chefs, car rien n'est plus résolument docile qu'un gendarme. Le sabotage commence aux échelons supérieur et descend vers le bas...précisément ce que devait faire la révolution nationale.

 

Les Juifs

en plein boulot

 

Pas besoin de visiter le camp pour être fixé rapidement sur l'activité des Juifs internés. Ils sont à Pithiviers, un peu plus de mille, répartis dans des baraques de bois dont nous reparlerons, gardés par des gendarmes qu'aident des sous-officiers de police mués en police auxiliaire. L’administration matérielle du camp relève d'un gestionnaire, le commandement d'un capi­taine de gendarmerie. Celui-ci a sans doute mieux à faire, le di­manche des Rameaux, que de croupir à Pithiviers, mais, après de laborieuses recherches, le planton de service dénicha son remplaçant, modeste adjudant dont la doctrine se résumait dans la formule reposante : pas  d’initiative, pas d’histoire.

A l’heure de la grand’messe, les premières corvées sortent du camp et, poussant. une voiture à bras, des groupes de six juifs s’acheminent chez le boulanger ou le boucher. A ne vous rien ca­cher, ils ont bonne mine, comme disaient les civils sous le règne de Gamelin ces youpins arbo­rent le pantalon de golf et les escarpins acajou, ou bien la te­nue de skieur ; d'autres assurent le ravitaillement quotidien, en pardessus agrémenté d'un foulard de soie blanche. Le cheveu long mais dégoulinant de brillan­tine. Bref, l'allure de personna­ges habitués a brasser de fruc­tueuses affaires dans la bonne lignée du commerce juif. Peut- être, pour les missions à l'exté­rieur, le capitaine de gendarmerie­ choisit-il que ses pensionnaires les plus élégants, car tout Pithiviers s'accorde a proclamer la crasse sordide ou plaît à vivre Israël dès qu'il se rapproche du ghetto ancestral ? Et l'ordonnateur du cortège s'y entend en dignité, car les Juifs circulent à pas lents sur l'avenue de la République qui mène au cœur de la petite cité. Gueules effroyables de Levantins, rebut d'Europe, rebut d’Asie, ils baragouinent dans leur jargon et font plus de bruit qu'une compagnie de troupiers en marche. Ceux qui, ont quelque lueur du français traversent la ville en conversant avec leurs gardiens, en toute cordialité et leur distribuent des ci­garettes.

Un indigène qui regardait le défilé me glissait à l'oreille le plus sérieusement du monde :

— Ce sont des Juifs. Si c'est pas malheureux, monsieur, de voir ça ! les humains sont retombés aux horreurs des guerres de religion. Remarquez que les Juifs sont peut-être néfastes, mais les voir ainsi avec des gendarmes, ça en fait des victimes dignes de pitié.

 

Brave cornichon pithivérien  

 

Il était prêt à faire le porteur de pain, peut-être à payer aux fils d'Israël une femme de ménage ! Il avait si peu souci du grand nombre de nécessiteux que, dans la répartition de l’humaine pitié, il atteignait l’habileté d’un intendant. Je n’avais point fini d’évoquer devant lui d’autres prisonniers de notre sang ceux-là, prisonniers en Allemagne, prisonniers retenus au Gabon par  l'Anglais, que, sa mission terminée, la corvée de pain redescendait vers la gare. Tout naturel­lement, la voiture à bras s'arrêta au coin de la rue Prudhomme, devant une pâtisserie. Comme un seul homme, les Juifs prirent leur tour dans la file d'attente des amateurs de pain d'épice. Peut-être touchent-ils des tickets la de pain supplémentaires ? On se  demande même pourquoi les youpins de Pithiviers n'ont pas  encore une carte de priorité valable dans les limites du département ? Leurs geôliers prenaient patience sur le trottoir. Dans quelques semaines, quand la saison sera plus clémente, Juifs et gendarmes pourront trinquer de compagnie à la terrasse des bistrots. A notre bonne santé.

Le train de Paris amène chaque matin un demi wagon de colis à destination du camp. Un Juif préside à la réception des  envois, tout à fait chez lui dans les locaux du chef de gare ; il ouvre les portes, serre les mains des employés, jette un regard complaisant sur leurs écritures et sort dignement sur le quai en serrant son nœud de cravate pa­pillon. De bien beaux colis, ma foi. De belle  taille ! Les fem­mes de nos prisonniers voudraient pouvoir en confectionner de pareils ! Un cheminot m'a donne la recette :

- leurs femmes sont à Paris pour la plupart et leurs stocks de sardines, de thon et de foie gras ne s’épuiseront pas demain. Et puis, Paris n’est pas loin ; alors les Juifs reçoivent des rôtis, des gigots tout cuits,  des poulets. Eux, ils savent se dém.... !

Ainsi s’explique les  propos  d’une blonde aryenne ; fort jolie qui proclamait à l’hôtel des touristes : 

-          Je ne crois pas qu’ils soient trop malheureux. Celui que je viens de voir n'est là que depuis sept mois et il a grossi de quinze kilogs.

Si vous connaissez un aryen qui, dans le même temps, ait battu ce record, je m’engage à lui offrir, à titre de prime, les œuvres de José Germain reliées plein veau bien entendu.

 

 

 

La « barbarie »   raciste  

 

 

 

.La conscience  universelle ne s’est    jamais émue des massacres saisonniers depuis ceux du boucher Staline jusqu'a la saignée des curés espagnols. Par contre, dès  qu'en Europe il fut marché sur le pied d'un Juif, la radio, la presse, le gou­vernement  au service d'Israël  déclenchaient un hourvari d'écorchés. M. Roosevelt ce délicat protecteur  des nègres à l’enseigne du Ku-Klux-Klan, dénonce­rait, s'il n'avait pas d'autres soucis pressants, la «  barbarie » raciste du camp de Pithiviers. Or, dans ce camp en tout cas, juifs se lèvent et se couchent selon l'horaire établi par leur seul bon plaisir, ils ne sont astreints a aucun travail et leur cantine est un des établissements commerciaux les mieux achalan­dés et les plus prospères de la région parisienne. Il ne leur manque ni un médecin ni un rabbin. Parfois, certains des in­ternés consentent à travailler hors du camp, expérience qui ne dure généralement pas, me répétait un paysan, pour les Juifs la terre est trop basse. Par contre, m'affirme-t-on, la mairie de Pithiviers emploie à ti­tre d'auxiliaire, gratuits six ou huit youpins capables de comprendre le français : côté salaire, rassurez-vous, ceux-là se

débrouillent toujours, soit au rayon car­tes d'identité, soit plus modestement en feuilles de ticket.

Les plus frileux préfèreraient leurs barbelés, car les baraque­ments ont été chauffés tout l'hi­ver et on y commence actuellement la toilette printanière des plafonds et des murs. Peintres et plâtriers de ce vieux pays gallo-romain s’affairent et tur­binent pendant que les Juifs dis­cutent allongés ou jouent au bal­lon. Avec la sérénité imbécile de l'homme qui reçoit les gifles, un entrepreneur me disait :

-          Oui, monsieur, on repeint, et  Juifs ne sont pas contents. Pourquoi ? Ils ont fini par donner leurs raisons. Ils interpel­laient mes ouvriers en ces termes : « Tas de pauvres c....  ,vous croyez peut-être que nous serons encore, là l’hiver prochain ? Roo­sevelt et Staline auront rétabli l’ordre bien avant : les comptes seront réglés. »

Et l’indigène encaisse sans sourciller. Rien ne l’étonne, rien ne le choque pourvu que l’injure vienne du Juif, pourvu que la faveur profite au Juif. A croire vraiment que le Français est définitivement judaïsé, maladie qui ne pardonne pas. Le même gars du bâtiment m’affirmait que les épouses des internés touchaient une allocation quotidienne de 23 francs, nouvelle incroyable entre toutes (je ne la crois pas) mais qui ne le scandalisait point. Pensez donc, la femme d’un prisonnier français, la femme d’un tué de 1940 reçoivent bien de la générosité de l’Etat 12 ou 14 francs par jour ! Alors de quoi se plaindrait-on, nom de Blum !

 

Scandales à la pelle

 

Autour des camps d’Israël, l’amateur de scandales n’aurait qu’à se baisser pour faire sa cueillette. Roi dans l’art de corrompre, le Juif utilise, on s’en doute la jobardise ou la complicité de ses prétendus bourreaux. Les relais de poste clandestins fonctionnent à merveille, les officines d’évasion aussi. Au restaurant, d’une table à l’autre, on vous propose, par exemple, « de faire passer un mot » au pauvre prisonnier.

Il y a mieux : le registre des « présents » s’accommode de disparitions momentanées : huit jours par-ci, une fin de semaine par-là. Que diantre, il faut bien que le youpin veille sur ses affaires  et sur sa famille abandonnée ! un cadeau remis à qui de droit fait fondre les barbelés : un manteau de fourrure, par exemple, vaut au généreux donateur quinze jours de permission et certaines femmes apportent la rançon dans leur valise... à tout hasard.

Rebecca profitait de son expédition chez le pauvre Jacob captif pour rentrer à Paris avec des provisions. Le résultat est simple : à Pithiviers et à vingt kilomètres à la ronde, il ne restait rien à vendre, Israël raflait tout et à n’importe quel prix. L’ampleur de la razzia a obligé l’autorité à prendre certaines mesures. Désormais, dans la petite gare, à chaque arrivée de train, les gendarmes demandent en principe leurs papiers aux voyageurs, mais toujours grand-père Lévy et belle-maman Cohen parviennent à franchir le barrage. Peut-être ne pourront-ils pas parler à leur « martyr », mais ils ne dédaignent pas la consolation et les profits qu’apportent un jambon, une motte de beurre ou deux dindons acquis à bon compte dans une ferme.

Pithiviers ? Un grouillement de reptiles autour du camp. A l’intérieur les Juifs se jalousent, se pillent, se lamentent, se dénoncent selon la tradition de la race. Tous envient Jean Zay coupable d’une vétille définie par le code « désertion en présence de l’ennemi », favorisé lui, par le sort, puisque chaque jour à la prison de Clermont-Ferrand, « M. le Ministre » prend ses repas en famille. La race élue ne peut tout de même pas casser les cailloux dans le Sud Tunisien, comme de vulgaires natifs de Pantin et de Belleville.

 

 

 

texte sélectionné et remis en forme par Jean Aikhenbaum

 

 

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 09:08

 

  Justification de l'antisémitisme du 3ème Reich

 

Le racisme antisémite est de nouveau au premier plan de la politique national-so­cialiste du Troisième Reich. (article publié le 30 novembre 1935)

Le 28 novembre, dans une interview, Adolf Hitler faisait les déclarations les plus nettes à cet égard : « La nécessité de combattre le bolchevisme est, affirmait-il, l'une des raisons fondamentales de la lé­gislation relative aux Juifs en Allema­gne... »

 

Comme le chef suprême de la nouvelle Allemagne avait eu soin de répandre ses déclarations dans le monde entier, on ne pouvait se méprendre ni sur leur signi­fication, ni sur leur importance réelle. Non seulement le Führer n'arrondissait pas les angles... Non seulement il ne cherchait pas à détourner l'attention de l'antisémitisme nazi... Mais il affirmait l'intention de le justifier en l'expliquant, sans faux sem­blants, à la face des nations.

 

    Nécessité d'agir en raison des agitateurs bolcheviques et des influences juives destructives

 

Adolf Hitler ajoutait : « Cette législa­tion n'est pas antisémite ; elle est pro-allemande. Par ces lois, les droits des Allemands seront protégés contre les in­fluences juives destructives. Presque tous les agitateurs bolcheviques en Allemagne ont été des Juifs. L'Allemagne, qui n'est sé­parée de la Russie soviétique que par quel­ques lieues, a besoin de mesures perma­nentes et pratiques afin de défendre le Reich contre l'activité de ces agents du bolchevisme. »

Après avoir souligné que nombre d'Alle­mands, officiers démobilisés et intellec­tuels prolétarisés, avaient dû se procurer à grand peine des emplois manuels, le Führer poursuivait : «  Les Juifs, qui re­présentent moins de un pour cent de la po­pulation, ont cherché à occuper les fonc­tions des chefs intellectuels et envahi les professions libérales telles que le barreau, la médecine, etc... Or, l'influence destruc­tive des intellectuels juifs s'est étendue sur toute l'Allemagne. De ce fait, il est devenu nécessaire de prendre des mesures tendant à supprimer cette action destructive et à établir une division nette entre les deux races. »

 

Pogroms à froid

 

Les déclarations d’Hitler ne sont d’ailleurs point intervenues à l’improviste... c’est ainsi que le Rheinisch – Westphälische Zeintung ; organe des industriels nationaux-libéraux, puis populiste... publiait un article dès le 24 novembre pour répondre au Times, par ailleurs favorable au rapprochement avec l’Allemagne, mais qui venait de publier un réquisitoire contre la persécution des Juifs dans le Reich et qui parlait de pogroms à froid.

 

 

Quand les élites juives reconnaisssent trahir .... 

 

...la haute trahison n'était pas un acte déshonorant. L'auteur cité, un certain Tucholsky, fort connu sous divers pseudonymes tel que Panther, ajoutait même :  Nous sommes des traîtres... Je parle en pleine conscience... C'était un Juif, citoyen allemand.      

Citations équivalentes pour Georg Hermann, pour le fameux Ernst Toller... Tous deux écrivains juifs allemands... D'autres suivaient : Feuchtwanger, Ferdinand Bruckner, Arnold Zweig, Friedriech Wolf, Kerr, Piscator... pour ne nommer que les  plus connus dans le monde des lettres et des arts. Tous proférant des blasphèmes identiques et les menaces les plus sanglantes...

 

 

Et, s'adressant de nouveau au Times, le journal allemand demandait si la question juive, telle que l'avait résolue le Troisième Reich, pouvait constituer en toute justice un obstacle à la compréhension entre na­tions ou si, plutôt, elle ne se présentait pas comme un devoir de compréhension...

 

 

Les Juifs avaient, expliquait-il, tenté de tout corrompre, de tout détruire en Allemagne par la bolchevisation générale de l'intelligence, de l'art, des mœurs et de la politi­que. Ils avaient étalé un maximum de per­versité agissante de la fin de la guerre à l'avènement d'Hitler en 1933. L'étude im­partiale de cette période le prouve...

 

En conséquence, le devoir des autres nations, qui peuvent être menacées dans leur structure même comme l'Allemagne l'a été, est d'admettre que le Troisième Reich a ses raisons de faire en sorte que cela ne recommence plus.

 

Une autre feuille, toute nouvelle celle-là, le Judenkenner, spécialisée dans l'anti­sémitisme sous toutes ses formes, publiait quatre jours avant, le 20 novembre, un article de tête particulièrement significatif, intitulé : Reconstruction, Adolf Hitler y était célébré comme l'artisan d'une œuvre grandiose, d'une œuvre belle entre toutes, parce qu'elle ne serait pas faite de ma­tière au sens ordinaire du mot, mais d’être humains...

 

Poursuite contre les Juifs étrangers

 

...on s’est réservé la possibilité de freiner la politique actuelle,: de même, dans le cas des poursuites contre des juifs étrangers, pour lesquelles l'autorisation du ministre de l'Intérieur sera nécessaire, on a pensé à des difficultés éventuelles avec les autres gouvernements. M. Salo­mon, gros banquier de New York, pourra évidem­ment se permettre avec des « aryennes » ce qui sera interdit à M. Lévy, brocanteur venu de la Bessarabie.

 

L'antisémitisme créateur de chômage !

 

Bien que l'on ait abaissé de 45 à 35 ans l'âge cano­nique pour les domestiques femmes chez les juifs, il y là une question qui reste délicate, pour les ménages israélites comme pour leurs cuisinières. Celles-ci vont se trouver en grand nombre sur le pavé à la date du 1er janvier, ou les nouvelles lois entrent en vigueur. Quant aux maîtresses de maison, elles risquent de ne plus trouver le personnel dont elles ont besoin  les domestiques de plus de 35 ans ne sont pas tellement nombreuses. On parle déjà, dans les milieux israélites de Berlin et de quelques autres grandes villes, de les remplacer par des hommes. En effet, la loi n'interdit pas aux « aryens » du sexe masculin de se placer chez des juifs : hommage inconscient du législateur national-socialiste à la vertu de leurs épouses.

 

« Nordique du crâne à la semelle ».

 

Dans un film qui la révéla jadis au grand publie, Marlène Dietrich chantait « Je suis faite pour l'amour de la tête aux pieds. Se souvenant sans doute de ce refrain, un cordonnier de Berlin vient de prendre pour enseigne « Nordische Grossbe. sohlung (grand ressemelage nordique), sous prétexta qu'un parfait  aryen, ou nordique, devait l'être depuis le crâne jusqu'à la semelle.

On s'est aperçu, hélas ! que ce prétendu descendant de Hans Sachs était lui-même un non-aryen

 

Une étude de la France racique

 

Les racistes allemands ne limitent pas leurs études à leur pays. Ils prétendent renouveler, leur point de vue, l'histoire et la psychologie des peuples. Voici, par exemple, M. Bernhard Pier, qui consacre deux brochures à des « Considérations racistes et biologiques sur l'histoire » de la France et de l'Angleterre. Ses vues ne sont pas entièrement originales, elles rappellent souvent Gobineau, Chamberlain et d'autres. Notons qu'il ne se rallie pas à une thèse assez répandue chez nous, d'après laquelle les Celtes ou Gaulois formeraient l'élément de base de la population française

publié par Je suis partout n° 262– 30.11.35 p.6

 

Texte mis en forme et sélectionné par Jean Aikhenbaum

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 11:37

 

Le côté sombre de la muséologie en France

Des collections sulfureuses

 

Des restes de corps humain font partie de collections d’objets et à ce titre sont exposés dans des musées français. Sans vouer un culte particulier aux rites funéraires lorsque l’on voit exposé le crâne de Descartes dans l’une des vitrines du Musée de l'Homme, il y a de quoi être choqué ou au moins interpellé. N'importe quel humain a droit à un enterrement digne et le rôle du corps après la mort n’est pas d’être un "objet de curiosité". Les défunts, surtout ceux qui sont décédés depuis longtemps n'ont plus de famille, pas  d’avocats pour défendre leur droit au repos et au respect que l’on doit à leur mémoire et à leur dépouille.



L'histoire de la vénus Hottentote, exhibée comme un animal de cirque !

 

L'histoire de la Venus Hottentote est démonstrative (voir à ce sujet, le film On l'appelait la Vénus Hottentote - Zota MASEKO Johannesburg: Dominant 7. Mail and Guardian television. UC2 1998 et le livre L'énigme de la Vénus Hottentote de Gérard Badou Ed. JC Lattès). Une jeune femme Saartjie Baartman, a été exhibée en Europe comme un animal de cirque. Après sa mort son corps "offert par la préfecture" est devenu un objet qui fait parti des collections nationales du Muséum National d'Histoire Naturelle. Georges Cuvier, le grand naturaliste français s'intéressa personnellement à la dépouille de Saartjie Baartman. Il a fallu attendre plus de 150 ans, et le risque d'un incident diplomatique entre la France et la République d'Afrique du Sud pour que soit discuté... la possibilité d’enterrer les restes de cette malheureuse femme qui ont été très longtemps exposés par le Musée de l'Homme à Paris. Jusqu'à présent cette affaire est toujours un "sujet de discussion", le comble, on ne sait plus très bien où se trouve le corps. Il est quelque part, égaré dans le désordre qui règne dans l’archivage des pièces de collection dans la totalité des musées de France ! Aux dernières nouvelles, la dépouille de la Vénus Hottentote, devrait être restituée à l’Afrique du Sud. Cette affaire est à tel point embarrassante qu’elle a fait l’objet d’un débat parlementaire dans la séance du 29 janvier 2002. Le Ministre de la Recherche a fait remarquer que depuis 1994, il n’y a pas d’appropriation publique, ni privée, d’ailleurs du corps humain (et avant cette date ? oui) la notion de « restitution » parait difficile…Le rapporteur a trouvé regrettable que le Gouvernement veuille édulcorer le texte. En effet, l’amendement n°1 tend a supprimer de l’intitulé de la proposition de loi toute référence à la restitution de la dépouille mortelle, comme si on voulait se dédouaner des exactions indescriptibles commises par la France, comme d’ailleurs la Grande Bretagne sur la personne Saartjie Baartman…Comme dans le macabre, il n’y a pas de limite, le rapporteur fait remarquer un peu plus loin… ce que j’ai indiqué sur, la présence des trois pièces dont on nous disait dans le passé qu’elles avaient disparu m’a été confirmé récemment : en fait les pièces relatives à l’encéphale de Saartjie Baartman, à ses organes génitaux et au moulage de ceux-ci ont été inscrites depuis peu à l’inventaire du Musée de l’Homme et du Muséum (National) d’Histoire Naturelle…. un autre intervenant fait également remarquer  que Mme Saartjie Baartman a été autopsiée dans l’intérêt des scientifiques…



L’exhibition des restes humains, un héritage anthropologique ?
 

L'exposition de corps humain n'est pas uniquement un héritage de l'anthropologie du dix-neuvième siècle. Les "spectacles anatomiques" étaient autrefois très répandus en Europe. F. Ruysch (1638-1731), un médecin hollandais est l'auteur de la célèbre "momies de Ruysch". Ce savant possédait une formule secrète qui, lorsqu’elle était appliquée avait une étonnante capacité à momifier les corps humains. Après avoir été embaumés les corps conservaient toute l’apparence du vivant.  Sa collection fut achetée par le tsar Pierre le Grand et mise à Saint-Pétersbourg. La célébrité de Ruysch était sans précédent en Europe.  L'amiral britannique, sir Berkeley qui trouva la mort pendant la bataille navale entre la flotte Hollandaise et la Royal Navy en 1666, fut ainsi "préparé" par Ruysch. La couronne britannique réclama le retour de la dépouille de son héros. Non pour l’enterrer, comme cela aurait du être le cas pour un haut officier et dignitaire mais...pour posséder dans sa collection l’une des célèbres préparation de Ruysch.

Et en France ? Qui n'a jamais entendu parler des cabinets anatomiques de Fragonard. Ses "macabres", compositions faites de corps d’hommes et  d’animaux peuvent toujours être "admirées" dans la collection de l'Ecole Vétérinaire d'Alfortville. Il semble même que pour l’une de ces "oeuvres d'art" Fragonard se soit servi du corps de sa fiancée !  Déjà à l'époque de nombreux savants de l'Europe protestèrent, ils considéraient que les "oeuvres" de Fragonard étaient immorales et charlatanesques et qu’elles n’avaient aucune valeur scientifique.

 

 Les restes humains, des objets de collection toujours recherchés !

 

Les restes humains pour collections ont toujours été "très recherchés" par les musées au dix-neuvième siècle (et même au vingtième). Aujourd'hui, cet engouement semble passer de mode,  les responsables de collections ne savent plus quoi faire de ces objets éthiquement "embarrassants". Ces restes macabres sont à l’origine des sciences anthropologiques contemporaines et ont eu un rôle obscur dans l'histoire de nos grands établissements scientifique de la République. Il a fallu le non conformisme et le courage de Stéphan Jay Gould pour démasquer par exemple les pratiques racistes et démonter l’ordinaire supercherie scientifique de Broca, "grand collectionneur" de restes humains. Broca est toujours l’un des savants les plus vénérés en France. A Paris, une rue et un hôpital portent son nom. Alors que faire de cet héritage embarrassant de l'anthropologie du dix-neuvième siècle ? En général  les responsables des collections choisissent une solution simple : mettre ces objets aux oubliettes. Ils prétendent qu'ils n’en ont plus trace, et qu’ils sont perdus depuis longtemps. Pourtant ces collections macabres  existent toujours et comportent de très nombreux "objets" "discutables" d’un point de vue éthique. Voici quelques exemples :

            1. La collection de F. Gall (1758-1828), ce savant a été l’un des fondateurs de phrénologie (étude du caractère d'après la forme du crâne). Sa collection est actuellement la possession du Musée de l'Homme. Parmi les crânes "objets" de la collection, il y a ceux de soldats (préparées par Larrey, célèbre médecin) morts pendants les guerres napoléoniennes; le crâne de Blanchard (1753-1809), pionnier de l'aéronautique et inventeur du parachute; les crânes des poètes allemands Gresset, Junger, Alexinger, Blaumauer; ceux des mathématiciens David et Voigtlander; les célèbres médecins autrichiens Salab et Helt; le crâne du violoniste Kreibeg, musicien préféré de l'empereur de l'Autriche François II ; celui de Preshel assassin exécuté à Rouen et plusieurs "crânes ethniques" comme ceux d'un Egyptien, d’un marin chinois  ou d’un Kalmuk. Enfin la collection possède également le crâne de Gall. C'était paraît-il sa dernière volonté.

            2. La collection de Georges Cuvier est probablement toujours aujourd'hui au Muséum National d'Histoire Naturelle. Elle contient (d'après le catalogue publié en 1833) les crânes et les squelettes de 7 personnes célèbres sans plus de précisions, mais également le crâne et le squelette de Sulejman el Haleby, assassin du général Kleber. Le Muséum National d'Histoire Naturelle est sans aucun doute la plus ancienne institution française détentrice de telles collections. Auparavant la collection du Cabinet du Roi comptait parmi ses objets "la peau d'un noir" et les têtes d'un Chinois, d'un Tatar et d'un Kalmuk rapportées par Joseph-Nicolas de l'Isle de son séjour en Russie (1725-1747). La révolution et ensuite les guerres ont largement enrichi cette collection  avec entre autres un soldat du premier régiment de grenadiers  et les crânes de russes et d’autrichiens morts à Austerlitz"

            3. Le Musée Delmas-Orfila-Rouvière Rue des Saints-Pères (Faculté de Médecine  Université Paris VII Denis Diderot Paris 7) a en sa possession la célèbre collection Broca. Dans celle-ci non seulement on y trouve des crânes, des têtes conservées,  des bustes momifiés de célèbres criminels du dix-neuvième siècle mais aussi ceux de plusieurs personnages ou politiques notamment celui de l’anarchiste François Koenigstein exécuté. Cette collection possède également des têtes d’insurgés algériens. La collection de Broca a compté jusqu’à 6500 crânes, 230 squelettes et 7000 cerveaux ! Dans la période ou l’anthropologie française était à son zénith 25 mille de crânes étaient répertoriés.

            4. Ces "objets" se trouvent non seulement dans les collections de musées mais également dans  les hôpitaux. Quelque part dans l’un des placards de la Salpetrière traîne la tête de la célèbre espionne Mata Hari.

            Il est difficile parfois localiser ces objets autrefois célèbres et aujourd'hui presque oubliés. Où se trouve par exemple le crâne de Charlotte Corday (1768-1793), qui a assassiné Marat. En 1890, le tout Paris mondain a été mis en effervescence par une nouvelle "scientifique" de grande importance ont pouvait contempler le crâne de Charlotte pendant l’Exposition Universelle. On devait ce privilège au prince Roland Bonaparte, célèbre voyageur et anthropologue qui était parvenu a acheter cette précieuse relique.  Après quoi, le crâne fut "mis à la disposition de la science". Certains de ces "objets" étaient tellement prisés... qu’ils étaient quelquefois offerts aux délégations étrangères. Où se trouve aujourd'hui la crâne d’un Toungouze offert par le général Korsakov, gouverneur de la Sibérie Occidentale lors de sa  visite officielle à Paris en 1866 ?



Faut-il demander aux musées de mettre au grand  jour leurs catalogues « d’objets humains » ?

 

Encore de nos jours, tous les musées qui possédait un département  anthropologie et tous les anciens hôpitaux possèdent de semblables "objets". Que faire avec? Le silence n'est certes pas une bonne solution. Même si les expositions de ces corps ou partie de corps sont inacceptables,  il est préférable d’en parler,  ainsi nous pourrons mieux en comprendre l'historique et l'histoire de la science en particulier. Pour l’instant on tente de nous faire croire que le problème n'existe pas. Il y a donc un squelette dont ont ne sait que faire, dissimulé dans l'armoire du ministère de Culture. Ca bouge un peu tout de même, puisque le texte propose de déclasser tous les restes humains qui se trouvent être la possession du Musée de l’Homme…. Pour ceux qui sont ailleurs, les plus nombreux d’ailleurs, aucune décision n’a été prise.

Piotr Daszkiewicz - Historien des Sciences - Dr es-sciences

 

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 19:02

 

L’humanité du 12 01 1931 p.3

 

L’édification du socialisme

 

Kalinine prononce le discours de clôture de la cession du comité central exécutif

 

 Moscou 11 janvier …. Il a été ratifié le plan de l’économie nationale pour l’année 1931…Le caramade Kalinine prononça le discours de clôture :

 

 la presse étrangère essaie actuellement de représenter avant tout comme « un travail forcé » nos réalisations dans le domaine de la répartition de la main d’œuvre. Ce que nos ennemis dénoncent en  lançant des bruits absurdes  « sur la contrainte » , c’est le succès réel du socialisme dans le domaine de l’organisation du travail et de l’exécution du programme de notre parti qui déclare « l’utilisation au maximum de toute la main  d’œuvre existant dans le pays…… »

 

La légende du travail forcé

 

Il est ridicule de parler de contraintes dans un pays où 98% des revenus nationaux sont dépensés pour les besoins des travailleurs

 

Quand la presse communiste criait au grand complot…..

 

 

 

Plus personne aujourd’hui ne conteste que tous les projets ambitieux (sic) de l’URSS pour afficher la supériorité du socialisme sur le monde capitaliste ont lamentablement échoué. Ces diverses orientations ont toujours été imposé au peuple russe au prix de grandes souffrances. Aussi les autorités bolcheviques se sont-elles toujours efforcées  de rendre responsables des er­reurs, des retards et des épreuves soit les puis­sances occidentales, accusées de machinations accompagnées de propagande guerrière, ou bien encore les ingénieurs et les techniciens, contre-révolutionnaire. L’avancée du socialisme millénariste était à ce prix. 

 

 

 

On sait que.

 

Huit spécialistes, professeurs et ingénieurs, ont été mis en jugement. Les débats ont com­mencé mardi. Le fils d'un des accusés, Sitnine, a adressé aux journaux de Moscou une lettre ouverte dans laquelle il traite son père d'ennemi de la classe ouvrière et demande qu'il soit condamné à mort. (Poslednia Norosti, 25-11-30, journal démocrate imprimé à Paris.)

 

Les journaux soviétiques du 11 novembre 1930 ont publié in extenso (sur quatre pages) l'acte d'accusation du procureur général de l'U.R.S.S., Krylenko, contre MM. Léonide Ramsine, professeur et directeur de l'Ecole technique supérieure de Moscou ; Ivan Ka­linnikof, professeur à l'Académie militaire aé­ronautique ; Victor Laritchef, ingénieur; Nico­las Tcharnovsky, professeur dans diverses écoles supérieures ; Alexandre Fédotof, pro­fesseur technologue ; Serge Kouprianof, ingé­nieur mécanicien ; Vladimir Otchkine et Kse­nofonte Sitnine, ingénieurs, accusés tous les huit d'avoir participé à une organisation con­tre-révolutionnaire nommée « l'Union des or­ganisations d'ingénieurs » ou « parti indus­triel » et d'actes criminels punis par l'article 58, paragraphes 3, 4 et 6 du Code criminel de R.S.T.S.R.

 

L'acte d'accusation du camarade Krylenko se termine par la conclusion suivante :

 

Ces personnes ont fait partie à diffé­rentes périodes des organisations créées pour détruire et saboter l'édifice économique de l'Union soviétique, pour ébranler le pouvoir soviétique et faciliter le rétablissement du pou­voir de la bourgeoisie. Ils ont poursuivi pendant une série d’années leurs destructions en se groupant à ces fins....

 

Ce par quoi ils ont commis un acte de haute trahison. Je suis partout n° 1 du 29.11.30 p.7

 

U.R.S.S - Le grand complot du sabotage

 

Bien entendu,  comme il se doit, l’accusation s’appuya sur les aveux écrits ou oraux  des inculpés.

 

Le  professeur Ramsine avoua que le but de l'offensive armée contre l'U.R.S.S. était de :

 

Doter la Russie, après la chute du gouver­nement soviétique, d'une République démocra­tique bourgeoise. Il était même proposé de  diverses formes de gouvernements ; et même la restauration de la monarchie. Cette idée susceptible de créer des mécontentements parmi la population fut abandonnée. 

 

L'organe législatif de la future république devait être un Parlement élu au suffrage universel, avec pour en asurer le bon déroulement en transition temporaire, un régime militaire qui assurerait la paix civile.

 

Pour arriver à leurs fins les membres de l'Union des organisations d'ingénieurs avouèrent avoir pris contact avec des personnalités haut placées de l'Europe occidentale de même qu'avec les industriels russes vivant à l'étranger. C'est ain­si que selon les dires de Ramsine il eut, en 1927, une entrevue, à Paris, avec Riabou­chinski, l'ancien magnat de l'industrie textile russe.

 

De son côté, Kalinnikof déposa, le 10 octo­bre 1930 :

 

D'après ce que je sais, feu Paltchinski était en relation étroite avec le capital français et anglais. Rabinovitch s'était entendu avec la Pologne. Khrénnikof était dans d'excellents ter­me, avec la direction de la compagnie Vickers et Fédorovitch avec Leslie Urquhart de la Russo-Asiatic Consolidated.

 

Selon l'acte d'accusation, toutes ces insti­tutions et ces personnage devaient subvention­ner la campagne de désorganisation de l'éco­nomie soviétique et préparer ainsi la pénétra­tion militaire étrangère.

 

URSS- A l’incurie des responsables staliniens, il fallait désigner à la vindicte populaire  les responsables.
Une parodie du grand procès du sabotage

 

Le grand procès du sabotage s'est terminé le 7 décembre par la condamnation à la peine de mort du professeur Ramsine, de Laritchef, de Tcharnovski, de Kalinnikof et de Fédotof, et à la condamnation à dix ans de réclusion des ingénieurs Koupianof, Sitnine et Otchkine.

 

Jusqu'à la dernière minute les huit inculpés ne se sont pas départis de la ligne de con­duite qu'ils s'étaient imposée dès le début du procès. Chacun d'eux se plut à reconnaître pour exacts et bien fondés tous les délits et tous les crimes qui leur étaient reprochés. Certains d'entre ces étranges inculpés s'ac­cusèrent même de délits supplémentaires. Aussi étrange fut leur attitude à l'égard de la Guépéou. Ils ne prononcèrent pas un mot de blâme à son égard. Tout au contraire, ils reconnurent qu’ils avaient été traités de façon parfaite par ses agents. On a parlé de tortures dans la presse étrangère marqua a un moment donné Ramsine : Mais regardez-moi, est-ce que j’ai l’aspect d’un homme que l’on a torturé ? Et Fédorof de renchérir : évidemment aucun de nous n’a été torturé. Nous croit-on capables de dire des mensonges pour nous perdre volontairement ?

 

Tous furent récompensés de leur docilité. Vingt quatre heures ne s’étaient pas écoulés que ces accusés étaient partiellement graciés, les condamnations à la peine capitale commuées en 10 ans années de détention, les peines de 10 ans réduites à 8.

 

Le Times qualifia les débats de farce tragique, c’est aussi ce que pensent les journaux russes d’opposition paraissant à l’étranger. Le journal démocrate que M. Mikoulof, imprime à Paris publie les remarques suivantes :

 

« Il viendra un moment où la voix courroucée du prolétariat ne se fera plus entendre. Les journaux de Staline se tairont pour quelque temps, et le plan quinquennal se replongera dans les grisailles de la vie journalière... après le procès, il ne produira aucune amélioration, sur le front du ravitaillement, et il n’y aura aucun progrès dans la situation monétaire.... la situation ne s’améliorera pas, elle ne fera qu’empirer. On pourra inventer de nouveaux procès, cela ne changera rien. Staline ne réussira pas à procurer du pain aux foules uniquement avec des spectacles. Tout au contraire, plus on voudra de procès à grande mise en scène, plus il faudra renouveler le programme et la troupe... et le dernier acteur pourrait bien être... Staline en personne. Evidemment, il découvrira bien encore des saboteurs sur tous les fronts. Il les fera juger et punir, néanmoins, la situation ne fera que s’aggraver. Ainsi, le procès qui vient de s’achever, de même que les procès qui pourront surgir dans l’avenir, finiront par persuader, à ceux qui ont encore une confiance illimitée en Staline, que le moment est venu de lui mettre la main au collet. Un régime de pourriture, est obligé en fin de compte de se détruire de lui-même ».

 

 

 

L’humanité pendant ce temps applaudissait les condamnations et titrait en page 3 le 12 novembre 1930 :

 

La préparation de l’agression

 

Les intellectuels saboteurs agissaient en URSS à l’instigation du gouvernement français et de son état-major

 

L’humanité à déjà parlé du complot ourdi, à l’intérieur de l’URSS contre la sureté et la situation économique de l’état ouvrier. L’agence Tass publie l’acte d’accusation contre cette organisation contre révolutionnaire… l’acte d’accusation met en cause Poincarré et Briand, des officiers de l’Etat-major, qu’il accuse d’avoir élaboré un plan d’attaque armée contre l’URSS…

 

 

 

Jean Aikhenbaum     

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 12:14

 

 

Histoire de Joseph, revisitée par P.A Cousteau - Article paru dans Je suis partout n° 638 du 29 octobre 43 p.2

 

 

 

Dans ce même numéro, Je Suis Partout, fait état d’une lettre adressée par Céline au journal, dans laquelle il s’exprime ainsi et dans laquelle il propose de fusiller non seulement les collabos, mais également tous ceux qui se sont enrichis avec la guerrre : « VOUS n'êtes pas frappés par le fait que la radio anglo-juive — qui nous voue tous à je ne sais com­bien de morts parce que « collaborateurs », antisémites, et patati et pa­tata — ne parle jamais de fusiller tous ceux qui ont profité des Allemands directement ou par ristournes ! Ils sont lé­gions, pourtant, nom de Dieu ! Et opulents, et formidables ! Je n'ai jamais, personnellement, touché un fifrelin de l'occupation, mais le pays français, dans sa majorité, n'a jamais imaginé, n'a ja­mais connu d'affaire aussi brillante que la guerre 39-40…. !... Paysans, commerçants, industriels, intermédiaires, marché noir pètent de prospérité. Presque tous les paysans sont riches. Damnés de la glèbe avant 39, ils vont tous sur leur deuxième million ! Insolents et gaullistes, où sont leurs terribles souffrances en tout ceci ? Tartuferies atroces ! Voici les gens à fu­siller ! Pour immonde hypocrisie ! Par salubrité morale ! ils ont tous — et com­ment ! — avalé, supplié, rampé, pourlé­ché les bénéfices infâmes — à 1.000 pour 100 ! - et fait crever gaillardement de faim leurs compatriotes moins bien placé (gaullistes y compris !), voyez grandes villes ! La France, en tout ceci ?

 

 

 

Conte israélite par P.A Cousteau

 

 EN ce temps-là vivait en Palestine un jeune Hébreu nommé Joseph. Il appartenait à une famille aisée, point trop exigeante sur le chapitre de la morale. L'aïeul, Abraham, s'était un petit peu —,oh ! juste un tout petit peu — adonné à la traite des blanches en négociant les charmes de sa fidèle Sarah. Le grand-oncle Loth et ses filles avaient bousculé pas mal de préjugés bourgeois en jouant aux « Parents terribles » dans une caverne. Et Jacob, enfin, le propre père de Joseph, avait frustré l'oncle Esaü de son héritage en escamotant avec subtilité la fortune du vieil Isaac avec la complicité de la bonne grand' mère Rébecca. Toutes choses qui, dans un pays policé, eussent immanquablement amené la famille Israël sur les bancs de la cour d'assises. Mais les Hébreux ne s'embarrassaient pas de scrupules mesquins. Le père Jacob avait beaucoup de troupeaux. Aussi jouissait-il de la considération générale et de la bienveillante protection du seigneur Jéhovah.

 

Un jour, le petit Joseph se dispu­ta avec ses onze frères. Qui avait tort ? Qui avait raison ? Joseph avait-il vraiment mouchardé ses frè­res ? Ceux-ci étaient-ils vraiment ja­loux de sa robe de diverses couleurs ?  (1). Quoi qu'il en soit, les onze frères décidèrent de supprimer Joseph. Comme ils avaient le sens des affaires, au lieu de le trucider gratuitement, ils jugèrent plus avantageux de le négocier pour vingt pièces d'argent à des Ismaéli­tes qui recrutaient de la main d'œuvre dans le pays.

 

Joseph fut donc amené en Egypte et revendu à un officier de la garde du Pharaon, le colonel Putiphar. Ce militaire était un brave homme débonnaire, pas très in­telligent et très libéral.  Les Juifs sont des gens comme les autres répétait-il volontiers. Joseph lui plut tout de suite. Le colonel l'avait em­bauché comme manœuvre. Trois se­maines plus tard, il en fit son inten­dant, « l'établit sur sa maison et remit entre ses mains tout ce qu'il avait » (1).

 

C'était une ascension inespérée pour l'humble petit Juif. Néanmoins Joseph trouvait que ce n'était pas encore assez. Il avait le contrôle des biens de Putiphar. Il lui fallait aussi Mme Putiphar. Seulement, Mme Putiphar était honnête. Lors­que Joseph, profitant de la confian­ce du colonel, tenta d'exploiter un instant d'abandon, elle poussa de grands cris :

 

L'esclave hébreu que tu nous a amené, dit-elle à. son mari, est venu vers moi pour se jouer de moi. (1)

 

Depuis, des écrivains qui sont de la race de Joseph ont mis en doute la sincérité de Mme Putiphar. Pour­quoi les croire, eux, plutôt que les ju­ges égyptiens qui décidèrent en leur âme et conscience que Joseph était coupable et qu'il méritait la prison ?

 

Jeté dans un cul de basse-fosse, Joseph réussit très vite à améliorer son ordinaire. De même qu'il avait capté en un tournemain la confiance du colonel Putiphar, ce fut un jeu pour lui de conquérir les bonnes grâces du directeur de la prison.

 

Le commandant de la forte­resse remit entre les mains de Jo­seph tous les prisonniers ; et tout ce qui se faisait dans la forteresse, c'était lui qui l'ordonnait.

 

Joseph avait des camarades de captivité fort distingués — de pa­reilles relations, ça peut toujours servir ! — notamment un grand échanson et un grand panetier qu'il impressionnait fort en leur faisant des tours de cartes et en interpré­tant la clef des songes. Lorsque le grand échanson fut libéré, Joseph lui fit promettre de ne pas l'oublier. Un jour, où le Pharaon exprimait la perplexité que lui causait un cauchemar de vaches grasses et de vaches maigres. le grand échanson lui glissa à l'oreille :

 

Sire, l'avais un camarade de camp qui n'avait pas son pareil pour expliquer les rêves...

 

Qu'on le mette aussitôt en congé de captivité ! ordonna le monarque.

 

Et c'est ainsi que Joseph, préala­blement passé à l'étuve et revêtu d'un seyant costume Pharaon tout neuf, fut amené à la cour. C'était la chance de sa vie. On pense bien qu'il ne la laissa pas échapper. Et le Pharaon, littéralement ébloui par la faconde de Joseph, en fit, séance tenante, son premier ministre :

 

C'est toi, dit-il, qui seras sur ma maison et tout mon peuple obéira à ta bouche... Sans toi, nul ne lèvera la main ni le pied dans tout le pays d'Égypte. (1).

 

Joseph, cependant, gardait sa tête froide. Il s'agissait de matérialiser un peu des honneurs aussi inespé­rés. Investi des pleins pouvoirs, Jo­seph commença, pendant sept an­nées, à accumuler des stocks. Et lorsque, enfin, la disette escomp­tée — et peut-être provoquée — survint, il était prêt..

 

Joseph amassa tout l'argent qui se trouvait dans le pays d'E­gypte et dans le pays de Cha­naan en échange du blé que l'on achetait. Et quand l'argent man­qua, tous les Egyptiens vinrent à Joseph en disant :   Pourquoi mourrions-nous devant toi parce qu'il n'y a plus d'argent ? Et Joseph répondit : « Donnez votre bétail et je vous donnerai du pain... » Cette année écoulée, les Égyptiens revinrent et lui dirent : « L'argent est épuise et les troupeaux ont passé en votre possession, il ne reste rien que nos corps et nos terres... Achète-nous, nous et nos terres, pour du pain...  (1).

 

Le coup avait réussi magnifique­ment. En quelques années, Joseph avait mis la main sur l'Egypte tout entière. Par un habile chantage à la famine, il avait d'abord eu l'ar­gent, puis les troupeaux, puis les terres, puis il avait réduit en escla­vage toute la population. Que de­mander, de plus ? Et pourtant Joseph était insatisfait. Car sa famille n'é­tait pas là pour jouir de sa prodi­gieuse réussite. Alors Joseph, qui avait pourtant de bonnes raisons d'en vouloir à ses frères — mais ses frères étaient avant tout des fils d'Israël — les pria de venir s'é­tablir en Egypte. Ils accoururent aussitôt, eux et leurs femmes et leurs enfants et leurs cousins et les cousins de leurs cousins, reni­flant voluptueusement la grande curée.

 

 Joseph donna à son père et a ses frères une possession dans le meilleur endroit du pays... Or Jo­seph mourut... Et les enfants d'Is­raël s'accrurent et foisonnèrent et se multiplièrent et devinrent très puissants, et le pays en fut rem­pli(1).

 

Alors il arriva ce qui devait arri­ver, ce qui ne pouvait pas ne pas arriver. Un beau jour, les Egyptiens s'aperçurent qu'il y avait un pro­blème juif. Il y avait un problème juif parce que, jadis, un seul Juif, un esclave, un petit bougre sans importance avait humblement pé­nétré en Egypte sans que personne y prit garde. Et ce seul petit Juif avait suffi pour que tout le pays fût contaminé et livré en pâture aux Juifs. Alors, les Egyptiens com­prirent que s'ils voulaient vivre, il leur fallait d'abord résoudre le pro­blème juif. Ils adoptèrent une solu­tion qui s'est révélée bien insuffi­sante : le massacre des nouveau-nés.

 

 

 

 

 

(1) Les passages en italique sont copiés dans la Genèse et l'Exode, livres dont il est malaisé de dire qu'ils furent inspirés par la propa­gande nationale-socialiste.

 

 

 

- texte sélectionné par Jean Aikhenbaum

 

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 18:24
Esther de Racine vue par P.A Cousteau – article paru dans le n° 581  de « Je Suis Partout » le 18 septembre 1942.

 

 

Cousteau s’exprimait ainsi, quant à la façon dont il envisageait la résolution du problème juif :

J'ignore quelle solution sera donnée après la guerre au pro­blème juif. Mais je sais qu'on pourrait lui donner une solu­tion provisoire qui rétablirait sans attendre un peu d'équité dans cette France à l'envers où la Révolution nationale n'est pas encore esquissée... Après la signature de la paix, mais seulement après le retour de nos derniers prisonniers, on pourrait envisager une libération progressive de nos ennemis (les juifs)et leur exportation massive vers d’autres terres... D’ailleurs les Juifs qui envisagèrent de faire massacrer des millions de Français devraient s’estimer heureux de s’en tirer à si bon compte. Il vaut mieux après tout, remuer de la terre dix heures par jour que d’avoir six pieds de terre sur le ventre comme les victimes de la guerre juive.

Evidemment, si l’on réalisait ce projet dont je n’hésite pas à dire qu’il est plein de modération et d’humanité, la conscience universelle, si indifférente aux malheurs des Aryens pousserait des hurlements horrifiés.

Est-il besoin de dire, que nous nous fichons éperdument de la Conscience universelle ?

 

Rien de bien nouveau sous le soleil !

 Quant à Céline, dans un courrier qu'il adresse à Karl Epting, il affirme que Racine est juif : Depuis longtemps dit-il, je m'intéresse et pour cause, aux antécédents de Racine - en telle faveur suspecte à son sens chez les juifs  - dont le théâtre n'est qu'une fougeuse apologie de la juiverie - on joue rarement du Corneille au "Fançais" et presque toujours du Racine, comme cela est suspect. Or je rerouve quelques phrases précieuses dans un livre d'Elie Faure (juif et maçon) au sujet de Racine-  issu d'une ascendance champenoise et d'une ascendance allemande... La mère de Racine, Jeanne Sconin, les Sconin, violents, brutaux, de race franque et peut-être scandinave.....Ce Sconin me laisse tout à fait rêveur, est-ce juif ? Germain,? la question est posée.... (cité par Philippe Alméras - )Les idées de Céline - Pensée Politique et Sciences sociales - Berg International  p.177) 
Voilà la manière dont Cousteau  évoquait, 3 mois seulement après la rafle du vel d’hiv l’histoire d’Esther en prenant pour référence la tragédie de Racine. Ce texte est suffisamment évocateur pour se passer de commentaires. Un petit détail, Cousteau comme bon nombre d’antisémites virulents, proche des nazis et de la milice  avait transité avant la guerrre, par les mouvements pacifistes et de l’extrême gauche.(voir notamment Un paradoxe français – Simon Epstein – éditions Albin Michel)    

Rappelons  que P.A Cousteau, était le frère du célèbre commandant océanographe.

 

 

Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains-  P.A Cousteau

L’Esther de Racine

Il ne s’agit point ici du génie poétique des écrivains. On aime ou on aime pas les grandes machines de douze pieds, les draperies gréco-romaines et les confidents à noms pharmaceutiques. Peu importe mes goûts barbares. Je veux bien que la jeunesse continue de déclamer des alexandrins et à démontrer dans les boites à bachots que Corneille peint les hommes tels qu’ils sont et Racine tels qu’ils devraient être. Mais je voudrais que l’on ne continuât pas à mettre entre les mains des enfants un petit livre qui est tout simplement abominable : l’Esther de Racine.

Qui est Esther ? Une petite garce juive qui couche avec un monarque persan pour assurer la sauvegarde de ses frères de race et faire octroyer à Israël toutes les places, tout de suite.  Racine écrivit cette histoire pour l’édification des jeunes filles nobles de Saint-Cyr. Singulier exemple à donner à ces adolescentes, singulière apologie de la prostitution...

Notez qu’il y a dans Esther tous les éléments d’un assez joli réquisitoire contre les Hébreux. Pour peu qu’on y réfléchisse, l’héroïne est, Malgré Racine, parfaitement odieuse. Jamais elle ne cède à un mouvement désintéressé, elle calcule ses moindres gestes, et elle n’a même pas besoin de dominer les entraînements de la passion, car manifestement, elle n’a pas plus de cœur que de sens. Assuérus, son époux, lui est indifférent. A aucun moment on nous dit qu’elle l’aime ou qu’elle est tentée de l’aimer. On devine par contre, qu’elle le méprise exactement comme une grue méprise le miché qui règle l’addition et réserve toute sa tendresse au coquin qui ramasse la monnaie. Le coquin d’Esther, c’est son oncle Mardochée, une sorte de vieil Horace israélite. Un sombre fanatique « du triste état des Juifs, jour et nuit agité ». Ce Mardoché a préparé son coup de longue date. Il a manifestement élevé sa nièce pour la jeter dans le lit d’Assuérus et de s’introduire, grâce à elle, dans les conseils du gouvernement. Esther se prête de bonne grâce à ces machinations. Et même elle s’en vante :

 

Il me fit d’un empire accepter l’espérance.

A ses desseins secrets, tremblante, j’obéis.

Je vins, mais je cachais, ma race et mon pays

.

Comme l’étoile jaune n’est pas inventée, Assuérus se laisse prendre au piège. Il épouse cette fille qu’il prend pour une aryenne. Dès qu’elle est en place, Esther fait ce que font en pareilles circonstances les Juifs de tous les pays. Elle se hâte de faire venir en masse compacte, les petites copines :

 

Cependant mon amour pour votre nation

A rempli ce Palais des filles de Sion

... Mais à tous les persans je cache leurs familles.

 

Ces filles d’Israël sans étoiles s’entassent à chaque acte sur le devant de la scène, pour assourdir le spectateur de leurs lamentations, sur ce ton geignard qu’affectionne la conscience universelle :

 

Pleurons gémissons mes fidèles compagnes

A nos sanglots donnons libre cours.

..... Faibles agneaux, livrés à des loups furieux,

Nos soupirs sont nos seules armes etc.

 

Quant à Esther, comblée par la fortune et placée au faite d’un immense Empire, il ne lui vient pas à l’idée, un seul instant de s’assimiler, d’adopter les coutumes de ses sujets, d’éprouver pour eux la moindre solidarité. Elle irréductiblement une étrangère, une étrangère hostile. Elle trouve spontanément les accents d’un Léon Blum lançant au Français son fameux « je vous hais ». Dans sa prière au D.ieu des Juifs, elle s’écrie :

Pour moi que tu retiens parmi ces infidèles

Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles...

Cette conspiration permanente des Juifs contre l’Etat et le peuple persan n’échappe pas au premier ministre Aman. Celui-ci, (Racine, en fait une sorte de brute) tient au monarque un langage plein de sagesse et de clairvoyance. Il dénonce courageusement les Juifs :

 

Jusqu’à quand souffre-t-on que ce peuple respire

Et d’un culte profane infecte notre Empire ?

Etrangers dans la Perse, à nos lois opposés

Du reste des humains, il semble divisés

N’aspirant qu’à troubler le repos où nous sommes,

Et, détestés partout, détestent tous les hommes

Prévenez, punissez leurs insolents efforts,

De leurs dépouilles, enfin, grossissez vos trésors...

.

Assuérus, qui n’avait jusque là que des idées confuses sur le problème racial, perçoit le danger et donne l’ordre d’éliminer complètement les Juifs de son Empire. C’est alors qu’interviennent Mardochée et Esther. Le vieux juif entre dans les bonnes grâce de la police en dénonçant un soi-disant complot tramé contre Assuérus. Et la favorite, de son côté joue le grand jeu. Maintenant elle tient le monarque (par les sens, sans aucun doute). Elle ne risque plus grand chose à lui révéler la vérité. Elle avoue qu’elle est Juive. Assuérus, il y a de quoi en est assommé :

 

Ah, de quel coup vous me percez le cœur !

Vous, la fille d’un Juif ! et quoi ce que j’aime,

Cette Esther, l’innocence et la sagesse même,

Que je croyais du ciel, les plus chères amours,

Dans cette source impure aurait puisé ses  jours !

 

Esther riposte par une interminable tirade, par une apologie de la juiverie. On croirait entendre du Bernard Lacache ou du Benda.

Assuérus est touché par ces arguments ? Racine feint de la croire. En réalité le monarque persan que taquine le démon de midi est tellement épris de la petite garce, qu’il en oublie ses devoirs d’Etat. Et il accorde sans se faire prier, la tête du ministre antisémite :

 

Qu’à ce monstre à l’instant, l’âme soit arrachée,

 

Aman, se voyant perdu implore la clémence d’Esther. En vain, quand Israël se venge (rappelez-vous Trotski, Bela Kuhn ou Mandel). Il est tout à fait inutile de faire appel à ses sentiments d’humanité. Le Juif est aussi impitoyable dans le triomphe, qu’il est pleurnichard dans l’infortune. Esther repousse le malheureux :

 

... Va traître, laisse-moi,

Les Juifs n’attendent rien, d’un méchant tel que toi...

 

Ils attendent cependant quelque chose : son héritage. Car la tête d’Aman ne leur suffit pas. Il leur faut aussi des bénéfices matériels. De plus en plus girouette, de plus en plus enjuivé, Assuérus charge Mardochée de former le nouveau ministère....

Je te donne d’Aman, les biens et la puissance

L’histoire est belle. Opportunément commentée, elle pourrait servir dans les lycées et les collèges à illustrer le péril juif. Le maître expliquerait pourquoi Racine a donné le beau rôle aux Hébreux. Pour lui l’aventure d’Esther n’était qu’un thème antique comme un autre. Il ne pouvait comprendre ni soupçonner la question juive (qui ne se posait en aucune façon, malgré le financier Samuel Bernard) dans une France dont le premier ministre s’appelait Colbert et non Blum... dont les écrivains s’appelaient Corneille, Pascal, La Fontaine, Molière et non Benda, Bernstein, Bloch, Hertzog, dans une France où aucun citoyen n’envisageait de s’allier aux Juifs....

Ayant accordé les circonstances atténuantes à Racine, le maître, insisterait textes à l’appui sur la malfaisance juive qui éclate à chaque ligne d’Esther, en dépit de toutes les persécutions oratoires de l’auteur. Ce pourrait être une leçon hautement profitable. Malheureusement, le corps enseignant ne paraît pas être suffisamment imprégné de l’esprit fasciste pour que l’on puisse lui confier cette tâche en toute tranquillité...

Le mieux est de bannir purement et simplement Esther des programmes scolaires. Plus tard, lorsque la Révolution nationale sera entrée dans les mœurs on pourra reconsidérer la question.

 

Texte sélectionné et mis en forme par Jean Aikhenbaum

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:59

 

 

Comment la science récupère les expérimentations criminelles de scientifiques nazis ?

 

 

Expérimentations et scientifiques nazis.

 

 

Les sujets que nous allons aborder, qui ont  rapport à la dernière guerre mondiale sont différents de ceux que vous avez l'habitude de voir traiter et. Si nous avons choisi de faire un travail sur ce sujet, c'est pour des raisons bien précises. La première d'entre elles, c'est que ces faits sont la plupart du temps totalement ignorés du grand public et que seuls quelques spécialistes leur consacre ou leur on consacré du temps. A tel point comme vous pourrez vous en apercevoir des choses primordiales n'ont fait l'objet que de peu de recherches. Ces lacunes, sont en partie explicable pour les raisons que les chercheurs ont besoin de crédits pour poursuivre leur travail. Sans crédit, pas de recherches, sans recherches pas de connaissance, sans connaissance, des faits importants du passé, qui conditionnent notre présent, tombent dans l'oubli.

 

Ce petit préambule pour vous dire que nous allons vous parler de sujets bien différents qui traits à le 2ème guerre mondiale. Ils ont en commun « la science » et d’avoir fait partie de travaux de recherche de scientifiques nazis.

 

 

 

Expérimentations faites sur les déportés et internés

 

Les deux premiers sont dramatiques, puisqu'ils touchent à des expérimentations faites sur les déportés, et internés par les scientifiques du 3ème Reich qui n'avaient pas plus que les communs des nazis, d'états d'âme particuliers. Ils étaient là pour une tâche bien précise et en fonctionnaires rigoureux l'ont effectué en mettant en œuvre toutes leurs compétences et leur savoir.

 

Tous les scientifiques allemands ne se conduisirent pas de la sorte, quelques uns  quittèrent l'Allemagne. Les savants nazis retardèrent-ils leurs  travaux sur la bombe atomique, pour ne pas la mettre entre les mains d'Hitler, rien n'est moins évident. On sait qu'en 1941, Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922, qui était directeur de l'Institut de physique théorique de Copenhague rencontra Heisenberg physicien allemand qui avait été son élève. Heisenberg aux dires de certains, aurait tenté de faire passer aux scientifiques alliés, qu’il connaissait bien,  un  message afin de mettre un frein à leur travail respectif sur la fission nucléaire. Cette thèse est peu  crédible, puisque les nazis continuèrent leur recherche sur l’atome. Bohr,  quitta le Danemark en 1943 pour se joindre à l'effort de guerre des alliés. L'histoire ensuite on la connaît, les Américains les premiers disposèrent et utilisèrent l'arme nucléaire.

 

Mais, même si quelques rares scientifiques allemands eurent quelques scrupules à contribuer à l'effort de guerre nazi, ce ne fut pas le cas de la majorité d'entre eux. Nombreux,  avides de gloire, ou de tranquillité  contribuèrent activement et se montrèrent très coopératifs avec le  pouvoir.

 

Il nous semble ici intéressant de faire une distinction, même si dans l'horreur ces travaux sont inadmissibles, condamnables indignes d'hommes qui se veulent ou se croient civilisés, il n'en reste pas moins des travaux de recherches qui reposent sur des bases indiscutablement scientifiques, ou l'horreur et l’ignominie dans leurs objectifs certes, ne peut être écarté mais qui néanmoins débouchent sur des faits mesurables et qui restent des travaux scientifiques au sens propre du terme.

 

Il en va tout différemment pour les faits que nous allons vous exposer dans la troisième partie de notre exposé, (voir Aurochs, le retour…d’une supercherie scientifique nazie – Daszkiewicz Piotr – Aikhenbaum Jean – HSTES Paris – l’ensemble du dossier est consultable sur http://www.hstes.com/article-aurochs-le-retour-d-une-supercherie-nazie-1ere-partie-70765674.html qui concernent la mise en place et l'exploitation  d'une supercherie nazie dont l'origine  remonte aux années 20 et qui s'est poursuivie jusqu'à la signature de l'armistice.

 

Nous voulons également vous dire, que nous avons publié sur ces différents sujets plusieurs articles  deux dans Actualités Juives, dans une   version grand public, et un plus spécifiquement destiné à des spécialistes dans le Courrier de l'Environnement de l'Institut National  de la Recherche Agronomique.

 

Ce travail est dédié  aux victimes, mais également aux témoins qui nous les ont fait connaître à savoir :

 

à Monsieur le Professeur T.CHROSCIELEWSKI, dont nous parlerons

 

à Monsieur le Professeur W.SKURATOWICZ officier de la résistance polonaise et déporté dans le camp de concentration de Majdanek,  Professeur de zoologie de l’Université de Poznan, a qui nous devons avoir eu connaissance de travaux de Heck.

 

A Monsieur le Professeur Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv, qui nous a permis de réaliser le travail sur le Dieffenbacchia

 

à Madame le Professeur Christina DASZKIEWICZ, professeur de droit pénal à l'Université de Poznan, spécialiste des crimes de guerre. Officier dans l'armée clandestine polonaise A.K et auteurs de plusieurs ouvrages.

 

Ces articles paraîtront également dans les prochains numéros du journal que publie l'association des Enfants cachés.

 

 

 

La récupération des expérimentations criminelles nazies par la science actuelle

 

            Ce n'est qu'avec un retard de plusieurs mois que nous avons appris avec tristesse le décès  de M. le professeur T. Chroscielewski. Il était Chercheur à la Faculté de Médecine de Poznan en Pologne. C'était l'un des personnages  clé de la vie intellectuelle de la Pologne de l'après guerre. Il avait été officier de A.K. (l’armée clandestine polonaise), et avait été déporté au camp concentration d'Auchwitz. Le professeur T. Chroscielewski était  fortement attaché aux valeurs démocratiques. A plusieurs reprises, il prendra courageusement position   pour  s'opposer au pouvoir communiste en place. C'était également un médecin légiste  réputé,  il fut par exemple l'initiateur de la contre-expertise médico-légale dans l'affaire de l'assassinat par la police politique communiste du père Popieluszko. Nous avons eu la chance de le rencontrer au cours de notre dernier voyage en Pologne. Le sujet de notre conversation était lié à l'ouvrage (que nous sommes en train de préparer) sur les "récupérations d’expérimentations criminelles nazies contre l'humanité" par la science et les techniques actuelles. Le professeur Chroscielewski pendant plusieurs années mena un combat difficile, contre l'utilisation par les étudiants de  manuels d'anatomie et de physiologie faits à partir d'expérimentations  sur les "cobayes humains" par les médecins et scientifiques nazis.

 

            La ville de Poznan a été l'une de premières villes polonaises occupées par l'armée allemande en 1939. Les répressions contre la population civile furent particulièrement féroces, la ville fut déclarée allemande et la grande majorité de la population polonaise "déplacée". Dès leur  retour dans la ville en 1945, les chercheurs de la Faculté de la Médecine firent  une macabre  découverte. Les sous-sols du bâtiment universitaire du Collegium Anatomicum recélaient une quantité importante  de cadavres. Une certaine partie d’entre eux, dont ceux de quelques soldats de la résistance furent identifiés.  Mais la grande majorité demeure toujours à ce jour anonyme. La ville avait été libérée trop rapidement pour que les "scientifiques" allemands réussissent à détruire toutes les preuves de leur horrible besogne. La documentation abandonnée, l'analyse des nombreux organes humains conservés dans le formol, les interrogatoires du personnel allemand subalterne arrêté juste après la libération ne laissent planer aucun doute. Il s'agissait d’expériences faites sur des "cobayes humains" et la grande collection anatomique[1] trouvée résultait de l'assassinat de prisonniers et d'internés. Ces documents révèlent  que plusieurs exécutions furent spécialement commandées par des chercheurs-medecins aux fins d'obtenir un matériel "intéressant". Ces derniers surveillèrent  personnellement les exécutions ils expliquèrent soigneusement au bourreau comment assassiner proprement, pour que "le matériel obtenu" soit "utilisable scientifiquement".

 

 

 

Des criminels nazis identifiés et nullement inquiétés

 

            Les noms des  responsables de toutes ces atrocités sont bien connus:

 

On y trouve notamment le professeur Hermann Voss. Après la guerre Hermann Voss fut récupéré par la RDA, il n'a nullement été inquiété  et  devint même l'un des "mandarins" de la médecine de l’Allemagne Communiste.  Il continua à travailler et à enseigner  pour   diverses universités de RDA. Sa position importante le tiendra hors de portée de la justice polonaise qui était  totalement contrôlée à cette époque par les communistes. Dans la version "officielle" de l'historiographie marxiste tous les criminels de guerre étaient jugés et condamnés.  S’ils ne l’étaient pas, c’est qu’ils se trouvaient en R.F.A, ou éventuellement en Amérique du Sud, mais ne pouvaient faire partie  des  autorités scientifiques de RDA. On voit à travers cet exemple, ce qu’il en était réellement.

 

            Le Professeur T. Chroscielewski avec une petit équipe de chercheurs réussit à conserver la documentation faites par les nazis sur ces crimes et plus particulièrement celles qui avaient trait aux activités de Voss. Lui-même scientifique et pathomorphologiste il constata avec effroi,  que plusieurs publications scientifiques de Voss publiées après la  guerre étaient...basées sur ses recherches effectuées sur les internés et prisonniers durant la guerre. Bien évidement, Voss avait pris soin de modifier  les dates et les lieux, mais il n'y avait pas le moindre doute. Les résultats publiés étaient identiques en tous points  à ceux   effectués sur les prisonniers de guerre. Mieux encore, certain de son impunité, Voss ne prit même pas soin de modifier ses communiqués.  La documentation retrouvée en 1945 à Poznan,  était reproduite la plupart du temps mot pour mot. Comme dans l'horreur la limite n'existe pas, ces recherches criminelles sont  à l’origine  d'un manuel d'anatomie destiné aux étudiants. Ce manuel eu un grand succès international. Il fut, ce que l'on peut appeler un best seller. On compte pas moins de 15 éditions en langue allemande et trois en langue espagnole dont une destinée à l’Argentine.

 

Nous avons pu consulter une édition de 1979. D’après M. Chroscielewski, il y  eu  d'autres  éditions postérieures de cet ouvrage, dont nous pouvons vous fournir les référence.  (Taschenbuch der Anatomie, Hermann Voss, Robert Herlinger Edition Veb Gustav Fischer  Verlag Jena 1979).

 

Mais le véritable choc s’est produit,  quand M. le professeur  Chroscielewski apprit que le manuel avait été vendu à un éditeur polonais, dans le but de l’utiliser pour les cours d'anatomie. L'intervention de groupes de chercheurs polonais fut immédiate, le manuel fut retiré de la vente et interdit. De plus,  d'après le professeur Chroscielewski il existe disponible des manuels de qualité supérieure anglais ou américain dont la rédaction ne porte aucune ambiguïté éthique, mais dont apparemment les droits  d'édition sont plus chers. Les chercheurs polonais firent  à la suite de cette affaire un dossier sur cet "ouvrage" et sur l'activité de Voss et l’adressèrent à plusieurs organismes internationaux de médecins. Hermann.  Voss osa  prétendre que "les chercheurs  Polonais avaient falsifié son curriculum vitae" et que les recherches faites à Poznan pendant l'occupation de la Pologne étaient utiles et "servaient toujours  l'humanité". Il a fallut attendre  l'unification allemande et l’action de journalistes berlinois pour que le manuel disparaisse (seulement en partie) des programmes universitaires.  Mais, rassurez-vous,  personne n'a jamais puni   Voss,  personne n’a songé non plus à retirer les titres de "Docteur Honoris Causa" que détient "ce grand savant allemand". Malgré son autorité scientifique incontestable le Professeur T. Chroscielewski n'a jamais réussi changer cette situation.

 

 

 

 

 

Piotr Daszkiewicz – Dr es-Sciences - Historien des Sciences - biologiste

 

Jean Aikhenbaum - H.S.T.E.S Paris

 

 

 

 

 



[1]L'assassinat massif de prisonniers pour "enrichir les collections anatomiques" était un crime commis plus souvent que nous pouvons le supposer. Ce particularisme de l'histoire  est moins étudié que l'expérimentation mais il existe d'autres exemples bien connus,  comme celui de la collection de squelettes du "professeur" Hirt de Strasbourg, qui afin de   "faire des études  d’anatomie comparative entre les Juifs et "d’autres races",   fit      assassiner 170 personnes et leur corps furent mis à la disposition de cette "collection" (dans cette collection, on répertorie 129 Juifs, 2 Polonais, 4 Asiatiques et 35 victimes d’origines incertaines).

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 16:25

Dieffenbachia seguine,

 plante symbole des crimes contre l'humanité ?

 

 On s'est aperçu qu'un cancer bien spécifique  touchait des survivants des camps de concentration, il a  la particularité de    se manifester chez certains d'entre eux,  avec quelques 60 ans de retard !  cette référence provient d'un journal scientifique spécialisé. (ref.Urology 48 (6) 1996).

Pour les spécialistes américains, ces cancers sont le résultat de l’expérimentation criminelle de scientifique nazis sur les déportés et sur des prisonniers. Les chercheurs se sont posés et se posent encore des questions afin de connaître quel est le type de substance injecté qui en porte la responsabilité. Il faut savoir que ces substances ont été administrées à des fins de stérilisation. La réponse a cette question  est d’autant plus difficile à mettre en évidence, que les victimes sont dans l’incapacité de pouvoir apporter de quelconques  précisions sur  les expérimentations qu’elles ont subies.

 

Un mystère difficile à élucider

Jusqu’à ce jour, ce mystère perdure, et n’est toujours pas élucider malgré de nombreuses recherches   effectuées dont celles patronnées par le Musée de l’Holocauste en Israël.

Ceci nous fait penser à une  expérience nazie méconnue du public et on peut ajouter de la plupart des  spécialistes. 

Vous avez très certainement rencontrées et peut être en avez vous même chez vous, des espèces du genre Dieffenbachia.  Ce sont des plantes ornementales qui entrent  souvent dans les décors de nos appartements. Elle sont très populaires. On les trouve très facilement  chez tous les fleuristes, pépiniéristes  et même dans les supermarchés. Elles émettent des substances volatiles intéressantes pour nos organismes que l'on appelle phytoncides. Le Dieffenbachia seguine jouit depuis longtemps d’une réputation particulière. C’est  "le curare de la Haute Amazonie", les indiens l'utilisent pour empoisonner leurs flèches. The Gardner's and Botanist's Dictionnary  dans sa version publiée par Philippe Miller en 1807,  relate qu’il était utilisé dans les Caraïbes pour châtier les esclaves récalcitrants. A cette fin, on introduisait dans  la bouche des victimes, des feuilles ou du jus de Dieffenbachia seguine.  Les indigènes l’utilisaient également à faibles doses comme contraceptif et à plus fortes doses pour stériliser  leurs ennemis.

En 1940, G. Madaus et R. Koch, deux chercheurs publièrent en Allemagne un article sur les stérilisations d’animaux de laboratoire obtenues à l’aide du Dieffenbachia seguine. Un médecin allemand, le Dr Adolf Pokorny  considéra que  cette découverte était "primordiale pour l'intérêt politique du Troisième Reich". Il adressa une note personnelle au chef des S.S. Heinrich Himmler, pour lui proposer cette plante afin de stériliser "les ennemis du peuple allemand  ” : quelques millions de prisonniers de guerre, des détenus politiques, des prêtres et des juifs. Le Dr. Pokorny suggéra de garder secrètes  toutes les recherches et d’entreprendre la  culture intensive du Dieffenbacchia dans des serres prévues à cet effet.

Himmler fut extrêmement intéressé par le communiqué de Pokarny. Il  approuva  cette proposition et la trouva "de la plus haute importance" pour les nazis. La réalisation d’une  politique massive  de stérilisation des citoyens des pays occupés, était désormais possible, il fallait l'entreprendre au plus tôt.

Pohl, responsable S.S. des camps de concentration fut chargé de fournir toute l'infrastucture et la logistique pour  la production et les premières expérimentations  du Dieffenbacchia seguine sur les humains. Les Tziganes détenus dans le camp de concentration de Lakenbach ont éte les premiers cobayes.

La culture en serre du Dieffenbachia seguine ne donna pas  les résultats préalablement escomptés par les nazis. Pris par le temps, et désireux de mener à bien leur projet les responsables de cette expérimentation  décidèrent alors d’importer massivement la plante d’Amérique du Sud, d'où elle est originaire. Mais en 1942,  fort heureusement, le Brésil déclara la guerre à l'Allemagne et les sous-marins alliés assurèrent un  blocus efficace qui ralentirent notablement l'application industrielle à grande échelle  de ce projet. Ils n'en demeurent pas moins exact, que cette expérimentation a pu se faire tout de même à un échelon que l’on peut qualifier de plus artisanal.

L’utilisation du Dieffenbachia seguine  à des fins criminelles a fait  l'objet d'enquêtes du  Tribunal International de Nurenberg. Ce qu'il faut savoir, c'est que cette tâche a été particulièrement ardue pour les enquêteurs par le  fait que la majorité des documents avaient été détruits dans les derniers jours de la guerre par les nazis. Ceci on le comprend bien afin de laisser le moins de traces possibles disponibles.

 Des recherches qui ont fonctionné jusqu’en 1945

 Les enquêteurs réussirent néanmoins à découvrir que l'Institut mis en place pour cette expérience  a fonctionné  jusqu'en avril 1945. Le Tribunal de Nurenberg n'a toutefois jamais réussi à définir l’endroit précis des cultures. Ils en conclurent  qu'elles devaient se situer "à proximité d'un des camps de concentration".

Lorsque l'on interrogea les botanistes allemands qui  participèrent   à ce projet, il  prétendirent ne pas connaître la finalité et l'objectif de leurs recherches. Le Dr A. Pokorny soutint même que "son travail sur le Dieffenbachia seguine avait pour but de saboter  les projets d’Himmler. De son avis cette plante n'avait aucune action stérilisante, et son application sur les humains était impossible". Parmi les officiers S.S. jugés comme criminels de guerre, quelques-uns se montrèrent plus coopératifs et dénoncèrent  ou plus exactement se déchargèrent sur leurs complices scientifiques. Ainsi, R.Brandt reconnut que : "grâce à la proposition du Dr Pokorny, des expériences avaient bien été faites sur des détenus des camps de concentrations et que celles-ci avaient pour but de tester l’efficacité de cette plante.”

M. Dvorjetski, survivant du ghetto de Vilnus, professeur de médecine et d'histoire des sciences à l'Université de Tel-Aviv consacra plusieurs années de sa vie, afin de  tenter d’élucider l'énigme sur les recherches secrètes faites par les botanistes nazis. Il retrouva plusieurs témoins et de nombreux nouveaux documents. Il localisa même les terrains de cultures qui étaient situés à proximité du camp de concentration de Dachau*.

Il nous semble d’autant plus important de rappeler que cette plante est étroitement liée et directement impliquée dans le génocide,  que les protagonistes de ces crimes n’ont jamais été punis ni même inquiétés. Mieux encore,  ces derniers  réussirent à semer le doute dans l’esprit des juges et il fallut plusieurs années de recherches au professeur  Dvorjeski et aux historiens des sciences anglais pour convaincre le public, les médias et démonter les thèses négationnistes qui avaient trait à  ce sujet. 

 

 

Piotr Daszkiewicz - Historien des Sciences – biologiste – Dr es-sciences

Jean Aikhenbaum - HSTES Paris

* Cet article est fait à partir des publications et communiqués du professeur Dvorjetski.

 

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 16:19

 

Szymon Tenenbaum
Une collection entomologique dans le ghetto de Varsovie- un épisode méconnu de l’histoire de Shoah et des Sciences naturelles.

 

 

 

Introduction

 

Une collection entomologique faite dans le ghetto de Varsovie ? Il est certain que cet événement peu connu de l’histoire du ghetto est également un fait sans précédant dans l’histoire des sciences naturelles. La valeur des collections naturalistes ne se limite pas uniquement à leur importance pour les recherches professionnelles (types de description, représentation de la faune et la flore pour les études, etc.) ou encore à leur rôle muséographique. De plus en plus souvent les collections dites « historiques » sont considérées comme des éléments importants du patrimoine culturel. Leur rôle est bien plus grand que celui d’un simple objet matériel ; elles témoignent de certaines étapes dans l’histoire des sciences.  L’importance qui accompagne la présentation de l’herbier de Jean-Jacques Rousseau ou la collection des papillons de Vladimir Nabokov montre bien cette nouvelle approche sociale pour des collections naturalistes. Dans ce contexte, il est difficile de comprendre que l’histoire de la collection entomologique du ghetto de Varsovie demeure inconnue même des spécialistes. Même s’il ne reste aucune trace matérielle de cette collection, il est important  de rappeler son existence. Rappeler la dernière œuvre d’un grand zoologiste c’est également une façon de rendre hommage à sa mémoire et à ses recherches. C’est aussi restaurer la mémoire et le souvenir d’un grand naturaliste, que les évènements condamnèrent non seulement à une  mort mais également injustement  à l’oubli.

 

Szymon Tenenbaum - courte notice biographique

 

Szymon Tenenbaum (1892-1941) n’est pas uniquement l’une des innombrables victimes inconnues et anonymes, disparues  dans la destruction du ghetto de Varsovie. De par  sa notoriété professionnelle dans le domaine de l’entomologie, c’est un personnage dont les travaux comptent dans l’histoire des sciences naturelles,  nous disposons de plusieurs notices biographiques ainsi que de mémoires de ses proches. Un important article lui a été consacré par Jan Prüffer (1890-1958), qui a été l’un de ses amis, directeur de sa thèse et Jan Wolski (1890-1959), l’un de ses collègues et collaborateurs (Prüffer & Wolski, 1964).   Les informations sont néanmoins dispersées dans les publications de l’histoire des sciences biologiques (par exemple dans le Dictionnaire des Biologistes polonais, Feliksiak, 1987), zoologiques (articles parus dans les revues zoologiques, Smreczynski 1960). De plus ces informations sont majoritairement publiées en polonais. Il est donc important de rappeler ici les principaux faits, contenus dans ces notices biographiques.

Szymon Tenenbaum, est né à Varsovie,c’est également dans cette ville que s’est achevée sa vie. Il étudia dans  le prestigieux Lycée de Kreczmar (qui comptait parmi ses élèves une grande partie de l’intelligentsia varsovienne, à titre de curiosité signalons que Romain Gary fréquenta également ce même lycée). En  1911, il commença des études de sciences naturelles à l’Université Jagellonne de Cracovie. Il prépara son travail de spécialisation dans le laboratoire de Henryk Hoyer (1864-1947), éminent spécialiste dans le domaine de l’anatomie et de l’embryologie. En 1913, Szymon Tenenbaum passa quatre mois aux  Iles Baléares.  Le but de son voyage, à son origine, était d’effectuer un  séjour thérapeutique dans un climat méridional. Le traitement médical auquel il était sensé s’astreindre, fut très vite écourté, et il consacra la majorité de son temps à étudier la nature de ces îles. Ce séjour donna lieu à  cinq publications sur la faune de cette région. Passionné par l’entomologie, il publia en 1915 la Faune des coléoptères des Iles des Baléares [Fauna koleopterologiczna Wysp Balearskich] avec un inventaire naturaliste de 1677 espèces (dont 352 nouvelles pour cette région). Il présenta une caractéristique des divers biotopes et remarqua l’endémisme des coléoptères et des vertébrés de ces îles.

Il publia environ 20 publications sur la faune de Pologne et décrivit plusieurs nouvelles espèces. Il fut également grand spécialiste de l’entomofaune exotique. Il organisa et participa à diverses expéditions scientifiques : au Brésil (1923), Mexique (1926 avec T. Wolski), Palestine (1927). Il soutint en 1932 une thèse de doctorat. Ajoutons que cette immense activité scientifique n’était que secondaire, puisque Szymon Tenenbaum occupait le poste de directeur du Lycée Juif de Varsovie.  Il fut le collaborateur et correspondant de la Commission Physiographique de l’Académie Polonaise des Sciences et des Lettres [Komisja Fizjograficzna PAU] de la Société Savante de Varsovie et du Musée National de Zoologie.

Szymon Tenenbaum a été l’un des pionniers sur les recherches consacrée à la faune urbaine en Europe. Il est coauteur du Guide zoologique des environs de Varsovie [Przewodnik zoologiczny po okolicach Warszawy], un ouvrage, aujourd’hui d’autant plus important, puisqu’il y décrit les habitats qui bien souvent n’existent plus. Il a également eu le grand mérite de travailler sur les faunes régionales de Pologne. Ses collections et ses recherches sont toujours citées comme référence dans ce domaine.

Un patrimoine scientifique perdu

Szymon Tenenbaum est mort le 29 novembre 1941. Prüffer et Wolski (1964) soulignent dans la notice biographique qui lui est consacrée : « qu’une grave maladie a été la cause directe de sa mort et qu’il aurait pu être soigné  et guéri. Ce sont la guerre et la barbarie hitlérienne qui lui ont interdit  l’accès aux soins que nécessitait son état de santé. Tenenbaum est une victime directe de la guerre, il ne voulait pas capituler devant l’ennemi et jusqu’au dernier moment se considérait comme « soldat polonais ». Les auteurs et collègues de Tenenbaum ont dressé la liste de ses publications (au total 31 titres) dont quatre sont restés en l’état de manuscrit et ont malheureusement été détruites durant  l’insurrection de Varsovie en 1944. Parmi ces manuscrits brûlés, se trouvent :  Les coléoptères des environs de Varsovie, résultat d’un travail de 25 années de recherches (environ 1000 pages, le financement de la publication de cette monographie faisait partie du programme éditorial de la ville de Varsovie, l’occupation en interrompit l’édition),  La faune des coléoptères de Podolie (résultat de huit années de recherches, en collaboration avec Roman Kuntze), La faune des coléoptères de Palestine (résultat de deux années de recherches), La faune des coléoptères de Pieniny. Jusqu’à ce jour, personne n’a publié un tel travail sur les coléoptères des environs de Varsovie, ceci montre bien le préjudice que porta à la science la destruction du travail de Szymon Tenenbaum. Il est également probable qu’une partie de ses travaux demeure inconnue. La mort de ses proches collaborateurs et coauteurs de ses publications  est la cause d’une perte irréversible d’informations à ce sujet. Stanisław Sumiński (1893-1943), coauteur de Guide zoologique des environs de Varsovie, fut arrêté par gestapo le 10 novembre 1942, durant l’action entreprise par les nazis destinée à l’élimination de l’intelligentsia polonaise. Il fut ensuite assassiné à Majdanek, le 11 mars1943. Roman Kuntze (1902-1944), qui travaillait avec Tenenbaum sur la faune de Podolie, fut fusillé par les soldats allemands, le 21 août1944, avec sa femme sur le perron de l’immeuble dans lequel il habitait.

Les collections entomologiques exotiques de Szymon Tenenbaum ont survécu à la guerre, déposés chez Jan Żabiński (1897-1974) ainsi que sa bibliothèque cachée chez un avocat, ami de la famille, maître Poppof. Après la guerre elles furent offertes par Mme Eleonora Tenenbaum-Krajewska au Musée Zoologique de Varsovie, qui réalisa ainsi le vœu de son mari.

 

Le témoignage d’Antonina Żabińska sur les derniers jours de Szymon Tenenbaum

 

Le livre d’Antonina Żabińska Ludzie i zwierzęta [Les hommes et les animaux] est sans doute le témoignage plus important publié sur les derniers jours de Szymon Tenenbaum. L’auteur était la femme de Jan Żabiński, directeur de ZOO de Varsovie. Le ZOO a été liquidé juste après la prise de la ville par les allemands. Lutz Heck – de sinistre mémoire – (voir notamment notre travail – Aurochs, le retour… d’une supercherie nazie – P. Daszkiewicz – J.Aikhenbaum HSTES Paris)  à l’époque directeur du ZOO de Berlin et haut dignitaire nazi sélectionna les animaux qu’il considérait comme  intéressant et les vola, les animaux qui ne présentaient pour lui aucun intérêt furent éliminés.  Sur les terrains du ZOO les allemands installèrent un élevage porcin. Żabiński, l’ami de la famille de Tenenbaum, fut également  officier de A.K. (l’Armée du Pays et la plus importante organisation de résistance, dépendant du gouvernement polonais en exil à Londres). Il cacha avec sa femme des Juifs et d’autres personnes recherchées dont les soldats de la résistance qui participait aux attentats. Il organisa l’enseignement clandestin (toutes les universités polonaises et les écoles supérieures et secondaires étaient  fermées et interdites), il participa personnellement aux combats. Dans de telles circonstances, il est bien évident que lors de chaque passage des allemands dans l’ancien ZOO, Żabiński, risquait ainsi que tous les membres de sa famille la mort. Dans son livre, Antonina Żabińska relate qu’un dimanche d’été 1941 elle remarqua devant sa maison une limousine allemande, dans de telles circonstances, on peut aisément comprendre qu’elle prit peur.  Un allemand en civil, descendit du véhicule, se présenta comme étant Ziegler, directeur de l’arbeitsamt du ghetto, déclara être entomologiste et « avoir la permission du docteur Tenenbaum » de regarder ses collections entomologiques, cachées chez Żabiński. Ziegler proposa à Żabiński de l’amener rendre visite au « docteur Tenenbaum ». Le zoologiste polonais utilisa cette opportunité non seulement pour voir son ami mais aussi pour établir avec la résistance un plan d’évasion. Szymon Tenenbaum, malade et épuisé refusa de s’évader. Quelques semaines plus tard Ziegler annonça que Tenenbaum était mort des suites d’une hémorragie interne. L’action organisée et menée par Żabiński sauva la vie de sa femme et de sa fille et de plusieurs autres personnes (Jan Żabiński a été distingué après la guerre par le titre de juste parmi les Nations).

 

Conclusion

Les révélations d’Antonina Żabińska confirment que même dans les horribles conditions de vie, qui étaient les siennes, dans le ghetto Tenenbaum collecta des insectes jusqu’à ses derniers instants de vie. La notice du Dictionnaire des Biologistes Polonais informe que la collection d’insectes du ghetto (principalement en provenance du cimetière) fait partie des œuvres de Szymon Tenenbaum détruite durant la guerre. Ce court mémoire résume ce  que nous savons de cette collection et du destin de Szymon Tenenbaum.

 

Bibliographie

 

Feliksiak S. (réd.), 1987. Dictionnaire des Biologistes Polonais. Warszawa - Państwowe Wydawnictwo Naukowe. 617 p.

 

Prüffer J. & Wolski J., 1964. On the scientific activity of Dr Szymon Tenenbaum. Przegląd Zoologiczny vol. 8. pp. 5-9.

 

Smreczynski S., 1960 http://apps.isiknowledge.com/OneClickSearch.do?product=ZOOREC&search_mode=OneClickSearch&doc=3&db_id=&SID=V2@3jckENmhJ28cOC1F&field=SD&value=ZoologyNotes on Tenenbaum collection of Curculionidae; partial revision (spp. deleted from Polish list; corrected distribution). Fragm. faun., Warsaw Volume: 8 Pp: 423-430

 

Sumiński S.M & Tenenbaum S., 1921 Przewodnik zoologiczny po okolicach Warszawy. M. Arct Warszawa. 58 p.

 

Tenenbaum S., 1915 Fauna koleopterologiczna wysp Balearskich. Varsovie - Gebethner i Wolff. 150 p.

 

Żabińska A., 1968  Ludzie i Zwierzęta. Czytelnik Warszawa.

 

Dossier réalisé par :

Piotr Daszkiewicz, Service du Patrimoine Naturel Muséum national d'Histoire naturelle, 61 Rue Buffon Paris 75005 Cedex piotrdas@mnhn.fr

 

Jean Aikhenbaum, H.S.T.E.S,  Paris jean.aikhenbaum@wanadoo.fr

 

Avec participation de

 

Monika Junkiewicz, Archives Scientifiques de l’Académie Polonaise des Sciences (PAN) et de l’Académie Polonaise des Sciences et Lettres (PAU), ul. St. Jana, 26, 31-018 Kraków Pologne

 

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